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		<title>Gauche radicale et transformation sociale en Europe</title>
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		<description>O&#249; en est-on aujourd'hui des &#171; perspectives strat&#233;giques de la Gauche radicale en Europe &#187; ? C'est le sujet de l'&#233;tude lanc&#233;e cette ann&#233;e par le r&#233;seau Transform ! Ce r&#233;seau regroupe des instituts de recherche et des fondations li&#233;s d'une fa&#231;on ou d'une autre aux partis dont les repr&#233;sentants au Parlement europ&#233;en si&#232;gent au sein du groupe de la Gauche unitaire europ&#233;enne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), c'est-&#224;-dire, pour la France, les d&#233;put&#233;s &#233;lus au titre du Front de gauche[Ce groupe repr&#233;sente donc au (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;O&#249; en est-on aujourd'hui des &#171; perspectives strat&#233;giques de la Gauche radicale en Europe &#187; ? C'est le sujet de l'&#233;tude lanc&#233;e cette ann&#233;e par le r&#233;seau Transform ! Ce r&#233;seau regroupe des instituts de recherche et des fondations li&#233;s d'une fa&#231;on ou d'une autre aux partis dont les repr&#233;sentants au Parlement europ&#233;en si&#232;gent au sein du groupe de la Gauche unitaire europ&#233;enne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), c'est-&#224;-dire, pour la France, les d&#233;put&#233;s &#233;lus au titre du Front de gauche[Ce groupe repr&#233;sente donc au sein du Parlement europ&#233;en ce que nous appelons ici la gauche de la gauche. Pour &#234;tre tout &#224; fait pr&#233;cis, les deux &#233;lus du PCF sont membres &#224; part enti&#232;re du groupe, les trois &#233;lus du Parti communiste r&#233;unionnais, du Parti de gauche (Jean-Luc M&#233;lenchon) et &#171; de la soci&#233;t&#233; civile &#187; &#233;tant membres associ&#233;s. &#192; l'&#233;poque o&#249; l'ancienne Ligue communiste r&#233;volutionnaire et Lutte ouvri&#232;re avaient des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens (1999-2004), ils si&#233;geaient &#233;galement dans ce groupe, comme membres associ&#233;s.]. Il s'agit donc d'une composante de la gauche au niveau europ&#233;en, ou de la gauche de gauche, selon le registre de vocabulaire utilis&#233;. Dans la phase actuelle, cette &#233;tude, qui comporte diverses &#233;tapes, s'attache &#224; cerner ce que les membres du r&#233;seau entendent par le terme tr&#232;s couramment utilis&#233; aujourd'hui de transformation (sociale). Dans un questionnaire dont les r&#233;ponses ont &#233;t&#233; synth&#233;tis&#233;es au cours d'un r&#233;cent s&#233;minaire &#224; Florence (28-29 mai 2010), la transformation est d&#233;finie comme ce qui fait &#171; le lien entre les politiques pragmatiques du quotidien et les buts &#224; long terme de la Gauche (de la gauche) &#187;. Faire ce lien exige un &#171; effort th&#233;orique &#187; car &#171; nous manquons d'exp&#233;riences positives de transformations, au moins en Europe &#187;. Et, question subsidiaire et tr&#232;s probablement aussi r&#233;v&#233;latrice des interrogations des membres du r&#233;seau sur les orientations de leurs propres organisations nationales, &#171; la th&#233;orie est-elle toujours consid&#233;r&#233;e comme n&#233;cessaire &#224; la strat&#233;gie politique ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur ce plan, l'usage de la notion de transformation (sociale) a fait l'objet de d&#233;bats, notamment au sein du Parti communiste en France. &#192; cette occasion, l'origine historique de la notion a &#233;t&#233; rappel&#233;e[Voir Jean Lojkine, &#171; Quelle transformation sociale proposer ? &#187;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 27 octobre 2005.]. Elle est revendiqu&#233;e par &#201;douard Bernstein, le th&#233;oricien du tournant &#171; r&#233;formiste &#187; de la social-d&#233;mocratie allemande &#224; la fin du xixe si&#232;cle. Pour lui, elle voulait dire &#171; changement des fondements de l'ordre social &#187;. Ce qui laissait ouvert le d&#233;bat sur la voie &#224; emprunter pour y parvenir. Bernstein pr&#233;f&#233;rait la voie parlementaire, donc pacifique et &#171; gradualiste &#187;. Il rejetait par cons&#233;quent la voie de la rupture r&#233;volutionnaire, identifi&#233;e par lui &#224; l'insurrection et &#224; la violence ill&#233;gale. On trouve donc d&#232;s cette &#233;poque les ingr&#233;dients d'un d&#233;bat qui reste actuel aujourd'hui. On a d'ailleurs tent&#233; au cours de l'histoire de d&#233;passer cette opposition de diff&#233;rentes mani&#232;res. L'une d'entre elles est celle de Jaur&#232;s, avec &#171; l'&#233;volution r&#233;volutionnaire &#187;, tr&#232;s souvent rappel&#233;e elle aussi dans les d&#233;bats contemporains, notamment en France. Le contenu de la transformation est un enjeu important dans les d&#233;bats au sein de la gauche. Un article r&#233;cemment publi&#233; par le site Basta !, dans l'euphorie des &#233;lections r&#233;gionales de mars 2010, est ainsi intitul&#233; : &#171; Les r&#233;gions, futurs laboratoires de la transformation sociale ? &#187;[Julien Lusson, Agn&#232;s Rousseaux, Ivan du Roy, Eros Sana (co-animateurs de Basta !), &#171; Les r&#233;gions, futurs laboratoires de la transformation sociale &#187;, Basta ! (&lt;a href=&quot;http://www.bastamag.net/article956.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.bastamag.net/article956.html&lt;/a&gt;), 24 mars 2010.]. Au del&#224; d'une analyse que l'on peut partager sur le caract&#232;re &#171; poly-fractur&#233; &#187; de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et sur une sorte d'autisme des &#171; repr&#233;sentants politiques [de gauche] &#187; par rapport &#224; la gravit&#233; des fractures sociales, il n'en reste pas moins que l'exigence &#224; l'&#233;gard des &#233;lus est faible. Il faudrait &#171; recr&#233;er du pouvoir d'agir &#187; et, pour cela, &#171; il faudrait que les &#233;lus &#8211; et leurs administrations &#8211; soient &#224; l'&#233;coute et acceptent de partager une partie de leur pouvoir pour donner une large place &#224; la parole et &#224; l'action des citoyens &#187;. Sans minimiser les apports potentiels de la &#171; d&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative &#187; ainsi pr&#244;n&#233;e et du souci d'inventer d'autres fa&#231;ons de travailler, produire, consommer, se d&#233;placer, &#233;changer, on voit mal comment cela pourrait produire des alternatives dans le cadre tr&#232;s contraint de l'&#201;tat et de l'Europe n&#233;olib&#233;raux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous a sembl&#233; int&#233;ressant de donner ici un aper&#231;u, forc&#233;ment partiel, des r&#233;ponses donn&#233;es par les membres de Transform ! &#224; deux s&#233;ries de questions : le vocabulaire utilis&#233;, qui donne en r&#233;alit&#233; un aper&#231;u de la fa&#231;on dont la gauche de gauche est structur&#233;e, et le chemin propos&#233; pour la transformation. Il faut cependant &#234;tre conscient de plusieurs biais possibles. Il ne s'agit pas en effet de textes valid&#233;s par les organisations politiques constitu&#233;es. Certes, les membres du r&#233;seau ont pour la plupart des liens avec les partis politiques &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie, &#224; l'image d'Espaces Marx en France, dont les dirigeants sont aussi membres de la direction du Parti communiste, celui-ci en finan&#231;ant partiellement les activit&#233;s. Dans des pays comme la Finlande[Julien Lusson, Agn&#232;s Rousseaux, Ivan du Roy, Eros Sana (co-animateurs de Basta !), &#171; Les r&#233;gions, futurs laboratoires de la transformation sociale &#187;, &lt;i&gt;Basta !&lt;/i&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.bastamag.net/article956.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.bastamag.net/article956.html&lt;/a&gt;), 24 mars 2010.] ou l'Autriche, les partis politiques sont m&#234;me en tant que tels membres des instituts ou autres structures membres de Transform !. Mais on ne peut exclure le fait, av&#233;r&#233; en France par exemple, que ces structures, &#224; la p&#233;riph&#233;rie du champ politique proprement dit, exercent une certaine attraction sur les &#233;l&#233;ments contestataires au sein des partis eux-m&#234;mes, quand elles ne servent pas de &#171; refuge &#187; &#224; diverses dissidences, plus ou moins fortement affirm&#233;es. Ce qui fait que leur contribution peut parfois relever autant de la critique interne aux formations politiques de la gauche de la gauche que d'une r&#233;flexion distanci&#233;e sur les th&#232;mes propos&#233;s. Enfin, une lecture m&#234;me rapide des textes produits par le r&#233;seau Transform ! montre une forte pr&#233;gnance de l'influence des id&#233;es et des concepts d&#233;velopp&#233;s par Antonio Gramsci. Le questionnaire lui-m&#234;me et les r&#233;ponses multiplient donc les r&#233;f&#233;rences au bloc social, &#224; l'h&#233;g&#233;monie culturelle, etc.[Walter Baier, ancien pr&#233;sident du Parti communiste autrichien et coordinateur du r&#233;seau Transform ! en Europe (avec &#201;lisabeth Gauthier, d'Espaces Marx, et Ruurik Holm, du Forum de gauche finlandais) &#233;crit ainsi, avec une prudence id&#233;ologiquement tr&#232;s &#339;cum&#233;nique : &#171; Utiliser la notion d'&#8203;&#8220;h&#233;g&#233;monie&#8221; au sens de Gramsci implique d'interpr&#233;ter l'histoire, avec Marx, comme &#233;tant &#8220;l'histoire de la lutte des classes&#8221;. Mais, puisque &#8220;c'est sur le terrain id&#233;ologique que les hommes prennent conscience du conflit entre contenu et forme du monde de la production&#8221;, cette h&#233;g&#233;monie ne s'acquiert qu'en sortant &#8220;du p&#233;rim&#232;tre de la cat&#233;gorisation &#233;conomique&#8221; et en s'affirmant dans le domaine de l'id&#233;ologie et de la culture. &#187; (Walter Baier, &#171; Nous vivons une crise de transition, une crise du mode de vie capitaliste &#187;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 19 juin 2010).]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces pr&#233;cautions prises, les paragraphes qui suivent s'appuient sur les textes r&#233;dig&#233;s &#224; partir de la situation par Transform ! Italie, qui r&#233;unit essentiellement des membres de Rifondazione Comunista, &lt;i&gt;Transform !&lt;/i&gt; Autriche, qui s'appuie sur le Parti communiste autrichien, le Forum de gauche de Finlande, qui r&#233;unit l'Alliance de gauche et des intellectuels et l'Institut Nikos Poulantzas de Gr&#232;ce, tr&#232;s li&#233; &#224; Synapismos et, dans le contexte grec, tr&#232;s critique par rapport au Parti communiste KKE, qui reste cependant num&#233;riquement la force principale &#224; gauche de la gauche. Le cas de l'Allemagne ne sera pas &#233;voqu&#233; ici, l'article de Peter Wahl dans ce m&#234;me num&#233;ro donnant une analyse tr&#232;s compl&#232;te de la situation et des d&#233;bats au sein de Die Linke, qui contrairement &#224; ce qui se passe en France, regroupe l'ensemble des courants de la gauche de la gauche &#8211; des anciens du parti communiste allemand (DKP) aux militants citoyens de la WASG, en passant par les communistes de l'ancienne RDA, qui ont la particularit&#233; d'&#234;tre rompus &#224; l'exercice du pouvoir avant mais aussi apr&#232;s 1989. Ces quatre pays recouvrent une grande diversit&#233; de situations. En Gr&#232;ce et en Finlande, les partis associ&#233;s &#224; Transform ! ont une repr&#233;sentation parlementaire au niveau national comme au niveau europ&#233;en. Ce n'est pas le cas en Autriche[Aux l&#233;gislatives de 2008, le Parti communiste autrichien a obtenu 0,8% des voix (1,3% en Styrie, o&#249; il a par ailleurs des &#233;lus municipaux, notamment dans la capitale de la r&#233;gion, Graz). Au cours de ces m&#234;mes &#233;lections, l'extr&#234;me-droite a bondi de 15 &#224; 29% (avec deux partis), talonnant le Parti socialiste (SP&#214;, 29,7%) et d&#233;passant le Parti conservateur (25%).], o&#249; la pouss&#233;e de l'extr&#234;me-droite au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es a cr&#233;&#233; une situation tr&#232;s particuli&#232;re. Et ce n'est plus le cas en Italie apr&#232;s les derni&#232;res &#233;lections nationales et europ&#233;ennes et la d&#233;b&#226;cle de Rifondazione comunista. Ces diff&#233;rences peuvent expliquer la tonalit&#233; de certaines r&#233;ponses.
Le questionnaire de Transform ! fait r&#233;f&#233;rence d'embl&#233;e, comme on l'a dit, au lien avec les &#171; politiques pragmatiques du quotidien &#187;. Ce qui, sans le dire, laisse entendre que la vision &#171; gradualiste &#187;, pour reprendre une expression d&#233;j&#224; cit&#233;e, fait implicitement l'accord entre les r&#233;dacteurs du questionnaire. Il ne saurait donc s'agir ici que d'une des lectures possibles de la r&#233;alit&#233; de la gauche de la gauche en Europe, &#224; travers le prisme singulier du r&#233;seau Transform !.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Questions de vocabulaire, questions d'identit&#233;...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les termes qui sont utilis&#233;s pour d&#233;signer les groupes &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie ? Le questionnaire sugg&#232;re quelques r&#233;ponses : &#171; gauche radicale &#187;, &#171; socialistes de gauche &#187;, &#171; gauche de transformation &#187;, &#171; gauche de la gauche &#187;, tout en utilisant syst&#233;matiquement celui de &#171; gauche radicale &#187;[La r&#233;ponse &#171; fran&#231;aise &#187; (Espaces Marx, Parti de gauche, etc.) pr&#233;cise qu'on ne parle gu&#232;re de gauche radicale, le PCF pr&#233;f&#233;rant dire &#171; courant &#224; gauche du Parti socialiste &#187; et le parti de gauche &#171; L'autre gauche &#187;. Elle rappelle aussi la paternit&#233; historique de la tribune du Monde &#171; Pour une gauche de gauche &#187; (P. Bourdieu et alii, avril 1998).].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Autriche, on parle de &#171; Gauche radicale &#187; ou simplement de &#171; Gauche &#187; pour d&#233;signer, &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie, &#171; les secteurs de la soci&#233;t&#233; qui travaillent &#224; un changement de syst&#232;me &#187;. Plus explicitement, cela comprend &#171; le Parti communiste, le mouvement f&#233;ministe, la gauche autonome, et aussi quelques sectes d'extr&#234;me gauche, surtout trotskistes, dans le secteur de l'immigration, et aussi mao&#239;stes et staliniennes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour l'Institut Nikos Poulantzas, &#171; d&#233;crire la gauche radicale grecque n'est pas chose ais&#233;e &#187;. Reflet de l'embarras devant les r&#233;cents &#233;v&#233;nements dans le pays ? L'Institut consid&#232;re en tout cas qu'il s'agit &#171; probablement de la situation la plus compliqu&#233;e sur la sc&#232;ne politique en Europe, ce qui inclut les pays qui ont &#233;merg&#233; il y a quelque vingt ans du soi-disant socialisme existant &#187;. L'explication serait dans l'existence d'une tendance &#224; multiplier les factions entre et au sein m&#234;me des organisations et partis qui repr&#233;sentent la gauche radicale en Gr&#232;ce. Plus concr&#232;tement, Synapismos et l'alliance Syriza constituent &#171; l'expression la plus repr&#233;sentative de la gauche radicale grecque &#187;. Mais il existe aussi une &#171; alliance &#187;, Antarsia, beaucoup plus petite et qui regroupe des groupes extra-parlementaires et des organisations, ainsi que le parti communiste &#171; anciennement pro-sovi&#233;tique &#187;, le KKE.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Ruurik Holm et Laura Tuominen, animateurs du Forum de gauche, qui ont r&#233;dig&#233; le texte sur la Finlande, il n'existe qu'une force organis&#233;e &#224; la gauche de la social-d&#233;mocratie[Traditionnellement, le pays compte deux partis &#171; gouvernementaux &#187;, le centre et les sociaux-d&#233;mocrates. Aux &#233;lections de 2007, c'est toutefois un parti conservateur qui a cr&#233;&#233; la surprise. L'Alliance de gauche et les Verts r&#233;unissent chacun autour de 8% des voix.], l'Alliance de gauche. Mais elle n'a pas &#171; n&#233;cessairement une position tr&#232;s radicale &#187;. Beaucoup de membres de l'Alliance trouvent le terme gauche radicale inadapt&#233;. Il n'est d'ailleurs gu&#232;re utilis&#233; dans le d&#233;bat public. &#171; L'Alliance de gauche n'est ni un parti socialiste, ni un parti communiste mais appartient au &#8220;courant d'id&#233;es socialiste&#8221;. Ce qui veut dire que si le mot socialisme a un sens, cela pourrait &#234;tre celui de mot-cl&#233; identitaire pour les membres de l'Alliance de gauche. Ce qui ne pr&#233;juge pas de la proportion de ces membres qui, individuellement, se reconna&#238;traient dans ce mot, quelle que soit la signification retenue. Qui plus est, le socialisme comme recherche de l'&#233;galit&#233; comme le d&#233;finit le programme du parti peut tr&#232;s bien &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une &#233;conomie capitaliste avec quelques contraintes relatives &#224; la fa&#231;on acceptable de faire du profit, c'est-&#224;-dire un &#8220;capitalisme &#224; visage humain&#8221; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Italie, pour Alfonso Gianni[Journaliste et ancien d&#233;put&#233; italien de Rifondazione Comunista. A quitt&#233; ce parti apr&#232;s son dernier congr&#232;s pour fonder Sinistra Ecologia Libert&#224;.] qui signe la contribution de Transform ! Italie, &#171; La gauche radicale, ce sont les forces qui se situent &#224; gauche du Parti d&#233;mocrate. Cela ne comprend pas l'Italie des valeurs (Italia dei Valori), le parti de Antonio Di Pietro, qui est plut&#244;t du &#8220;centre extr&#234;me&#8221; &#187;[Ce &#171; diagnostic &#187; est confirm&#233; par le fait que les 7 &#233;lus de ce parti aux derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes (8,08% des voix) se sont inscrits au groupe lib&#233;ral (Alliance des d&#233;mocrates et des lib&#233;raux pour l'Europe-ALDE) du Parlement europ&#233;en (contrairement aux deux &#233;lus de la l&#233;gislature pr&#233;c&#233;dente, dont Antonio Di Pietro, l'ancien magistrat de l'op&#233;ration &#8220;Mains propres&#8221; et fondateur du parti, lui-m&#234;me), qui avaient quitt&#233; le groupe lib&#233;ral pour adh&#233;rer aux groupe du Parti socialiste europ&#233;en. Au plan national, Italia dei Valori a cependant pass&#233; une alliance &#233;lectorale avec le Parti d&#233;mocrate dans la plupart des r&#233;gions.].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; La gauche radicale (ou, de pr&#233;f&#233;rence, la gauche alternative) est maintenant libre (sic) de toute repr&#233;sentation parlementaire, tout en &#233;tant pr&#233;sente de mani&#232;re consistante dans les gouvernements des r&#233;gions, des provinces et les municipalit&#233;s. &#187; Pour l'auteur, il existe aussi des &#171; positions radicales, ou tout au moins des positions alternatives int&#233;ressantes dans le Parti d&#233;mocrate ou dans Italia dei Valori &#187;. Ce qui veut dire que la reconstruction de la gauche (sans adjectif) passera pour lui par &#171; un processus compliqu&#233; dont les protagonistes seront l'actuelle gauche alternative, les mouvements sociaux, la gauche au sens large, les composantes critiques des partis d&#233;mocrate et Italia dei Valori, processus qui r&#233;unira l'opposition au bloc social qui domine politiquement aujourd'hui. Il suppose la mise au point d'un programme identitaire de la gauche &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Questions de voies et de moyens&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Par quels moyens r&#233;aliser un changement social profond ? Le questionnaire sugg&#232;re entre autres : r&#233;forme ou r&#233;volution, changement du r&#233;gime de la propri&#233;t&#233;, h&#233;g&#233;monie culturelle ou contr&#244;le du pouvoir d'&#201;tat. Le mot transformation est-il utilis&#233; dans les textes et les programmes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Ruurik Holm et Laura Tuominen, on ne parle gu&#232;re de &#171; transformation &#187; en Finlande. Est en cause pour eux le &#171; manque de vision d'un id&#233;al alternatif auquel la transformation devrait conduire &#187;. L'Alliance de gauche recherche plut&#244;t des changements par les voies parlementaire et municipale, ainsi que sur le march&#233; du travail. Le parti est en effet influent dans le mouvement syndical (le taux de syndicalisation est de 70%), notamment dans certaines f&#233;d&#233;rations. Mais &#171; la plupart des luttes o&#249; la gauche est impliqu&#233;e sont d&#233;fensives par nature &#187;. Par ailleurs, le parti s'appuie principalement sur &#171; des id&#233;es social-d&#233;mocrates traditionnelles ou sur le socialisme &#233;tatique &#187; en mati&#232;re d'&#233;conomie et de travail. Ce qui expliquerait qu'on ne lui fait pas confiance pour gouverner. &#171; L'&#233;chec du socialisme dirig&#233; d'en haut, les changements culturels profonds de l'&#232;re post-industrielle qui commence, la globalisation de l'&#233;conomie sont clairement des obstacles pour un compromis fordiste du type des ann&#233;es 1970, mais ni la direction ni le groupe parlementaire du parti ne semblent r&#233;aliser totalement ce fait &#187;. Pourtant, des id&#233;es nouvelles ont &#233;merg&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; commencer par celle du Forum de gauche lui-m&#234;me, qui est un outil pour &#171; reprendre l'initiative dans le d&#233;bat politique &#187;. Le parti a cr&#233;&#233; de nouvelles sections, notamment dans les villes universitaires, avec un certain succ&#232;s. Il a des soutiens chez les &#233;tudiants et les intellectuels, en partie parce qu'il a &#233;t&#233; le seul &#224; s'opposer &#224; la r&#233;forme n&#233;o-lib&#233;rale de l'Universit&#233; au cours d'un vote d&#233;cisif au Parlement. &#171; Apr&#232;s un long silence, l'intelligentsia de gauche semble &#234;tre engag&#233;e dans un processus de r&#233;g&#233;n&#233;ration &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Autriche, dans les groupes que Transform ! Autriche classe dans la gauche radicale, on parle de changement de syst&#232;me ou d'abolition du capitalisme plut&#244;t que de transformation. Mais, comme le parti communiste par exemple &#171; pose les questions de distribution, de justice sociale et de luttes f&#233;ministes, il indique une voie pour abolir le capitalisme pas &#224; pas. &#187; On parle d'anticapitalisme aussi bien que de communisme et de socialisme, &#171; ce dernier &#233;tant toujours combin&#233; avec d&#233;mocratie pour se diff&#233;rencier du concept stalinien de socialisme. &#187; Parall&#232;lement, &#171; l'anticapitalisme doit toujours &#234;tre associ&#233; au f&#233;minisme et &#224; l'internationalisme &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le parti (communiste) veut &#171; changer l'h&#233;g&#233;monie culturelle, en luttant au sein d'alliances sociales et politiques &#187;. Cela concerne le r&#233;gime de propri&#233;t&#233; et de distribution aussi bien que des droits fondamentaux comme &#171; un revenu de base et l'&#233;ducation pour tous &#187;. On ne parle pas du &#171; couple r&#233;forme/r&#233;volution en le nommant ainsi mais en fin de compte, il s'agit bien d'une d&#233;marche pas &#224; pas vers l'h&#233;g&#233;monie &#187;. Ce n'est pas, r&#233;f&#233;rence sans doute &#224; la situation politique dans le pays, un &#171; &#8220;populisme de gauche&#8221; car il faut montrer les contradictions et les conditions injustes et rendre les gens capables de penser par eux-m&#234;mes et de formuler leurs propres demandes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Transform ! Autriche, une des conditions pour un changement h&#233;g&#233;monique transformateur serait la mobilisation des syndicats &#171; qui sont relativement forts en Autriche mais malheureusement non critiques &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me &#187;, ainsi que celle des mouvements d'&#233;tudiants, de femmes, etc. Il y a &#233;videmment ici toutes les caract&#233;ristiques d'une organisation sans influence politique significative dans le pays et qui voudrait par cons&#233;quent s'appuyer sur les mouvements sociaux (sans, apparemment au moins, la pr&#233;tention pass&#233;e des partis communistes &#224; vouloir en &#234;tre l'avant-garde dirigeante).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;passer le capitalisme est le but commun &#224; la gauche alternative italienne. Comment, pourquoi et pour quoi est cependant l'objet de d&#233;saccords profonds. La question en d&#233;bat aujourd'hui est rarement celle du type de soci&#233;t&#233; &#224; construire. Tout au plus parle-t-on de socialisme, parfois de socialisme du xxie si&#232;cle, par r&#233;f&#233;rence aux r&#233;flexions en cours en Am&#233;rique latine. Pour d'autres composantes de la gauche alternative, le mot de socialisme est totalement &#233;tranger voire impronon&#231;able. &#171; Nous nous d&#233;finissons plus souvent comme anticapitalistes[Il faut noter que c'est le label choisi (Liste anticapitaliste), apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle aux &#233;lections l&#233;gislatives de 2008, pour les &#233;lections europ&#233;ennes de 2009 pour la coalition qui a r&#233;uni Rifondazione Comunista, le Parti des communistes italiens (PdCI) et d'autres groupes de moindre importance. Cette liste n'a obtenu aucun si&#232;ge, faute d'atteindre la (nouvelle) barre des 4%.], car dire en d&#233;tails ce qui viendra apr&#232;s le capitalisme est beaucoup plus difficile. Ce qui doit &#234;tre retenu pour la future soci&#233;t&#233; est sujet de d&#233;bat. La question de la propri&#233;t&#233; publique n'est pas la place qu'elle a en Am&#233;rique latine ou dans les pays anglo-saxons. Les plus dogmatiques se contentent de parler de l'abolir, sans toujours tenir compte des diff&#233;rences avec la situation il y a un si&#232;cle. D'autres ne l'&#233;voquent pas du tout. Pourtant, le th&#232;me m&#234;me de la d&#233;fense des biens communs est tr&#232;s pr&#233;sent dans l'opinion publique, comme le montre le succ&#232;s de la collecte de signatures pour un r&#233;f&#233;rendum contre la privatisation de l'eau. Il faudrait donc une r&#233;flexion th&#233;orique sur la place de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, dans quelles conditions et avec quelles limites &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a d&#233;bat aussi entre ceux qui pensent que parler de r&#233;volutionnaires et de r&#233;formistes n'a plus de sens et qu'il faudrait raisonner en termes de transformation de la soci&#233;t&#233;, et ceux qui consid&#232;rent que ces cat&#233;gories doivent &#234;tre conserv&#233;es et font partie de l'identit&#233; commune. C'est le noyau th&#233;orique du conflit qui a &#233;clat&#233; au dernier congr&#232;s de Rifondazione comunista et a conduit &#224; une scission, avec notamment la fondation de Sinistra Ecologica Libert&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Gr&#232;ce, &#171; d&#233;passer le capitalisme fait bien entendu partie de l'identit&#233; de la gauche radicale &#187;. C'est le cas pour la &#171; majorit&#233; des membres de Synapismos et de Syriza &#187;. &#171; Cependant, il ne fait aucun doute que le contenu de la &#8220;transformation&#8221;, la fr&#233;quence &#224; laquelle on s'y r&#233;f&#232;re et ce qu'elle connote, varient beaucoup &#187;. Dans Synapismos, elle sert de rep&#232;re &#171; &#224; la majorit&#233; de gauche du parti pour se d&#233;marquer de la minorit&#233; r&#233;formiste &#187;. Elle est utilis&#233;e aussi pour d&#233;crire &#171; la transition humaniste du marxisme (avec sa r&#233;f&#233;rence &#224; &#8220;l'&#233;mancipation&#8221;, etc.) alors que le KKE en reste &#224; une sorte de nostalgie des r&#233;gimes du socialisme existant en Europe centrale et orientale. &#187; En m&#234;me temps, Synapismos consid&#232;re comme politiquement non pertinents une r&#233;f&#233;rence et un engagement &#171; anti-syst&#233;miques &#187; explicites car le d&#233;bat &#224; ce sujet a divis&#233; Syriza. En somme, Synapismos, &#171; le parti de la gauche r&#233;novatrice radicale &#187;, comme il aime &#224; s'appeler, est certes la principale force de la gauche radicale grecque. Mais, &#171; ses &#233;quilibres internes de pouvoir n'ont pas permis de d&#233;velopper une strat&#233;gie claire pour la &#8220;transformation (sociale)&#8221;. Au moins tacitement et symboliquement, il semble &#234;tre rest&#233; dans les limites du r&#233;formisme et du gouvernementalisme doux. Cependant, les exceptions &#224; cette strat&#233;gie, sont de plus en plus fr&#233;quentes, gr&#226;ce surtout &#224; la participation du parti aux mouvements pour la justice sociale (droits civils, Forums sociaux, etc.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi les voies et les moyens de la &#171; transformation &#187;, la violence reste-t-elle une option possible &#224; gauche de la gauche ? Est-elle d&#233;nonc&#233;e ou accept&#233;e comme un outil possible pour le processus de transformation. La question para&#238;t &#234;tre sans objet en Finlande (&#171; La question ne vient presque jamais dans le d&#233;bat politique &#187;) et en Autriche (&#171; La violence n'est jamais une solution &#187;). En Italie, certains &#171; l'excluent absolument, d'autres non, d'autres encore la consid&#232;rent comme un aspect indispensable de la lutte de classes. Bien s&#251;r, la non-violence n'est pas la passivit&#233;. Elle ne veut pas dire qu'il n'est pas possible de gifler un policier, mais signifie essentiellement qu'on accepte l'id&#233;e que la transformation de la soci&#233;t&#233; passe par un processus de conqu&#234;te du consensus et de lieux strat&#233;giques du pouvoir &#187;. Bien entendu, devant un r&#233;gime totalitaire et r&#233;pressif, cela changerait. &#171; En d'autres mots, la non-violence n'est pas un choix religieux-id&#233;ologique mais une forte option strat&#233;gique, li&#233;e aux conditions concr&#232;tes &#187;. En Gr&#232;ce, la question est d'une grande importance pour la transformation sociale, surtout depuis les &#233;meutes de d&#233;cembre 2008 et les actes terroristes qui ont suivi. Synapismos &#171; d&#233;nonce la violence aveugle &#187;. Pour ce parti, la violence est, historiquement, celle des pouvoirs &#233;tablis et non celle du &#8220;mouvement progressiste de gauche&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Apr&#232;s les r&#233;gionales, quel Front de gauche ?</title>
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		<description>La gauche a largement remport&#233; les &#233;lections r&#233;gionales de mars 2010. Certes, il faut tenir compte du fait que la caract&#233;ristique principale, et la plus inqui&#233;tante, du scrutin a &#233;t&#233; la tr&#232;s forte abstention, plus particuli&#232;rement mais pas seulement dans les zones populaires. Il reste qu'en additionnant les r&#233;sultats des listes de gauche, que le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur qualifie de mani&#232;re diverse et parfois contestable, on trouve un total de plus de 54% (dont 46,40% pour les listes dites d'Union de la (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La gauche a largement remport&#233; les &#233;lections r&#233;gionales de mars 2010.
