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		<title>Gauche radicale et transformation sociale en Europe</title>
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		<description>O&#249; en est-on aujourd'hui des &#171; perspectives strat&#233;giques de la Gauche radicale en Europe &#187; ? C'est le sujet de l'&#233;tude lanc&#233;e cette ann&#233;e par le r&#233;seau Transform ! Ce r&#233;seau regroupe des instituts de recherche et des fondations li&#233;s d'une fa&#231;on ou d'une autre aux partis dont les repr&#233;sentants au Parlement europ&#233;en si&#232;gent au sein du groupe de la Gauche unitaire europ&#233;enne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), c'est-&#224;-dire, pour la France, les d&#233;put&#233;s &#233;lus au titre du Front de gauche[Ce groupe repr&#233;sente donc au (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;O&#249; en est-on aujourd'hui des &#171; perspectives strat&#233;giques de la Gauche radicale en Europe &#187; ? C'est le sujet de l'&#233;tude lanc&#233;e cette ann&#233;e par le r&#233;seau Transform ! Ce r&#233;seau regroupe des instituts de recherche et des fondations li&#233;s d'une fa&#231;on ou d'une autre aux partis dont les repr&#233;sentants au Parlement europ&#233;en si&#232;gent au sein du groupe de la Gauche unitaire europ&#233;enne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), c'est-&#224;-dire, pour la France, les d&#233;put&#233;s &#233;lus au titre du Front de gauche[Ce groupe repr&#233;sente donc au sein du Parlement europ&#233;en ce que nous appelons ici la gauche de la gauche. Pour &#234;tre tout &#224; fait pr&#233;cis, les deux &#233;lus du PCF sont membres &#224; part enti&#232;re du groupe, les trois &#233;lus du Parti communiste r&#233;unionnais, du Parti de gauche (Jean-Luc M&#233;lenchon) et &#171; de la soci&#233;t&#233; civile &#187; &#233;tant membres associ&#233;s. &#192; l'&#233;poque o&#249; l'ancienne Ligue communiste r&#233;volutionnaire et Lutte ouvri&#232;re avaient des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens (1999-2004), ils si&#233;geaient &#233;galement dans ce groupe, comme membres associ&#233;s.]. Il s'agit donc d'une composante de la gauche au niveau europ&#233;en, ou de la gauche de gauche, selon le registre de vocabulaire utilis&#233;. Dans la phase actuelle, cette &#233;tude, qui comporte diverses &#233;tapes, s'attache &#224; cerner ce que les membres du r&#233;seau entendent par le terme tr&#232;s couramment utilis&#233; aujourd'hui de transformation (sociale). Dans un questionnaire dont les r&#233;ponses ont &#233;t&#233; synth&#233;tis&#233;es au cours d'un r&#233;cent s&#233;minaire &#224; Florence (28-29 mai 2010), la transformation est d&#233;finie comme ce qui fait &#171; le lien entre les politiques pragmatiques du quotidien et les buts &#224; long terme de la Gauche (de la gauche) &#187;. Faire ce lien exige un &#171; effort th&#233;orique &#187; car &#171; nous manquons d'exp&#233;riences positives de transformations, au moins en Europe &#187;. Et, question subsidiaire et tr&#232;s probablement aussi r&#233;v&#233;latrice des interrogations des membres du r&#233;seau sur les orientations de leurs propres organisations nationales, &#171; la th&#233;orie est-elle toujours consid&#233;r&#233;e comme n&#233;cessaire &#224; la strat&#233;gie politique ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur ce plan, l'usage de la notion de transformation (sociale) a fait l'objet de d&#233;bats, notamment au sein du Parti communiste en France. &#192; cette occasion, l'origine historique de la notion a &#233;t&#233; rappel&#233;e[Voir Jean Lojkine, &#171; Quelle transformation sociale proposer ? &#187;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 27 octobre 2005.]. Elle est revendiqu&#233;e par &#201;douard Bernstein, le th&#233;oricien du tournant &#171; r&#233;formiste &#187; de la social-d&#233;mocratie allemande &#224; la fin du xixe si&#232;cle. Pour lui, elle voulait dire &#171; changement des fondements de l'ordre social &#187;. Ce qui laissait ouvert le d&#233;bat sur la voie &#224; emprunter pour y parvenir. Bernstein pr&#233;f&#233;rait la voie parlementaire, donc pacifique et &#171; gradualiste &#187;. Il rejetait par cons&#233;quent la voie de la rupture r&#233;volutionnaire, identifi&#233;e par lui &#224; l'insurrection et &#224; la violence ill&#233;gale. On trouve donc d&#232;s cette &#233;poque les ingr&#233;dients d'un d&#233;bat qui reste actuel aujourd'hui. On a d'ailleurs tent&#233; au cours de l'histoire de d&#233;passer cette opposition de diff&#233;rentes mani&#232;res. L'une d'entre elles est celle de Jaur&#232;s, avec &#171; l'&#233;volution r&#233;volutionnaire &#187;, tr&#232;s souvent rappel&#233;e elle aussi dans les d&#233;bats contemporains, notamment en France. Le contenu de la transformation est un enjeu important dans les d&#233;bats au sein de la gauche. Un article r&#233;cemment publi&#233; par le site Basta !, dans l'euphorie des &#233;lections r&#233;gionales de mars 2010, est ainsi intitul&#233; : &#171; Les r&#233;gions, futurs laboratoires de la transformation sociale ? &#187;[Julien Lusson, Agn&#232;s Rousseaux, Ivan du Roy, Eros Sana (co-animateurs de Basta !), &#171; Les r&#233;gions, futurs laboratoires de la transformation sociale &#187;, Basta ! (&lt;a href=&quot;http://www.bastamag.net/article956.