Certes, il faut tenir compte du fait que la caract&#233;ristique principale, et la plus inqui&#233;tante, du scrutin a &#233;t&#233; la tr&#232;s forte abstention, plus particuli&#232;rement mais pas seulement dans les zones populaires. Il reste qu'en additionnant les r&#233;sultats des listes de gauche, que le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur qualifie de mani&#232;re diverse et parfois contestable, on trouve un total de plus de 54% (dont 46,40% pour les listes dites d'Union de la gauche, c'est-&#224;-dire celles correspondant aux r&#233;gions o&#249; socialistes, &#233;cologistes et gauche de la gauche ont fait liste commune au second tour). La droite d&#233;passe &#224; peine 35% et le Front national, certes pr&#233;sent seulement dans 17 r&#233;gions, n'atteint pas 10%.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/SA12-GaucheDeGauche.pdf&quot; class='spip_in' type='application/pdf'&gt;Lire l'article&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La gauche de gauche &#224; l'&#233;preuve des r&#233;gionales. Une configuration unitaire contrast&#233;e</title>
		<link>http://www.savoir-agir.org/La-gauche-de-gauche-a-l-epreuve.html</link>
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		<description>Les listes pour les &#233;lections r&#233;gionales sont maintenant d&#233;pos&#233;es. Dernier avatar de ce feuillet&#233; &#224; multiples couches, combinaisons et partenaires : l'&#233;chec de la tentative de derni&#232;re heure du Parti socialiste de se sortir du gu&#234;pier constitu&#233; par Georges Fr&#234;che et ses amis et oblig&#233;s (socialistes mais aussi communistes) en proposant une liste commune, sous sa direction bien s&#251;r, &#224; Europe &#201;cologie et au Front de gauche. Une fois encore, l'espoir de voir la gauche de gauche rassembler ses forces &#8211; pas du (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les listes pour les &#233;lections r&#233;gionales sont maintenant d&#233;pos&#233;es. Dernier avatar de ce feuillet&#233; &#224; multiples couches, combinaisons et partenaires : l'&#233;chec de la tentative de derni&#232;re heure du Parti socialiste de se sortir du gu&#234;pier constitu&#233; par Georges Fr&#234;che et ses amis et oblig&#233;s (socialistes mais aussi communistes) en proposant une liste commune, sous sa direction bien s&#251;r, &#224; Europe &#201;cologie et au Front de gauche. Une fois encore, l'espoir de voir la gauche de gauche rassembler ses forces &#8211; pas du tout n&#233;gligeables comme le montre Fr&#233;d&#233;ric Lebaron avec l'exemple du Limousin d&#233;crit dans l'encadr&#233; &#8211; va &#234;tre tr&#232;s largement d&#233;&#231;u. Seule exception qui confirme la r&#232;gle : le Languedoc-Roussillon encore, o&#249; une liste unique rassemble NPA, Front de gauche et leurs alli&#233;s. Mais peut-&#234;tre que la pr&#233;sence encombrante et les d&#233;rapages scandaleux de Georges Fr&#234;che ont-ils jou&#233; un r&#244;le l&#224; aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_136 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/GDGauche-2.pdf&quot; title='PDF - 285.3 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='http://www.savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 285.3 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les listes pour les &#233;lections r&#233;gionales sont maintenant d&#233;pos&#233;es. Dernier avatar de ce feuillet&#233; &#224; multiples couches, combinaisons et partenaires : l'&#233;chec de la tentative de derni&#232;re heure du Parti socialiste de se sortir du gu&#234;pier constitu&#233; par Georges Fr&#234;che et ses amis et oblig&#233;s (socialistes mais aussi communistes) en proposant une liste commune, sous sa direction bien s&#251;r, &#224; Europe &#201;cologie et au Front de gauche. Une fois encore, l'espoir de voir la gauche de gauche rassembler ses forces &#8211; pas du tout n&#233;gligeables comme le montre Fr&#233;d&#233;ric Lebaron avec l'exemple du Limousin d&#233;crit dans l'encadr&#233; &#8211; va &#234;tre tr&#232;s largement d&#233;&#231;u. Seule exception qui confirme la r&#232;gle : le Languedoc-Roussillon encore, o&#249; une liste unique rassemble NPA, Front de gauche et leurs alli&#233;s. Mais peut-&#234;tre que la pr&#233;sence encombrante et les d&#233;rapages scandaleux de Georges Fr&#234;che ont-ils jou&#233; un r&#244;le l&#224; aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; gauche de la gauche, le &#171; grand &#187; schisme entre le Front de gauche et le NPA est intervenu d&#232;s le mois de novembre 20091. Le NPA se retrouvait isol&#233;, toutes les organisations ayant particip&#233; aux discussions entam&#233;es au mois de septembre &#8211; &#224; son initiative, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes &#8211; signant avec le Front de gauche une d&#233;claration commune le 17 d&#233;cembre. Sans surprise, celle-ci rappelait que &#171; [...] les listes qui nous rassembleront pour ces &#233;lections r&#233;gionales, r&#233;pondront &#224; trois objectifs indissociables : changer les rapports de force &#224; gauche en faveur de la ligne de transformation sociale et &#233;cologique ; battre la droite, emp&#234;cher Nicolas Sarkozy et l'UMP de reconqu&#233;rir des r&#233;gions pour en faire des relais de leur politique de r&#233;gression sociale, autoritaire, bas&#233;e sur la peur ; construire des majorit&#233;s solidement ancr&#233;e &#224; gauche, portant des projets vraiment alternatifs &#224; la logique du syst&#232;me en crise, un projet de transformation sociale et &#233;cologique que nous voulons porter jusque dans les ex&#233;cutifs, &#224; l'exclusion de tout accord avec le Modem, si les conditions de ces avanc&#233;es sont r&#233;alis&#233;es. &#187; Mais la pr&#233;sentation m&#234;me des organisations signataires introduisait une asym&#233;trie. Le texte, intitul&#233; &#171; Ensemble, pour des r&#233;gions &#224; gauche, solidaires, &#233;cologiques et citoyennes &#187;, &#233;tait en effet sign&#233; par : Le front de Gauche : Parti Communiste fran&#231;ais, Parti de Gauche, Gauche Unitaire et Les Alternatifs, R&#233;publique et Socialisme, La Fase, le M'Pep, le PCOF2. [c'est nous qui soulignons]. Le Front de gauche d'un c&#244;t&#233; et d'abord, les autres ensuite ! Cette approche allait conduire le Front de gauche, tout au moins selon certains des signataires, &#224; consid&#233;rer que la composition des listes lui revenait, les autres organisations obtenant tout au plus quelques strapontins. Mais cette premi&#232;re ligne de tension allait se doubler d'une seconde : au sein m&#234;me du Front de gauche, le Parti de gauche allait rapidement soup&#231;onner, non sans raison, le Parti communiste de tirer la couverture &#224; lui et de consid&#233;rer les listes communes comme des listes communistes ouvertes au Front de gauche. Le Monde a d&#233;crit la situation r&#233;sultant de ces conflits de la mani&#232;re suivante au lendemain du meeting de lancement de la campagne nationale le 10 janvier 2010 &#224; Paris : &#171; Pourtant depuis un mois, les communistes avaient du fil &#224; retordre avec leur turbulent alli&#233;. M&#233;content des r&#233;gions et d&#233;partements qui &#233;taient laiss&#233;s &#224; son parti, M. M&#233;lenchon avait menac&#233; de &quot;rentrer en faisant ses valises&quot;, paraphrasant Georges Marchais lors de la rupture de l'Union de la gauche en 1977.[...] L'accord a &#233;t&#233; sign&#233; la veille. Sachant que leur salut d&#233;pend de leur politique unitaire, les communistes se sont faits plus coulants. Le Parti de gauche a obtenu deux d&#233;partements de plus et trois t&#234;tes de listes d&#233;partementales en &#206;le-de-France. La Gauche unitaire de Christian Picquet, une r&#233;gion et quatre d&#233;partements et les Alternatifs obtiennent l'Alsace. Le reste sera pour le PCF, soit environ 90 &#224; 95 candidats pour 184 sortants. La fin des n&#233;gociations s'est faite au d&#233;triment des autres petites formations comme la F&#233;d&#233;ration pour une alternative sociale et &#233;cologique (Fase) et des personnalit&#233;s comme Cl&#233;mentine Autain ou Leila Chadli, minoritaire &quot;unitaire&quot; du NPA. &#187;3 On pourrait ajouter &#224; cela le refus de voir Patrick Braouezec conduire la liste commune en &#206;le de France. Plus g&#233;n&#233;ralement, la Fase, et &#224; travers elle les communistes unitaires, ont &#233;t&#233; une des principales victimes de cette situation. Il est int&#233;ressant de comparer la fa&#231;on dont les divers protagonistes &#233;valuent le r&#233;sultat final de ces discussions sur les listes. &#201;corch&#233;e vive en l'occurrence, la Fase ne retient qu'un nombre minimal de r&#233;gions o&#249; le texte du 17 d&#233;cembre a &#233;t&#233; mis en &#339;uvre. Partout ailleurs, elle rel&#232;ve ce qu'elle consid&#232;re comme des rejets ou des emp&#234;chements (voir le tableau ci-apr&#232;s)
&#201;lections r&#233;gionales 2010 - Le point sur la situation au 24 janvier 2010, en un tableau
Ce tableau essaie de synth&#233;tiser et d'organiser les informations connues, pour 21 r&#233;gions (celles de la France continentale, Corse et r&#233;gions ultramarines non prises en compte donc). Bien entendu, toute classification de ce genre a quelque chose d'arbitraire, et la singularit&#233; des situations ne peut pas &#234;tre rendue dans une telle synth&#232;se. On perd en finesse ce qu'on gagne en vue d'ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre lecture est &#233;videmment possible. Le Parti de gauche pr&#233;sente par exemple sur son site une image beaucoup plus positive. Gr&#226;ce &#224; une carte de France m&#233;tropolitaine interactive, on voit que le PG consid&#232;re qu'il y a mise en &#339;uvre de l'accord national dans la grande majorit&#233; des r&#233;gions. Les seules exceptions, dues &#224; la d&#233;cision des f&#233;d&#233;rations communistes de faire liste commune avec le PS d&#232;s le premier tour, sont pour lui la Bretagne (avec une liste comprenant des &#171; communistes favorables au Front de gauche &#187;), la Basse-Normandie (o&#249; la PG fait alliance avec le NPA), Champagne-Ardenne (o&#249; l'intitul&#233; m&#234;me de la liste indique la couleur : &#171; Liste anticapitaliste, &#233;cologiste et solidaire &#187;), la Lorraine (avec une liste NPA, PG et des &#171; communistes du Front lorrain de gauche &#187;), la Bourgogne (avec une liste NPA, Fase, PG et &#171; communistes de Bourgogne &#187;, avec le soutien de la f&#233;d&#233;ration de l'Yonne du PCF)
Concr&#232;tement, on constate donc des situations extr&#234;mement diverses. Au regard des alliances d'abord. Cela va de la quasi-unit&#233; &#224; gauche de la gauche, comme dans le Languedoc-Roussillon4, cit&#233; plus haut, &#224; la coexistence, peu pacifique parfois, de deux et souvent trois listes demandant peu ou prou une r&#233;orientation radicale, dans le sens antilib&#233;ral, des politiques mises en &#339;uvre au niveau des r&#233;gions. Avec une diff&#233;rence de taille entre elles cependant. Celles du Front de gauche n&#233;gocieront avec les socialistes et les Verts d&#232;s le soir du premier tour pour constituer une liste commune pour le deuxi&#232;me tour, &#224; condition qu'elles soient en situation de le faire, c'est-&#224;-dire qu'elles franchissent la barre des 5% des suffrages exprim&#233;s. Les listes du NPA ou de Lutte ouvri&#232;re, toujours &#224; condition de franchir cette barre, ne voudront pas d'une majorit&#233; de gestion et demanderont &#224; rester libres de leurs votes, notamment pour le budget. Ce qui, selon toute vraisemblance, leur sera refus&#233; et signifiera leur absence totale au second tour (il faudrait en effet qu'une de ces listes obtiennent 10% des voix pour pouvoir se maintenir sans fusion avec une autre). Reste &#224; savoir ce que feront les candidats du Front de gauche si la n&#233;gociation entre les deux tours inclut aussi le Modem. On peut s'attendre &#224; ce que ceux des communistes qui ont rejoint les listes socialistes d&#232;s le premier tour avalent aussi cette couleuvre-l&#224;. Pour les autres, le dilemme sera le m&#234;me que pour le NPA : sauf si la liste obtient 10% au premier tour, elle ne pourra pas se maintenir sans fusionner avec une autre. Dans le cas contraire, le risque existera d'une disparition pure et simple du conseil r&#233;gional, avec la perte des avantages mat&#233;riels, financiers et symboliques correspondants, sauf si les socialistes et les Verts d&#233;cident de favoriser l'unit&#233; &#224; gauche et, par cons&#233;quent, de ne pas les mettre dans une situation impossible. Il y a des r&#233;gions en tout cas, Poitou-Charentes par exemple, o&#249; le Modem est d&#233;j&#224; certain de figurer dans la future majorit&#233; du conseil r&#233;gional et tr&#232;s vraisemblablement dans son ex&#233;cutif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'encadr&#233; qui suit, Fr&#233;d&#233;ric Lebaron rend compte de la situation dans le Limousin, r&#233;gion de vieille tradition de gauche o&#249; l'unit&#233; a pu se faire, sans &#234;tre totale pour autant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour tenter d'avoir une vision concr&#232;te des n&#233;gociations, nous avons demand&#233; &#224; Christophe Ventura, secr&#233;taire national du PG et d&#233;sign&#233; &#224; ce titre pour &#171; suivre &#187; la r&#233;gion Centre, de nous faire part de cette exp&#233;rience. Il raconte : &#171; Les probl&#232;mes apparus dans les n&#233;gociations nationales &#233;taient peu lisibles au plan local. Comme tout est all&#233; vite, il fallait &#234;tre r&#233;actif &#224; tous les niveaux, et plus particuli&#232;rement entre les n&#233;gociateurs nationaux, le secr&#233;tariat national du PG et les instances r&#233;gionales. Il fallait r&#233;pondre vite &#224; toutes sortes de questions pos&#233;es au niveau r&#233;gional : o&#249; est-ce qu'on en est dans les n&#233;gociations nationales ? Le PC nous propose tant de places, faut-il accepter ? Que faire avec le NPA, avec les Alternatifs ? &#187;5&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Centre s'est r&#233;v&#233;l&#233; rapidement &#234;tre une r&#233;gion &#224; probl&#232;mes. En effet, le PC r&#233;gional ne savait pas au d&#233;part s'il allait suivre ou non l'accord national. &#171; Deux approches contradictoires existaient en son sein : y aller avec les socialistes ou chercher autre chose. Mais des probl&#232;mes semblables se posaient dans toutes les r&#233;gions. Le bureau national du PG a donc d&#233;cid&#233; d'&#233;largir l'&#233;quipe initialement d&#233;sign&#233;e pour suivre la campagne (&#201;ric Coquerel et Pascale Le N&#233;ouannic, les n&#233;gociateurs nationaux, Fran&#231;ois Delapierre, H&#233;l&#232;ne Franco, qui s'occupe de la commission des conflits). Chacun des vingt-et-un secr&#233;taires nationaux a donc &#233;t&#233; &quot;affect&#233;&quot; &#224; une r&#233;gion pour faire le lien entre le local, le national et les n&#233;gociateurs. Cela s'est mis en place &#224; la mi-d&#233;cembre. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'ajoutent &#224; cela des &#171; probl&#232;mes internes dans les comit&#233;s du PG de la r&#233;gion. Certains de ces groupes sont assez petits, il y a donc tendance &#224; amplifier les probl&#232;mes personnels, etc. Personnellement, cela m'a un peu d&#233;rout&#233; : je me suis toujours occup&#233; des questions internationales, &#224; Attac puis au PG. Je n'&#233;tais donc pas habitu&#233; &#224; ces conflits internes. Cela me pla&#238;t d'ailleurs tr&#232;s moyennement ! Mais il a fallu aller au charbon ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus concr&#232;tement, comment cette &#171; mission &#187; s'est-elle d&#233;roul&#233;e ? &#171; Le rythme a &#233;t&#233; intense entre le 20 d&#233;cembre et le 22 janvier. Et cela sur un double front : les difficult&#233;s avec le parti communiste, et les probl&#232;mes internes. Le fait que j'&#233;tais le &quot;Parisien&quot; a souvent calm&#233; les choses, alors qu'on pouvait craindre le contraire. En fait, cela a parfois trop bien pris, sur le mode : &quot;C'est toi qui sais, tu vas nous dire...&quot; Constatant que les militants se connaissaient peu d'un d&#233;partement &#224; l'autre (la r&#233;gion a 6 d&#233;partements), j'ai propos&#233; une r&#233;union commune le 29 d&#233;cembre, pour cr&#233;er un minimum de coordination. Cela a permis &#224; tout le monde, responsables et adh&#233;rents, de s'exprimer. La participation a &#233;t&#233; bonne, tous les comit&#233;s &#233;taient l&#224;. Une mise &#224; niveau donc, question information. J'ai pu faire le point, notamment sur les informations nationales. Cette r&#233;union a permis aussi de nommer un &#171; coordinateur r&#233;gional &#187;, Fr&#233;d&#233;ric Orelle, un ancien militant du PS, tr&#232;s respect&#233;. Il conna&#238;t le terrain et la plupart des gens. Ce qui m'a permis de me concentrer sur les liens entre les n&#233;gociateurs nationaux (y compris pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts du PG Centre !) et la coordination r&#233;gionale. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et les relations avec le Parti communiste ? &#171; J'ai pu travailler avec le PC, qui avait nomm&#233; un coordinateur r&#233;gional (mais pas de missi dominici national), un camarade plut&#244;t ouvert. C'est &#233;videmment autour de la liste qu'il y a eu conflit. Les projections donnaient 11 &#233;lus au Front de gauche (pour 13 communistes sortants, &#233;lus en 2004 avec le PS). Le deal national donnait 2 PG sur les 8 premiers &#233;lus (soit 6 PC). Localement la Gauche unitaire de Christian Piquet n'existe pas. Il y a des Alternatifs et quelques PCOF. Cela n'a pas &#233;t&#233; facile avec les communistes. D'abord &#224; cause de diff&#233;rences d'interpr&#233;tation de l'accord : pour eux, sur les dix premiers &#233;lus, les huit communistes &#233;taient en t&#234;te, suivis de 2 PG. Or l'accord disait deux dans les huit premiers, pas forc&#233;ment en derniers. Par ailleurs, leur proposition ne laissait rien pour les autres. Nous d&#233;fendions donc &#224; la fois notre place et celle des Alternatifs. Cela ne s'est pas fait au bout du compte, mais pour des raisons li&#233;es aux Alternatifs eux-m&#234;mes. Ils devaient avoir la t&#234;te de liste dans l'Eure et Loire. Mais leur candidat ne faisait pas l'unit&#233; chez eux. Il a convoqu&#233; une r&#233;union large, avec le NPA, pour faire une liste avec eux. Le Parti communiste n'a pas accept&#233;. Les Alternatifs ont finalement renonc&#233; &#224; leur place dans le Centre pour une autre en Aquitaine ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment expliquer ces difficult&#233;s, signal&#233;es aussi dans d'autres r&#233;gions6 ? &#171; Sur le fond, pour les communistes, il s'agissait de listes du Parti communiste ouvertes &#224; d'autres. Le coordinateur r&#233;gional du parti &#233;tait pour un accord. Mais derri&#232;re lui, la position &#233;tait autre. Ils ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; dire : &quot;Nous r&#233;cusons l'accord national&quot;, surtout dans le Cher. Nous sommes all&#233;s au clash. Ils voulaient non seulement un partage in&#233;quitable des places, mais, en plus, nous dire o&#249; nous aurions des &#233;lus. Vers la mi-janvier, apr&#232;s consultation avec Coquerel, nous avons dit : &quot;On arr&#234;te. Nous restons fid&#232;les &#224; l'accord national et vous d&#233;nions le droit d'utiliser le logo Front de Gauche. Et nous le ferons savoir.&quot; . On nous a r&#233;pondu : &quot;Vous &#234;tes irresponsables, les &#233;lecteurs de gauche vont &#234;tre contents d'apprendre que vous pulv&#233;risez les chances de la gauche !&quot; &#201;ric a alert&#233; Francis Parny, le &quot;n&#233;gociateur national&quot; du PCF et Marie-George Buffet. Cela a march&#233;, sans que nous sachions exactement pourquoi. Il faut dire que des meetings nationaux &#233;taient pr&#233;vus dans le Centre, notamment avec Marc Dolez et Martine Billard. Dolez et Billard ont menac&#233; de se d&#233;sister. Vingt-quatre heures apr&#232;s, le coordinateur du PC rappelle le n&#244;tre pour lui proposer un protocole d'accord. Ils acceptaient nos propositions pour la liste mais avaient pr&#233;par&#233; un pr&#233;ambule du style : &quot;Le PC a consid&#233;r&#233; que, pour le bien de la gauche, il permettra au PG, etc.&quot;. Il a fallu exiger une co-r&#233;daction de ce protocole, qui mette le PC et le PG &#224; &#233;galit&#233; de statut dans la construction des listes Centre, pour finalement boucler tout cela. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encadr&#233; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gauche de gauche presque unie en Limousin&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette r&#233;gion historiquement ancr&#233;e &#224; gauche, avec un conseil r&#233;gional sous forte h&#233;g&#233;monie socialiste (auquel participe depuis 1992 l'Alternative pour la d&#233;mocratie et le socialisme &#8211; ADS, cr&#233;&#233;e par Marcel Rigout, ancien ministre communiste de Pierre Mauroy, surtout implant&#233;e en Haute-Vienne7), le Front de gauche (10,07%) et le NPA (6,87%) ont totalis&#233; &#224; eux deux 16,95% des suffrages exprim&#233;s aux &#233;lections europ&#233;ennes de 2009, auxquels il faut ajouter les 1,29% de Lutte ouvri&#232;re (ce qui fait un total de plus de 18% &#224; gauche de la gauche). Face aux 22,10% du PS et aux 12,35% d'Europe &#233;cologie, les europ&#233;ennes ont donc donn&#233; &#224; cette &#171; gauche critique &#187; une position de force dont on pouvait penser qu'elle aurait des cons&#233;quences &#171; entra&#238;nantes &#187; sur le scrutin r&#233;gional.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une telle dynamique de r&#233;&#233;quilibrage interne &#224; la gauche risque pourtant de ne pas se prolonger. L'ADS, membre au niveau national de la F&#233;d&#233;ration pour une alternative sociale et &#233;cologique (Fase), a d&#233;cid&#233; &#224; l'issue d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale consensuelle en novembre 20098 de maintenir son alliance privil&#233;gi&#233;e avec le Parti socialiste et ses satellites, alors que le PCF, le NPA et le PG feront de leur c&#244;t&#233; liste commune. Cette division, qui peut sembler surprenante, trouve son fondement dans la structure politique de la Haute-Vienne, d&#233;partement le plus peupl&#233; de la r&#233;gion, o&#249; l'ADS a pr&#233;serv&#233;, depuis la scission du PCF dont cette petite organisation est issue, de nombreux &#233;lus locaux, souvent localis&#233;s dans des bastions comme la ville &#171; rouge &#187; de Saint-Junien, qui est le c&#339;ur de l'influence des &#171; communistes ADS &#187;, o&#249; la gauche r&#233;alise des scores impressionnants. Le maintien sur la longue dur&#233;e de ces nombreux postes &#233;lectifs repose largement sur des accords solides et durables avec le PS, renouvel&#233;s r&#233;guli&#232;rement depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990 ; celui-ci n'a sans doute pas manqu&#233; de mettre la poursuite de ces accords dans la balance des discussions, l'ADS, engag&#233;e dans la Fase, ayant pu envisager de tenter de prendre la t&#234;te d'une liste unitaire de la gauche de la gauche pour fusionner dans un second temps sur la base d'un rapport de forces solide. La perspective de vice-pr&#233;sidences quasi assur&#233;es n'a pas manqu&#233; de renforcer la tendance &#171; r&#233;aliste &#187; qui domine une organisation structur&#233;e autour d'&#233;lus disposant d'un capital symbolique local parfois notable, souvent issus du mouvement social (CGT, associations)9.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette situation illustre bien ce que l'on pourrait appeler les &#171; antinomies de la gauche de gauche &#187; : un capital d'&#233;lus parfois important cr&#233;e une forte interd&#233;pendance de la composante la plus gestionnaire (le plus souvent issue du PCF, mais pas toujours) avec le PS, monnay&#233;e en postes de responsabilit&#233; dans les &#171; ex&#233;cutifs &#187; des conseils g&#233;n&#233;raux et r&#233;gionaux ; &#224; l'oppos&#233;, les partis ou organisations sans &#233;lus, en position de &#171; challengers &#187;, peuvent b&#233;n&#233;ficier de dynamiques &#233;lectorales fond&#233;es sur une plus grande clart&#233; id&#233;ologique face &#224; des politiques publiques, qui, quelle qu'en soit l'intention initiale, poursuivent la &#171; gestion loyale du capitalisme &#187; en tentant de lui donner une couleur plus &#171; sociale &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un &#233;t&#233; de (bonnes) rencontres (S/A n&#176; 9)</title>
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour le Parti socialiste, le r&#233;veil apr&#232;s les &#233;lections europ&#233;ennes a &#233;t&#233; douloureux. Au del&#224; de la perte d'un nombre non n&#233;gligeable d'&#233;lus &#8211; ce qui n'est jamais une sin&#233;cure pour un parti qui a cess&#233; depuis longtemps d'&#234;tre un parti de militants pour vivre, dans tous le sens du mot, de son capital &#233;lectoral [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='On relira avec profit &#224; ce sujet : Sawicki F., Lefebvre R., La soci&#233;t&#233; des (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;] &#8211; la d&#233;faite a suscit&#233; un d&#233;bat tr&#232;s dur au sein du parti, certains n'h&#233;sitant pas &#224; jeter l'enfant avec l'eau du bain en allant jusqu'&#224; pr&#233;coniser la disparition pure et simple du parti sous sa forme actuelle, esquissant une sorte de sc&#233;nario &#224; l'italienne pour aller vers une formation qui abandonnerait jusqu'&#224; la r&#233;f&#233;rence socialiste au profit d'une fusion avec le centre (le Modem de Fran&#231;ois Bayrou en l'esp&#232;ce).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; gauche de la gauche, ce n'est pas tant le total des suffrages par les divers candidats s'en r&#233;clamant qui a fait l'objet de d&#233;bats. Au Front de gauche, c'est plut&#244;t la satisfaction qui domine, alors que le NPA essaie de faire bonne figure, ce qui n'est pas tout &#224; fait sans fondement puisque le r&#233;sultat final (4,88%) est sensiblement sup&#233;rieur &#224; celui des listes LCR-Lutte ouvri&#232;re en 2004 (2,54%). Ce qui permet d'ailleurs de s'interroger sur ce qui est consid&#233;r&#233; aujourd'hui comme un bon r&#233;sultat. Les listes du Front de gauche n'ont pas fait sensiblement mieux, en effet et en moyenne, que celles du Parti communiste, &#233;largies &#224; des militants ext&#233;rieurs, en 2004.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui a fait l'objet de beaucoup de r&#233;flexions et de d&#233;clarations, c'est la comparaison NPA-Front de gauche. Du c&#244;t&#233; du Parti communiste, c'est &#233;videmment la satisfaction. Une revue de presse interne, sous le titre significatif de &#171; Le face &#224; face NPA-Front de Gauche &#187;, note ainsi que &#171; Olivier Besancenot, qui apparaissait encore il y a quelques semaines comme le f&#233;d&#233;rateur de la gauche extr&#234;me, a d&#233;sormais sur sa route un obstacle nouveau avec un Parti communiste revenu &#224; la vie, gr&#226;ce aux qualit&#233;s tribunitiennes du s&#233;nateur M&#233;lenchon. Pour [Pascal] Perrineau, &#8220;la vieille famille communiste &#233;largie et relook&#233;e du Front de gauche a su imposer la tradition par rapport &#224; l'entreprise de renouvellement que tentait de porter le Nouveau parti anticapitaliste&#8221;. Jean-Marie Colombani remarque &#8220;La bataille &#224; la gauche de la gauche s'est sold&#233;e par la victoire de Jean-Luc M&#233;lenchon qui redonne vie et couleur &#224; un PCF jusqu'alors moribond&#8221;. Sur la forme, le sigle NPA sonne bien, comme celui de Modem. Mais le contenu est moins all&#233;chant. Il r&#233;actualise le combat anticapitaliste d'antan. Les solutions pr&#233;conis&#233;es par l'extr&#234;me gauche sont per&#231;ues comme des rem&#232;des pires que le mal, la traduction &#233;lectorale ne suit pas &#187; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Bulletin InfodocCom/Id&#233;es/Europe, n&#176;14, 12 juin 2009.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon remarque de son c&#244;t&#233; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Entretien avec l'auteur, 8 juillet 2009.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] qu'il y a eu &#171; un effet &#233;lectoral, qu'il faut examiner dans une vision dynamique. L'avantage pour nous, cela a &#233;t&#233; l'existence d'&#233;lecteurs mouvants, qui &#233;chappent &#224; la stabilit&#233; du rapport gauche-droite. J'ai ressenti cela tr&#232;s fort au cours de la campagne. &#187; Pour lui, une des explications est dans le fait que &#171; les politiques lib&#233;rales ont r&#233;volutionn&#233; la soci&#233;t&#233; et boulevers&#233; les rapports en son sein. Il nous faut donc apprendre &#224; penser les cat&#233;gories de fa&#231;on dynamique &#187;. La pens&#233;e sur le PC en est un exemple : &#171; Pour les technocrates, il fait 1,8% des voix, avec en plus quelques client&#232;les locales. Or, c'est un parti tr&#232;s complexe, qui a connu des &#233;checs, avec des blessures, mais aussi avec un esprit de parti. Ses militants sont &#8220;&#233;duqu&#233;s &#224; reprendre le terrain&#8221; &#187;. S'ajoute &#224; cela, pour lui, &#171; l'&#233;norme famille des ex [du PC], une forme d'&#233;lite humaine, bless&#233;s du communisme mais toujours capables de penser le monde &#187;. Quand il a quitt&#233; le PS, il &#171; aurait voulu faire un parti avec eux &#187;, mais ils ont refus&#233;. Il continue cependant &#224; croire &#224; la pertinence d'un axe strat&#233;gique : un lien fort avec la direction du PC pour produire un &#171; effet de catalyse &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C&#244;t&#233; NPA, le d&#233;bat a &#233;t&#233; vif, &#224; en juger par ce qui est accessible au public, c'est-&#224;-dire essentiellement les blogs des militants. Il &#233;tait d'ailleurs d&#233;j&#224; largement entam&#233; avant les &#233;lections europ&#233;ennes elle-m&#234;mes, avec le d&#233;part de Christian Piquet et de ses amis, pour cr&#233;er la Gauche unitaire, devenue rapidement la troisi&#232;me composante du Front de gauche avec le PC et le PG. Un article du Monde cite ainsi un cadre d&#233;partemental de la CGT dans les Bouches du Rh&#244;ne, membre du Conseil politique national du NPA, pour qui &#171; Le score obtenu n'est pas digne du projet qui &#233;tait celui du NPA : faire un grand parti de masse et de classe. La direction n'a tir&#233; aucune le&#231;on et va recommencer les m&#234;mes conneries aux r&#233;gionales &#187; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Sylvia Zappi, &#171; Des cadres du NPA d&#233;missionnent au lendemain d'un scrutin (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]. Le m&#234;me article fait dire &#224; ce militant &#171; qu'il est las d'entendre ses camarades d&#233;noncer &#8220;la trahison des bureaucrates syndicaux&#8221; comme de la volont&#233; de la direction de &#8220;doubler les syndicats&#8221; en appelant &#224; organiser des &#8220;marches r&#233;gionales contre les licenciements&#8221; &#187;. On sait aujourd'hui que ce sentiment est largement partag&#233; au sein de la CGT, celle-ci venant d'annoncer qu'elle refusait pour ces raisons de participer cette ann&#233;e &#224; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; du NPA [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Barroux, &#171; Agac&#233;e, la CGT n'ira pas &#224; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; du Nouveau parti (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;], au motif que &#171; le NPA comme Lutte ouvri&#232;re [...] pr&#233;tend donner des le&#231;ons aux responsables syndicaux, voire m&#234;me de se substituer aux syndicats dans leurs responsabilit&#233;s d'assumer la d&#233;fense des salari&#233;s et la conduite des luttes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne pr&#233;juge &#233;videmment pas de la r&#233;alit&#233; des d&#233;bats dans les instances. Alain Krivine [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Entretien avec l'auteur, 5 juillet 2009.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;] ne croit pas qu'il y a eu h&#233;morragie de militants. Pour expliquer ce qui est tout de m&#234;me une d&#233;ception, il a recours apr&#232;s d'autres &#224; un argument devenu tr&#232;s ordinaire dans le champ politique : &#171; Nous nous sommes mal expliqu&#233;s [&#224; propos du Parti socialiste] &#187;. Ce qui a &#171; permis au Front de gauche d'incarner l'unit&#233;, qui est &#233;videmment une aspiration forte. Est-ce que cela a provoqu&#233; des d&#233;parts chez nous ? Sans doute mais pas nombreux. Nous avons toujours du mal &#224; d&#233;terminer le nombre de nos adh&#233;rents. Nous avons 525 comit&#233;s mais tous n'ont pas encore pris l'habitude de faire remonter informations et cotisations, surtout l&#224; o&#249; il n'y a pas de militants de l'ancienne LCR. En revanche, les meetings marchent bien (500 participants chez les Continental, avec Olivier Besancenot) &#187;. S'agissant des r&#233;sultats eux-m&#234;mes, l'hebdomadaire du NPA, Tout est &#224; nous [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Tout est &#224; nous, n&#176;16, 9 juillet 2009, disponible sur le site du NPA : (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;], faisait d&#232;s le 9 juillet et sous le titre &#171; Il y a une p&#233;n&#233;tration du NPA en milieu ouvrier &#187;, une large place &#224; une &#233;tude de l'Ifop, &#171; tr&#232;s instructive &#187;, sur les r&#233;sultats compar&#233;s du NPA et du Front de gauche aux &#233;lections europ&#233;ennes. L'hebdomadaire met en exergue deux ph&#233;nom&#232;nes qui n'en font qu'un d'ailleurs, d'une certaine fa&#231;on : &#171; le NPA dispose de l'&#233;lectorat le plus jeune &#187; (la tranche la plus fournie est celle des 30 &#224; 49 ans, avec 44% des &#233;lecteurs ayant vot&#233; NPA, alors que pour le Front de gauche, c'est celle des 50 &#224; 64 ans avec 29% du total) ; &#171; des retrait&#233;s tr&#232;s pr&#233;sents dans l'&#233;lectorat du Front de gauche &#187; (43% contre 10% pour le NPA). Et, cerise sur le g&#226;teau, 8% d'ouvriers dans l'&#233;lectorat du Front de gauche contre 22% pour le NPA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il reste que la satisfaction affich&#233;e par les uns et la d&#233;ception des autres peuvent appara&#238;tre comme une curiosit&#233; si on ne les replace pas dans la dynamique de la campagne, et notamment de la perception que les sondages ont pu pr&#233;-formater chez les uns et les autres. Si on fait une comparaison avec les r&#233;sultats des m&#234;mes &#233;lections, on constate que les listes du Parti communiste (qui &#233;taient d&#233;j&#224; des listes d'ouverture) ont obtenu 5,25% des suffrages en 2004 (&#224; quoi il faut ajouter 1,35% pour les listes comparables outre-mer). Ce r&#233;sultat est pass&#233; &#224; 6,05% avec l'apport des alli&#233;s du Front de gauche (plus 0,42% outre-mer), ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme relativement faible, sans commune mesure en tout cas avec une certaine euphorie que l'on a pu percevoir. Le NPA, de son c&#244;t&#233; a obtenu seul 4,88% en 2009 contre... 2,56% en 2004, alors qu'il avait fait listes communes avec Lutte ouvri&#232;re. Cette vision un peu d&#233;form&#233;e de la r&#233;alit&#233; des chiffres doit certainement beaucoup &#224; l'&#233;volution des sondages. En f&#233;vrier et mars 2009, la plupart des instituts de sondage voyaient le NPA rassembler 8, voire 9% des sondages (Ifop et Ipsos par exemple), alors que le Front de gauche &#233;tait cr&#233;dit&#233; au mieux de 6 &#224; 6,5%, et m&#234;me de seulement 3% (CSA en mars). L'inversion de tendance s'est produite au cours du dernier mois avant l'&#233;lection, le NPA tombant &#224; 6% alors que le Front de gauche passait de 5 &#224; 7%. Cette nouvelle pente allait se confirmer au cours de la derni&#232;re semaine (4,88% pour le NPA et 6,47% pour le Front de gauche, en comptant l'apport de l'outre-mer o&#249; le Front de gauche ne pr&#233;sentait pas de liste en son nom propre mais appelait &#224; voter pour l'Alliance de l'outre-mer). S'ajoute &#224; cela l'effet particulier du mode de scrutin [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Avec 6,47% des voix, le Front de gauche et son alli&#233; ultramarin obtiennent 5 (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;], qui a permis &#224; Marie-George Buffet de dire d&#232;s le soir des &#233;lections que le Front de gauche allait probablement &#171; doubler le nombre de ses d&#233;put&#233;s &#187;. Formule choc, mais arithm&#233;tiquement exacte (4 si&#232;ges au lieu de 2 en m&#233;tropole), qui a pu faire oublier la quasi-stagnation du pourcentage des voix !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Des rencontres nombreuses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sentiment d'&#234;tre en position de force pour les uns et, par cons&#233;quent, volont&#233; de tirer parti tr&#232;s rapidement de l'avantage (temporairement) acquis, interrogations sur la strat&#233;gie pour les autres ont fait que les r&#233;unions se sont multipli&#233;es dans les semaines qui ont suivi les &#233;lections europ&#233;ennes. Objectif commun : tenter de capitaliser enfin, &#224; l'occasion des r&#233;gionales et apr&#232;s que la tentative a &#233;chou&#233; &#224; des degr&#233;s divers &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2007 et aux europ&#233;ennes de 2009, les 10 ou 15% de voix que les sondages promettent r&#233;guli&#232;rement &#8211; en tout cas depuis le succ&#232;s du non au r&#233;f&#233;rendum sur le projet de trait&#233; constitutionnel europ&#233;en en 2005 &#8211; &#224; la gauche de la gauche et qu'elle n'atteint jamais du fait de la multiplication de ses candidats, que le scrutin soit nominal ou de liste (cette hypoth&#232;se reste cependant &#224; v&#233;rifier).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Jean-Luc M&#233;lenchon, &#171; Le NPA opte pour une logique unitaire... o&#249; ils am&#232;nent leurs positions &#187;, au lieu de rechercher un compromis. Il a appel&#233; le NPA tout de suite apr&#232;s les europ&#233;ennes mais pr&#233;cise que la demande &#233;tait r&#233;ciproque. Il d&#233;c&#232;le &#171; un pas en avant : pour le deuxi&#232;me tour [des r&#233;gionales], le NPA ne parle plus seulement d'accord technique mais de &#8220;fusion d&#233;mocratique&#8221; &#187; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut rappeler ici que l'argument le plus couramment utilis&#233; par le NPA (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]. Si avec le PC il y a accord sur le fait que le &#171; syst&#232;me &#8220;front de gauche&#8221; &#187; est valable pour toutes les &#233;lections &#187;, c'est moins net avec le NPA : avec eux &#171; on en est au &#8220;Front durable&#8221; &#187;. Mais avec le PC aussi des ambigu&#239;t&#233;s subsistent. Il a renvoy&#233; &#224; son Conseil national d'octobre 2009 les d&#233;cisions d&#233;finitives. Il existe en effet une possible contradiction entre la volont&#233; de sauver &#171; les &#233;lus en m&#234;me temps que la coh&#233;sion du parti, voire le parti lui-m&#234;me &#224; en croire Marie-George Buffet &#187; et la constitution, dans toutes les r&#233;gions de &#171; listes autonomes de l'autre gauche [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est le label utilis&#233; au Parti de gauche, o&#249; on ne parle gu&#232;re de &#171; gauche de (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;] &#187;, sans parler des discussions sur la fusion des listes apr&#232;s le premier tour et, par cons&#233;quent, sur un &#233;ventuel accord de gestion au niveau de la r&#233;gion (comme c'est le cas aujourd'hui dans la plupart des r&#233;gions dirig&#233;es par la gauche, avec tous les b&#233;n&#233;fices aff&#233;rents pour les &#233;lus de l'autre gauche concern&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le NPA a rencontr&#233; de son c&#244;t&#233; tous les partis apr&#232;s les &#233;lections europ&#233;ennes : LO, le PC, le PG, la F&#233;d&#233;ration, les Verts, les Alternatifs. La discussion a port&#233; sur les enseignements &#224; tirer des &#233;lections europ&#233;ennes et sur les &#233;lections r&#233;gionales de 2010. Des communiqu&#233;s ont &#233;t&#233; adopt&#233;s, renouant avec une tradition ancienne. Il y a m&#234;me eu le plus souvent (le Parti communiste n'a pas voulu le faire avec le NPA), ce qui est plus nouveau &#224; gauche de la gauche et peut-&#234;tre le signe d'une certaine impr&#233;gnation par une forme de politique spectacle, des conf&#233;rences de presse communes. Alain Krivine r&#233;sume ainsi la position du NPA dans ces contacts : il faut reprendre l'offensive, l'unit&#233; doit &#234;tre &#171; durable &#187;, il faut combiner action et &#233;lections. Y a-t-il eu changement apr&#232;s le r&#233;sultat des europ&#233;ennes notamment au regard des alliances possibles ? &#171; Nous avions raison sur le fond mais le gens ne nous ont pas compris &#187;. Il pense en effet que &#171; la social-d&#233;mocratie est dans l'impasse. Le capitalisme ne c&#232;de plus rien dans la phase actuelle. Il n'est donc plus possible de lui arracher des mesures, comme ce fut le cas pendant longtemps. C'&#233;tait le fonds de commerce des socialistes. Qui, du coup, se sentent d&#233;munis et sont incapables de produire des id&#233;es et de d&#233;finir une politique alternative qui se distingue de celle de la droite. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour lui, les contacts pris par le NPA permettent de r&#233;sumer la situation ainsi : &#171; Lutte ouvri&#232;re s'isole. La r&#233;union avec eux a &#233;t&#233; tr&#232;s dure, il n'y a rien de nouveau chez eux. Ils n'ont pas pris de d&#233;cision encore mais nous accusent de &#8220;trahir&#8221; en &#233;tant &#8220;avec M&#233;lenchon&#8221;. Avec le PC, un communiqu&#233; commun a &#233;t&#233; adopt&#233; sur la politique de Sarkozy, les luttes, la n&#233;cessit&#233; de l'unit&#233; pour les &#233;lections. Pour eux, il n'y a pas refus a priori de listes avec le PS mais ils ne prendront position qu'en octobre. La F&#233;d&#233;ration (pour une alternative sociale et &#233;cologique) est un peu dans le trou. Ils suivent les d&#233;bats avec int&#233;r&#234;t mais n'ont pas encore adopt&#233; de position. La seule chose claire : il n'ont pas de pr&#233;alable (alors que le PC ne les veut pas dans les discussions). En fait, il y a beaucoup de flou. Par exemple, St&#233;phane Gatignon, le maire de Sevran, a sign&#233; le texte propos&#233; par Robert Hue [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Jean-Michel Normand, &#171; Robert Hue, nouvelle coqueluche d'un PS en (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]. C'est une d&#233;marche qui vise au rapprochement entre le PC et le PS. Il est pourtant &#224; la F&#233;d&#233;ration ! Les Alternatifs (qui ont quelques &#233;lus dans les r&#233;gions) sont divis&#233;s entre eux, penchant &#224; moiti&#233; vers les positions du NPA et &#224; moiti&#233; vers celles du PG &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour la rencontre NPA/Parti de gauche, &#171; Jean-Luc M&#233;lenchon a fait venir la presse en grande formation. Un communiqu&#233; commun a &#233;t&#233; adopt&#233;. Mais sur la question essentielle des alliances aux r&#233;gionales, nous avons choisi de r&#233;diger deux paragraphes distincts donnant la position de l'une et l'autre des organisations. Nous ne voulons pas de fusion des listes pour le deuxi&#232;me tour, au sens habituel. Nous refusons notamment tout engagement &#224; voter le budget par exemple. Mais nous sommes favorables &#224; des fusions techniques : composer des listes au second tour au prorata des scores du premier &#187; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='Rappel : pour les &#233;lections r&#233;gionales, seules les listes ayant obtenu plus (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Accords et d&#233;saccords&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les divers communiqu&#233;s permettent de se faire une id&#233;e de ce qui fait l'accord au sein de la gauche de la gauche et de ce qui est actuellement encore source de difficult&#233;s et, par cons&#233;quent, fera l'objet des discussions des prochains mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le communiqu&#233; NPA/Parti de gauche permet de cerner une partie des d&#233;saccords. Les deux formations estiment &#171; indispensable d'unir les forces de gauche et des &#233;cologistes qui rejettent la logique du syst&#232;me capitaliste aux &#233;lections r&#233;gionales [...]. [Elles] se prononcent au premier tour des r&#233;gionales pour un accord national pour les 21 r&#233;gions hexagonales sur des listes autonomes ind&#233;pendantes associant les forces qui composent aujourd'hui le Front de Gauche comme le PCF et le Parti de Gauche et le NPA, LO, Alternatifs, Alterekolo et les autres courants qui sont dans la F&#233;d&#233;ration, militant-e-s de quartiers ou du mouvement social. Le NPA les nomme &#8220;forces anticapitalistes&#8221;, et le PG &#8220;l'autre gauche&#8221;. [Ces listes] seront autonomes et ind&#233;pendantes du PS et des listes de type Europe &#201;cologie. Au second tour, les listes soutenues par le Parti de Gauche et le NPA se battront pour faire gagner la gauche et emp&#234;cher que des r&#233;gions basculent &#224; droite. Pour cela, les deux organisations se prononcent d'ores et d&#233;j&#224; pour des fusions &#171; techniques &#187; ou &#171; d&#233;mocratiques &#187; des listes de gauche &#224; l'exception de tout accord incluant le Modem.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour le NPA, au sein de l'institution, les &#233;lus de ces listes conserveront leur libert&#233; totale de vote et refuseront d'accepter des mesures et des budgets d&#233;favorables aux travailleurs et &#224; la population. [...] [Ils] refuseront de contracter des accords de gestion avec les dirigeants du PS et d'Europe &#201;cologie. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont donc surtout le Parti de Gauche d'une part (il ne semble pas y avoir eu de r&#233;union officielle du Front de gauche depuis le &#233;lections europ&#233;ennes, aucun compte rendu public n'en a &#233;t&#233; fait en tout cas), le NPA d'autre part qui ont beaucoup communiqu&#233; depuis un mois sur ces questions. Ce qui ne veut &#233;videmment pas dire qu'elles n'ont pas &#233;t&#233; discut&#233;es par les autres, et notamment le Parti communiste. Son Conseil national s'est r&#233;uni le 19 et 20 juin 2009. Bernard Calapuig, un des leaders des communistes unitaires, rel&#232;ve, pour s'en f&#233;liciter, que l'ancienne s&#233;paration (et hi&#233;rarchie !) entre le social et le politique est sans doute en train d'&#234;tre d&#233;pass&#233;e au sein du PCF. Cette s&#233;paration ignore &#171; l'imbrication croissante de l'&#233;conomie, du politique, du social, du culturel [qui] interdit de penser s&#233;par&#233;ment chaque domaine et que la rencontre sur un pied d'&#233;galit&#233; entre militants politiques, associatifs, syndicalistes, citoyens est plus indispensable que jamais pour produire du projet et le porter ensemble jusque dans les institutions &#187; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='Interview de Bernard Calapuig dans Cerises, Rouge, Aigre-Doux, n&#176;40, juin (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]. Le Conseil national a en effet pris &#171; l'initiative d'ouvrir un espace de d&#233;bat en pr&#233;sence de repr&#233;sentants des mouvements sociaux &#187;. Bernard Calapuig esp&#232;re, sans cependant se faire trop d'illusions, que cela pourra dor&#233;navant se faire autrement &#171; que dans une posture de ralliement (soutien &#224; des candidats, &#224; des propositions) &#187; et que &#171; les citoyens [qui] d&#233;cident en toute autonomie de se m&#234;ler de politique &#187; cesseront d'&#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#171; des mouvementistes, &#224; savoir des individus peu fr&#233;quentables &#187;. Renoncer &#224; quelques exclusives &#224; l'&#233;gard de certaines composantes du mouvement social, notamment de la F&#233;d&#233;ration, serait &#233;videmment un signe tangible de changement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; ce m&#234;me Conseil national, le d&#233;bat autour de la question clef : &#171; Alliance de premier tour avec le PS ou convergence de la gauche d'alternative pour de nouvelles politiques r&#233;gionales, puis fusion au deuxi&#232;me tour des listes de gauche ? &#187; n'a &#233;t&#233; que partiellement abord&#233;. Il sera tranch&#233; en octobre, comme il a &#233;t&#233; dit. Comme le formulent l&#224; encore les &#171; Unitaires &#187; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='Cerises, op. cit.' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;], le noyau dirigeant (sic) oscille entre les deux formules : consid&#233;rer le Front de gauche comme une &#171; construction originale mariant positivement rassemblement et identit&#233; communiste &#187; ; ou &#171; strat&#233;gie des fronts permettant des alliances &#224; la carte en fonction des r&#233;gions : ici avec le PS au premier tour, l&#224; non... &#187;. On voit bien que c'est l'avenir du Front de gauche qui est en jeu. La deuxi&#232;me formule reviendrait en effet &#224; revenir &#224; l'ancienne alliance avec le PS, comme elle a exist&#233; avec la &#171; gauche plurielle &#187;. La premi&#232;re permettrait au contraire d'&#233;largir le Front de gauche, en l'ouvrant &#224; d'autres forces sociales et politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On comprend donc l'insistance mise par les partenaires potentiels du PCF sur &#171; un accord national pour les 21 r&#233;gions hexagonales sur des listes autonomes ind&#233;pendantes &#187; de la gauche de la gauche. Au moment o&#249; chacun tient, sous une forme ou une autre, universit&#233;s ou r&#233;unions d'&#233;t&#233;, nul doute que cette question des alliances sera au centre des d&#233;bats, en m&#234;me temps bien s&#251;r que les propositions programmatiques &#224; &#233;laborer en commun pour &#234;tre en situation d'appliquer un programme alternatif dans le nombre le plus important possible de r&#233;gions. Pour cela, &#171; le plus s&#251;r moyen consiste &#224; placer ces listes en t&#234;te des listes de gauche au soir du premier tour &#187; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='Communiqu&#233; commun NPA/Front de Gauche, op.cit.' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;], &#233;videmment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] On relira avec profit &#224; ce sujet : Sawicki F., Lefebvre R., La soci&#233;t&#233; des socialistes. Le PS aujourd'hui, Bellecombe-en-Bauge, Editions du Croquant (coll. Savoir/Agir), 2006&lt;/p&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Bulletin InfodocCom/Id&#233;es/Europe, n&#176;14, 12 juin 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Entretien avec l'auteur, 8 juillet 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Sylvia Zappi, &#171; Des cadres du NPA d&#233;missionnent au lendemain d'un scrutin europ&#233;en qui n'a pas r&#233;pondu &#224; leurs espoirs &#187;, Le Monde, 28 juin 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] R. Barroux, &#171; Agac&#233;e, la CGT n'ira pas &#224; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; du Nouveau parti anticapitaliste &#187;, Le Monde, 10 ao&#251;t 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Entretien avec l'auteur, 5 juillet 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Tout est &#224; nous&lt;/i&gt;, n&#176;16, 9 juillet 2009, disponible sur le site du NPA : &lt;a href=&quot;http://www.npa2009.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.npa2009.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Avec 6,47% des voix, le Front de gauche et son alli&#233; ultramarin obtiennent 5 si&#232;ges sur 72, soit 6,94%. La r&#233;partition des restes lui a donc &#233;t&#233; nettement plus favorable qu'en 2004 (3 si&#232;ges sur 78, soit 3,84% des si&#232;ges pour 5,88% des voix). Comme quoi, le changement de scrutin intervenu en 2004 (8 circonscriptions au lieu d'une seule) peut ne pas jouer toujours dans le m&#234;me sens d&#233;favorable aux &#171; petites &#187; listes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] On peut rappeler ici que l'argument le plus couramment utilis&#233; par le NPA pour refuser les listes communes pour les europ&#233;ennes &#233;tait qu'il ne voulait pas s'engager avec des forces (le Parti communiste et le Parti de gauche) qui, disait-il craindre, ne manqueraient pas de faire liste commune aux r&#233;gionales (au deuxi&#232;me tour en tout cas) avec le Parti socialiste et ses alli&#233;s (dont, &#233;ventuellement, le Modem).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] C'est le label utilis&#233; au Parti de gauche, o&#249; on ne parle gu&#232;re de &#171; gauche de la gauche &#187;. L'autre gauche, c'est une &#171; masse de gens, y compris au sein du PS &#187;, quasiment synonyme de &#171; gauche de transformation &#187;, sous-entendu sociale et &#233;cologique. Cf. par exemple l'entretien de l'auteur avec Jean-Luc M&#233;lenchon, d&#233;j&#224; cit&#233;, ou les d&#233;clarations d'Eric Coquerel, secr&#233;taire national du Parti de gauche, &#224; propos des rencontres du mois de juin entre le PG d'une part, le NPA, le PCF et les Alternatifs d'autre part (sur le site du Parti de gauche : &lt;a href=&quot;http://www.partidegauche.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.partidegauche.org&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Voir Jean-Michel Normand, &#171; Robert Hue, nouvelle coqueluche d'un PS en d&#233;tresse &#187;, Le Monde, 12 juillet 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] Rappel : pour les &#233;lections r&#233;gionales, seules les listes ayant obtenu plus de 10 % des suffrages exprim&#233;s au premier tour peuvent se maintenir au second tour de scrutin et &#233;ventuellement fusionner avec les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] Interview de Bernard Calapuig dans Cerises, Rouge, Aigre-Doux, n&#176;40, juin 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Cerises&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] Communiqu&#233; commun NPA/Front de Gauche, op.cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Recompositions &#224; gauche de la gauche (S/A n&#176;6)</title>
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		<dc:date>2008-12-01T22:32:00Z</dc:date>
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		<description>Deux &#233;v&#233;nements sont au centre des d&#233;bats de la gauche de la gauche en ce mois de novembre : la rupture &#224; la gauche du parti socialiste avec le d&#233;part de Jean-Luc M&#233;lenchon et de Marc Dolez et la cr&#233;ation annonc&#233;e d'un nouveau parti politique ; les &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2009. Cette conjonction n'est pas un hasard. Dans la m&#233;moire militante, les &#233;ch&#233;ances europ&#233;ennes renvoient en effet &#224; la p&#233;riode heureuse de l'unit&#233; et du succ&#232;s au r&#233;f&#233;rendum de 2005. D'o&#249; une s&#233;rie de prises de position et (...)

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&lt;a href="http://www.savoir-agir.org/-Chronique-de-la-gauche-de-la-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la gauche de la gauche&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux &#233;v&#233;nements sont au centre des d&#233;bats de la gauche de la gauche en ce mois de novembre : la rupture &#224; la gauche du parti socialiste avec le d&#233;part de Jean-Luc M&#233;lenchon et de Marc Dolez et la cr&#233;ation annonc&#233;e d'un nouveau parti politique ; les &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2009. Cette conjonction n'est pas un hasard. Dans la m&#233;moire militante, les &#233;ch&#233;ances europ&#233;ennes renvoient en effet &#224; la p&#233;riode heureuse de l'unit&#233; et du succ&#232;s au r&#233;f&#233;rendum de 2005. D'o&#249; une s&#233;rie de prises de position et d'initiatives, qui vont tr&#232;s au-del&#224; des r&#233;flexions sur les formes du regroupement &#224; gauche de la gauche, qui ont tr&#232;s largement occup&#233; les esprits depuis la d&#233;convenue de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_32 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/SA6-Int-Gauche.pdf&quot; title='PDF - 110.1 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='http://www.savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 110.1 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Gauche de gauche (S/A n&#176;6)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on un peu paradoxale, ce sont les votes internes au parti socialiste en vue de son congr&#232;s de Reims, bien plus que les d&#233;bats pourtant intenses au sein de la gauche de la gauche, qui ont donn&#233; un coup d'acc&#233;l&#233;rateur aux r&#233;flexions (un peu) et aux tentatives de regroupement (beaucoup) &#224; gauche du parti socialiste. Le d&#233;part du Parti socialiste de Jean-Luc M&#233;lenchon et Marc Dolez pour cr&#233;er un nouveau parti [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Communiqu&#233; de Jean-Luc M&#233;lenchon et Marc Dolez. Un nouveau parti pour la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], le Parti de gauche, &#224; la suite de la victoire (relative) de la motion de S&#233;gol&#232;ne Royal lors des votes pr&#233;paratoires au congr&#232;s, a jou&#233; comme un &#233;l&#233;ment d&#233;clencheur. Ce geste politique, rendu public le 7 novembre 2008, a provoqu&#233; imm&#233;diatement une avalanche de r&#233;actions dans les diverses composantes de la &#171; gauche de gauche &#187; : partis, collectifs, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi cette rupture, &#224; ce moment-l&#224;, avant m&#234;me le congr&#232;s et les &#233;lections pour la direction du PS ? Pour Jean-Luc M&#233;lenchon, &#171; la gauche du parti (socialiste) a men&#233; une belle campagne. Elle a fait 19%. Mais dans les congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents, elle faisait plus de 40%. C'est une division par deux. [...] D&#232;s lors la gauche du parti est dans l'incapacit&#233; de peser sur l'orientation du parti. En particulier sur la question centrale des alliances &#187; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Interview de Jean-Luc M&#233;lenchon, L'Humanit&#233;, 12 novembre 2008.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] Ce qui fait directement r&#233;f&#233;rence aux tentatives d'accords avec le centre qui, avec plus ou moins de bonne foi selon les d&#233;clarations des uns et des autres, ont constitu&#233; une des lignes de fracture interne majeures dans les d&#233;bats du congr&#232;s de Reims et dans sa pr&#233;paration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une deuxi&#232;me cause d'acc&#233;l&#233;ration des processus au sein de la gauche de la gauche est la pr&#233;paration des &#233;lections europ&#233;ennes de 2009. Ici, en tout cas pour Jean-Luc M&#233;lenchon, c'est &#171; le parti communiste qui a donn&#233; le signal avec la position qu'a prise son Conseil national &#187; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]. Ce dernier a adopt&#233; une r&#233;solution le 24 octobre 2008 qui pr&#233;cise notamment que &#171; le Parti communiste fran&#231;ais prend l'initiative de lancer un appel aux forces politiques et sociales, aux femmes et aux hommes repr&#233;sentatifs des courants politiques progressistes, comme du mouvement syndical, social et associatif, dans toute leur diversit&#233;, qui partagent de tels objectifs et se reconnaissent dans cette d&#233;marche. Il s'adressera dans la plus grande transparence aux interlocuteurs concern&#233;s : travaillons ensemble &#224; favoriser aupr&#232;s de nos concitoyennes et de nos concitoyens l'expression des convergences les plus larges autour de ces exigences de changements ! Travaillons ensemble &#224; cr&#233;er la dynamique politique de gauche qu'appelle aujourd'hui la situation faite &#224; notre peuple et aux peuples en g&#233;n&#233;ral ! Ces convergences devraient se refl&#233;ter tant dans des propositions communes audacieuses, dans des initiatives publiques, que dans la composition des listes - jusque et y compris dans le choix des t&#234;tes de listes. &#187; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Le texte de la r&#233;solution est sur le site du PCF : http://www.pcf.fr/spip.php?art' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une rupture attendue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela n'aurait pas grand sens &#233;videmment d'affirmer que ce d&#233;part &#233;tait pr&#233;visible (ou qu'il ne l'&#233;tait pas !). Ce qui est s&#251;r, c'est que Jean-Luc M&#233;lenchon &#233;tait devenu un partenaire oblig&#233; dans toutes les initiatives de la gauche de la gauche, plus particuli&#232;rement depuis la campagne du r&#233;f&#233;rendum de 2005. Ce qui le distinguait des autres dirigeants du parti socialiste, y compris de ceux avec qui il faisait alliance dans les d&#233;bats internes. Cette proximit&#233; &#233;tait plus nette avec le parti communiste, avec qui il partage la croyance en la pertinence de &#171; la forme politique &quot;parti&quot; &#187;. &#171; Le PCF tend la main &#224; M&#233;lenchon et Dolez &#187;, annon&#231;ait d'ailleurs le &lt;i&gt;Journal du Dimanche&lt;/i&gt; sur son site d&#232;s le 8 novembre. Mais l'&#233;cho est aussi tr&#232;s fort chez les membres des collectifs unitaires pouvant, &#224; travers leur propre itin&#233;raire politique, partager avec Jean-Luc M&#233;lenchon &#171; l'id&#233;al jaur&#233;sien de r&#233;publique sociale &#187; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une analyse plus compl&#232;te des r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques de Jean-Luc (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;] et vouloir avec lui &#171; un parti r&#233;solument r&#233;publicain, d&#233;fendant sans concession la souverainet&#233; du peuple, la la&#239;cit&#233; des institutions &#187;. Le MARS-Gauche R&#233;publicaine annon&#231;ait d&#232;s le 12 novembre avoir d&#233;cid&#233; de &#171; s'associer &#224; la fondation du nouveau parti de gauche &#187; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.mars-gr.fr/spip.php?arti....' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;], notamment parce que &#171; nous partageons beaucoup des convictions r&#233;publicaines de ces deux responsables politiques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans partager n&#233;cessairement ce point de vue, la minorit&#233; Unir de la LCR notait d&#232;s le 7 novembre 2008 que &#171; Dolez et M&#233;lenchon ouvrent ainsi la voie &#224; une possible redistribution des cartes sur le champ politique. [...] Du c&#244;t&#233; des forces de transformation, il serait d'une tragique irresponsabilit&#233; de laisser passer cette occasion de bousculer les routines et les engluements, de r&#233;volutionner la physionomie de la gauche pour les prochaines ann&#233;es, d'y changer les rapports de force, d'y battre les tenants du social-lib&#233;ralisme. [...] Nous avons, pour ce qui nous concerne, notre feuille de route : ouvrir grand la porte qui vient de s'entreb&#226;iller ! &#187; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Christian Piquet, &#171; Dolez et M&#233;lenchon rompent &#224; gauche &#187;, Unir, 7 novembre (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cet ensemble, le NPA occupe une place &#224; part. &lt;i&gt;Rouge&lt;/i&gt; ne manque pas de relever dans les d&#233;clarations de Jean-Luc M&#233;lenchon que le Parti de gauche sera &#171; un parti gouvernemental capable, avec d'autres, d'entra&#238;ner la soci&#233;t&#233; au service d'un projet majoritaire &#187;. Ce qui est &#233;videmment agiter d'embl&#233;e le chiffon rouge de &#171; la possibilit&#233; de gouverner demain avec ceux que M&#233;lenchon vient de quitter &#187;. &lt;i&gt;Rouge&lt;/i&gt; reprend aussi la critique habituelle de la LCR &#224; propos de &lt;i&gt;Die Linke&lt;/i&gt; en Allemagne, avec le soup&#231;on que ce parti se contente en fait de vouloir &#171; la cogestion des grandes institutions de la bourgeoisie &#187;. Le journal ne croit donc pas que le nouveau parti partage avec le NPA l'id&#233;e de &#171; transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; &#187;. Ce qui fait de &#171; solides divergences &#187; qui ne devraient pas emp&#234;cher a priori &#171; une alliance aux &#233;lections europ&#233;ennes &#187;. Le NPA est en effet pr&#234;t &#224; ouvrir &#171; des discussions, sur la base d'un plan d'urgence, dans le but de constituer des listes de rassemblement anticapitalistes aux &#233;lections europ&#233;ennes, en France &#187; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr&#233;d&#233;ric Borras, &#171; Le bapt&#234;me du Parti de gauche &#187;, Rouge, n&#176;2275, 21 novembre (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]. Le vocabulaire a ici un sens, &#234;tre anticapitaliste ne se confond pas aux yeux du NPA avec &#234;tre antilib&#233;ral [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir &#224; ce sujet l'interview d'Alain Krivine dans Savoir/Agir, n&#176;5, septembre (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]. Au-del&#224; des mots, on renvoie toujours &#224; &#171; l'ind&#233;pendance absolue avec toutes les forces qui mettent en &#339;uvre les politiques gouvernementales et europ&#233;ennes de destruction des acquis et des droits sociaux &#187;. Ce qui dans les faits laisse peu d'espace &#224; des listes communes et peut donc &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme les pr&#233;mices d'une future d&#233;cision de faire liste &#224; part[Cela a &#233;t&#233; le cas en 1999 et en 2004. La LCR a pr&#233;sent&#233; une liste commune avec LO, qui obtenu 5 &#233;lus en 1999 mais aucun en 2004. Il faut cependant noter que les 5 &#233;lus de 1999 ont adh&#233;r&#233; au groupe parlementaire pr&#233;sid&#233; par Francis Wurtz, &#233;lu du PCF. ]].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;lections europ&#233;ennes, occasion de faire exister la gauche de gauche ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces forces ont en commun le fait qu'elles consid&#232;rent les &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2009 comme un moment d'affirmation et, pour les plus optimistes, de consolidation d'une force de gauche voulant rompre avec le capitalisme. La perspective de ce scrutin a sans doute constitu&#233;, pour les initiateurs du Parti de gauche, un facteur de rupture avec le parti socialiste, avec lequel les d&#233;saccords sur l'Europe promettaient d'&#234;tre de plus en plus profonds apr&#232;s le succ&#232;s m&#234;me relatif de la motion de S&#233;gol&#232;ne Royal. Il est tout aussi probable que l'&#233;lection, au bout du compte, de Martine Aubry ne changera pas grand chose &#224; ce pronostic.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut tenir compte aussi du fait qu'il y a, par nature en quelque sorte, un lien entre &#233;lections europ&#233;ennes et situation politique dans les autres pays membres. Gagner des si&#232;ges au parlement europ&#233;en, c'est aussi pouvoir esp&#233;rer, avec l'apparition de partis &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie, comme &lt;i&gt;Die Linke&lt;/i&gt; en Allemagne, un groupe parlementaire suffisamment fort pour peser sur la complicit&#233; traditionnelle entre sociaux-d&#233;mocrates et chr&#233;tiens-d&#233;mocrate au Parlement europ&#233;en. Ce qui en retour peut conduire &#224; des constructions politiques durables au niveau europ&#233;en. Malgr&#233; ses r&#233;ticences historiques pour les montages supra-nationaux, le PCF a finir par franchir le pas avec la fondation du Parti de la gauche europ&#233;enne en 2004 [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Avec, signe de ces r&#233;ticences, un vote &#224; bulletin secret qui a vu 25% des (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]. Mais le Parti socialiste europ&#233;en est nettement plus ancien, de m&#234;me au demeurant que le Parti populaire europ&#233;en [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est le trait&#233; de Maastricht de 1992 qui pr&#233;voit la cr&#233;ation de partis (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le parti communiste a donc des relations privil&#233;gi&#233;es avec &lt;i&gt;Die Linke,&lt;/i&gt; membre comme lui du Parti de la gauche europ&#233;enne. L'int&#233;r&#234;t de Pour la R&#233;publique sociale (PRS), l'association anim&#233;e par Jean-Luc M&#233;lenchon, pour l'exp&#233;rience allemande est tout aussi ancien. Cette exp&#233;rience n'est pourtant transposable qu'au prix d'une s&#233;rieuse adaptation. &lt;i&gt;Die Linke&lt;/i&gt; est en effet le r&#233;sultat de la fusion de deux partis : le Parti de gauche (&lt;i&gt;Linkspartei&lt;/i&gt;), derni&#232;re forme de l'ancien parti socialiste unifi&#233; (en fait, communiste) d'Allemagne de l'Est, rest&#233; influent dans cette partie du pays et le WASG (alternative pour le travail et la justice sociale), fond&#233; par divers militants politiques et syndicaux et surtout influent &#224; l'ouest du pays. M&#234;me le r&#244;le d'Oskar Lafontaine, qui sert beaucoup de r&#233;f&#233;rence &#224; Jean-Luc M&#233;lenchon, a &#233;t&#233; diff&#233;rent : il a quitt&#233; le parti social-d&#233;mocrate pour adh&#233;rer &#224; la WASG bien apr&#232;s la cr&#233;ation de ce parti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En France, plusieurs partis se situent &#224; gauche du parti socialiste. Ce qui, accessoirement, peut expliquer le choix du nom du nouveau parti (Parti de gauche et non La gauche, comme en Allemagne, o&#249; ce label n'est revendiqu&#233; par aucune autre force politique). C'est pourquoi seul &#171; l'&#233;tat d'esprit &#187; allemand serait transposable. &#171; En France, il n'est pas envisageable aujourd'hui d'exiger des organisations qu'elles se dissolvent. Par exemple, la principale force organis&#233;e de l'autre gauche est et reste le parti communiste. On ne peut pas lui demander de se saborder. De m&#234;me pour le NPA en construction. Il faut donc passer par une formule de &quot;front de gauche&quot; &#187; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='Interview de Jean-Luc M&#233;lenchon, L'Humanit&#233;, 12 novembre 2008.' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La strat&#233;gie d'ouverture des listes du PCF, qui est le seul &#224; avoir des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens actuellement, n'est pas nouvelle. En 1999, la liste conduite par le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral d'alors, Robert Hue, &#233;tait largement ouverte &#224; des non communistes. En 2004, les relations &#224; gauche de la gauche avaient chang&#233;, notamment depuis l'exp&#233;rience (plut&#244;t r&#233;ussie) des &#233;lections r&#233;gionales de 2004 avec deux t&#234;tes de liste, Marie-George Buffet, communiste, et Claire Villiers pour Alternative citoyenne, un regroupement de militants principalement associatifs qui, par sa composition, pr&#233;figurait d'une certaine fa&#231;on les collectifs qui allaient se d&#233;velopper avec le r&#233;f&#233;rendum de 2005 [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une histoire militante de cette p&#233;riode, on pourra consulter le site, (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]. La direction nationale du parti communiste aurait voulu constituer les listes pour les europ&#233;ennes de fa&#231;on semblable, y compris en laissant des t&#234;tes de listes &#224; ses partenaires. Mais les f&#233;d&#233;rations d&#233;partementales concern&#233;es, &#224; qui la direction avait confi&#233; le soin de conduire la campagne dans les circonscriptions, ne l'ont pas entendu de cette oreille, sauf en &#206;le de France, et ont constitu&#233; g&#233;n&#233;ralement des listes conduites par des membres du PCF. D'o&#249; des conflits et un d&#233;senchantement dont on retrouvera les traces au cours des d&#233;bats sur la candidature &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette ann&#233;e, la r&#233;solution du Conseil national reprend la m&#234;me approche de &#171; rassemblement &#187; qu'en 2004 mais en serrant les boulons par une campagne nationale. [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; La campagne &#233;lectorale doit surmonter le risque d'atomisation suscit&#233; par le (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;] ! Ce que Francis Wurtz, actuel d&#233;put&#233; europ&#233;en, explicite de la fa&#231;on suivante : &#171; Je voudrais particuli&#232;rement insister, &#224; cet &#233;gard, sur un fait crucial : le moment n'est pas venu de chercher des candidatures communistes dans les circonscriptions ! Alors qu'&#224; ce stade nous ne savons absolument pas qu'elles seront la largeur et la diversit&#233; du rassemblement, des d&#233;marches pr&#233;cipit&#233;es seraient sources de malentendu &#224; &#233;viter &#224; tout prix. &#187; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='Francis Wurtz, Rapport au Conseil national du 19 novembre 2008.' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les raisons politiques de chercher &#224; rassembler la gauche de la gauche sur des listes &#171; ouvertes &#187; se doublent &#224; vrai dire de raisons beaucoup plus prosa&#239;ques, li&#233;es au changement du mode de scrutin en 2004 [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='Jusqu'en 1999, il y avait une circonscription nationale unique, ce qui (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]. Il faut en effet 6 &#224; 7% des voix pour esp&#233;rer un si&#232;ge dans les circonscriptions les plus peupl&#233;es et au moins 10% dans les autres. Ce qui veut dire que, ce mode de scrutin aidant, il n'y a gu&#232;re que les t&#234;tes de ces listes qui ont des chances d'&#234;tre &#233;lues, &#224; condition par ailleurs qu'elles soient soutenues par un ensemble plus large que leur propre parti. Sauf &#224; admettre, ce qui serait en un sens renouer avec une des illusions de la r&#233;cente &#233;lection pr&#233;sidentielle, que les rapports de force &#233;volueront suffisamment pour qu'un &#171; score &#224; deux chiffres &#187; soit accessible &#224; ces listes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Et maintenant ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des r&#233;actions des groupes divers se r&#233;clamant de la gauche de gauche, la cr&#233;ation du Parti de gauche interroge. Est-ce seulement un parti de plus, voire, comme l'&#233;crit un internaute [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='Plusieurs listes de diffusion &#171; de l'Altergauche &#187;, des &#171; Collectifs unitaires (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;], une pierre dans le jardin du NPA, lui-m&#234;me en cours de construction ? Faut-il y voir au contraire une base possible pour le &#171; cadre permanent pour faire front &#187;, que les signataires de l'appel de &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir : http://www.politis.fr/L-alternative....' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;] voudraient voir &#233;merger ? Ou de la &#171; f&#233;d&#233;ration de forces et de citoyens qui commencerait &#224; pr&#233;figurer un regroupement d'une gauche de transformation sociale et &#233;cologique &#187;, premi&#232;re &#233;tape vers &#171; une force politique nouvelle &#187;, comme le proposent les Communistes unitaires, les Collectifs unitaires, les Alter Ekolo, &#201;cologie solidaire et les Alternatifs ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui mobilise plus particuli&#232;rement les divers collectifs et celles et ceux qui n'adh&#232;rent &#224; aucun de ces partis, c'est l'espoir de renouer avec la p&#233;riode 2004-2005, celle de la bataille du r&#233;f&#233;rendum sur projet de trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Elle est devenue en tr&#232;s peu d'ann&#233;es une r&#233;f&#233;rence quasi mythique. Il n'est donc pas si &#233;tonnant que la nouvelle &#233;ch&#233;ance europ&#233;enne, les &#233;lections de juin 2009, remette en mouvement toute la m&#233;canique des &#171; constructions unitaires &#187;, d'autant que les m&#233;canos sont rest&#233;s &#224; peu pr&#232;s les m&#234;mes. Ces &#233;lections sont une sorte de catalyseur, bien plus que les autres &#233;lections intervenues depuis. Cette mise en mouvement &#224; gauche pr&#233;sente cependant, par sa nature m&#234;me, le risque de voir la question du &#171; quoi faire ? &#187; rel&#233;gu&#233;e derri&#232;re celle du &#171; comment faire ? &#187;. Ce qui renouerait aussi avec ce qui manquait le plus cruellement au processus de 2005 : un projet, au-del&#224; du non au r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les communistes unitaires voient avec ces &#233;lections l'occasion d'enclencher &#171; une dynamique du type de celle de 2005, sous la forme d'un front des forces et des citoyen-ne-s qui voudront y participer, qui pourrait constituer l'&#233;v&#233;nement politique majeur de l'ann&#233;e 2009 &#187;. Mais des groupes dont les &#233;lections ne constituent pas en principe la r&#233;f&#233;rence principale partagent ce point de vue. On peut lire ainsi dans la d&#233;claration de principe adopt&#233;e le 11 octobre 2008 lors de la r&#233;union nationale des signataires de l'appel lanc&#233; &#224; l'initiative de &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;, : &#171; [&#8230;] &#192; huit mois des &#233;lections europ&#233;ennes, l'assembl&#233;e des signataires consid&#232;re qu'il serait incompr&#233;hensible que les forces antilib&#233;rales, celles-l&#224; m&#234;mes qui ont men&#233; en commun la bataille victorieuse du r&#233;f&#233;rendum du 29 mai 2005, ne s'expriment pas en commun &#224; l'occasion de cette &#233;ch&#233;ance &#187;. Pour le M'PEP [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='footnote' title='Le M'PEP, Mouvement politique d'&#233;ducation populaire, a &#233;t&#233; fond&#233; en mai 2008. (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;], &#171; des listes unitaires de la gauche de gauche aux &#233;lections europ&#233;ennes seraient une immense source d'espoir. Elles pourraient cr&#233;er la surprise. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est d'ailleurs quasi exclusivement sur ce terrain que la premi&#232;re rencontre entre le PCF et le Parti de gauche a eu lieu. Certes, il s'agissait d'inaugurer une &#171; relation profonde de partenariat &#187;. Ce qui, pour qui en douterait, est explicit&#233; plus loin : &#171; Partenariat car le Parti de gauche comme le PCF constituent deux partis distincts, qui reconnaissent et respectent leurs identit&#233;s sp&#233;cifiques &#187;. Mais l'essentiel est dans l'annonce de la convergence sur l'appr&#233;ciation les &#233;lections europ&#233;ennes et la volont&#233; de &#171; s'engager ensemble dans la construction d'un front de gauche pour une autre Europe d&#233;mocratique et sociale, contre la ratification du Trait&#233; de Lisbonne et les trait&#233;s europ&#233;ens actuels &#187; [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='footnote' title='Rencontre Parti de gauche/Parti communiste du 18 novembre, Une rencontre (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;] Le front n'est pas un t&#234;te &#224; t&#234;te et s'adresse &#224; &#171; tous ceux qui veulent s'impliquer dans cette &#233;lection et qui partagent ses orientations &#187;. Ce qui fait craindre qu'on ne retrouve ici une attitude qui &#233;tait coutumi&#232;re au PCF au temps, apr&#232;s tout pas si lointain, o&#249; il &#233;tait en mesure de rassembler autour de lui plut&#244;t que de se rassembler avec d'autres. La nuance a son importance quand on lit plus loin que le front est ouvert &#224; &#171; tous les partis qui se sont engag&#233;s dans la bataille du non de gauche contre le projet de Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en &#187; et qu'est souhait&#233;e &#171; notamment la participation du NPA, du MRC, des Alternatifs &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui laisse augurer des relations difficiles, au moment de la question de la constitution des listes par exemple, avec les groupes et appels qui consid&#232;rent que l'avenir de la gauche de la gauche est dans des regroupements qui, sans ignorer les partis, recherchent des formes d'organisation nouvelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Communiqu&#233; de Jean-Luc M&#233;lenchon et Marc Dolez. Un nouveau parti pour la gauche ! &#199;a suffit comme &#231;a ! Voir : &lt;a href=&quot;http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=637&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=637&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Interview de Jean-Luc M&#233;lenchon, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 12 novembre 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Le texte de la r&#233;solution est sur le site du PCF : &lt;a href=&quot;http://www.pcf.fr/spip.php?article3186&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.pcf.fr/spip.php?article3186&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Pour une analyse plus compl&#232;te des r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques de Jean-Luc M&#233;lenchon et de son mouvement Pour une R&#233;publique sociale, voir : L. Weber, &#171; Variations sur la &quot;force nouvelle&quot; &#187;, &lt;i&gt;Revue Savoir/Agir&lt;/i&gt;, n&#176;2, d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.mars-gr.fr/spip.php?article100&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.mars-gr.fr/spip.php?arti...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Christian Piquet, &#171; Dolez et M&#233;lenchon rompent &#224; gauche &#187;, Unir, 7 novembre 2008. Voir : &lt;a href=&quot;http://www.unir.asso.fr/2008/11/07/congres-socialiste-dolez-et-melenchon-rompent-a-gauche/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.unir.asso.fr/2008/11/07/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Fr&#233;d&#233;ric Borras, &#171; Le bapt&#234;me du Parti de gauche &#187;, Rouge, n&#176;2275, 21 novembre 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Voir &#224; ce sujet l'interview d'Alain Krivine dans &lt;i&gt;Savoir/Agir&lt;/i&gt;, n&#176;5, septembre 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Avec, signe de ces r&#233;ticences, un vote &#224; bulletin secret qui a vu 25% des adh&#233;rents se prononcer contre cette cr&#233;ation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] C'est le trait&#233; de Maastricht de 1992 qui pr&#233;voit la cr&#233;ation de partis politiques europ&#233;ens. Le PSE est fond&#233; la m&#234;me ann&#233;e mais il prend la suite de regroupements de m&#234;me nature existant depuis... 1957. Le Parti populaire europ&#233;en a &#233;t&#233; fond&#233; en 1976 sur une base f&#233;d&#233;raliste. C'est la raison pour laquelle le RPR fran&#231;ais n'y adh&#233;rera qu'en 1999.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] Interview de Jean-Luc M&#233;lenchon, L'Humanit&#233;, 12 novembre 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] Pour une histoire militante de cette p&#233;riode, on pourra consulter le site, tr&#232;s gauche de gauche : &lt;a href=&quot;http://www.la-gauche-cactus.fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.la-gauche-cactus.fr/&lt;/a&gt;. Le site (en plusieurs langues) &lt;a href=&quot;http://bellaciao.org/fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://bellaciao.org/fr/&lt;/a&gt; remplit une fonction analogue. Par ailleurs le site &lt;a href=&quot;http://cncu.fr/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://cncu.fr/&lt;/a&gt; des collectifs unitaires (ex-collectifs antilib&#233;raux) est une source d'information tr&#232;s utile pour l'ensemble des informations relatives &#224; la gauche de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &#171; La campagne &#233;lectorale doit surmonter le risque d'atomisation suscit&#233; par le mode de scrutin, en se d&#233;roulant dans les faits, non circonscription par circonscription, mais, tous candidats et candidates r&#233;unis, &#224; l'&#233;chelle du pays tout entier. &#187; R&#233;solution du Conseil national du 24 octobre 2008, op.cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] Francis Wurtz, Rapport au Conseil national du 19 novembre 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh16' id='nb16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] Jusqu'en 1999, il y avait une circonscription nationale unique, ce qui donnait un quotient &#233;lectoral d'environ 1,3% et par exemple 6 &#233;lus &#224; la liste du PCF en 1999 pour moins de 7% des suffrages (et 5 &#233;lus &#224; la liste LCR-LO avec 5,18%). Depuis 2004, il y a 7 circonscriptions en m&#233;tropole et une dans les DOM-TOM. Le nombre de si&#232;ges va de 6 (Massif central/Centre) &#224; 14 en &#206;le de France. Cela augmente consid&#233;rablement le prix du ticket d'entr&#233;e, ce qui est d'ailleurs l'effet recherch&#233; (de l'ordre de 10% en moyenne, 7% l&#224; o&#249; il y a le plus de si&#232;ges). Le PCF a donc d&#251; se contenter de... 2 si&#232;ges en 2004, dans les circonscriptions o&#249; le nombre d'&#233;lus &#233;tait de 12 et 14 (Nord-Ouest et &#206;le de France), les listes LCR-LO n'en obtenant aucun.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh17' id='nb17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] Plusieurs listes de diffusion &#171; de l'Altergauche &#187;, des &#171; Collectifs unitaires &#187;, etc. existent &#224; c&#244;t&#233; de celles des formations politiques cit&#233;es dans cet article. La cr&#233;ation du Parti de gauche y a &#233;t&#233; largement comment&#233;e, de fa&#231;on souvent moins positive, les intervenants n'&#233;tant pas les m&#234;mes, que les r&#233;actions not&#233;es ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh18' id='nb18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] Voir : &lt;a href=&quot;http://www.politis.fr/L-alternative-a-gauche-organisons,3708.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.politis.fr/L-alternative...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh19' id='nb19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] Le M'PEP, Mouvement politique d'&#233;ducation populaire, a &#233;t&#233; fond&#233; en mai 2008. Voir son site : &lt;a href=&quot;http://www.m-pep.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.m-pep.org/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh20' id='nb20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] Rencontre Parti de gauche/Parti communiste du 18 novembre, Une rencontre dynamisante et stimulante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Nouveau parti anticapitaliste, LCR-bis ou ouverture &#224; tous les courants de l'autre gauche ? (S/A n&#176;5)</title>
		<link>http://www.savoir-agir.org/Le-Nouveau-parti-anticapitaliste.html</link>
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		<dc:date>2008-09-01T21:03:00Z</dc:date>
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		<description>Au cours des derni&#232;res semaines, la (future) cr&#233;ation du Nouveau parti anticapitaliste &#8211; une d&#233;nomination toute provisoire selon ses initiateurs &#8211; a &#233;t&#233;, au moins momentan&#233;ment, un des principaux &#233;l&#233;ments structurant le d&#233;bat dans le champ de la gauche de la gauche. Plusieurs autres initiatives peuvent en effet &#234;tre lues soit comme un accompagnement du processus engag&#233; par la LCR, soit au contraire comme un contre-feu. Cet article tente de faire un point tr&#232;s provisoire sur la cr&#233;ation d'un nouveau (...)

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&lt;a href="http://www.savoir-agir.org/-Chronique-de-la-gauche-de-la-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la gauche de la gauche&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res semaines, la (future) cr&#233;ation du Nouveau parti anticapitaliste &#8211; une d&#233;nomination toute provisoire selon ses initiateurs &#8211; a &#233;t&#233;, au moins momentan&#233;ment, un des principaux &#233;l&#233;ments structurant le d&#233;bat dans le champ de la gauche de la gauche. Plusieurs autres initiatives peuvent en effet &#234;tre lues soit comme un accompagnement du processus engag&#233; par la LCR, soit au contraire comme un contre-feu. Cet article tente de faire un point tr&#232;s provisoire sur la cr&#233;ation d'un nouveau parti politique ayant choisi l'anticapitalisme pour &#171; valeur &#187; cardinale,, notamment &#224; partir d'un entretien avec Alain Krivine [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Entretien avec Alain Krivine r&#233;alis&#233; par Claude Poliak et Louis Weber le 13 (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les comit&#233;s d'initiative pour un nouveau parti anticapitaliste (NPA) ont tenu leur premi&#232;re r&#233;union nationale les 28 et 29 juin 2008. Ils ont d&#233;sign&#233; un comit&#233; d'animation national d'une soixantaine de membres, compos&#233; &#224; parts &#224; peu pr&#232;s &#233;gales d'adh&#233;rents de la Ligue communiste r&#233;volutionnaire et de non-adh&#233;rents. Ce comit&#233; a d'ores et d&#233;j&#224; fix&#233; les &#233;ch&#233;ances &#224; venir. Une nouvelle r&#233;union nationale aura lieu en novembre, pour &#171; adopter des documents soumis au vote du congr&#232;s national de fondation, qui devrait normalement se d&#233;rouler &#224; la fin du mois de janvier &#187; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Compte rendu de la premi&#232;re r&#233;union du comit&#233; d'animation le 5 juillet 2008. (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]. Le compte-rendu de la premi&#232;re r&#233;union du comit&#233; d'animation rel&#232;ve que &#171; La presse [...] a not&#233; que le NPA, ce n'&#233;tait pas une 'LCR-bis' &#187;. Ce qui traduit une pr&#233;occupation d'autant plus forte que le &#171; soup&#231;on &#187; existe, notamment dans les autres groupes de la gauche de gauche. Pour montrer qu'il s'agit bien de faire du neuf, Alain Krivine affirme : &#171; Si le congr&#232;s fondateur a lieu, nous dissoudrons la LCR avant &#187;.
Quelques semaines auparavant, l'hebdomadaire &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; avait publi&#233; dans son num&#233;ro du 15 mai 2008 un appel s'adressant aux &#171; militants politiques, acteurs du mouvement social et culturel &#187;. L'objectif &#233;tait de construire un &#171; cadre permanent qui [...] permette, ensemble, nationalement et localement, de r&#233;fl&#233;chir aux moyens d'une vraie r&#233;ponse politique aux attaques de la droite et du Medef et d'aborder les grands rendez-vous qui s'annoncent &#187;. Les signataires, minoritaires du PS et du PC, mais surtout animateurs d'autres partis de la gauche de la gauche ou des collectifs antilib&#233;raux, intellectuels sans appartenance revendiqu&#233;e, etc., n'ont pas &#233;chapp&#233; &#224; un autre soup&#231;on : celui de vouloir faire pi&#232;ce au NPA. &#201;ric Coquerel, pr&#233;sident du Mars-Gauche r&#233;publicaine, signataire de l'appel, &#233;crit ainsi dans un commentaire : &#171; La premi&#232;re [remarque], parce que les principales critiques concernent ce sujet : il est faux de le traduire comme une arme anti-NPA [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='&#201;. Coquerel, pr&#233;sident du Mars, &#171; L'appel de l'espoir &#187;, sur le site de (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il faut se garder de simplifier, la fluidit&#233; et les &#171; doubles appartenances &#187; &#233;tant monnaie courante dans la gauche de la gauche, preuve suppl&#233;mentaire de la complexit&#233; de la situation dans ce champ. Plusieurs signataires de l'appel de &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; publiaient ainsi dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 30 mai, avec d'autres, une &#171; Adresse aux initiateurs du NPA &#187; dont le titre m&#234;me &#8211; &#171; Le Nouveau Parti anticapitaliste est-il vraiment d&#233;cid&#233; &#224; s'ouvrir &#224; tous les courants de l'autre gauche ? &#187; &#8211; indiquait l'int&#233;r&#234;t pour l'initiative de la LCR [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Cl&#233;mentine Autain, Luc Boltanski, &#201;lisabeth Claverie, Fr&#233;d&#233;ric Lebaron, Michel (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]. Des militants de celle-ci ne s'y sont pas tromp&#233;s. Ils publiaient d&#232;s le 7 juin la &#171; r&#233;ponse de la LCR aux questions sur le &quot;nouveau parti anticapitaliste&quot; &#187; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Philippe Corcuff, Pierre-Fran&#231;ois Grond, Anne Leclerc, &#171; Gauche radicale, (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]. Ils y pr&#233;sentaient la cr&#233;ation du NPA comme &#171; la cr&#233;ation d'un v&#233;ritable nouveau parti pluraliste &#187; et non comme un &#171; ravalement de fa&#231;ade [de la LCR] &#187;. C'est l'acc&#233;l&#233;ration de la &#171; mutation n&#233;olib&#233;rale (du PS) &#187; qui justifie selon eux le fait que &#171; l'anticapitalisme est [...] une valeur cardinale autour de laquelle doit se r&#233;organiser une vraie gauche &#187;. C'est &#171; un processus en marche [...], non boucl&#233; &#224; l'avance &#187; auquel sont convi&#233;s &#171; les anticapitalistes, les r&#233;volutionnaires, les &#233;cologistes radicaux, les f&#233;ministes, ceux qui refusent les discriminations syst&#233;matiques qui affectent les populations issues de l'immigration, les antilib&#233;raux, les altermondialistes, des militants communistes et socialistes, des anarchistes, des syndicalistes, des animateurs d'exp&#233;riences alternatives locales, mais aussi les h&#233;ros du quotidien, celles et ceux qui ne sont plus repr&#233;sent&#233;s &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Reste un peu en marge de ces d&#233;veloppements ce qui subsiste des collectifs antilib&#233;raux. Ils se sont divis&#233;s d&#232;s apr&#232;s l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2007. Certains d'entre eux ont constitu&#233; une structure, avec un secr&#233;tariat. Ce qui, &#224; l'&#233;poque, &#233;tait apparu comme la volont&#233; de constituer une nouvelle organisation. Cette &#171; Coordination nationale des collectifs unitaires &#8211; Pour une alternative au lib&#233;ralisme &#187; est confront&#233;e aujourd'hui &#224; des tensions internes qui l'ont conduite &#224; ouvrir plusieurs d&#233;bats sur son site [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.gauchealternative.org/' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]. Parmi les questions pos&#233;es : Faut-il rejoindre le NPA qui, comme le note un internaute, &#171; est per&#231;u par certains comme un espoir [alors que] les comit&#233;s antilib&#233;raux peuvent porter aussi une esp&#233;rance identique et nouvelle, par leur dynamique, qui est un peu diff&#233;rente &#187; ? Le pire serait pour ce militant &#171; que ces deux esp&#233;rances se b&#226;tissent l'une contre l'autre &#187;. Faut-il signer l'appel de &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; ? Les principaux animateurs de la coordination semblent avoir tranch&#233;. On peut ainsi lire dans un texte du secr&#233;tariat des collectifs : &#171; Cette initiative courageuse de &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; nous appara&#238;t comme un pas vers les &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la gauche de transformation sociale et &#233;cologique, que nous essayons de faire progresser depuis des mois &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce contexte g&#233;n&#233;ral, sur lequel p&#232;sent par ailleurs des exp&#233;riences &#233;trang&#232;res plut&#244;t contradictoires (le succ&#232;s de &lt;i&gt;Die Linke&lt;/i&gt; en Allemagne et la d&#233;route de la gauche de la gauche italienne, par exemple), &#233;mergent des questions qui travaillent toutes les composantes de la gauche de la gauche. Sur quelle base id&#233;ologique et politique faut-il rassembler : L'antilib&#233;ralisme ? L'anticapitalisme ? Faut-il une organisation structur&#233;e ou suffit-il de mettre des collectifs en r&#233;seau ? Quel rapport au pouvoir et, par cons&#233;quent, &#224; l'hypoth&#232;se d'une participation gouvernementale, ce qui n'a de sens dans un avenir pr&#233;visible qu'avec le PS ? Quel r&#244;le pour les mobilisations ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'est-ce qui conduit aujourd'hui la LCR, plut&#244;t connue pour sa discipline de parti et ayant jusqu'ici dans d'autres courants de gauche la r&#233;putation d'&#234;tre plut&#244;t sectaire, &#224; prendre l'initiative de son autodissolution dans une force plus large et forc&#233;ment moins &#171; organis&#233;e &#187; ? Ce sont ces questions que nous avons &#233;voqu&#233;es avec Alain Krivine. Pour lui, l'id&#233;e de cr&#233;er un parti plus large est une tradition de la LCR.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une aspiration ancienne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Krivine&lt;/strong&gt; : Depuis que nous avons cr&#233;&#233; la Ligue, nous n'avons jamais eu la pr&#233;tention de rassembler tous les anticapitalistes en son sein. Donc, l'id&#233;e de nous &#233;largir un jour est une tr&#232;s vieille id&#233;e. Cela explique d'ailleurs que nous avons toujours eu une pratique unitaire. Jusqu'en 1995, nous n'avons pratiquement jamais fait campagne en notre nom. Nous avons fait la campagne Juquin [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Pierre Juquin, ancien membre du bureau politique du parti communiste mais (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;] en 1988, retirant d'ailleurs ma candidature pour cela. Nous avons &#233;t&#233; dans la CAP [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='footnote' title='La Convention pour une alternative progressiste (CAP) a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1994, par (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;] dans les ann&#233;es 1990. Nous avons particip&#233; &#224; tous les collectifs possibles, en retirant nos candidats, voire notre sigle. C'est une diff&#233;rence avec LO car, du coup, notre sigle n'&#233;tait pas &#233;lectoralement cr&#233;dible, faute de nous pr&#233;senter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne regrettons rien mais sommes quand m&#234;me oblig&#233;s de constater que toutes ces tentatives ont &#233;chou&#233;. La plupart de nos alli&#233;s de cette &#233;poque se sont d'ailleurs s&#233;par&#233;s de nous, rejoignant divers autres partis, le PS notamment. C'est d'ailleurs un sujet de d&#233;bat interne chez nous, beaucoup pensant que nous n'avons fait que des erreurs. Je ne le pense pas. Il me para&#238;t plus facile de corriger les choses sur la base d'une culture unitaire que d'une culture sectaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Pourquoi prendre l'initiative du NPA maintenant, apr&#232;s un &#233;chec, celui des candidatures unitaires, qui a beaucoup marqu&#233; les militants ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : La LCR a particip&#233; &#224; la campagne du non. Le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; en un sens notre premi&#232;re victoire, et pas une victoire par procuration. C'&#233;tait notre victoire. Nous nous sommes investis &#224; fond et personne ne nous l'a reproch&#233;. C'est ensuite que cela s'est un peu g&#226;t&#233;. Pour nous, le processus unitaire qui s'&#233;tait d&#233;velopp&#233; &#224; cette occasion &#233;tait aussi source d'illusions. Mais nous nous sommes mal exprim&#233;s dans les d&#233;bats qui ont suivi. Nous avions raison sur le fond mais nous l'avons mal expliqu&#233;. Ce qui nous a isol&#233;s. Nous avons essay&#233; de faire admettre qu'il n'y avait pas de rapport entre le front r&#233;alis&#233; pour le r&#233;f&#233;rendum et le front qu'il fallait rassembler pour la pr&#233;sidentielle, le contenu n'&#233;tant pas le m&#234;me. C'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que nous voyions une diff&#233;rence de nature entre un non &#224; une politique lib&#233;rale et un oui pour une politique anticapitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment cette diff&#233;rence apparaissait-elle concr&#232;tement dans le d&#233;bat ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Dans les comit&#233;s pour le non, il y a eu une d&#233;rive progressive sur le th&#232;me : &quot; si nous avons un candidat unitaire, nous ferons un score &#224; deux chiffres &#224; la pr&#233;sidentielle, etc.&quot; Une telle approche ne tenait pas compte, selon nous, des rapports de force. Nous avons alors concentr&#233; notre r&#233;flexion et nos interventions sur un point qui peut para&#238;tre secondaire &#224; d'autres &#233;poques ou dans d'autres pays, c'est l'attitude par rapport au parti socialiste et aux institutions. Nous avons commenc&#233; la bataille d&#232;s l'automne 2005 aux assises de Saint-Denis des collectifs antilib&#233;raux. Le texte propos&#233; en conclusion contenait la formule : &quot;nous n'irons pas dans un gouvernement sous h&#233;g&#233;monie sociale-lib&#233;rale&quot;. Connaissant le parti communiste, notamment, nous savions que cela pouvait vouloir dire tout et son contraire. Nous avons donc propos&#233; la formule : &quot;un gouvernement sous h&#233;g&#233;monie du parti socialiste&quot;. Cela a &#233;t&#233; le &lt;i&gt;clash&lt;/i&gt;. Le PC en a fait un &lt;i&gt;casus belli&lt;/i&gt;, disant qu'il partirait si on parlait du PS. C'est l&#224; que, probablement, nous nous sommes mal fait comprendre. Car nous n'avons pas tenu compte du fait que, pour la majorit&#233; des membres des collectifs, il y avait un trait d'&#233;galit&#233; entre social-lib&#233;ralisme et PS. Notre position leur &#233;tait donc incompr&#233;hensible. Cela a &#233;t&#233; le d&#233;but de la rupture. Mais notre intuition allait se confirmer quand il devint &#233;vident que le terme social-lib&#233;ral &#233;tait un fourre-tout tel que F. Hollande allait s'en d&#233;marquer (comme il allait le faire pour le blairisme, d'ailleurs). Cet &#233;pisode et notre argumentation mal ajust&#233;e ont fait que nous avons d&#232;s lors commenc&#233; &#224; &#234;tre isol&#233;s. Nous avons quitt&#233; peu &#224; peu le collectif national. Le mouvement s'est effiloch&#233; ensuite, notamment quand il y a eu diverses propositions de candidatures, dont pour finir celle de Jos&#233; Bov&#233;. Nous avons beaucoup de respect pour lui en tant que dirigeant syndical. Mais sur le plan politique, comment oublier qu'aux &#233;lections europ&#233;ennes de 2004, il avait appel&#233; &#224; voter pour Francis Wurtz, candidat communiste, &#224; Paris, pour le socialiste Georges Fr&#234;che &#224; Montpellier et pour le Vert G&#233;rard Onesta &#224; Toulouse ? Sans m&#234;me parler de la &#171; mission &#187; que S&#233;gol&#232;ne Royal lui a propos&#233;e entre les deux tours de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et qu'il a accept&#233;e. Il faut dire que l&#224;, nous n'avons pas &#233;t&#233; compris du tout, beaucoup de gens nous disant : &#171; Jos&#233; Bov&#233; au moins, vous pourriez accepter... &#187; Nous avons donc d&#233;cid&#233; de pr&#233;senter Olivier Besancenot, tout en disant : &#171; s'il y a un accord politique, nous le retirons &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment expliquer apr&#232;s coup l'&#233;chec de la candidature unique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Beaucoup ont pens&#233; que l'&#233;chec &#233;tait li&#233; &#224; une affaire d'ego. Je ne le crois pas du tout. Il y avait un vrai d&#233;saccord politique, ce que le parti communiste ne contestait pas d'ailleurs. C'est toute la question de la gauche de gauche et des relations avec le PS. Pour nous, il y a deux gauches dans notre pays, depuis le congr&#232;s de Tours en 1921 en fait. Elles peuvent agir ensemble mais non &#234;tre ensemble dans un m&#234;me parti ou au gouvernement. D'autres disent au contraire : &#171; il y a une seule gauche et il faut la sortir de l'orni&#232;re lib&#233;rale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;En quoi la p&#233;riode vous para&#238;t-elle propice &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau parti ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Nous pensons qu'il y a une accumulation de conditions qui peuvent se r&#233;v&#233;ler favorables. Il y a d'abord l'attaque sans pr&#233;c&#233;dent de la droite et du patronat, une v&#233;ritable guerre sociale, qui r&#233;volte les gens. Il existe ensuite une volont&#233; de r&#233;sistance sociale, en France et ailleurs. Enfin, le mouvement social est de plus en plus orphelin de d&#233;bouch&#233; politique. Les partis traditionnels de la gauche vont vers la droite, y compris au niveau europ&#233;en. La base de leur accord politique est le fait qu'ils acceptent tous l'&#233;conomie de march&#233;. Personnellement, je ne vois pas de diff&#233;rence entre les dirigeants du parti socialiste fran&#231;ais. Ils votent les m&#234;mes textes internes, y compris Jean-Luc M&#233;lenchon. Ce qui montre d'ailleurs que les prises de position au sein du parti socialiste en faveur du non en 2005 ont fait long feu. Pour nous le tropisme vers le social-lib&#233;ralisme est in&#233;luctable au sein du parti socialiste. Si l'&#233;volution s'est produite plus tard que pour les autres partis socialiste europ&#233;ens, c'est uniquement &#224; cause des rapports de force en France, principalement de la force du parti communiste, etc. Mais avec Marie-George Buffet &#224; 1,8%, il n' y a plus d'obstacle !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour nous, le fond du probl&#232;me est le suivant : avec la mondialisation et les patrons qui ne l&#226;chent plus rien, les r&#233;formes au sens traditionnel ne sont plus possibles. Si la social-d&#233;mocratie en tant que force r&#233;formatrice ne veut pas dispara&#238;tre, elle doit donc imp&#233;rativement s'adapter &#224; cette nouvelle situation. Ce qui ouvre une place &#224; une nouvelle gauche, radicalement anticapitaliste. Avec l'effondrement du parti communiste, la situation est donc m&#251;re pour la construction d'un nouveau parti, qui ne s'appellera bien entendu pas NPA. C'est, en r&#233;sum&#233;, la base de notre r&#233;flexion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les exp&#233;riences &#233;trang&#232;res ont-elles eu une influence dans votre r&#233;flexion ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Elles nous poussent &#224; aller encore plus loin, dans le m&#234;me sens. Toute une partie de la gauche anticapitaliste dans le monde fait le m&#234;me choix que nous. D'autres ont fait un autre choix. Je prends des exemples aussi diff&#233;rents que Bertinotti en Italie, qui l'a pay&#233; tr&#232;s cher aux derni&#232;res &#233;lections, ou Lula au Br&#233;sil. On parle beaucoup de Die Linke en Allemagne. C'est effectivement une bonne chose dans le contexte allemand, mais en France, ce serait une r&#233;gression. La majorit&#233; de Die Linke vient du parti communiste est-allemand, qui &#233;tait plut&#244;t stalinien. Elle est pr&#234;te &#224; basculer dans le r&#233;formisme, d&#232;s lors que le SPD lui tendra la main. Cela s'est effectivement pass&#233; comme cela &#224; Berlin, o&#249; la coalition PDS/SPD a privatis&#233; &#224; tour de bras [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Allusion au gouvernement mis en place en 2001 dans la ville de Berlin (qui (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;]. D'o&#249; notre insistance sur la n&#233;cessit&#233; de rompre avec ces pratiques. C'est le plus important. Aujourd'hui, cela n'aurait pas de sens de mettre en avant le trotskisme.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Programme, mobilisations, ind&#233;pendance par rapport aux institutions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelles sont les grandes lignes du programme qui sera propos&#233; pour le nouveau parti et comment le mettre en &#339;uvre ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Il y a d'abord un accord avec les revendications essentielles du monde du travail. Contrairement &#224; la gauche traditionnelle, nous ne posons pas d'abord la question de savoir si les mesures que nous pr&#233;conisons sont int&#233;grables dans l'&#233;conomie de march&#233;. Mais nous mettons l'accent d'abord sur ce qui est indispensable : le SMIC &#224; 1 500 euros, 300 euros pour les retrait&#233;s, les questions de l'environnement, les revendications des femmes, etc. Cela donne au total une quarantaine de mesures. Deuxi&#232;me aspect essentiel pour nous : nous partons du principe que ces mesures pourront &#234;tre appliqu&#233;es s'il y a des mobilisations et non pas par la voie parlementaire. Nous les avons chiffr&#233;es. Ce que dit Olivier Besancenot &#224; ce sujet n'a jamais &#233;t&#233; contest&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a donc &#224; nos yeux rupture en termes de contenu des mesures, d'importance accord&#233;e aux mobilisations, et, s'agissant de la strat&#233;gie politique, ind&#233;pendance par rapport aux institutions et au parti socialiste. On veut bien agir avec le PS mais nous n'acceptons pas de participer &#224; un gouvernement avec lui, ni m&#234;me &#224; la gestion des villes. Ce point est d'ailleurs en d&#233;bat avec des personnes, Cl&#233;mentine Autain par exemple, qui sont pourtant tr&#232;s int&#233;ress&#233;es par notre d&#233;marche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a enfin l'id&#233;e de &quot;r&#233;volutionner la soci&#233;t&#233;&quot;. Nos mesures attaquent en effet le capitalisme mais cela ne suffit pas, la soci&#233;t&#233; doit changer aussi.
Cela constitue la base de notre projet. Tout le reste peut se discuter, y compris l'id&#233;e de participer &#224; un gouvernement. Nous ne sommes pas contre en effet si cela se fait sur une base claire : un accord sur la n&#233;cessit&#233; de la rupture, sur le fait qu'on s'appuie sur les mobilisations. Ce qui suppose qu'il y ait des mobilisations. Dans le rapport de forces actuel, ce n'est pas le cas, il est donc exclu que nous allions au gouvernement. Si on &#233;tait dans une situation comparable &#224; mai 68, ce serait diff&#233;rent.
Aujourd'hui, nous pesons bien davantage, &#233;tant &#224; l'ext&#233;rieur. Preuve en est le fait que le PS a cru devoir cr&#233;er une commission pour &#233;tudier la fa&#231;on de r&#233;sister &#224; Besancenot ! Certes, on pourra nous dire que cela contourne la question de la prise de pouvoir. Mais ceux qui y sont all&#233;s, le parti communiste en France ou Fausto Bertinotti en Italie ont tout perdu ! On ne peut donc &#234;tre que contestataire dans les conditions actuelles. Mais, m&#234;me dans cette posture, il faut &#234;tre radical, sinon on perd aussi.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'importance de la formation politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous parlez beaucoup du rassemblement de militants de diverses traditions ou cultures politiques... Comment faire un parti efficace avec des courants tr&#232;s divers, des traditions de luttes, des cultures diff&#233;rentes. N'y a-t-il pas un risque de nivellement ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Il existe des exp&#233;riences, plus ou moins r&#233;ussies, le Bloc de gauche au Portugal, l'Alliance rouge et verte au Danemark. Dans ces cas, il s'agit au d&#233;part de coalitions de courants politiques organis&#233;s. Nous avons un avantage : il n'existe aucun courant nationalement organis&#233; dans le NPA. Nous ne &#171; n&#233;gocions &#187; donc pas avec un courant mais avec des militants. Il y aura quelques centaines de communistes, des ex-maos, etc. Mais ils seront compl&#232;tement &#233;parpill&#233;s. La masse des gens int&#233;ress&#233;s (10 000 contre 3 000 membres &#224; la LCR) n'est pas constitu&#233;e par des militants (quelques centaines de personnes tr&#232;s politis&#233;es, des communistes, des &#233;colos, des anciens des comit&#233; Bov&#233;) mais par des gens nouveaux, avec lesquels nous n'avons aucune exp&#233;rience. Ils sont &quot;&#224; fond contre Sarkozy&quot;, veulent &quot;en d&#233;coudre avec Sarkozy&quot;, disent : &quot;la gauche, &#231;a n'existe plus, c'est vous qui &#234;tes la gauche&quot;. Pour eux, &quot;le PS ne se bat pas&quot;, le PC n'existe m&#234;me plus. En m&#234;me temps, ils disent : &quot;Olivier, il faut que tu ailles au gouvernement pour foutre toute cette racaille en l'air&quot;. Pour la participation gouvernementale, ils ne sont donc ni pour ni contre. Ou alors ils sont pour qu'on y aille, mais sans les socialistes. Dans les mails, ils racontent leur d&#233;tresse et tiennent en m&#234;me temps ce discours. C'est tout &#224; fait nouveau pour nous. Ils sont pr&#234;ts &#224; entrer dans un parti mais personne ne sait comment ils vont militer. &#192; Saint-Denis, par exemple, nous sommes 30 &#224; la Ligue mais 80 personnes tournent autour du NPA. Nous faisons des r&#233;unions &#224; 60 ou 65. Le probl&#232;me, cela va &#234;tre la formation politique, m&#234;me si beaucoup de ces personnes ont une exp&#233;rience militante. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment voyez-vous cette formation politique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Nous pensons qu'il faut une formation politique, dans un souci de d&#233;mocratie, pour mettre les gens &#224; &#233;galit&#233;. &#192; la LCR, nous disons : &quot;les militants doivent avoir les moyens politiques de balancer la direction&quot;. Or, ici, on va avoir ce que je n'ai jamais connu, des niveaux politiques tr&#232;s diff&#233;rents. Nous ne craignons pas d'avoir une opposition lorsque nous ferons adopter le programme, dont le socle est d&#233;j&#224; en d&#233;bat dans les comit&#233;s d'initiative. Ce qui nous posera probl&#232;me, &#233;ventuellement, ce ne sont pas les gauchistes qui voudraient nous envahir mais les glissements droitiers de gens peu politis&#233;s. Mais il suffira de s'expliquer car ce ne sont pas des groupes organis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;La formation sera assur&#233;e par les anciens de la Ligue ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Au d&#233;but, certainement. Cela commencera avec l'universit&#233; d'&#233;t&#233; qui, cette ann&#233;e, sera NPA/Ligue. On aura d'autres probl&#232;mes avec la venue de &quot;personnalit&#233;s&quot; qui n'imaginent certainement pas ne pas &#234;tre &#224; la direction. C'est pourtant ce que nous voudrions &#233;viter ! Nous pensons plut&#244;t &#224; des gens de terrain, repr&#233;sentatifs du mouvement social, qui se sont faits conna&#238;tre dans des luttes. Les personnalit&#233;s auront plut&#244;t leur place dans les comit&#233;s d'&#233;tudes que nous mettons en place. Comme ce qui reste des collectifs antilib&#233;raux s'est divis&#233;, certains viendront chez nous. C'est la m&#234;me chose au sein du parti communiste. Mais nous ne voulons pas faire un parti qui soit un assemblage de personnalit&#233;s. Les &quot;g&#233;n&#233;raux sans troupe&quot;, nous les avons exp&#233;riment&#233;s au cours de la campagne pour le &quot;non&quot; et on a vu ce que cela a donn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci dit, je le r&#233;p&#232;te, nous allons un peu &#224; la d&#233;couverte. Il y a une part tr&#232;s empirique dans ce que nous faisons, nous avan&#231;ons un peu &#224; l'aveuglette. La r&#233;union des comit&#233;s &#224; la fin juin constituera un test. Personne n'aura de mandat, chacun essayera de voir d'abord qui est qui. Nous ne cachons &#233;videmment pas le fait que c'est la LCR qui a convoqu&#233; la r&#233;union. Mais nous essayons de faire en sorte que dans les comit&#233;s d'initiative, la LCR ne soit pas majoritaire. Nous allons vers un comit&#233; de pilotage national pour pr&#233;parer un congr&#232;s avec la m&#234;me id&#233;e : la moiti&#233; seulement des membres seront de la LCR. Le reste viendra du mouvement social, essentiellement des inorganis&#233;s jusqu'ici, repr&#233;sentant les luttes sociales. Le congr&#232;s est pr&#233;vu en d&#233;cembre ou janvier. S'il a lieu, nous dissoudrons la LCR avant, c'est une d&#233;cision d&#233;j&#224; prise.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un vrai parti politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;N'est-ce pas un pari risqu&#233; ? La question de l'organisation semble en effet centrale, comme le montrent les probl&#232;mes d'un mouvement comme Attac ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Il y a une diff&#233;rence : nous construisons un parti politique, avec un programme. Mais je ne nie pas que nous avons un probl&#232;me politique, y compris avec des membres de la LCR qui voudraient que le futur parti n'ait pas de statuts. Il faut donc expliquer. D'un autre c&#244;t&#233;, d&#232;s aujourd'hui, beaucoup des gens que nous rencontrons veulent adh&#233;rer &#224; un parti, avec des statuts, avoir une carte. La LCR a d&#233;j&#224; beaucoup chang&#233;. Nos nouveaux membres, des jeunes, sont &quot;tr&#232;s r&#233;volt&#233;s et peu politis&#233;s&quot;. J'ai entendu, cas extr&#234;me, un jeune demander : &quot;mais c'est qui ce Marx dont tout le monde parle ?&quot; D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; pour nous d'une &#233;ducation vraiment de base &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment le processus de cr&#233;ation prend-il forme concr&#232;te ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Essentiellement, par le travail des comit&#233;s d'initiative. L&#224; o&#249; ils existent, nous espa&#231;ons les r&#233;unions de la LCR. Les comit&#233;s ont un bureau. Ils ont des th&#232;mes de discussion et font des commissions pour approfondir des questions comme l'immigration, le service public, etc. Ils sortent des tracts, etc. Ces comit&#233;s sont h&#233;t&#233;rog&#232;nes, certains de leurs membres ont une formation, d'autres s'int&#233;ressent surtout au &quot;prochain collage&quot;. Ces comit&#233;s int&#233;ressent beaucoup de &quot;d&#233;&#231;us&quot; tr&#232;s divers, y compris des d&#233;&#231;us d'Attac, soucieux de sortir des lieux o&#249; il y aurait surtout &quot;des vieux qui discutent&quot;. Olivier Besancenot attire beaucoup de jeunes. Nous sommes conscients de la faiblesse que cela peut constituer. Olivier est d'ailleurs le premier &#224; refuser le ph&#233;nom&#232;ne de &quot;starisation&quot;, entretenu par les m&#233;dias. Mais c'est une bataille permanente ! La t&#233;l&#233; pose un probl&#232;me particulier &#224; tous : ou bien on n'y va pas, ce qui est difficile aujourd'hui, ou bien on y va avec l'id&#233;e de la &quot;retourner&quot;, ce que Olivier fait tr&#232;s bien en refusant notamment toute intrusion dans sa vie personnelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment faire avec si peu de cadres, au moment o&#249; l'humeur g&#233;n&#233;rale est &#224; l'anti-d&#233;l&#233;gation, &#224; la d&#233;mocratie participative, au consensus ? La culture d'organisation des militants actuels de la LCR va-t-elle diffuser spontan&#233;ment ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; : Nous n'avons pas l'intention de c&#233;der &#224; l'air du temps. Le noyau constitu&#233; par les militants de la LCR est une garantie. Nous voulons faire un parti de militants, pas un parti d'adh&#233;rents, m&#234;me si le militantisme a &#233;volu&#233;. Nous allons par exemple baisser les cotisations, tout en maintenant l'id&#233;e que l'adh&#233;sion doit se traduire par un effort, y compris financier. Mais les cotisations sont relativement &#233;lev&#233;es &#224; la LCR, ce qui ne correspond peut-&#234;tre plus &#224; ce que sont les militants aujourd'hui. Nous comptons bien, dans le nouveau parti, poursuivre une vraie activit&#233; de parti, avec par exemple des r&#233;unions r&#233;guli&#232;res et assez rapproch&#233;es. Ce qui ne se fait plus gu&#232;re dans d'autres organisations ! &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Entretien avec Alain Krivine r&#233;alis&#233; par Claude Poliak et Louis Weber le 13 juin 2008.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Compte rendu de la premi&#232;re r&#233;union du comit&#233; d'animation le 5 juillet 2008. Voir : &lt;a href=&quot;http://www.lcr-rouge.org/spip.php?article2049&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.lcr-rouge.org/spip.php?a...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &#201;. Coquerel, pr&#233;sident du Mars, &#171; L'appel de l'espoir &#187;, sur le site de Politis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-4' id='nb2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Cl&#233;mentine Autain, Luc Boltanski, &#201;lisabeth Claverie, Fr&#233;d&#233;ric Lebaron, Michel Onfray, Arnaud Viviant, &#171; Le Nouveau Parti anticapitaliste est-il vraiment d&#233;cid&#233; &#224; s'ouvrir &#224; tous les courants de l'autre gauche ? &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 30 mai 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-5' id='nb2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Philippe Corcuff, Pierre-Fran&#231;ois Grond, Anne Leclerc, &#171; Gauche radicale, chiche &#187;, Le Monde, 7 juin 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-6' id='nb2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;a href=&quot;http://www.gauchealternative.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.gauchealternative.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-7' id='nb2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Pierre Juquin, ancien membre du bureau politique du parti communiste mais en rupture avec celui-ci, s'&#233;tait port&#233; candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1988.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-8' id='nb2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] La Convention pour une alternative progressiste (CAP) a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1994, par des membres et anciens membres de diff&#233;rentes organisations, dont le Parti communiste, le Mouvement des citoyens, la LCR, etc. La CAP se divise rapidement en deux grandes tendances : l'une veut faire de la CAP le creuset de la &#171; gauche de la gauche &#187;, l'autre s'inscrit au contraire au c&#339;ur de la gauche parlementaire. La CAP a soutenu la candidature de Dominique Voynet &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1995.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-9' id='nb2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Allusion au gouvernement mis en place en 2001 dans la ville de Berlin (qui a un statut de Land), dans le cadre d'une coalition entre le SPD et le PDS, h&#233;ritier du parti communiste de RDA. Sa politique, tr&#232;s contest&#233;e, a &#233;t&#233; &#224; l'origine du refus des militants berlinois de l'autre composante de la future Linke, la WASG, de figurer sur les m&#234;mes listes que le PDS, avant la fusion qui a donn&#233; naissance &#224; Die Linke. Voir l'article de Micha&#235;l Brie dans Savoir/Agir, n&#176; 3.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'altermondialisme &#224; la crois&#233;e des chemins (S/A n&#176;4)</title>
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		<dc:subject>Altermondialisme</dc:subject>

		<description>Parler du mouvement altermondialiste dans cette rubrique consacr&#233;e &#224; la gauche de la gauche est en soi un sujet de d&#233;bat. Ce mouvement est en effet loin d'&#234;tre homog&#232;ne. Pour le d&#233;signer, le pluriel est donc certainement mieux adapt&#233;. Mais cela ne r&#233;sout pas la question du p&#233;rim&#232;tre d'un ensemble dont on s'accorde en g&#233;n&#233;ral &#224; faire remonter l'origine &#8211; sous la forme premi&#232;re de l'antimondialisme &#8211; aux manifestations qui ont accompagn&#233; (et fait &#233;chouer) la rencontre minist&#233;rielle de l'Organisation mondiale du (...)

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&lt;a href="http://www.savoir-agir.org/-Chronique-de-la-gauche-de-la-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la gauche de la gauche&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.savoir-agir.org/+-Altermondialisme-+.html" rel="tag"&gt;Altermondialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parler du mouvement altermondialiste dans cette rubrique consacr&#233;e &#224; la gauche de la gauche est en soi un sujet de d&#233;bat. Ce mouvement est en effet loin d'&#234;tre homog&#232;ne. Pour le d&#233;signer, le pluriel est donc certainement mieux adapt&#233; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est le parti adopt&#233; par les auteurs de l'ouvrage : I. Sommier, O. Fillieule, (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Mais cela ne r&#233;sout pas la question du p&#233;rim&#232;tre d'un ensemble dont on s'accorde en g&#233;n&#233;ral &#224; faire remonter l'origine &#8211; sous la forme premi&#232;re de l'antimondialisme &#8211; aux manifestations qui ont accompagn&#233; (et fait &#233;chouer) la rencontre minist&#233;rielle de l'Organisation mondiale du commerce de Seattle en 1999. Pour nombre d'organisations europ&#233;ennes, qui avaient &#171; d&#233;couvert &#187; les questions de la mondialisation &#224; travers la lutte contre l'Accord multilat&#233;ral sur les investissements &#233;labor&#233; au sein de l'OCDE, Seattle fut le d&#233;but d'un processus de constitution de divers r&#233;seaux dont la plupart sont encore actifs aujourd'hui [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='footnote' title='On pourra noter que les affrontements autour du label &#8211; anti ou (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'organisation des forums sociaux &#224; partir de 2001 allait marquer le passage de la seule d&#233;nonciation de la mondialisation lib&#233;rale &#224; la r&#233;flexion sur &#171; un autre monde possible &#187;, passage que l'invention du mot altermondialisme allait traduire dans le vocabulaire utilis&#233; et, comme c'est toujours le cas, dans la fa&#231;on d'aborder les probl&#232;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, la participation europ&#233;enne aux forums de Porto Alegre passait principalement par les organisations politiques et syndicales les plus radicales et, surtout, les associations dites de lutte, Attac mais aussi les associations de ch&#244;meurs, de sans-logis [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Ces associations allaient rapidement constituer un des principaux r&#233;seaux (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;], etc.. Le succ&#232;s du processus allait cependant attirer non seulement des organisations peu, voire pas du tout engag&#233;es dans la contestation active du lib&#233;ralisme. Vont ainsi affluer aux forums sociaux non seulement l'ensemble de la gauche mais m&#234;me des &#233;missaires de Jacques Chirac, alors pr&#233;sident de la R&#233;publique, et des responsables de l'UMP.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parall&#232;lement, mais cela n'a &#233;videmment rien &#224; voir avec ce qui pr&#233;c&#232;de, en France mais surtout dans d'autres pays, les organisations non gouvernementales de &#171; solidarit&#233; internationale &#187;, de nature &#171; caritative &#187; comme par exemple le Secours catholique et son (puissant) r&#233;seau international Caritas, ont progressivement pris une part importante dans la participation aux forums. Ce qui a eu des effets sur la forme m&#234;me des forums et des d&#233;bats, l'analyse des soci&#233;t&#233;s et de leurs mouvements mais aussi les modes d'expression et d'action &#233;tant le reflet de la culture propre des organisations, devenue tr&#232;s diverse. Cela a donn&#233; une tonalit&#233; g&#233;n&#233;rale assez diff&#233;rente aux forums sociaux mondiaux &#224; Mumbai en 2004 et, plus encore, &#224; Nairobi en 2007 [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une analyse de ce ph&#233;nom&#232;ne et de ces &#233;volutions, voir : L. Weber, &#171; (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour toutes ces raisons et sans doute quelques autres, et si l'on admet que la participation aux forums sociaux est une fa&#231;on pertinente de d&#233;limiter le p&#233;rim&#232;tre des altermondialismes, il serait tout &#224; fait erron&#233; de faire de celles-ci, dans leur totalit&#233;, une composante de la gauche de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La perception peut cependant &#234;tre diff&#233;rente si on s'en tient aux mouvements se r&#233;clamant de l'altermondialisme et qui participent activement aux luttes sociales et politiques en France. Comme ce sont les seuls visibles dans le champ en dehors de la p&#233;riode des forums, par ailleurs de moins en moins &#233;voqu&#233;s dans la presse, les m&#233;dias font donc en g&#233;n&#233;ral de l'altermondialisme une des dimensions des forces de transformation sociale, quand ils ne le consid&#232;rent pas comme le fer de lance de celles-ci. De ce point de vue, la crise de l'altermondialisme peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e &#8211; c'est le parti-pris sous-jacent &#224; cet article &#8211; comme un des sympt&#244;mes &#8211; certes p&#233;riph&#233;rique &#8211; de difficult&#233;s de la gauche de la gauche d&#233;j&#224; relev&#233;es dans le cadre de cette rubrique.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Crise des forums [&lt;a href='#nb3-5' class='spip_note' rel='footnote' title='On ne traitera ici que des forums mondiaux. En Europe, le Forum social (...)' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;] ? Crises de l'altermondialisme ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La crise de l'altermondialisme est en effet r&#233;elle. Elle a des causes structurelles li&#233;es aux &#233;volutions dans la composition du &#171; mouvement altermondialiste &#187; qui viennent d'&#234;tre &#233;voqu&#233;es et dans les th&#232;mes et les modalit&#233;s de la mobilisation devenus de ce fait dominants. &#192; cela s'ajoute la difficult&#233;, d&#233;j&#224; soulign&#233;e, d'&#233;laborer un projet alternatif qui aille au-del&#224; des r&#233;sistances, &#233;videmment n&#233;cessaires, et de la condamnation de la mondialisation lib&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compte tenu du r&#244;le central que tiennent les forums sociaux dans l'&#233;mergence et dans la p&#233;rennit&#233; du mouvement altermondialiste, c'est &#233;videmment sur eux, sur leur sens, sur leur forme, et aujourd'hui sur leur utilit&#233; m&#234;me, que se concentre le d&#233;bat. Pourtant peu suspect d'arri&#232;re-pens&#233;es dans ce domaine, Patrick Piro notait dans Politis : &#171; Aux grands rassemblements plan&#233;taires, le mouvement altermondialiste substitue cette ann&#233;e des centaines de manifestations locales qui culmineront le 26 janvier. Pause, d&#233;saffection ou approfondissement ? Comment d&#233;mentir l'antienne sur l'essoufflement de l'altermondialisme, voire les annonces de disparition [&#8230;] ? Ces questions ne sont pas nouvelles, elles ressurgissent fin janvier depuis quatre ans, &#224; la date o&#249; se tient traditionnellement le Forum social mondial (FSM). Mais elles s'imposent plus fortement cette ann&#233;e &#187; [&lt;a href='#nb3-6' class='spip_note' rel='footnote' title='P. Piro, &#171; Le forum social se disperse &#187;, Politis, 17 janvier (...)' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques mots s'imposent ici pour rappeler tr&#232;s bri&#232;vement le processus qui a conduit &#224; cette &#171; dispersion &#187;. Les trois premiers forums ont eu lieu &#224; Porto Alegre (en 2001, 2002 et 2003), &#224; la fois parce que l'initiative &#233;tait venue du Br&#233;sil et parce que les conditions mat&#233;rielles et symboliques &#233;taient tr&#232;s favorables : une ville dirig&#233;e par le Parti des travailleurs, berceau de la d&#233;mocratie participative, dans un pays o&#249; le mouvement social &#8211; on y parle plus volontiers de soci&#233;t&#233; civile &#8211; est tr&#232;s actif et tr&#232;s divers [&lt;a href='#nb3-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Avec notamment, situation inhabituelle en Europe, une influence tr&#232;s forte (...)' id='nh3-7'&gt;7&lt;/a&gt;] depuis longtemps. &#192; l'origine, il s'agissait d'ailleurs de &#171; Contre-Davos &#187;, par r&#233;f&#233;rence au Forum &#233;conomique mondial qui se tient tous les ans en janvier dans cette ville de Suisse, ce qui imposait le calendrier et, partie, le contenu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2004, en Inde, un nouveau cadre, social et politique, allait permettre d'innover en renon&#231;ant, certes sans le dire, &#224; une des r&#232;gles de base des forums &#233;dict&#233;es &#224; Porto Alegre : le refus des partis politiques en tant que tels. Cette clause &#233;tait en effet inapplicable dans un pays o&#249; divers partis, notamment communistes, ont &#233;t&#233; tr&#232;s pr&#233;sents dans l'organisation du FSM. Cette pr&#233;sence n'&#233;tait pas simplement une forme d'entrisme. Elle traduisait le fait que, dans le contexte indien, ces partis sont au premier plan dans les luttes sociales, tr&#232;s nombreuses &#224; une &#233;poque o&#249; les partis nationalistes au pouvoir dans le pays ouvraient cependant celui-ci aux grands vents du commerce international et de la lib&#233;ralisation que cela implique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui renvoyait &#224; un d&#233;bat aussi ancien que les forums sociaux eux-m&#234;mes. Il n'est donc pas faux de situer les premiers sympt&#244;mes du malaise en 2004, non pas simplement parce que l'on avait quitt&#233; Porto Alegre, mais parce que, ce faisant, on soumettait la matrice d'origine transcrite dans la Charte des principes du FSM [&lt;a href='#nb3-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Adopt&#233;e d&#233;finitivement en juin 2002, pr&#232;s de 10 mois apr&#232;s le premier FSM. Voir (...)' id='nh3-8'&gt;8&lt;/a&gt;] &#224; une sorte d'&#233;preuve de v&#233;rit&#233; en la confrontant &#224; de nouveaux probl&#232;mes. Ces tensions allaient &#234;tre confirm&#233;es, et renforc&#233;es, par un sentiment de r&#233;p&#233;tition et d'inefficacit&#233; devant les probl&#232;mes r&#233;els des soci&#233;t&#233;s. Ce qui a conduit simultan&#233;ment &#224; tenter de varier la forme, de faciliter la participation, notamment dans les milieux populaires o&#249; il est difficile d'envisager un d&#233;placement lointain et par cons&#233;quent co&#251;teux, en multipliant les lieux et &#224; concevoir une alternance entre un forum mondial unique tous les deux ans et des manifestations d&#233;multipli&#233;es dans l'intervalle. C'est ainsi qu'il y a eu, apr&#232;s un retour &#224; Porto Alegre en 2005, trois forums d&#233;centralis&#233;s en 2006 (Karachi, Bamako et Caracas), un forum mondial unique en 2007 &#224; Nairobi et, passage &#224; la limite en 2008, celui-l&#224; m&#234;me que l'article de Politis met en cause, avec une journ&#233;e mondiale d'action (Global Action Day), &#224; la diligence des groupes nationaux, voire locaux. Toutes ces manifestations &#8211; il y en aurait eu 800 dans le monde &#8211; devaient en principe respecter le format de Porto Alegre. Mais cette &#171; dispersion &#187; a emp&#234;ch&#233; toute visibilit&#233; au-del&#224; du cercle des initi&#233;s, la presse par exemple n'en ayant donn&#233; pratiquement aucun &#233;cho.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les principaux sujets de controverse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La question principale porte sur la fonction m&#234;me des forums. Sont-ils des espaces ouverts, o&#249; l'on d&#233;bat des questions qui se posent au &#171; mouvement [&lt;a href='#nb3-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce terme est l'un de ceux qui sont les plus couramment utilis&#233;s dans les (...)' id='nh3-9'&gt;9&lt;/a&gt;] &#187; mais sans aucun objectif en termes d'action ? O&#249; sont-ils aussi &#8211; personne n'exclut en effet la premi&#232;re fonction &#8211; des lieux o&#249; on d&#233;cide d'agir ensemble et o&#249; on fixe calendriers et modalit&#233;s de ces actions ? Ce qui pose imm&#233;diatement des questions subsidiaires : le Forum peut-il devenir une organisation ? Doit-il prendre des d&#233;cisions qui engagent les participants ? Quelqu'un est-il habilit&#233; &#224; parler au nom du Forum ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces questions ne se posent pas dans l'abstrait. Elles ont &#224; voir, en effet, avec les perspectives politiques &#224; un moment donn&#233; et, par cons&#233;quent, avec le rapport au politique et &#224; la politique. En Am&#233;rique du Sud, par exemple, on peut penser que les changements politiques qui se succ&#232;dent avec les victoires &#233;lectorales de la gauche ont renforc&#233; le besoin de participer &#224; ces &#233;volutions et aux perspectives de transformation qu'elles portent en elles. D&#233;penser &#233;nergie militante (et argent) pour des forums sociaux coup&#233;s de l'action peut appara&#238;tre dans ces conditions comme un d&#233;tour inutile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au plan mondial, la critique est venue de divers horizons. Dans un texte intitul&#233; Le Forum social mondial &#224; la crois&#233;e des chemins [&lt;a href='#nb3-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir : http://www.zmag.org/znet/viewArticl.... Walden Bello est membre du (...)' id='nh3-10'&gt;10&lt;/a&gt;], Walden Bello rappelle que le FSM a rempli trois fonctions essentielles pour la &#171; soci&#233;t&#233; civile mondiale &#187; : il &#171; repr&#233;sente un espace &#8211; physique et temporel &#8211; pour ce mouvement divers pour se rencontrer, &#233;tablir des r&#233;seaux et, simplement, se sentir et s'affirmer &#187; ; c'est un moment o&#249; &#171; le mouvement rassemble ses &#233;nergies et dessine les axes de sa marche continue pour combattre et repousser les processus, les institutions et les structures du capitalisme global &#187; ; le FSM propose un lieu et un espace &#171; pour le mouvement pour &#233;laborer, discuter et d&#233;battre de la vision, des valeurs et des institutions d'un ordre mondial alternatif construit sur une r&#233;elle communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts &#187;. Il note que le processus des forums sociaux constitue aussi un outil de &#171; d&#233;mocratie directe en action &#187; et que, jusqu'ici, il n'y pas eu de tentative, m&#234;me de la part des &#171; vieux mouvements &#187; ou des partis politiques, de tirer le FSM vers &#171; des modes d'organisation plus centralis&#233;s ou plus hi&#233;rarchis&#233;s &#187;. Le forum de Mumbai a m&#234;me &#233;t&#233; organis&#233; par &#171; une coalition improbable de mouvements sociaux et de partis marxistes-l&#233;ninistes, un ensemble d'acteurs qui ne sont pas connus pour leurs relations harmonieuses au plan national &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le FSM a &#233;t&#233; l'objet de critiques, notamment du fait &#171; de ne pas &#234;tre, comme institution, ancr&#233; dans les combats politiques globaux et de se transformer en un festival annuel avec un faible impact social &#187;. Walden Bello reprend la critique formul&#233;e par Hugo Ch&#225;vez au forum de Caracas en 2006, attirant l'attention des d&#233;l&#233;gu&#233;s sur le danger &#171; de faire du FSM un simple forum d'id&#233;es, sans aucun agenda pour l'action &#187;. Pour le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien, &#171; Nous devons avoir une strat&#233;gie de contre-pouvoir. Nous, les mouvements sociaux et les mouvements politiques, devons &#234;tre capable d'investir les espaces de pouvoir au niveau local, r&#233;gional et national &#187;. Walden Bello oppose ce qui s'est dit &#224; Caracas &#224; la &#171; d&#233;ception que fut Nairobi, conduisant des participants de longue date aux forums &#224; se poser la question : &#8220;le FSM est-il toujours le v&#233;hicule le mieux appropri&#233; pour la nouvelle &#233;tape dans le combat du mouvement pour la justice globale et pour la paix ? &#8221; &#187; Il conclut : &#171; Le moment est-il venu pour le FSM de d&#233;monter la tente et d'ouvrir le chemin &#224; de nouveaux modes d'organisation de la r&#233;sistance et des transformations au niveau mondial ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une critique de m&#234;me nature a &#233;t&#233; formul&#233;e par Jai Sen, un autre participant r&#233;gulier aux forums sociaux, au nom de l'Institut indien d'action critique : un centre en mouvement (Cacim). Dans un texte de novembre 2007, intitul&#233; : &#171; Le FSM va-t-il vers un point de crise &#187; [&lt;a href='#nb3-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Texte disponible sur le site de l'Institut Cacim : http://www.cacim.net/twiki/tik' id='nh3-11'&gt;11&lt;/a&gt;], Jai Sen constate &#224; propos de la journ&#233;e mondiale d'action &#224; laquelle le Conseil international du FSM a appel&#233; en janvier 2008, qu'elle a &#233;t&#233; &#171; con&#231;ue comme un nuage, ou un essaim, de mouvements sociaux et de pr&#233;occupations &#224; travers le monde &#8211; ce que certains appellent le mouvement des mouvements &#8211; afin de, juste pour une journ&#233;e, se montrer simultan&#233;ment et, par l&#224;, rendre le nuage manifeste, de mani&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re &#187;. Sur le m&#234;me mode ironique, il consid&#232;re qu'il s'agit d'un d&#233;fi &#224; &#171; toutes les notions existantes sur la fa&#231;on (sociale et politique) dont un mouvement prend place et devrait prendre place &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La th&#232;se oppos&#233;e est d&#233;fendue notamment par Chico Whitaker : &#171; Si le Conseil international ne r&#233;siste pas &#224; la tentation de tenter d'adopter un programme politique, il risque r&#233;ellement sa propre mort car il serait en profonde contradiction avec la logique des FSM &#187; [&lt;a href='#nb3-12' class='spip_note' rel='footnote' title='C. Whitaker, &#171; Answering Cacim's call for an WSF evaluation &#187;, (...)' id='nh3-12'&gt;12&lt;/a&gt;]. Il oppose les d&#233;bats au sein du Conseil international, &#224; l'initiative de ceux qui &#171; n'aiment pas &#187; le FSM tout en y participant &#8211; et qui n'ont jamais &#171; aval&#233; &#187; la Charte des principes adopt&#233;e en 2002 &#8211; et la dynamique des FSM, dont il serait &#171; d&#233;sastreux de se d&#233;connecter &#187;. Pourquoi ce d&#233;samour ? Chico Whitaker y voit trois raisons : comme initiative politique, les FSM sont une nouveaut&#233; ; il y a des malentendus sur les objectifs ainsi que sur la n&#233;cessit&#233; d'y participer (c'est-&#224;-dire, attitude fort peu am&#232;ne dans un milieu o&#249; les d&#233;bats sont d'ordinaire plus feutr&#233;s : personne n'est oblig&#233; d'y venir).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'invention politique tient selon lui &#224; plusieurs facteurs. Les d&#233;cisions se prennent au consensus car &#171; le vote pour d&#233;cider collectivement est &#233;videmment une grande conqu&#234;te de l'humanit&#233;, mais s'il est pratiqu&#233; dans les organisations sociales, il porte en lui divisions et s&#233;parations, &#224; l'avantage du pouvoir dominant &#187; [&lt;a href='#nb3-13' class='spip_note' rel='footnote' title='On retrouve cette conception en France dans une organisation comme Attac (...)' id='nh3-13'&gt;13&lt;/a&gt;]. Par ailleurs, le FSM r&#233;sulte de l'initiative d'organisations sociales. Il n'y a pas d'invitations sp&#233;cifiques mais seulement un &#171; appel &#224; venir &#187; (call to come), seul l'objectif g&#233;n&#233;ral des discussions est d&#233;termin&#233; et non leur d&#233;tail. Les organisateurs ne choisissent pas les intervenants, mais ouvrent l'espace du Forum aux activit&#233;s auto-organis&#233;es par les participants. Enfin, last but not least, le Forum n'adopte ni d&#233;clarations ni motions finales. Ce sont ces principes qui sont pr&#233;cis&#233;ment ceux de la Charte d&#233;j&#224; cit&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chico Whitaker consid&#232;re que l'&#171; &#233;trange animal &#187; que constitue le FSM a &#171; diminu&#233; la confiance en eux de beaucoup de personnes, habitu&#233;es &#224; travailler avec des outils pour l'action et pour l'analyse construits depuis plus d'un si&#232;cle &#187;. C'est donc au nom de l'obsolescence de leurs pratiques politiques qu'il disqualifie ceux qui, en retour, jugent que le FSM est devenu un &#171; Woodstock de gauche &#187; et que &#171; dans les Forums, on se contente de discuter et discuter &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La faiblesse de cette position finalement tr&#232;s acritique de l'existant est d'ignorer les &#233;volutions du contexte politique mondial, qui explique pour partie la perte de substance de &#171; l'innovation &#187; altermondialiste et son d&#233;clin rapide dans le d&#233;bat public et dans les m&#233;dias. C'est cette perte de contact avec le mouvement politique r&#233;el que mettent pr&#233;cis&#233;ment en avant ses critiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ce qu'a soulign&#233; un autre &#171; p&#232;re fondateur &#187; br&#233;silien du FSM, Emir Sader, au cours d'un r&#233;cent colloque &#224; Paris, auquel ont particip&#233; plusieurs autres membres du Conseil international du FSM : &#171; &lt;i&gt;Comment peut-on lutter pour un autre monde possible ? D&#233;velopper les acquis de la lutte anti-n&#233;olib&#233;rale passe par une r&#233;articulation du social et du politique. Les mouvements sociaux ont jou&#233; un r&#244;le fondamental dans la r&#233;sistance au n&#233;olib&#233;ralisme. Mais quand on passe &#224; la lutte pour une nouvelle h&#233;g&#233;monie, il faut r&#233;articuler les forces sociales et politiques. Sinon on restera toujours sur la d&#233;fensive, c&#180;est la voie de la d&#233;faite. [&#8230;] Si on fait un bilan des acquis de ces derni&#232;res ann&#233;es, on verra qu&#180;ils passent toujours par la sph&#232;re politique, par les gouvernements, par les &#201;tats. [&#8230;] Le n&#233;olib&#233;ralisme essaie de disqualifier en faveur de l&#180;expansion du march&#233; toute forme sociale et de r&#233;gulation de l&#180;&#201;tat, le r&#244;le de la politique et de toutes formes de gouvernement. Donc la lutte pour une autre pratique politique possible fait partie de la lutte pour un autre monde possible. &lt;/i&gt; &#187; [&lt;a href='#nb3-14' class='spip_note' rel='footnote' title='E. Sader, &#171; Et maintenant &#187;, intervention faite au cours d'un colloque sur le (...)' id='nh3-14'&gt;14&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce colloque, organis&#233; &#224; l'occasion de la premi&#232;re &#171; Journ&#233;e mondiale d'action &#187;, s'inscrit dans la discussion fran&#231;aise sur l'avenir des forums sociaux. &#192; travers une r&#233;f&#233;rence explicite au post-altermondialisme, il t&#233;moigne aussi du sentiment, largement partag&#233;, qu'un cycle est en train de s'achever pour le mouvement altermondialiste. Le contexte dans lequel il agit n'est plus le m&#234;me avec les crises financi&#232;res, la crise &#233;cologique, les difficult&#233;s des &#201;tats-Unis pour maintenir leur h&#233;g&#233;monie, l'apparition d'un nouveau p&#244;le, avec les pays &#233;mergents, mettant en cause la centralit&#233; occidentale, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cours de la r&#233;cente r&#233;union du Conseil international du FSM &#224; Abuja au Nigeria, Gustave Massiah a pr&#233;sent&#233; une synth&#232;se des d&#233;bats en cours qui tente de d&#233;passer les contradictions relev&#233;es ici.15 Rappelant que la Charte des principes d&#233;finit le FSM comme &#171; un espace qui met l'accent sur l'ouverture et la diversit&#233; et sur le refus de transformer le FSM en une organisation p&#233;renne &#187;, il constate cependant que cela &#171; n'interdit pas de soutenir des actions et de les promouvoir &#187;. Il sugg&#232;re donc d'explorer la possibilit&#233; de &#171; permettre des positionnements politiques et des propositions d'action &#224; partir du FSM et non pas au nom du FSM &#187;. Ce qui permettrait de rem&#233;dier au fait que &#171; Le FSM et le Conseil international n'ont pas facilit&#233; assez au cours des quatre derni&#232;res ann&#233;es les possibilit&#233;s d'action et de convergences &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compte tenu de la diversit&#233; des composantes du FSM, parler de convergences et d'action, c'est poser la question du rapport &#224; la politique. Ces questions reviendront sur le devant de la sc&#232;ne au prochain FSM qui a lieu &#224; Bel&#233;m au Br&#233;sil en janvier 2009 (avec, tr&#232;s probablement, des alternances ensuite en janvier de chaque ann&#233;e entre rassemblement mondial et &#171; journ&#233;es mondiales d'action &#187; d&#233;centralis&#233;es). Mais, dans les faits, il y aura tr&#232;s probablement &#8211; ce qui n'est pas d'ailleurs une nouveaut&#233; absolue &#8211; coexistence durable entre un courant &#171; altermondialiste &#187; routinis&#233; et qui s'en tiendra &#224; une lecture r&#233;ductrice de la Charte des principes, excluant les partis politiques et l'action avec eux ou avec les gouvernements, et un courant qui, sans se confondre avec un mouvement politique, continuera &#224; pr&#244;ner la n&#233;cessit&#233; de lier le social et le politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Louis Weber&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-1' id='nb3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] C'est le parti adopt&#233; par les auteurs de l'ouvrage : I. Sommier, O. Fillieule, &#201;. Agrikoliansky, G&#233;n&#233;alogie des mouvements altermondialistes en Europe. Une perspective compar&#233;e. &#201;d. Karthala, Paris, 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-2' id='nb3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] On pourra noter que les affrontements autour du label &#8211; anti ou altermondialisation et plus r&#233;cemment post-altermondialisme &#8211; n'existent gu&#232;re dans d'autres pays et d'autres langues. Effet du &#171; verbalisme &#187; relev&#233; dans l'&#233;ditorial de ce num&#233;ro ? Dans les textes cit&#233;s dans cet article, les auteurs parlent simplement de &#171; mouvement &#187;, ou alors de global justice movement, mais surtout du FSM comme projet ou comme institution. Le d&#233;bat porte alors plus concr&#232;tement sur le r&#244;le des forums aux divers niveaux, national, mondial, etc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-3' id='nb3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Ces associations allaient rapidement constituer un des principaux r&#233;seaux internationaux, les No Vox, avec les mouvements de &#171; Sans terre &#187; au Br&#233;sil et un peu partout dans le monde. Ce r&#233;seau allait jouer un r&#244;le central dans le succ&#232;s du Forum de Mumbai en 2004, le premier &#224; &#234;tre organis&#233; hors du Br&#233;sil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-4' id='nb3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Pour une analyse de ce ph&#233;nom&#232;ne et de ces &#233;volutions, voir : L. Weber, &#171; Apr&#232;s Mumbai, o&#249; va le Forum social mondial ? &#187;, &#201;cologie et politique, n&#176; 29, 2004, pp. 113-120. Peut &#234;tre consult&#233; sur : &lt;a href=&quot;http://www.ecologie-et-politique.info/IMG/pdf/29_Apres_Mumbai_ou_va_le_Forum_social_mondial.pdf&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ecologie-et-politique.in...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-5' id='nb3-5' class='spip_note' title='Notes 3-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] On ne traitera ici que des forums mondiaux. En Europe, le Forum social europ&#233;en (FSE) fonctionne certes sur le mod&#232;le pr&#233;conis&#233; par le Conseil international du FSM. Mais pour diff&#233;rentes raisons, notamment la force et l'anciennet&#233; des organisations qui en constituent le poumon, la n&#233;cessit&#233; aussi de disposer d'un lieu pour d&#233;battre des questions de la construction europ&#233;enne, les FSE occupent une place &#224; part dans le concert mondial des forums sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-6' id='nb3-6' class='spip_note' title='Notes 3-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] P. Piro, &#171; Le forum social se disperse &#187;, Politis, 17 janvier 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-7' id='nb3-7' class='spip_note' title='Notes 3-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Avec notamment, situation inhabituelle en Europe, une influence tr&#232;s forte des courants d'inspiration chr&#233;tienne, h&#233;ritiers de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration. Chico Whitaker, un des membres les plus actifs du Conseil international qui organise les forums sociaux, y repr&#233;sentait la Commission Justice et paix (CBJP), qui est un organe de la Conf&#233;rence nationale des &#233;v&#234;ques du Br&#233;sil (CNBB). Il a d&#233;missionn&#233; r&#233;cemment du Parti des travailleurs de Lula en raison de d&#233;saccords sur le contenu de sa politique et, surtout, sur les &#171; d&#233;rives &#187; &#233;thiques qui ont marqu&#233; sa pr&#233;sidence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-8' id='nb3-8' class='spip_note' title='Notes 3-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Adopt&#233;e d&#233;finitivement en juin 2002, pr&#232;s de 10 mois apr&#232;s le premier FSM. Voir : &lt;a href=&quot;http://www.forumsocialmundial.org.br/main.php?cd_language=3&amp;id_menu=4&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.forumsocialmundial.org.b...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-9' id='nb3-9' class='spip_note' title='Notes 3-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Ce terme est l'un de ceux qui sont les plus couramment utilis&#233;s dans les d&#233;bats sur l'altermondialisme. S'agit-il des mouvements sociaux ? Des mouvements citoyens ou civiques ? Que dire de la convergence des mouvements ? Du Forum comme &#171; mouvement des mouvements &#187; ? Dans le non-dit autour du &#171; mouvement &#187;, il y a souvent l'articulation entre forme et contenu. Les &#171; d&#233;clarations &#187;, adopt&#233;es par les mouvements sociaux qui se r&#233;unissent en marge des Forums pour les &#233;laborer (le Forum lui-m&#234;me n'adoptant pas de texte), se r&#233;duisent par exemple &#224; de longues listes d'actions pr&#233;vues dans divers pays avec un service minimum quant &#224; l'&#233;nonc&#233; des revendications formul&#233;es ou l'analyse du contexte de l'action. Comme si, pour les &#171; mouvementistes &#187;, l'action &#171; unissait &#187; et la formulation de la critique ou de la proposition divisait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-10' id='nb3-10' class='spip_note' title='Notes 3-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Voir : &lt;a href=&quot;http://www.zmag.org/znet/viewArticle/15474&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.zmag.org/znet/viewArticl...&lt;/a&gt;. Walden Bello est membre du Conseil international du FSM. Il enseigne la sociologie &#224; l'universit&#233; des Philippines. Il anime Focus on the global South, un institut de recherches de Bangkok qui m&#232;ne des travaux sur le lib&#233;ralisme. Cet institut vient d'ouvrir un d&#233;bat sur l'avenir des forums sociaux sur son site (&lt;a href=&quot;http://www.focusweb.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.focusweb.org/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-11' id='nb3-11' class='spip_note' title='Notes 3-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Texte disponible sur le site de l'Institut Cacim : &lt;a href=&quot;http://www.cacim.net/twiki/tiki-index.php?page=CACIMHome&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.cacim.net/twiki/tiki-ind...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-12' id='nb3-12' class='spip_note' title='Notes 3-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] C. Whitaker, &#171; Answering Cacim's call for an WSF evaluation &#187;, &lt;a href=&quot;http://www.focusweb.org/answering-cacim-s-call-for-an-wsf-evaluation.html?Itemid=95&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.focusweb.org/answering-c...&lt;/a&gt;, 21 janvier 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-13' id='nb3-13' class='spip_note' title='Notes 3-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] On retrouve cette conception en France dans une organisation comme Attac et, plus g&#233;n&#233;ralement, dans les &#171; nouveaux mouvements &#187;, o&#249; elle est parfois d&#233;nonc&#233;e comme source possible de manipulation. Dans le cas br&#233;silien, il serait int&#233;ressant, m&#234;me si cela d&#233;passe largement le cadre de cet article, d'&#233;tudier de plus pr&#232;s en quoi elle traduit les pratiques et l'exp&#233;rimentation sociales, toujours tr&#232;s dynamiques dans ce pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-14' id='nb3-14' class='spip_note' title='Notes 3-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] E. Sader, &#171; Et maintenant &#187;, intervention faite au cours d'un colloque sur le th&#232;me Altermondialisme et post-altermondialisme, Paris, 26 janvier 2008. Voir : &lt;a href=&quot;http://www.medelu.org/spip.php?rubrique17&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.medelu.org/spip.php?rubr...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pour une gauche de gauche, diagnostics pour agir (S/A n&#176;3)</title>
		<link>http://www.savoir-agir.org/Pour-une-gauche-de-gauche.html</link>
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		<dc:date>2008-02-29T23:30:00Z</dc:date>
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		<description>La question de l'avenir de la gauche de la gauche, ou plut&#244;t de son incapacit&#233; au moins temporaire &#224; transformer le refus du lib&#233;ralisme en capital &#233;lectoral, ne concerne pas seulement les militants politiques ou le mouvement social. Elle peut &#234;tre aussi objet de recherche et de d&#233;bats entre chercheurs. C'est ce que l'association Raisons d'agir a tent&#233; de concr&#233;tiser avec un colloque sur le th&#232;me Pour une gauche de gauche, diagnostics pour agir les 14 et 15 d&#233;cembre derniers. Le colloque fera l'objet (...)

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&lt;a href="http://www.savoir-agir.org/-Chronique-de-la-gauche-de-la-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la gauche de la gauche&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question de l'avenir de la gauche de la gauche, ou plut&#244;t de son incapacit&#233; au moins temporaire &#224; transformer le refus du lib&#233;ralisme en capital &#233;lectoral, ne concerne pas seulement les militants politiques ou le mouvement social. Elle peut &#234;tre aussi objet de recherche et de d&#233;bats entre chercheurs. C'est ce que l'association Raisons d'agir a tent&#233; de concr&#233;tiser avec un colloque sur le th&#232;me Pour une gauche de gauche, diagnostics pour agir les 14 et 15 d&#233;cembre derniers. Le colloque fera l'objet tr&#232;s prochainement d'une publication aux &#233;ditions du Croquant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_15 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/3-GG.pdf&quot; title='PDF - 109.8 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='http://www.savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 109.8 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Pour une gauche de gauche&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Comme l'ont rappel&#233; les organisateurs, l'objectif n'&#233;tait &#233;videmment pas de proposer une lecture scientifique de l'histoire r&#233;cente et de l'&#233;chec de la tentative de pr&#233;senter une candidature commune antilib&#233;rale &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Dans cet esprit, il ne pouvait &#234;tre question d'affirmer que l'av&#232;nement d'une gauche de gauche unifi&#233;e &#233;tait in&#233;luctable et qu'il y avait simplement eu quelques accidents de parcours. Ni &#224; l'inverse, qu'une sorte de n&#233;cessit&#233; historique aurait conduit &#224; la situation d'&#233;chec actuelle. L'objectif &#233;tait plus modeste : mobiliser des expertises m&#234;me partielles et des savoirs accumul&#233;s pour tenter de rep&#233;rer des d&#233;terminismes, des syst&#232;mes de contrainte et des jeux d'acteurs, s'agissant par exemple des relations entre les partis et le mouvement social, ou entre les partis eux-m&#234;mes. L'histoire de ces relations reste &#233;videmment ouverte. En t&#233;moigne le fait que, malgr&#233; les d&#233;sillusions et les conflits, des collectifs continuent &#224; fonctionner et &#224; tenter de peser dans le champ politique. Les partis ou groupes politiques se reconnaissant dans la gauche antilib&#233;rale n'ont pas disparu de la circulation, malgr&#233; le traumatisme de la d&#233;faite. La contribution d'un tel colloque vise donc d'abord &#224; contribuer, du point de vue de la recherche, &#224; susciter une plus grande lucidit&#233; chez les acteurs et davantage de rationalit&#233; dans les d&#233;bats. Dans la p&#233;riode r&#233;cente, le caract&#232;re tr&#232;s passionnel des engagements individuels, mais aussi les attentes &#233;taient tr&#232;s fortes, ont fait que cette rationalit&#233; a parfois fait d&#233;faut. Mais loin de pr&#233;tendre donner des le&#231;ons dans ce domaine, les intervenants voudraient seulement stimuler un effort de r&#233;flexion collective. Et ceci en &#233;tant tout &#224; fait conscients du fait que le point de vue du chercheur peut aussi v&#233;hiculer un point de vue politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces objectifs &#233;taient rassembl&#233;s dans le texte d'invitation au colloque : &#171; &lt;i&gt;Le rapport des forces politiques issu des derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles n'est pas une fatalit&#233;. Les victoires remport&#233;es par la gauche de gauche, sur la sc&#232;ne &#233;lectorale en 2005, comme dans l'ar&#232;ne sociale en 2006, ne sauraient &#234;tre r&#233;duites &#224; quelques soubresauts irrationnels et sans lendemain. Pour autant, il reste &#224; comprendre ce qui s'est jou&#233; au cours des derni&#232;res ann&#233;es dans les rapports entre champ social et champ politique, et dans la politique elle-m&#234;me. Ce colloque entend apporter sa contribution &#224; une telle analyse. En mobilisant les r&#233;sultats de recherches r&#233;alis&#233;es sur toute une s&#233;rie de terrains compl&#233;mentaires, il s'agira en particulier de saisir le contexte dans lequel a &#233;merg&#233; le projet d'un rassemblement de la gauche &#171; anti-lib&#233;rale &#187;, la configuration des forces politiques concern&#233;es et les obstacles rencontr&#233;s dans la formation d'un tel rassemblement. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cours d'une premi&#232;re s&#233;quence, Du mouvement social &#224; la constitution d'un espace &#224; la gauche de la gauche, les intervenants ont essay&#233; de montrer en quoi les luttes sociales de la d&#233;cennie 1990 ont pr&#233;par&#233; le terrain &#224; l'id&#233;e de rassembler les forces engag&#233;es dans la contestation des politiques n&#233;o-lib&#233;rales. Il s'agit bien s&#251;r du mouvement de 1995 mais aussi des premi&#232;res manifestations, en France tout au moins, contre les modalit&#233;s de mise en &#339;uvre de ces politiques dans le cadre de la mondialisation, qui allaient jeter les bases du mouvement altermondialiste. En m&#234;me temps, l'exp&#233;rience de ces luttes a mis en lumi&#232;re l'incapacit&#233; des partis politiques et, dans une moindre mesure, du mouvement syndical, &#224; se saisir des questions nouvelles que ces &#233;volutions posaient au mouvement social dans son ensemble. Ce qui a renforc&#233; le discr&#233;dit du politique, d&#233;j&#224; largement engag&#233; apr&#232;s les d&#233;sillusions des gouvernements de gauche, et pos&#233; de fa&#231;on renouvel&#233;e la question des rapports du mouvement social avec le champ politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'objet de la s&#233;quence suivante, Les nouvelles r&#232;gles du champ politique, &#233;tait d'&#233;largir la r&#233;flexion aux aspects plus g&#233;n&#233;raux du fonctionnement du champ politique fran&#231;ais aujourd'hui. Il &#233;tait int&#233;ressant en effet d'&#233;tudier de plus pr&#232;s les liens entre les difficult&#233;s de la gauche antilib&#233;rale de se rassembler dans un front commun et les normes et r&#232;gles du jeu du champ politique. Celles-ci changent d'ailleurs en m&#234;me temps que se transforment les formes d'action politique et la production des discours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, la troisi&#232;me s&#233;quence, Des traditions politiques en mal de red&#233;finition, a &#233;t&#233; l'occasion de d&#233;battre des contours de la gauche de gauche et de ses rapports avec la gauche institutionnelle, notamment dans l'hypoth&#232;se d'une possible exp&#233;rience du pouvoir politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'est pas question dans ce bref article de rendre compte de d&#233;bats qui ont &#233;t&#233; extr&#234;mement riches, avec, diversit&#233; des participants aidant, quelques sujets de discussion qui, m&#234;me s'ils ont &#233;t&#233; trait&#233;s de mani&#232;re sp&#233;cifique, entre chercheurs, renvoient &#224; des d&#233;bats plus larges au sein du mouvement social. On se contentera ici de rapporter bri&#232;vement quelques-unes de ces questions, qui seront, parmi beaucoup d'autres, plus largement d&#233;velopp&#233;es dans les actes du colloque.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Existe-t-il un champ de la gauche antilib&#233;rale ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le vocabulaire n'est pas encore tout &#224; fait fix&#233;. Gauche de gauche ? Gauche de la gauche ? Gauche radicale ? Gauche critique ? Gauche antilib&#233;rale ? En Allemagne, la question semble avoir &#233;t&#233; r&#233;gl&#233;e. La gauche radicale s'appelle tout simplement la gauche (Die Linke). Il n'y a pas de comp&#233;tition symbolique pour le label, ce qui veut dire que la &#171; gauche traditionnelle &#187;, c'est-&#224;-dire le parti social-d&#233;mocrate, se consid&#232;re comme un parti du centre. En France, l'h&#233;sitation sur le label traduit probablement le fait que, dans l'hypoth&#232;se la plus optimiste, le champ politique de la gauche antilib&#233;rale est seulement en construction. Il a d'ailleurs &#233;t&#233; rappel&#233; &#224; ce propos au cours du colloque, que le texte &#233;labor&#233; au sein de Raisons d'agir en 1998 sous le titre Pour une gauche de gauche ne se voulait pas un &#171; message r&#233;volutionnaire &#187; mais un rappel &#224; l'ordre au &#171; quatuor Jospin, Chev&#232;nement, Hue, Voynet &#187; pour qu'ils cessent &#171; d'appliquer les politiques de leurs adversaires et [de prendre] leurs &#233;lecteurs pour des idiots amn&#233;siques &#187;. Ce que Pierre Bourdieu explicitera quelques mois plus tard dans une interview &#224; T&#233;l&#233;rama : &#171; Nous avons parl&#233; d'une &quot;gauche de gauche&quot; (et non de la gauche), c'est-&#224;-dire, tout simplement, d'une gauche vraiment de gauche, d'une gauche vraiment respectueuse des promesses qu'elle a faites pour obtenir les suffrages des &#233;lecteurs de gauche &#8211; en mati&#232;re de droits accord&#233;s aux &#233;trangers ou aux homosexuels, par exemple. Parler de &quot;gauche de la gauche&quot;, comme l'ont fait spontan&#233;ment les journalistes, c'est transformer une intervention presque banale &#8211; n'est-il pas normal, de la part des &#233;lecteurs, de rappeler les &#233;lus &#224; leurs engagements ? &#8211; en prise de position radicale, extr&#233;miste, facile &#224; condamner. De l&#224; &#224; inventer que des chercheurs, dont ce n'est pas le m&#233;tier, vont s'engager dans la lutte politique, il n'y a qu'un pas. &#187; Ce qui montre bien que la question des appellations est un objet de luttes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, ce sont les forces sociales &#8211; partis, syndicats, mouvements sociaux &#8211; qui ne se reconnaissent pas (ou plus) dans le champ de la gauche traditionnelle, et non pas les chercheurs, qui ont repris le label. Elles l'ont fait en h&#233;sitant entre ses variantes, ce qui traduit sans doute la diversit&#233; des exp&#233;riences et des r&#233;f&#233;rences existant dans le mouvement lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la gauche de gauche existe, a-t-elle pour autant un &#233;lectorat ? Cette question a rebondi sous des formes diverses au cours du colloque. La campagne &#224; propos du projet de trait&#233; constitutionnel europ&#233;en et surtout le r&#233;sultat du vote ont pu faire croire qu'il existait une opinion antilib&#233;rale. &#192; partir de sondages et d'&#233;tudes diverses, l'id&#233;e qu'elle pouvait &#234;tre majoritaire &#224; gauche a &#233;t&#233; dominante dans les mois qui ont suivi le r&#233;f&#233;rendum. Cela aurait pu inciter la gauche radicale &#224; se rassembler. C'est le contraire qui s'est produit, montrant d'une part que ce &#171; champ en construction &#187; &#233;tait le si&#232;ge d'une concurrence interne tr&#232;s forte et d'autre part que les porte-parole de la gauche de gauche reproduisaient d'une certaine fa&#231;on ce qu'ils reprochaient aux partis traditionnels.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Champ politique, espace des mouvements sociaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une th&#232;se couramment d&#233;velopp&#233;e au sein des &#171; mouvements sociaux &#187; est celle de l'autonomie par rapport au champ politique. Elle peut prendre deux formes distinctes. On peut consid&#233;rer cette autonomie comme allant de soi et n&#233;cessaire par principe. Des courants anciens aussi divers que les courants anarcho-syndicalistes ou les courants chr&#233;tiens tiennent &#224; cette position. On peut aussi s'accommoder de l'autonomie, apr&#232;s avoir jug&#233; les partis incapables, tout au moins dans la p&#233;riode actuelle, d'&#233;laborer des projets alternatifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette aspiration &#224; l'autonomie postule l'existence d'un espace des mouvements sociaux qui serait &#224; la fois proche du champ politique mais distinct. Ce qui se traduirait moins par des visions diff&#233;rentes du monde social, ni m&#234;me de sa transformation, mais par une divergence de vue sur les modalit&#233;s et les r&#232;gles du jeu pour y parvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette th&#232;se s'appuie sur une analyse d'un processus en cours depuis 1968, date &#224; laquelle on peut noter une premi&#232;re &#233;tape dans cette marche &#224; l'autonomie. &#192; l'&#233;poque, la dimension contre-culture &#233;tait tr&#232;s pr&#233;sente. Elle s'estompera au d&#233;but des ann&#233;es 1990 au b&#233;n&#233;fice des enjeux sociaux autour du th&#232;me g&#233;n&#233;ral de la pr&#233;carit&#233;. Le mouvement des &#171; sans &#187; se d&#233;veloppera en effet &#224; peu pr&#232;s compl&#232;tement en dehors des partis politiques. Le succ&#232;s m&#234;me partiel des gr&#232;ves de l'automne 1995 renforcera l'id&#233;e que le mouvement social peut gagner sans le soutien des partis politiques. Le mouvement altermondialiste a repris cette conviction &#224; son compte. Il faut ajouter que ces mouvements ont d'embl&#233;e b&#233;n&#233;fici&#233; d'une forte implication intellectuelle, qui leur a permis notamment d'&#233;laborer de fa&#231;on autonome les contre-argumentaires qui ont permis de nourrir la campagne du r&#233;f&#233;rendum, y compris celle des partis politiques. Ce qui renforce l'id&#233;e que l'on peut se passer de ceux-ci.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; cette th&#232;se, on peut en opposer une autre : les mouvements sociaux sont en r&#233;alit&#233; une des composantes d'un champ politique de la gauche de gauche dans lequel on retrouve les partis politiques de la gauche antilib&#233;rale (avec les enjeux li&#233;s &#224; la question des fronti&#232;res du champ, d&#233;j&#224; signal&#233;s), une partie du mouvement syndical, les mouvements sociaux et les intellectuels critiques. Dans cette hypoth&#232;se, la question qui est pos&#233;e est celle d'un travail d'unification politique. C'est ce travail qui a sans doute manqu&#233; parce qu'il a &#233;t&#233; admis trop vite que la majorit&#233; rassembl&#233;e contre le projet de trait&#233; constitutionnel pouvait constituer, au moins pour partie, un &#233;lectorat antilib&#233;ral. Ce travail politique devrait s'attacher &#224; la construction sociologique et la mise en forme politique d'une vision antilib&#233;rale du monde, faisant du rassemblement des classes populaires une id&#233;e-force. Les mouvements sociaux auraient vocation &#224; s'y int&#233;grer et &#224; participer &#224; l'&#233;laboration d'un programme politique r&#233;aliste, opposable &#224; ceux de la droite et du parti socialiste.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Co&#251;ts et avantages d'une campagne &#233;lectorale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On devine qu'il n'y a aucune commune mesure entre les budgets des divers candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle (ou des partis politiques aux autres &#233;lections). Il est m&#234;me &#233;tabli que le capital &#233;lectoral, c'est-&#224;-dire les r&#233;sultats num&#233;riques obtenus, est index&#233; sur le capital mon&#233;taire, c'est-&#224;-dire l'argent investi dans les campagnes. Aux &#201;tats-unis, des recherches ont montr&#233; que cette r&#232;gle &#233;tait v&#233;rifi&#233;e dans 97% des cas, sur une p&#233;riode de trente ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment expliquer alors la multiplicit&#233; des candidats &#224; gauche de la gauche, alors que les fa&#231;ons de lire le monde social sont tr&#232;s semblables et les diff&#233;rends id&#233;ologiques et programmatiques par cons&#233;quent tr&#232;s faibles ? On peut avoir l'impression, au vu de la d&#233;b&#226;cle de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, qu'on a atteint le degr&#233; z&#233;ro de la rationalit&#233; tant les &#171; co&#251;ts &#187; (le discr&#233;dit &#224; travers les faibles r&#233;sultats, moins de 9% pour la totalit&#233; des candidats antilib&#233;raux, la division finale) l'emportent sur les &#171; avantages &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une des explications possibles est peut-&#234;tre dans l'&#233;conomie. Pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, les dispositions pour le remboursement des campagnes sont en effet plut&#244;t favorables, m&#234;me pour les candidats ayant eu moins de 5% des suffrages. Plusieurs candidats antilib&#233;raux sont ainsi rentr&#233;s dans leurs frais (mon&#233;taires). Pour les l&#233;gislatives, il suffit d'obtenir 1% des voix dans cinquante circonscriptions pour b&#233;n&#233;ficier ensuite d'une aide financi&#232;re pendant cinq ans. Quand on sait que la part des cotisations des membres dans le budget des partis est inf&#233;rieure &#224; 30% et descend jusqu'&#224; 9% pour le parti communiste, on comprend l'importance de ce financement public qui, en moyenne, constitue 46% des recettes des partis. Pr&#233;senter des candidats aux l&#233;gislatives permet donc de financer en grande partie les activit&#233;s et les permanents des partis, m&#234;me en l'absence d'&#233;lus. Pour ceux qui en ont, les perdre peut mettre l'organisation en p&#233;ril. Ce qui permet peut-&#234;tre de mieux expliquer certaines strat&#233;gies et alliances &#233;lectorales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Variations sur la &#171; force nouvelle &#187; (S/A, n&#176;2)</title>
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		<description>La mainmise de Nicolas Sarkozy sur l'agenda politique a &#233;t&#233; &#224; peu pr&#232;s totale au cours de cet automne. Et cela malgr&#233; un contexte o&#249; la mobilisation a retrouv&#233; des couleurs apr&#232;s le choc de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Les gr&#232;ves pour les r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite, les mouvements dans la fonction publique, de m&#234;me que celui des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens contrastent avec l'atonie d'une grande partie de la gauche. Ce qui n'aide &#233;videmment pas ! Si l'on en croit les sondages, le soutien de l'opinion publique a (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mainmise de Nicolas Sarkozy sur l'agenda politique a &#233;t&#233; &#224; peu pr&#232;s totale au cours de cet automne. Et cela malgr&#233; un contexte o&#249; la mobilisation a retrouv&#233; des couleurs apr&#232;s le choc de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Les gr&#232;ves pour les r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite, les mouvements dans la fonction publique, de m&#234;me que celui des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens contrastent avec l'atonie d'une grande partie de la gauche. Ce qui n'aide &#233;videmment pas ! Si l'on en croit les sondages, le soutien de l'opinion publique a fait d&#233;faut aux gr&#233;vistes, contrairement &#224; ce qui s'est pass&#233; en 1995 [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='footnote' title='&#192; cette &#233;poque, les salari&#233;s des services publics sont devenus les (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;], ou plus r&#233;cemment pour le mouvement contre le CPE. M&#234;me si les n&#233;gociations sur les compensations promises et le calendrier des mesures vont contraindre le gouvernement et les entreprises de transport &#224; l&#226;cher un peu de lest, il n'en reste pas moins que le pr&#233;sident de la R&#233;publique, par ailleurs en baisse continue dans les sondages, peut d'ores et d&#233;j&#224; se targuer d'avoir tenu bon !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si on peut esp&#233;rer que les mobilisations r&#233;centes vont redonner un peu de tonus &#224; la dynamique politique &#224; gauche, celle-ci reste l'Arl&#233;sienne de la p&#233;riode. La tentative du PS, annonc&#233;e par Fran&#231;ois Hollande fin ao&#251;t &#224; La Rochelle, de relancer l'ancienne gauche plurielle &#8211; les &#171; gu&#233;varistes &#187; d'Olivier Besancenot &#233;taient en effet exclus &#8211; risque de faire long feu. Comment en effet &#171; apprendre &#224; travailler ensemble pour s'opposer en proposant &#187;, selon les termes de St&#233;phane Le Foll, lorsque les positions en pr&#233;sence sont aussi profond&#233;ment divergentes sur une question d'actualit&#233; comme les revendications des cheminots ? Le parti communiste pense en effet, comme les gr&#233;vistes, qu'il ne faut rien l&#226;cher, l'objectif restant de revenir &#224; 37 annuit&#233;s et demie de cotisation pour tous, alors que le parti socialiste est d'accord sur le fond avec le gouvernement sur ce point et ne conteste que la m&#233;thode retenue. &#192; en croire &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Lib&#233;ration, 13 novembre 2007.' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;], les radicaux de gauche sont tr&#232;s loin de leurs partenaires du jour puisque leur pr&#233;sident a &#171; du mal &#224; trouver des convergences entre nous, m&#234;me en y mettant beaucoup de volont&#233; &#187; et discute en m&#234;me temps avec le Parti radical valoisien de Jean-Louis Borloo. Les Verts participent &#224; ces rencontres, alors que C&#233;cile Duflot, leur secr&#233;taire nationale, parle de la &#171; gauche du n&#233;ant &#187;, &#171; un champ de ruines &#187; selon elle, &#171; incapable de proposer un mod&#232;le alternatif pendant la campagne &#187; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='footnote' title='D&#233;claration devant le Conseil national interr&#233;gional (CNIR) des Verts, &#224; St (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le parti socialiste est rest&#233; &#224; peu pr&#232;s silencieux sur les conflits sociaux, de l'aveu m&#234;me de certains de ses dirigeants. &#171; Qu'est-ce qu'ils foutent, les mecs du PS ? C'est nous, l'opposition &#187;, peut ainsi dire Josiane Balasko &#224; propos des sans-logis qui occupent les trottoirs de la rue de la banque, sans risque d'&#234;tre s&#233;rieusement contredite. Ce qui fait le bonheur d'Olivier Besancenot dans les sondages, &#224; en croire Beno&#238;t Hamon : &#171; C'est moins le discours de l'extr&#234;me gauche qui s&#233;duit que l'image des socialistes, qui donnent le sentiment d'h&#233;siter sur tout, qui nous fait du tort [&lt;a href='#nb4-4' class='spip_note' rel='footnote' title='ean-Michel Normand, &#171; Recentr&#233; et d&#233;sorganis&#233;, le PS est jug&#233; &quot;inaudible&quot; &#187;, Le (...)' id='nh4-4'&gt;4&lt;/a&gt;] &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce contexte, que dit la gauche de la gauche ? En ouvrant le 24 novembre un forum de &#171; Maintenant la gauche &#187;, Claude Debons fait &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me constat &#224; son propos : &#171; Quant &#224; la gauche de la gauche, dispers&#233;e, elle est inaudible ; et le seul arbre un peu plus vert (Besancenot) ne saurait cacher la d&#233;solation d'ensemble ni, surtout, incarner seul une alternative politique capable d'articuler lutte et responsabilit&#233; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un article du pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro de &lt;i&gt;Savoir/Agir&lt;/i&gt; [&lt;a href='#nb4-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Louis Weber, &#171; Un champ de ruines. Reconstruire mais comment. &#187;, Savoir/Agir, (...)' id='nh4-5'&gt;5&lt;/a&gt;], nous avons essay&#233; de voir comment les principaux acteurs du mouvement social analysaient les recompositions politiques n&#233;cessaires selon eux apr&#232;s la d&#233;faite &#233;lectorale. Deux livres parus &#224; cette rentr&#233;e rendent compte de d&#233;bats au sein des partis politiques, la gauche du Parti socialiste d'une part avec En qu&#234;te de gauche de Jean-Luc M&#233;lenchon [&lt;a href='#nb4-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Jean-Luc M&#233;lenchon, En qu&#234;te de gauche, Paris, &#233;d. Balland, 2007.' id='nh4-6'&gt;6&lt;/a&gt;], d&#233;sign&#233; dans la suite de cet article par JLM, le Parti communiste avec Communisme, l'avenir d'une esp&#233;rance de Patrice Cohen-Seat [&lt;a href='#nb4-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Patrice Cohen-Seat, Communisme, l'avenir d'une esp&#233;rance, Paris, Calmann-L&#233;vy, (...)' id='nh4-7'&gt;7&lt;/a&gt;], d&#233;sign&#233; par PCS, d'autre part.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Jean-Luc M&#233;lenchon, l'&#233;volution r&#233;cente du PS n'est pas le r&#233;sultat de mauvaises d&#233;cisions dans le choix des candidatures ou l'insuffisance de la r&#233;flexion collective au sein du parti. Pour lui, le Premier secr&#233;taire actuel a &#171; surgi par le fait du prince au hasard d'une circonstance aussi improbable que la dissolution de 1997 &#187;. Il a conduit au sein du PS &#171; une aventure id&#233;ologique et programmatique en rupture avec l'histoire et la philosophie de base du socialisme historique &#187;. Dans cette optique, S&#233;gol&#232;ne Royal ne repr&#233;sente pas une orientation diff&#233;rente, elle exprime simplement de mani&#232;re plus crue ce que Fran&#231;ois Hollande et son entourage instillent &#224; dose hom&#233;opathique depuis dix ans. Comment s'&#233;tonner alors qu'au sein du PS, &#171; la r&#233;f&#233;rence &#224; la social-d&#233;mocratie fonctionne davantage comme un rituel magique que comme une pens&#233;e politique concr&#232;te &#187; ? (JLM, p.23).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'agissant des origines du processus de d&#233;passement de la gauche traditionnelle, M&#233;lenchon retient moins les figures tut&#233;laires habituellement invoqu&#233;es pour illustrer la &#171; troisi&#232;me voie &#187; en Europe &#8211; Tony Blair et Gerhard Schr&#246;der &#8211; , que les New Democrats tels qu'ils sont apparus avec Bill Clinton &#224; la convention d&#233;mocrate de New York d&#232;s 1992. Le New s'oppose alors au Past ou au Old dans la terminologie anglo-saxonne telle que la v&#233;hiculent les dirigeants du Democratic Leadership Council.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour M&#233;lenchon, le principe qui structure la pens&#233;e politique de ce courant &#171; n&#233;o-progressiste &#187;, c'est le d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat social, preuve que &#171; la politique progressiste s'est lib&#233;r&#233;e des comportements archa&#239;ques &#187;. Il est donc &#171; en qu&#234;te de gauche &#187; comme le dit le titre du livre. Car la &#171; gauche peut dispara&#238;tre &#187; au profit d'une &#171; alternance molle &#224; l'am&#233;ricaine entre deux courants qui partagent 90% de valeurs et d'id&#233;es communes &#187;. Le paradoxe, c'est que l'id&#233;e d'une &#171; force nouvelle &#187; est largement partag&#233;e aujourd'hui au PS. Mais celles et ceux qui tiennent ce discours, y compris aujourd'hui Fran&#231;ois Hollande, ne veulent pas tous la m&#234;me chose. Beaucoup d'entre eux utilisent en fait un vocabulaire plus ou moins distinct pour d&#233;signer la m&#234;me orientation sur le fond : &#171; faire cause commune avec le centre &#187;. Alors que le courant de Jean-Luc M&#233;lenchon veut renouer avec trois fondamentaux : &#171; L'id&#233;e socialiste, celle d'une transformation des normes d'organisation de la soci&#233;t&#233; et de r&#233;partition de la richesse ; [...] l'id&#233;e r&#233;publicaine d'un espace public pr&#233;&#233;minent sur les espaces priv&#233;s et celle d'une loi s'appliquant &#224; tous apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e par tous ; [...] une vision de l'&#233;mancipation de l'&#234;tre humain dans l'accomplissement de ses droits universels plut&#244;t que dans la culture de ses diff&#233;rences &#187; (JLM, p.230). L'association Pour la R&#233;publique sociale (PRS), dont l'auteur est le principal animateur, avait d'ailleurs pour objet, &#224; l'origine, de &#171; d&#233;finir ce qu'&#233;tait l'horizon de l'action socialiste &#187;, pour contrebalancer la perte de sens subie par le mot socialisme. Ce qui passe par une &#171; red&#233;finition th&#233;orique du lien entre le socialisme et la R&#233;publique, une nouvelle analyse de l'articulation entre le collectif et l'individuel, autour du th&#232;me de l'&#233;mancipation &#187;. Ce qui revenait, dans la tradition de l'&#233;ducation populaire, &#224; donner une place &#233;minente &#224; la dimension culturelle de la politique et &#224; l'&#233;lucidation des m&#233;canismes de production de l'id&#233;ologie dominante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; L'autre gauche &#187; dont parle M&#233;lenchon est donc ce qui s'oppose &#224; la d&#233;rive centriste, &#224; l'italienne par r&#233;f&#233;rence au processus qui a conduit &#224; d&#233;signer Romano Prodi comme leader d'une coalition entre la gauche et le centre. Mais il ne s'agit cependant pas de th&#233;oriser, comme le fait la LCR, l'existence de deux gauches incompatibles et irr&#233;conciliables. La diversit&#233; est en effet une r&#233;alit&#233;, dont t&#233;moignent des programmes qui peuvent &#234;tre, sur certains points, tr&#232;s &#233;loign&#233;s les uns des autres. Mais, il y a en m&#234;me temps, la &#171; n&#233;cessit&#233; de se rassembler &#187;, &#171; l'obligation de parvenir &#224; une action commune &#224; tous les niveaux, de la base au sommet, de la lutte &#224; l'exercice du pouvoir &#187; (JLM, p.233). Seulement, les d&#233;chirements autour de la candidature unique de la gauche de gauche &#224; la pr&#233;sidentielle et la d&#233;fection de la LCR, ont conduit &#224; &#171; une bataille entre des grains de poussi&#232;re &#187;. Et, &#171; quand &#8220;l'autre gauche&#8221; est r&#233;duite &#224; l'&#233;tat de poussi&#232;re, la direction du PS se sent fond&#233;e &#224; dire qu'elle n'a pas d'appuis &#224; sa gauche et qu'elle doit donc chercher des compl&#233;ments &#224; sa droite, dans le centre &#187; (JLM, p.274)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;e d'une &#171; force nouvelle &#187; est donc formul&#233;e par PRS d&#232;s le mois de d&#233;cembre 2006, &#224; la r&#233;union des collectifs antilib&#233;raux de Saint Ouen, pour &#171; lier la question de la candidature commune &#224; celle de la construction d'une force nouvelle &#187;. La r&#233;ussite, en Allemagne, de Die Linke, est venue conforter l'id&#233;e d'une telle d&#233;marche. Comme ne pas croire en effet &#224; la possibilit&#233;, en France, d'un processus qui a r&#233;ussi outre-Rhin avec &#171; Oskar Lafontaine, une des figures les plus classiques du mouvement social-d&#233;mocrate allemand &#187; ? D'autant que la cr&#233;ation du nouveau parti r&#233;sulte de la fusion en une formation unique de socialistes dissidents, de communistes et de militants de la soci&#233;t&#233; civile, &#233;cologistes et altermondialistes, c'est-&#224;-dire d'une configuration comparable &#224; ce qu'est la &#171; gauche de gauche &#187; aujourd'hui en France mais aussi dans d'autres pays comme l'Italie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#233;lenchon r&#233;cuse &#233;videmment l'id&#233;e qu'il pourrait y avoir un mod&#232;le. Pour lui, la force nouvelle doit &#171; &#234;tre le fruit d'une synth&#232;se honn&#234;te, respectueuse des histoires de chacun, constituant l'aboutissement d'un d&#233;bat r&#233;el et d'une conviction v&#233;ritable &#187;. Cette force nouvelle doit &#171; s'adresser &#224; toute la gauche (en faisant) toute sa place, dans ses orientations comme dans ses structures, aux militants de la gauche qui ne se reconnaissent dans aucune organisation politique, aux militants &#233;cologistes, aux apports des mouvements altermondialiste, f&#233;ministe, antiraciste, aux syndicalistes, aux intellectuels, aux militants de la culture &#187;. Vaste programme !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle doit travailler selon quatre axes : &#171; &#202;tre une force de gauche. Et seulement de gauche &#187; ; viser la &#171; reconqu&#234;te d'une h&#233;g&#233;monie culturelle face &#224; l'id&#233;ologie dominante du capitalisme &#187; ; &#171; elle devra avoir une vocation majoritaire et gouvernementale &#187; ; elle doit &#171; &#234;tre unitaire [...] un facteur de regroupement de la gauche des ruptures aujourd'hui dispers&#233;e [...] contribuer aussi &#224; l'union des gauches, de toutes les gauches [...] &#187; (JLM, p.307-308). Cette insistance sur le rassemblement de &#171; toutes les gauches &#187; est ici un marqueur pour distinguer la &#171; force nouvelle &#187; de la &#171; gauche 100% &#224; gauche &#187; qu'O. Besancenot appelle de ses v&#339;ux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le propos de Patrice Cohen-Seat est plus complexe : il est l'un des principaux dirigeants du PCF, il a &#233;t&#233; le porte-parole de la candidate communiste et il s'adresse d'abord aux militants de son parti s&#233;rieusement bouscul&#233;s par les maigres 1,93% des voix obtenus par Marie-George Buffet &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Il a &#233;t&#233; au centre des d&#233;bats des collectifs unitaires autour de la question de la candidature commune et veut tirer les enseignements de la situation actuelle &#224; gauche de la gauche. Ce qui lui fait proposer du neuf lui aussi. Mais comme il part de &#171; l'&#233;vidence &#187; qu'il faut une organisation (PCS, p.203), il en arrive tout naturellement &#224; formuler d'embl&#233;e la question en ces termes : &#171; quelle &#8220;organisation&#8221; politique ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Patrice Cohen-Seat ne cherche pas &#224; contester les fondamentaux du parti communiste : la lutte des classes n'est pas une &#171; vieillerie &#187;, m&#234;me si elle &#171; n'a plus, moins encore sous nos latitudes, les formes sp&#233;cifiques qui furent celles des d&#233;buts de l'industrialisation &#187; (PCS, p.26). Le combat, donc, continuera, m&#234;me si, &#171; aujourd'hui, l'esp&#233;rance d'&#233;mancipation humaine que porte le communisme para&#238;t tr&#232;s compromise &#187;. Car, la &#171; sanction bouleversante &#187; qu'a repr&#233;sent&#233;e l'&#233;chec &#233;lectoral &#171; montre quel &#233;norme foss&#233; [le parti qui entend porter cette ambition] a laiss&#233; se creuser entre lui et notre peuple &#187;. Il n'est nullement question donc d'abandonner le &#171; communisme &#187;, m&#234;me si le sort r&#233;serv&#233; au mot qui le d&#233;signe peut &#234;tre diff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La critique de la politique men&#233;e par le parti communiste est s&#233;v&#232;re. Elle remonte aux origines, &#224; l'&#233;poque o&#249; la &#171; strat&#233;gie du PCF &#233;tait celle de l'Internationale communiste &#187;. Le parti a su &#224; cette &#233;poque &#233;chapper aux tentations d'isolement sectaire pour privil&#233;gier les d&#233;marches de rassemblement politique. Mais &#224; force de &#171; pousser les feux &#187; d'une r&#233;p&#233;tition des &#233;pisodes glorieux qui vont du Front populaire jusqu'au Programme commun, il fallut bien faire le constat qu'&#224; partir de 1981, &#171; rien ne se passa [plus] comme pr&#233;vu &#187; (PCS, p.42). &#192; partir de 1974, des signes montrent que le parti communiste cessait d&#233;finitivement &#171; d'&#234;tre en t&#234;te d'un grand rassemblement de gauche &#187;. La place allait dor&#233;navant &#234;tre occup&#233;e par le PS, r&#233;alisant ainsi une pr&#233;diction ancienne de Fran&#231;ois Mitterrand. Vint alors le &#171; temps des zigzags &#187;, certes marqu&#233; par quelques embellies, mais dont l'&#233;pisode final sera &#171; la Berezina de 2007 &#187; (PCS, p.50).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi les rendez-vous manqu&#233;s par son parti, Patrice Cohen-Seat accorde une place de choix &#224; 1968, ce qui n'est pas si fr&#233;quent dans les textes du parti communiste. Il &#233;voque &#171; l'&#233;norme aspiration &#224; la r&#233;alisation de soi que charria cette &#8220;r&#233;volution soci&#233;tale&#8221; &#187;. Cette &#171; dimension nouvelle &#187; revient comme un fil conducteur, de fa&#231;on parfois contestable quand il semble faire des communistes, d&#233;sign&#233;s comme les &#171; partisans de l'&#233;mancipation humaine &#187;, ses seuls d&#233;positaires (PCS, p.217, par exemple). L'&#233;nonc&#233; de quelques titres de chapitre, montre &#224; quel point la critique englobe des aspects essentiels de la probl&#233;matique de la transformation sociale : changer la vie ? (d'une civilisation de l'avoir &#224; une civilisation de l'&#234;tre), la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; : &#233;galitarisme contre lib&#233;ralisme, l'individu et le collectif : collectivisme contre individualisme, l'&#233;tat et le march&#233; : l'&#233;tatisme contre la loi de l'argent, la nation et le monde, r&#233;forme ou r&#233;volution ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La formulation de certaines de ces questions, en forme d'oppositions binaires, traduit pour l'auteur le fait que le communisme s'est politiquement construit comme le contraire du capitalisme, alors qu'il aurait fallu, pour &#234;tre fid&#232;le &#224; Marx, le d&#233;passer. Sur une question comme celle de l'individu, Cohen-Seat distingue ainsi la position traditionnelle de la droite, favorable &#224; l'individu, et celle des r&#233;volutionnaires qui, dans cette logique des contraires, ont tendance &#224; le nier, tout au moins &#224; sous-estimer ses aspirations. Il leur est m&#234;me arriv&#233; de lire &#224; l'envers ce que Karl Marx avait dit dans un contexte certes diff&#233;rent. Le &#171; libre d&#233;veloppement de chacun comme condition du libre d&#233;veloppement de tous &#187;, s'est ainsi m&#233;tamorphos&#233; en l'id&#233;e que &#171; l'individu ne pouvait se lib&#233;rer sans que se lib&#232;re la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re &#187;. Ce qui a contribu&#233; &#224; faire passer les communistes, tout au long du xxe si&#232;cle, &#224; c&#244;t&#233; des mobilisations qui revendiquaient la lib&#233;ration de la personne : revendications f&#233;ministes, sexuelles, contre toutes les formes de discrimination &#187; (PCS, p.150). La vigueur nouvelle de la critique trouve malgr&#233; tout ses limites lorsqu'il s'agit d'esquisser des r&#233;ponses. On reste alors un peu sur sa faim avec le seul &#233;nonc&#233; du souhait &#171; d'aller au bout d'une critique du collectivisme, en repensant le rapport entre l'individu et le collectif &#187; (PCS, p.160). Ce qui t&#233;moigne surtout de la faiblesse actuelle du d&#233;bat sur les questions soci&#233;tales au sein du parti communiste.
Quelles propositions pour &#171; l'organisation &#187; politique ? Pour Cohen-Seat, &#171; la force politique &#224; construire doit permettre le rassemblement d'hommes et de femmes extr&#234;mement divers sur un projet, et non sur une conception de l'Histoire ou une th&#233;orie du devenir de l'humanit&#233; &#187; (PCS, p. 206). Comme chez la plupart des membres de la gauche de la gauche en qu&#234;te du projet qui a fait d&#233;faut jusqu'ici, l'exemple &#224; suivre est la campagne contre le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Certes, cette exp&#233;rience est rest&#233;e limit&#233;e et le rassemblement s'est fait autour d'un refus plut&#244;t que de propositions. La force politique en devenir &#171; ne peut [donc] pr&#233;tendre rassembler celles et ceux qui ont int&#233;r&#234;t &#224; transformer l'ordre existant sans &#233;tablir de liens f&#233;conds avec les organisations et mouvements qui se mobilisent, selon leur objet, dans ce m&#234;me sens &#187;. Le diagnostic est, l&#224; aussi, tr&#232;s pessimiste : &#171; un foss&#233; s'est creus&#233; entre les partis politiques et le mouvement social [&#8230;] &#224; l'image de celui qui s&#233;pare les forces politiques de la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me : m&#233;fiance, soup&#231;on d'esprit de chapelle et d'int&#233;r&#234;ts personnels, sentiment d'inutilit&#233; &#187;. Le constat pourra &#233;tonner les formations politiques, certains &#224; gauche du PS, ont mieux su travailler avec le mouvement social que le PC.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cohen-Seat admet aussi &#171; qu'un parti n'est en prise avec la soci&#233;t&#233;, qu'il ne peut incarner une modernit&#233;, que lorsqu'il est en contact [&#8230;] avec tout ce qui se mobilise en id&#233;es et en actes, avec tous ceux qui bougent, cr&#233;ent, inventent, innovent [&#8230;] &#187; P&#232;se ici le souvenir du temps o&#249; le PC comprenait mieux qu'aujourd'hui que &#171; les grands moments d'avanc&#233;e sociale &#233;taient aussi des grands moments de cr&#233;ation et de rencontre des intellectuels et du peuple &#187; (PCS, p.210-211). S'y ajoute la capacit&#233; d'agir &#224; l'&#233;chelle internationale car &#171; &#224; mondialisation du capitalisme, mondialisation de l'action visant &#224; le d&#233;passer &#187;. L'auteur int&#232;gre ici l'exp&#233;rience des forums sociaux o&#249; les communistes ont jou&#233; un certain r&#244;le, allant jusqu'&#224; esquisser l'id&#233;e d'un forum politique mondial o&#249; l'on d&#233;finirait des objectifs de transformation d&#233;mocratique du syst&#232;me des institutions internationales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Reste la question sans doute la plus importante pour un parti &#224; forte et ancienne culture d'organisation comme le PC : un parti comment ? Au long des divers d&#233;veloppements de son livre, Cohen-Seat n'&#233;chappe pas toujours, au moins dans l'expression, au reproche de vouloir revenir au temps, apr&#232;s tout pas si lointain, o&#249; l'h&#233;g&#233;monie communiste structurait le champ politique &#224; gauche, mouvement social compris. Pour r&#233;pondre plus directement &#224; la question, il invoque Marx et Engels, ceux de 1848, une fois encore, pour qui &#171; les communistes ne forment pas un parti distinct oppos&#233; aux autres partis ouvriers &#187;, en passant d'ailleurs sous silence la contradiction qui se trouve, &#224; quelques lignes d'intervalle, dans le c&#233;l&#232;bre passage du Manifeste du parti communiste [&lt;a href='#nb4-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Manifeste du parti communiste, chapitre II, &#171; Prol&#233;taires et communistes (...)' id='nh4-8'&gt;8&lt;/a&gt;]. Cohen-Seat veut donc rompre avec la pratique instaur&#233;e plus tard, et notamment avec L&#233;nine, de faire du communisme l'objet propre d'un parti, et qui a produit les d&#233;rives ult&#233;rieures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plut&#244;t que de faire des propositions de structures [&lt;a href='#nb4-9' class='spip_note' rel='footnote' title='En Italie, o&#249; un processus voisin est en cours, avec les m&#234;mes contours (...)' id='nh4-9'&gt;9&lt;/a&gt;], il s'en tient donc &#224; l'&#233;nonc&#233; de trois conditions. Comme la nouvelle &#171; organisation &#187; va n&#233;cessairement au-del&#224; des &#171; partisans de l'&#233;mancipation humaine &#187;, qualificatif qu'il r&#233;serve aux seuls communistes (pour ne pas utiliser le label ?), ceux-ci doivent donc pouvoir &#171; y creuser leur sillon de fa&#231;on sp&#233;cifique, c'est-&#224;-dire apporter leur propre contribution politique &#187;. Ce qui s'apparente, m&#234;me s'il ne le dit pas en ces termes, &#224; une organisation incluant des courants internes organis&#233;s (on peut penser que c'est aussi une fa&#231;on de faire accepter l'id&#233;e aux membres de l'actuel PC). Les deux autres conditions sont moins conflictuelles : le principe moteur de la &#171; force &#187; doit &#234;tre le rassemblement ; la &#171; force &#187; doit &#234;tre construite avec toutes les forces de gauche disponibles, d&#232;s lors que l'objectif du rassemblement est une v&#233;ritable rupture avec les actuelles logiques lib&#233;rales &#187; (PCS, p.214). Ce qui, comme pour Jean-Luc M&#233;lenchon, est une fa&#231;on de se d&#233;marquer de la LCR et de son projet de &#171; nouvelle force anticapitaliste &#187;, rassemblant la seule gauche 100% &#224; gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le plus probl&#233;matique pour le PC est peut-&#234;tre la fin du livre. Partant de l'id&#233;e qu'il existe un tr&#232;s vaste espace politique (vacant) &#224; gauche, Cohen-Seat estime que &#171; comme &#224; d'autres &#233;poques, le PC peut, s'il manifeste tr&#232;s clairement sa capacit&#233; &#224; se changer lui-m&#234;me, prendre une initiative capable de faire bouger radicalement les lignes &#187;. Comme quoi, l'id&#233;e qu'il existe encore aujourd'hui une avant-garde et que c'est le PC qui l'incarne, a encore de beaux restes. On peut cependant penser que c'est pr&#233;cis&#233;ment cette fa&#231;on de voir les choses qui est aujourd'hui largement contest&#233;e &#224; gauche de la gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-1' id='nb4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &#192; cette &#233;poque, les salari&#233;s des services publics sont devenus les porte-parole de revendications que ceux des entreprises du secteur concurrentiel (leurs personnels) ne peuvent plus exprimer. C'est la gr&#232;ve par procuration.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-2' id='nb4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 13 novembre 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-3' id='nb4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] D&#233;claration devant le Conseil national interr&#233;gional (CNIR) des Verts, &#224; St Denis, le 13 novembre 2007, selon l'AFP.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-4' id='nb4-4' class='spip_note' title='Notes 4-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] ean-Michel Normand, &#171; Recentr&#233; et d&#233;sorganis&#233;, le PS est jug&#233; &quot;inaudible&quot; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 23 novembre 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-5' id='nb4-5' class='spip_note' title='Notes 4-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Louis Weber, &#171; Un champ de ruines. Reconstruire mais comment. &#187;, &lt;i&gt;Savoir/Agir,&lt;/i&gt; n&#176;1, septembre 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-6' id='nb4-6' class='spip_note' title='Notes 4-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Jean-Luc M&#233;lenchon, &lt;i&gt;En qu&#234;te de gauche&lt;/i&gt;, Paris, &#233;d. Balland, 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-7' id='nb4-7' class='spip_note' title='Notes 4-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Patrice Cohen-Seat, &lt;i&gt;Communisme, l'avenir d'une esp&#233;rance&lt;/i&gt;, Paris, Calmann-L&#233;vy, 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-8' id='nb4-8' class='spip_note' title='Notes 4-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Manifeste du parti communiste, chapitre II, &#171; Prol&#233;taires et communistes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-9' id='nb4-9' class='spip_note' title='Notes 4-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] En Italie, o&#249; un processus voisin est en cours, avec les m&#234;mes contours encore un peu flous, la presse a trouv&#233; un nom pour ce rassemblement en devenir : c'est la Cosa rossa, c'est-&#224;-dire la &#171; chose rouge &#187;, avec un jeu de mots et une allusion &#224; peine voil&#233;e &#224; une autre Causa.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un champ de ruines. Reconstruire, mais comment ? (S/A n&#176;1)</title>
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		<description>Gauche critique, gauche radicale, gauche de la transformation sociale&#8230; le vocabulaire n'est pas toujours tr&#232;s stable. Les animateurs de la gauche de la gauche utilisent l'une ou l'autre de ces expressions, parfois les trois ensemble. Incapacit&#233; de bien encore d&#233;limiter l'espace politique revendiqu&#233; ? Volont&#233; de privil&#233;gier, y compris dans la fa&#231;on de se nommer, le fait qu'il s'agit d'un processus en cours et non pas d'une structuration fig&#233;e ? Tout cela &#224; la fois sans doute. Louis Weber a interrog&#233; (...)

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&lt;a href="http://www.savoir-agir.org/-Chronique-de-la-gauche-de-la-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la gauche de la gauche&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Gauche critique, gauche radicale, gauche de la transformation sociale&#8230; le vocabulaire n'est pas toujours tr&#232;s stable. Les animateurs de la gauche de la gauche utilisent l'une ou l'autre de ces expressions, parfois les trois ensemble. Incapacit&#233; de bien encore d&#233;limiter l'espace politique revendiqu&#233; ? Volont&#233; de privil&#233;gier, y compris dans la fa&#231;on de se nommer, le fait qu'il s'agit d'un processus en cours et non pas d'une structuration fig&#233;e ? Tout cela &#224; la fois sans doute. Louis Weber a interrog&#233; quelques-uns des animateurs des collectifs issus du 29 mai sur leur analyse des raisons de l'&#233;chec &#233;lectoral et la fa&#231;on dont ils voient la suite. Pour ce premier article, priorit&#233; a &#233;t&#233; donn&#233;e de fa&#231;on d&#233;lib&#233;r&#233;e &#224; des interlocuteurs issus du &quot;mouvement social&quot;, de pr&#233;f&#233;rence aux responsables politiques &quot;officiels&quot; des partis de la gauche de la gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si la s&#233;quence &#233;lectorale de 2007 et surtout l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ont constitu&#233; une lourde d&#233;faite pour la gauche, la situation est pire encore pour la &#171; gauche de la gauche &#187;. Au-del&#224; de la faiblesse globale du score des trois candidats rescap&#233;s du processus mis en place pour d&#233;signer un(e) &#8216;candidature unitaire' issu(e) du &#8216;non de gauche' au r&#233;f&#233;rendum du 29 mai 2005, c'est la situation dans les divers collectifs h&#233;ritiers de ceux qui s'&#233;taient constitu&#233;s dans tout le pays au cours de la campagne du &#8216;non' qui frappe. &#171; L'espace antilib&#233;ral a multipli&#233; les fragmentations &#187;, pour Claude Debons, principal coordinateur des collectifs du non, puis des collectifs unitaires cr&#233;&#233;s &#224; leur suite en mai 2006 pour animer la campagne antilib&#233;rale en vue des &#233;lections de 2007. Un &#171; champ de ruines &#187; pour Claire Villiers, vice-pr&#233;sidente du Conseil r&#233;gional d'&#206;le de France, qui a particip&#233; &#224; la premi&#232;re coalition &#233;lectorale &#224; &#171; gauche de la gauche &#187; &#224; l'occasion des &#233;lections r&#233;gionales de 2003. Le r&#233;sultat le plus imm&#233;diat a &#233;t&#233; l'organisation de deux r&#233;unions distinctes apr&#232;s les l&#233;gislatives. La premi&#232;re a eu lieu les 23 et 24 juin derniers et a rassembl&#233; essentiellement, mais pas exclusivement, ce qui restait des comit&#233;s Bov&#233;. Elle a adopt&#233; un texte et annonc&#233; des &#171; Assises des collectifs unitaires &#224; l'automne 2007 &#187;. Comme tous les mots sont en g&#233;n&#233;ral cod&#233;s dans ce type de document, il faut regarder de pr&#232;s ce que contient, pour les initiateurs de la r&#233;union, le mot-tiroir de &#171; collectifs unitaires &#187; : il s'agit de &#171; citoyens engag&#233;s, membres ou non d'organisations politiques, associatives, syndicales, de courants. &#187;, porteurs donc d'appartenances vari&#233;s mais sans les repr&#233;senter, les organisations n'&#233;tant pas en tant que telles membres des collectifs. Ce qui rompt avec une pratique instaur&#233;e il y a une vingtaine d'ann&#233;es &#8211; le m&#234;me structure r&#233;unissant des individus et des organisations &#8211; et qui, il faut le reconna&#238;tre, a &#233;t&#233; &#224; l'origine de bien des crises. Deux semaines apr&#232;s, le 7 juillet, quelques-uns des principaux animateurs du mouvement depuis le r&#233;f&#233;rendum, individus mais aussi repr&#233;sentants d'organisations ou de fractions d'organisations, annon&#231;aient la cr&#233;ation de &#171; Maintenant &#224; gauche ! &#187;. L'ambition annonc&#233;e, &#171; contribuer &#224; l'&#233;mergence d'une nouvelle force politique de la gauche de transformation &#187;, n'est pas diff&#233;rente. Mais il n'est pas question pour le moment de cr&#233;er une structure ou un r&#233;seau suppl&#233;mentaires, qui prendrait ensuite contact avec les forces constitu&#233;es et s'efforcerait de les rassembler. &#171; Maintenant, &#224; gauche ! &#187; voudrait parler d'abord de contenu et inciter les partis actuels de la &#171; gauche de gauche &#187;, le Parti communiste, la Ligue communiste r&#233;volutionnaire et quelques autres, &#224; &#171; se d&#233;passer &#187; et non pas les contourner en les tenant d'abord &#224; l'&#233;cart.
C'est une des lignes de tension anciennes au sein de la gauche de gauche. Que faire des partis politiques existants, en somme ? Pour bien comprendre comment et pourquoi cette question peut se poser, il faut tenir compte du fait que parmi les militants qui se sont rassembl&#233;s pour constituer dans la p&#233;riode r&#233;cente les collectifs aujourd'hui en crise, beaucoup &#233;taient soit en rupture de parti, soit minoritaires dans leurs partis ou encore engag&#233;s dans ces structures nouvelles que sont les collectifs par allergie aux partis.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi la crise des collectifs ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses sont &#233;videmment diff&#233;rentes selon les origines militantes des protagonistes que nous avons interrog&#233;s. Une constante appara&#238;t cependant : chacun a point&#233; la difficult&#233; &#224; articuler le social et le politique comme une des causes principales de l'&#233;chec du processus. Ce qui met d'abord en cause les partis politiques constitu&#233;s, incapables de proposer un relais politique &#224; un mouvement social particuli&#232;rement dynamique et innovant depuis une bonne dizaine d'ann&#233;es. Et cela faute d'avoir un &#8216;projet', un mot qui, apr&#232;s une p&#233;riode de relatif discr&#233;dit apr&#232;s les d&#233;sillusions de l'apr&#232;s-1981, reviendra souvent dans les conversations.La p&#233;riode 1995-2006 a en effet &#233;t&#233; celle de luttes sociales qui ont transform&#233; le pays et chang&#233; le rapport des Fran&#231;ais &#224; la politique. Mais aucune de ces luttes n'a pu &#234;tre convertie en projet susceptible d'&#234;tre port&#233; par une majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christophe Aguitton a particip&#233; &#224; beaucoup d'initiatives sociales innovantes depuis la cr&#233;ation de Sud-PTT &#224; la fin des ann&#233;es 1980. Il s'est retrouv&#233; avec Jos&#233; Bov&#233; d&#232;s apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum. Pour lui, la victoire du &#8216;non' ouvrait pr&#233;cis&#233;ment une perspective pour articuler politique et mouvements sociaux. &#171; Le premier appel, en septembre 2005, a &#233;t&#233; sign&#233; par un large &#233;ventail de personnes et d'organisations, y compris la LCR. Beaucoup de jeunes se sont engag&#233;s par ailleurs, notamment &#224; partir de l'appel &#8216;Votez Y' [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='footnote' title='&#8216;Voter Y' est une initiative visant la r&#233;appropriation du d&#233;bat politique par (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Trois projets coexistaient cependant chez les participants. Les Verts &#233;taient pour une candidature unique de la gauche. Une partie du mouvement associatif pr&#244;nait un &#8216;consensus interpellatoire' pour faire pression sur les candidats, sans envisager cependant une candidature propre. Enfin, une derni&#232;re composante voulait d&#232;s ce moment rassembler le courant antilib&#233;ral et pr&#233;senter une candidature &#224; ce titre, celle de Jos&#233; Bov&#233; en l'occurrence. Le probl&#232;me, &#224; cette &#233;poque, &#233;tait le&#8216;poids social' assez faible du rassemblement. Ce n'est que progressivement en effet que les anciens comit&#233;s du non ont bascul&#233; vers les nouveaux comit&#233;s. Mais la vraie difficult&#233;, jamais surmont&#233;e, &#233;tait le fait que, pour toute une s&#233;rie de raisons, les comit&#233;s avaient besoin des &#8216;appareils', alors que ceux-ci, souvent des &#8216;micro-appareils' au demeurant, portaient une pl&#233;thore de particularismes et d'int&#233;r&#234;ts propres &#187;. D'o&#249;, pour Christophe Aguitton, deux raisons imm&#233;diates &#224; l'&#233;chec. La premi&#232;re est conjoncturelle. &#171; Elle vient de ce que j'appelle &#8216;l'effet p&#233;trole' : les pays qui b&#233;n&#233;ficient de la rente p&#233;troli&#232;re cessent de penser leur avenir. &#192; la LCR, l'effet Besancenot joue le m&#234;me r&#244;le et emp&#234;che ainsi de faire de la politique. La deuxi&#232;me raison, plus profonde et plus grave, tient au fait que la gauche dans son ensemble est incapable de penser en termes renouvel&#233;s le capitalisme du xxie si&#232;cle, et donc la sortie du capitalisme. &#187;
Roger Martelli est membre de la direction du parti communiste et un des initiateurs de la cr&#233;ation des &#171; Refondateurs communistes &#187; en mars 2007. Il note, &#224; partir de 1993, une inflexion sur le terrain de la conflictualit&#233; sociale, alors que les deux d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes avaient &#233;t&#233; marqu&#233;es par un grand reflux et une succession de d&#233;faites ouvri&#232;res. &#171; &#192; partir de ces ann&#233;es, on voit appara&#238;tre un nouvel acteur : le mouvement social, qui ne se confond pas tout &#224; fait avec le mouvement ouvrier. Ce qui fait &#233;merger un probl&#232;me qui n'a pas trouv&#233; de solution &#224; ce jour : comment articuler la conflictualit&#233; sociale &#224; une construction politique ? La difficult&#233;, c'est la dichotomie entre le champ politique constitu&#233;, avec les partis qui existent, et le mouvement social. L'extr&#234;me gauche a certes eu l'intelligence de se raccrocher au mouvement social (liens avec les &#171; sans &#187;, les nouveaux syndicats). Mais, comme le PC ou le PS, elle propose des r&#233;ponses anciennes &#224; des mouvements qui sont nouveaux. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour lui, le projet de TCE avait un aspect global, articulant l'&#233;conomique, le social et l'institutionnel. Ce qui a &#171; en quelque sorte contraint &#224; une rencontre &#8216;n&#233;cessaire' depuis 1995. Les collectifs du non ont rassembl&#233; mouvement social, syndicats et partis politiques, dans une dynamique d'agr&#233;gation. Alors que tout avait &#233;chou&#233; entre 1995 et 2005, cela a march&#233;, non seulement th&#233;oriquement mais aussi pratiquement. C'est la tentative de &#8216;reproduire' ce processus dans la s&#233;quence &#233;lectorale de 2007 qui a &#233;chou&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Le xxe si&#232;cle a &#233;t&#233; marqu&#233; en France par un certain type de relation entre le social et le politique, distincte de celle du travaillisme et de la social-d&#233;mocratie. Il y a eu longtemps une forte subordination du social au politique, notamment &#224; la CGT. Cette subordination a &#233;t&#233; &#8216;propulsive' &#224; une certaine &#233;poque. Mais il y a eu inversion vers 1960. Pour &#233;chapper &#224; la subordination, les syndicats se sont affranchis du politique, selon des modalit&#233;s vari&#233;es. &#192; ce mod&#232;le s'ajoute le syndicalisme r&#233;volutionnaire, qui postule que l'association syndicale ou sociale peut &#234;tre elle-m&#234;me le lieu de la recomposition politique. Il influence une grande partie du nouveau mouvement associatif dit de lutte, notamment autour de Jos&#233; Bov&#233;. L'articulation ne se fait dans aucun de ces cas, ce sont alors les logiques d'organisations, voire d'appareils, qui finissent par dominer. &#187;
Claude Debons a &#233;t&#233; au c&#339;ur de la plupart des dispositifs unitaires mis en place avant et apr&#232;s le 29 mai 2005. &#171; Ce qui faisait alors &#8216;sens commun' pour la gauche antilib&#233;rale est r&#233;sum&#233; dans l'appel des 200 d'octobre 2004 : le non au r&#233;f&#233;rendum et la r&#233;orientation n&#233;cessaire de la construction europ&#233;enne. L'id&#233;e &#233;tait alors de couvrir le pays avec des collectifs unitaires pour le non. Pour les associations, les syndicats et les militants individuels, il s'agissait de trouver un cadre qui pr&#233;serve du ralliement &#224; un parti politique. Le mouvement est all&#233; crescendo, avec rapidement des meetings unitaires tr&#232;s suivis. &#187; Pour lui, &#171; les ennuis ont commenc&#233; quand il s'est agi de r&#233;pondre &#224; la question : que faire de cette victoire ? Les mauvais signes, qui annon&#231;aient la suite, sont venus tr&#232;s t&#244;t. Les partis politiques ont en effet fait une mauvaise lecture de ce qui s'&#233;tait produit. Par exemple, Marie-George Buffet a propos&#233; rapidement une &#8216;candidature communiste &#224; la pr&#233;sidentielle pour incarner le &quot;non&quot;. Pour la LCR, les collectifs avaient rempli leur mission et le temps &#233;tait venu de se rassembler autour d'Olivier Besancenot. Les Verts ont &#233;t&#233; absorb&#233;s par leurs enjeux internes. Il y a donc eu, pendant un temps, retrait des militants politiques. Les collectifs ont surv&#233;cu gr&#226;ce aux militants associatifs et syndicaux. Nous avions les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales de 2007 en t&#234;te. Mais nous avons vu dans l'appel autour de Jos&#233; Bov&#233; en septembre 2005, le risque de &#8216;pulv&#233;riser les collectifs' et avons privil&#233;gi&#233; un processus plus lent de maturation, en posant d'abord les questions programmatiques, &#224; commencer par la r&#233;daction d'une Charte. Cette divergence de vues sur les &#233;tapes de la construction unitaire reste aujourd'hui une de nos difficult&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Claude Debons, &#171; la direction du PCF n'a jamais envisag&#233; autre chose que la candidature de Marie-George Buffet, confort&#233;e par le retrait de la LCR et de PRS. Les collectifs n'ont pas r&#233;ussi &#224; faire admettre que le rassemblement ne pouvait pas se faire autour d'une &#8216;grande figure' de l'un des partis de la gauche de la gauche. Des &#233;colos, altermondialiste et quelques collectifs ont ensuite orchestr&#233; le retour de Bov&#233; (p&#233;tition Internet). Mais deux conceptions diff&#233;rentes se sont exprim&#233;es au moment de prendre la d&#233;cision : aller jusqu'au bout, quoi qu'il arrive, ou faire du projet de candidature une &#171; interpellation unitaire &#187;, un moyen de pression sur les deux autres (Besancenot, Buffet) en lui donnant une l&#233;gitimit&#233; plus grande gr&#226;ce aux collectifs. Rendez-vous devait &#234;tre pris en mars pour &#233;valuer la dynamique engendr&#233;e. Mais la machine &#233;tait lanc&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-del&#224; de la difficult&#233; &#224; s'entendre sur une candidature commune, Claude Debons voit lui aussi la question des structures : &#171; Fallait-il pousser &#224; la cr&#233;ation d'un &#8216;mouvement du 29 mai' ? Les principaux animateurs du collectif national n'ont pas souhait&#233; cr&#233;er un &#8216;mouvement' suppl&#233;mentaire, mais d&#233;passer la fragmentation en int&#233;grant des composantes diverses. Les trajectoires des uns et des autres ont ensuite diverg&#233; au cours de la campagne, dans un (tout) petit espace politique, l'espace antilib&#233;ral. &#187;
Claire Villiers est venue &#224; la politique &#224; partir du syndicalisme. Elle d&#233;fendait au sein de la CFDT l'id&#233;e que &#171; l'autogestion est la suite du syndicalisme r&#233;volutionnaire &#187;. Elle a ensuite &#171; transpos&#233; dans la sph&#232;re politique sa posture syndicale, avec le refus de la division : champ politique/champ syndical, syndicat/parti. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour elle aussi, &#171; c'est la hi&#233;rarchie/articulation entre le social et le politique qui est au c&#339;ur des d&#233;bats de la gauche de la gauche. Comment exercer le pouvoir ? Quel r&#244;le pour les &#233;lus ?, etc. &#187;
Dans son exp&#233;rience militante, et s'agissant de difficult&#233;s li&#233;es &#224; la structuration d'un mouvement, AC ! a constitu&#233; un arch&#233;type. &#171; L'id&#233;e a &#233;t&#233; de mettre ensemble des syndicats, des associations et des chercheurs. D&#232;s l'origine, on retrouvait une configuration qui avait d&#233;j&#224; pos&#233; des probl&#232;mes &#224; Ras l'Front : il y avait d'un c&#244;t&#233; un r&#233;seau fond&#233; par des responsables d'organisations (m&#234;me si celles-ci ne s'impliquaient pas forc&#233;ment) et de l'autre des individus qui voulaient cr&#233;er une organisation et qui ne se sentaient pas repr&#233;sent&#233;s dans ce r&#233;seau des r&#233;seaux. Ce probl&#232;me, jamais r&#233;solu, va se poser plus tard dans ATTAC, entre autres. Les collectifs unitaires n'allaient pas y &#233;chapper , avec une difficult&#233; suppl&#233;mentaire : la pr&#233;sence de minoritaires d'organisations non participantes. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour elle, les raisons de l'&#233;chec sont complexes. &#171; La LCR n'a pas de vision strat&#233;gique pour la gauche radicale autre que le grossissement de la LCR. Elle ne sait pas r&#233;pondre &#224; la question : comment un militant r&#233;volutionnaire peut-il inscrire son action dans un travail institutionnel ? Le PCF reste la force principale, en termes de militants. Mais son probl&#232;me est le m&#234;me : comment en France, en Europe et dans le monde, concevoir les outils pour rassembler la gauche radicale, ce qui suppose son propre d&#233;passement. Les partenaires du PCF ont cru qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; mener le d&#233;bat jusqu'au bout avec Marie-George Buffet comme proposition, puis s'incliner. L'exp&#233;rience a montr&#233; qu'il y avait erreur. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gauche de la gauche a aussi sous-estim&#233; l'&#233;tat r&#233;el du pays, sur le plan id&#233;ologique. Le r&#233;f&#233;rendum avait fait illusion parce qu'il s'agissait d'une bataille en &#8216;contre'. Claire Villiers ne croit pas &#224; un glissement &#224; droite de la soci&#233;t&#233; &#171; mais il faut s'interroger sur les raisons pour lesquelles des antilib&#233;raux de 1995 ont pu voter pour Sarkozy. Il faut trouver les r&#233;ponses &#224; tous les &#233;tages. Par exemple, pour la TVA sociale, il ne suffit pas de dire qu'elle fera augmenter les prix. Il faut aller plus loin et montrer qu'elle d&#233;tourne une part de la richesse produite au b&#233;n&#233;fice du patronat. Il y a un probl&#232;me de compr&#233;hension des relations dialectiques entre l'individuel et le collectif. Il faut montrer que sans garanties collectives, il n'y a pas de perspective pour les individus. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fran&#231;ois Labroille a &#233;t&#233; responsable syndical &#224; la FSU jusqu'en 2003. Il est ensuite entr&#233; en politique, via la CCAG et les &#233;lections r&#233;gionales de 2004. Au d&#233;part, il s'agissait pour lui de &#171; contribuer &#224; rassembler un arc de forces tr&#232;s large &#224; la gauche du PS, avec des personnes ayant des pratiques diff&#233;rentes et qui veulent d&#233;passer aussi bien le champ politique que le champ syndical traditionnels, faire bouger en somme les lignes entre les deux. Les partis politiques ont une vision erron&#233;e du champ social, qu'ils veulent instrumentaliser. Les mouvements sociaux ont souvent une vis&#233;e condescendante du politique. &#187; Ce qui &#233;tait int&#233;ressant dans le mouvement, &#171; c'&#233;tait les trajectoires, des individus. S'il y a &#233;chec aujourd'hui, il n'est que provisoire. &#187; Car il y a eu &#171; d&#233;cloisonnement de ce qui &#233;tait jusqu'alors en concurrence. Il s'agissait d'int&#233;grer les exp&#233;riences de ceux que l'on combattait jusqu'alors. En d&#233;passant la concurrence, on va beaucoup plus loin. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N'ayant jamais &#171; surestim&#233; la dynamique du &#8216;non', qui &#233;tait complexe, avec une part de r&#233;gression &#187;, il constate cependant que &#171; la dynamique unitaire s'est rompue et qu'il faut donc &#8216;construire' quelque chose de neuf. &#187; Les difficult&#233;s sont anciennes. &#171; &#192; partir de 1995, il y a eu &#233;chec r&#233;p&#233;t&#233; dans les tentatives de produire des alternatives. Au cours du mouvement de cette ann&#233;e-l&#224;, il y avait des enjeux de soci&#233;t&#233;, l'aspiration &#224; la d&#233;mocratie par exemple, et pas seulement des revendications mat&#233;rielles. Mais le r&#233;sultat a &#233;t&#233; tr&#232;s pauvre de ce point de vue. Le ph&#233;nom&#232;ne s'est reproduit en 2003 : le mouvement a pos&#233; des questions essentielles, la solidarit&#233; entre g&#233;n&#233;rations, par exemple. Mais il n'y a eu ni d&#233;bouch&#233; intellectuel, ni d&#233;bouch&#233; social, ni d&#233;bouch&#233; politique. &#187;
&#171; En 2007, il y a eu des rassemblements &#233;lectoraux, mais pas de vision commune en termes de projet. La fragmentation n'est donc pas seulement celle des collectifs, elle est aussi celle qui s&#233;pare les intellectuels , le politique et le social. Un th&#232;me comme l'antilib&#233;ralisme est par exemple pauvre en termes de contenu. Son usage passe-partout incite &#224; la paresse. C'est un peu la m&#234;me chose pour l'altermondialisme. Du coup, les programmes ont faibles. On r&#233;p&#232;te que le SMIC &#224; 1500 euros sera financ&#233; en r&#233;cup&#233;rant les 10 points de plus value perdus par les salaires. Tout se passe comme si la radicalit&#233; passait par la magie de quelques chiffres, ce qui dissimule la pauvret&#233; de la pens&#233;e sur le contenu de la rupture avec le mod&#232;le social actuel. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi cette difficult&#233; &#224; penser un projet de soci&#233;t&#233; depuis dix ans ? Pour Fran&#231;ois Labroille, il ne suffit pas de se r&#233;unir pour accumuler les demandes. &#171; Ce qui fait d&#233;faut, c'est la rencontre entre communaut&#233; intellectuelle, mouvements sociaux et acteurs politiques. Ce qui veut dire aussi que l'&#233;chec de la candidature antilib&#233;rale n'est pas le r&#233;sultat d'encha&#238;nements factuels. Il plonge plus profond. Les rivalit&#233;s sont venus apr&#232;s, par-dessus. Mais, &#224; l'inverse, il ne suffit pas d'&#234;tre en dehors des cadres politiques traditionnels pour avoir de la comp&#233;tence. Dans les collectifs, on a souvent l'impression que la pr&#233;tention &#224; diriger est inversement proportionnelle &#224; la comp&#233;tence. En somme, il y a sous-estimation du travail intellectuel, du travail n&#233;cessaire pour produire un projet. De ce fait, la question de la candidature a &#233;t&#233; hypertrophi&#233;e. En revanche, on n'a gu&#232;re &#171; pos&#233; la question de fond : Pourquoi la gauche de la gauche n'a-t-elle pas de projet ? Pourquoi passe-t-elle &#224; c&#244;t&#233; de la jeunesse, &#224; c&#244;t&#233; m&#234;me de la soci&#233;t&#233;, d'une certaine fa&#231;on ? Bov&#233; a &#233;t&#233; une r&#233;ponse &#224; une frustration imm&#233;diate, une fuite en avant. Mais il n'y a rien eu ensuite. Sa candidature n'a pas &#233;t&#233; la matrice d'une r&#233;g&#233;n&#233;ration. Il est possible que les processus de fragmentation et les guerres tribales continuent. Mais cela ne fait pas une strat&#233;gie politique. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christophe Ventura est de cette g&#233;n&#233;ration pour qui l'engagement altermondialiste a co&#239;ncid&#233; avec l'entr&#233;e en politique. Il a &#233;t&#233; un des animateurs de la tentative, finalement avort&#233;e, de pr&#233;senter des listes &#8216;100% altermondialistes' aux &#233;lections europ&#233;ennes de 2004. Il a particip&#233; au collectif du 29 mai pour ATTAC apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum, apr&#232;s un d&#233;bat interne assez vif. Cela a dur&#233; pendant toute l'existence de ce collectif, jusqu'&#224; sa transformation en collectif unitaire en mai 2006. Pour ATTAC, le travail unitaire sur le r&#233;f&#233;rendum &#233;tait possible, mais non pas pour des &#233;lections.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christophe Ventura n'a jamais cru &#224; la possibilit&#233; d'une candidature unique. Pour lui, cela revenait en effet &#224; tenter une recomposition politique &#224; partir des appareils issus du mouvement ouvrier. Ce qui lui paraissait impossible, &#171; notamment &#224; cause des r&#233;flexes boutiquiers. Il faut renouveler, construire une force politique nouvelle, et non pas recomposer. Beaucoup de terrains (le contenu et les formes du militantisme, la place de l'individu, l'environnement, etc.) ne sont pas couverts aujourd'hui par l'offre politique existante. La demande est pourtant forte. &#187; Mais les gens &#171; ne voteront plus pour des partis trop marqu&#233;s par leur histoire (LCR, PCF). Le &#8216;plus m&#233;diatique' qu'apporte Besancenot a pu faire illusion. Mais les l&#233;gislatives ont remis les pendules &#224; l'heure. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi une force politique nouvelle ? Pour Christophe Ventura, &#171; cette question est omnipr&#233;sente, y compris dans l'apparition d'associations comme ATTAC, qui s'est d&#233;velopp&#233;e sur fond de crise politique entre 1998 et 2005. Il y a en effet explosion de la demande d'offre politique, la critique du capitalisme est &#224; nouveau &#224; l'ordre du jour, la question politique est revenue au centre du jeu, comme forme d'expression sociale. &#187; Le probl&#232;me, pour l'instant, est que ces aspirations nouvelles sont port&#233;es par des forces anciennes. Les listes altermondialistes pour les europ&#233;ennes de 2004 s'inscrivaient au contraire dans la tentative de renouveler l'articulation entre mouvement social et champ politique. &#171; Les collectifs sont cependant des formes proto-politiques, associant organisations et individus. Cela ne pouvait pas marcher. D'o&#249; la d&#233;sillusion. Beaucoup de collectifs ont privil&#233;gi&#233; le processus pour le processus, le mouvement pour le mouvement et par le mouvement. Ce qui passait par une forme de n&#233;gation des contradictions id&#233;ologiques. On a agglutin&#233;, mais sans donner du &#8216;sens commun'. Il manquait une pens&#233;e &#8216;globale' pour donner sens. Il y a eu en quelque sorte d'un c&#244;t&#233; retour vers le syndicalisme r&#233;volutionnaire &#224; travers le refus de s&#233;parer syndical et politique, mais sans qu'il y ait, de l'autre c&#244;t&#233;, fusion du &#8216;revendicatif' dans un projet politique. &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Et maintenant ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les convictions anciennes sur les m&#233;rites respectifs des organisations, des r&#233;seaux et des mouvements ne vont certainement pas changer. Elles n'ont d'ailleurs emp&#234;ch&#233; la gauche de la gauche de travailler ensemble et personne ne les tient pour responsables de la situation actuelle. Ce qui a fait d&#233;faut, c'est, pour reprendre ce qui a &#233;t&#233; un v&#233;ritable leitmotiv, un &#8216;projet'. La d&#233;faite &#233;lectorale appara&#238;t en effet d'abord comme un &#8216;&#233;chec id&#233;ologique', mis en rapport avec le &#8216;travail en profondeur' (et qui parfois fascine intellectuellement) de la droite incarn&#233;e par Nicolas Sarkozy. Pour autant, la reconstruction ne consiste pas simplement &#224; faire comme avant , avec un projet en plus. L'alchimie est plus complexe au moment o&#249; la gauche dans son ensemble accuse un retard dans ses analyses qu'aucun de nos interlocuteurs n'a contest&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christophe Aguitton appelle de ses v&#339;ux une &#171; refondation programmatique &#187;. Il manque &#224; la gauche de la gauche une &#8216;vision du futur'. Pour la d&#233;marche, il sugg&#232;re la m&#233;thodologie du logiciel libre, qui permet, par un travail coop&#233;ratif, d'augmenter l'espace des biens communs. Il y a de &#8216;grandes questions' qu'il est n&#233;cessaire de traiter aux trois niveaux, local, national, mondial, avec dans chaque cas la pr&#233;occupation de l'environnement et celle, tout aussi essentielle, du contr&#244;le par les citoyens. : la nouvelle r&#233;volution &#233;nerg&#233;tique et la sortie du p&#233;trole, les multinationales dans le contexte de la mondialisation, l'urbanisation, avec bient&#244;t 50% de l'humanit&#233; habitant dans les grandes villes, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Roger Martelli, un cycle se termine et la victoire de Sarkozy marque une rupture : il a r&#233;alis&#233; &#224; droite ce qui semblait impossible jusqu'ici. La France fait donc sa contre-r&#233;volution lib&#233;rale apr&#232;s les autres. La tentation est tr&#232;s forte de cr&#233;er en face de cette droite une gauche qui s'adapte. Le probl&#232;me strat&#233;gique lui para&#238;t donc &#234;tre le suivant : comment garder le cap de l'antilib&#233;ralisme, tout en ne reprenant pas &#224; l'identique ce qui a &#233;chou&#233; ? Il existe une exigence de renouvellement, qui devrait emp&#234;cher de se satisfaire de la reproduction. La gauche de la gauche doit incarner ce renouvellement dans tous les domaines, ceux de la dynamique sociale et de la dynamique politique. L'antilib&#233;ralisme a en effet un double inconv&#233;nient : il laisse le terrain de la libert&#233;, y compris celle de l'individu, aux lib&#233;raux ; c'est un &#8216;anti', qui ne peut constituer un mythe de rechange &#224; ceux qui ont &#233;chou&#233;. &#187;. D'o&#249; l'id&#233;e d'un &#8216;projet post-lib&#233;ral', qu'il faut penser en termes de r&#233;seaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Claude Debons pense lui aussi que la droite tire aujourd'hui les b&#233;n&#233;fices d'un travail id&#233;ologique de plusieurs ann&#233;es, sur la valeur travail &#8211; alors que la gauche parle de la fin du travail &#8211;, sur l'Etat nation (o&#249; va la France ? &#202;tre fran&#231;ais, c'est quoi aujourd'hui ?), etc. Ses r&#233;ponses sont celles d'un lib&#233;ralisme &#233;conomique plus agressif, qui va s'attaquer d'abord au droit du travail et conjuguer le conservatisme moral avec l'autoritarisme. Mais il a bien per&#231;u certaines attentes de la soci&#233;t&#233;, y compris en mati&#232;re europ&#233;enne (euro, Banque centrale, etc.). Par contrecoup, il r&#233;v&#232;le tr&#232;s fortement le retard id&#233;ologique de la gauche. La soci&#233;t&#233; n'a pas bascul&#233; &#224; droite, comme en t&#233;moigne &#171; le fait que les gens se cabrent d&#232;s que le social revient (TVA sociale, franchises). Les ressorts anciens (1995, 2003, 2005, etc.) sont donc toujours l&#224; &#187;. Ce qui manque &#224; gauche, c'est donc une reconstruction id&#233;ologique, pour redonner du sens aux choses, reconstruire les solidarit&#233;s, pour aller vers un bloc social majoritaire. Sarkozy a sap&#233; tout cela en introduisant des oppositions : ceux qui se l&#232;vent t&#244;t/les assist&#233;, les immigr&#233;s/les autres, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;chec de 2007 n'est donc pas un accident, d&#251; par exemple au fait que S&#233;gol&#232;ne Royal n'aurait pas &#233;t&#233; bonne. Il est plus profond. Au sein du PS, l'&#233;volution vers le social-lib&#233;ralisme est la plus probable. Que fera alors PRS ? &#192; la gauche du PS, la situation est &#171; sombre &#187;. Le PC &#233;tait KO debout, il a b&#233;n&#233;fici&#233; d'un sursaut aux l&#233;gislatives, gr&#226;ce &#224; son enracinement local. Mais le d&#233;bat interne ne s'engage pas bien. La LCR voudrait faire surgir, sur les bases de son analyse de la situation, un appel &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau parti. Tout cela sur fond d'une immense d&#233;ception.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Beaucoup de collectifs ont &#233;clat&#233;. Il reste aujourd'hui des comit&#233;s Bov&#233; &#171; maintenus &#187;, &#233;ventuellement appel&#233;s unitaires, et des vrais &#8216;collectifs unitaires', dans la tradition du 29 mai. La coordination qui s'est r&#233;unie les 23 et 24 juin 2007 n'a plus qu'une l&#233;gitimit&#233; partielle du fait de ses liens avec la campagne Bov&#233;. Le d&#233;bat interne porte sur la question : comment continuer, en se structurant (ce qui est diff&#233;rent d'une coordination souple).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne lui para&#238;t pas &#234;tre la bonne solution. &#171; Si on veut rebondir, il faut une nouvelle force politique qui ne se construira ni &#224; partir des partis existants, ni par un surgissement citoyen qui les ignorerait. L'exemple allemand int&#233;resse car il montre que l'on peut d&#233;passer des h&#233;ritages culturels tr&#232;s diff&#233;rents (celui de la gauche du SPD et des syndicats, celui du PDS). Cette diff&#233;rence est sans doute plus importante que celles qui existent au sein de la gauche de la gauche en France ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Claire Villiers, construire un projet doit tenir compte du fait qu'il y a allergie aux &#8216;projets ficel&#233;s'. Il y a deux fa&#231;ons de faire, pour convaincre : &#171; votez pour nous, nous ferons&#8230; &#187; et &#171; construisons ensemble, discutons de la dynamique dont ce monde a besoin pour que nous &#8211; moi, les autres, ma famille &#8211; puissions y vivre. Cette d&#233;marche est diff&#233;rente de celle qui consiste &#224; &#233;laborer un projet et &#224; le soumettre aux gens. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faudrait donc savoir penser des cadres protecteurs irrigu&#233;s par la dynamique collective et non pas par la d&#233;l&#233;gation. Ce n'est pas la d&#233;mocratie participation comme la pr&#244;ne S&#233;gol&#232;ne Royal, qui est un face &#224; face entre individus abstraits de leurs appartenances et les &#233;lus. Il faut au contraire faire vivre les r&#233;seaux d'appartenances avec productions de r&#233;ponses, de dynamique collective, de pens&#233;e. On cr&#233;erait ainsi un creuset pour une nouvelle construction d&#233;mocratique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour elle, &#171; on peut essayer de remettre les compteurs &#224; z&#233;ro dans les collectifs mais il restera des traces. Ce qui doit inciter &#224; analyser plus finement la situation de la gauche en France. Faut-il viser un &#233;largissement de la gauche radicale ? Ou tenter de faire en sorte que toute la gauche devienne une gauche de transformation sociale ? Sommes-nous &#224; la fin du cycle qui a commenc&#233; en 1995 et qui s'est poursuivi avec les forums sociaux et l'altermondialisme ? Ne faut-il pas penser &#224; autre chose ? Comment par ailleurs rem&#233;dier &#224; la grande faiblesse des structures europ&#233;ennes regroupant la gauche radicale ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Fran&#231;ois Labroille, les collectifs se sont r&#233;tr&#233;cis mais restent dynamiques. Les 23 et 24 juin, ils ont r&#233;uni 150 &#224; 180 personnes. Mais &#171; la tentation existe de cultiver le ressentiment &#224; l'&#233;gard des partis. Elle peut conduire &#224; vouloir cr&#233;er une nouvelle force sur une base anti-partis, pour exister, mais sans que le projet soit tr&#232;s clair (l'&#233;chec, c'est &#224; cause de la division, la division, ce sont les logiques de partis&#8230;). D'autres pensent qu'entre la posture protestataire de la LCR et le PS, il est possible de rassembler une force de gauche sur un arc large. Pour cela, il faut relever le d&#233;fi intellectuel de la construction d'un nouveau projet, ce qui passe par la diversit&#233; des partenaires. Le pari, c'est de faire se rencontrer des cultures politiques diverses, qui se sont affront&#233;es jusqu'ici. Il faudrait travailler sur le fond, avec un angle tr&#232;s ouvert (y compris g&#233;n&#233;rationnel). Les comit&#233;s anciens &#233;taient coup&#233;s des milieux culturels et artistiques, des milieux intellectuels. C'est m&#233;conna&#238;tre le fait qu'il existe des univers o&#249; l'on r&#233;fl&#233;chit et qui sont pourtant tr&#232;s &#233;loign&#233;s des cercles politiques. Le probl&#232;me pour la gauche de gauche, c'est de capter ces milieux. Car Sarkozy a montr&#233; une extraordinaire capacit&#233; &#224; r&#233;cup&#233;rer les th&#232;mes de la gauche, &#224; les vider de leur sens, pour les remettre, ainsi d&#233;natur&#233;s, en r&#233;sonance avec les attentes des gens. C'est plus qu'un proc&#233;d&#233;, un vrai travail de fond.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Christophe Ventura pense lui aussi qu'il &#171; faut renouveler, construire une force politique nouvelle, et non pas recomposer. Beaucoup de terrains (le contenu et les formes du militantisme, la place de l'individu, l'environnement, etc.) ne sont pas couverts aujourd'hui par l'offre politique existante. La demande est pourtant forte. L'id&#233;e de mettre simplement les gens en mouvement pour produire un acteur nouveau ne marche pas, surtout s'il y a, comme dans les collectifs, de profondes contradictions id&#233;ologiques, fa&#231;onn&#233;es par l'histoire politique des militants. &#187;
En 1978, dix ans apr&#232;s mai 68, une affiche humoristique montrait deux personnages dont l'un brandissait un pav&#233; et l'autre le questionnait : &#171; Que fais-tu avec ce pav&#233; ? &#187; R&#233;ponse du premier : &#171; J'attends une occasion favorable &#187;. Gageons que, malgr&#233; les d&#233;ceptions du moment, la gauche de la gauche saura s'affranchir d'une telle attente et trouver en elle les ressorts pour &#8216;rebondir'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5-1' id='nb5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &#8216;Voter Y' est une initiative visant la r&#233;appropriation du d&#233;bat politique par les citoyens et &#224; porter dans les campagnes &#233;lectorales des questions risquant &#171; d'&#234;tre ignor&#233;es au profit de la seule comp&#233;tition des personnes &#187;. &#8216;Voter Y' a &#233;t&#233; lanc&#233; publiquement le 25 novembre 2004 et se consacre aujourd'hui &#224; la r&#233;alisation de l'&#8216;Autre campagne', un ensemble d'auditions d'acteurs du d&#233;bat public et de l'action de terrain qui sera suivi de publications et ouvert &#224; d'autres formes de d&#233;bat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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