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.bastamag.net/article956.html&lt;/a&gt;), 24 mars 2010.]. Au del&#224; d'une analyse que l'on peut partager sur le caract&#232;re &#171; poly-fractur&#233; &#187; de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et sur une sorte d'autisme des &#171; repr&#233;sentants politiques [de gauche] &#187; par rapport &#224; la gravit&#233; des fractures sociales, il n'en reste pas moins que l'exigence &#224; l'&#233;gard des &#233;lus est faible. Il faudrait &#171; recr&#233;er du pouvoir d'agir &#187; et, pour cela, &#171; il faudrait que les &#233;lus &#8211; et leurs administrations &#8211; soient &#224; l'&#233;coute et acceptent de partager une partie de leur pouvoir pour donner une large place &#224; la parole et &#224; l'action des citoyens &#187;. Sans minimiser les apports potentiels de la &#171; d&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative &#187; ainsi pr&#244;n&#233;e et du souci d'inventer d'autres fa&#231;ons de travailler, produire, consommer, se d&#233;placer, &#233;changer, on voit mal comment cela pourrait produire des alternatives dans le cadre tr&#232;s contraint de l'&#201;tat et de l'Europe n&#233;olib&#233;raux !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il nous a sembl&#233; int&#233;ressant de donner ici un aper&#231;u, forc&#233;ment partiel, des r&#233;ponses donn&#233;es par les membres de Transform ! &#224; deux s&#233;ries de questions : le vocabulaire utilis&#233;, qui donne en r&#233;alit&#233; un aper&#231;u de la fa&#231;on dont la gauche de gauche est structur&#233;e, et le chemin propos&#233; pour la transformation. Il faut cependant &#234;tre conscient de plusieurs biais possibles. Il ne s'agit pas en effet de textes valid&#233;s par les organisations politiques constitu&#233;es. Certes, les membres du r&#233;seau ont pour la plupart des liens avec les partis politiques &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie, &#224; l'image d'Espaces Marx en France, dont les dirigeants sont aussi membres de la direction du Parti communiste, celui-ci en finan&#231;ant partiellement les activit&#233;s. Dans des pays comme la Finlande[Julien Lusson, Agn&#232;s Rousseaux, Ivan du Roy, Eros Sana (co-animateurs de Basta !), &#171; Les r&#233;gions, futurs laboratoires de la transformation sociale &#187;, &lt;i&gt;Basta !&lt;/i&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.bastamag.net/article956.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.bastamag.net/article956.html&lt;/a&gt;), 24 mars 2010.] ou l'Autriche, les partis politiques sont m&#234;me en tant que tels membres des instituts ou autres structures membres de Transform !. Mais on ne peut exclure le fait, av&#233;r&#233; en France par exemple, que ces structures, &#224; la p&#233;riph&#233;rie du champ politique proprement dit, exercent une certaine attraction sur les &#233;l&#233;ments contestataires au sein des partis eux-m&#234;mes, quand elles ne servent pas de &#171; refuge &#187; &#224; diverses dissidences, plus ou moins fortement affirm&#233;es. Ce qui fait que leur contribution peut parfois relever autant de la critique interne aux formations politiques de la gauche de la gauche que d'une r&#233;flexion distanci&#233;e sur les th&#232;mes propos&#233;s. Enfin, une lecture m&#234;me rapide des textes produits par le r&#233;seau Transform ! montre une forte pr&#233;gnance de l'influence des id&#233;es et des concepts d&#233;velopp&#233;s par Antonio Gramsci. Le questionnaire lui-m&#234;me et les r&#233;ponses multiplient donc les r&#233;f&#233;rences au bloc social, &#224; l'h&#233;g&#233;monie culturelle, etc.[Walter Baier, ancien pr&#233;sident du Parti communiste autrichien et coordinateur du r&#233;seau Transform ! en Europe (avec &#201;lisabeth Gauthier, d'Espaces Marx, et Ruurik Holm, du Forum de gauche finlandais) &#233;crit ainsi, avec une prudence id&#233;ologiquement tr&#232;s &#339;cum&#233;nique : &#171; Utiliser la notion d'&#8203;&#8220;h&#233;g&#233;monie&#8221; au sens de Gramsci implique d'interpr&#233;ter l'histoire, avec Marx, comme &#233;tant &#8220;l'histoire de la lutte des classes&#8221;. Mais, puisque &#8220;c'est sur le terrain id&#233;ologique que les hommes prennent conscience du conflit entre contenu et forme du monde de la production&#8221;, cette h&#233;g&#233;monie ne s'acquiert qu'en sortant &#8220;du p&#233;rim&#232;tre de la cat&#233;gorisation &#233;conomique&#8221; et en s'affirmant dans le domaine de l'id&#233;ologie et de la culture. &#187; (Walter Baier, &#171; Nous vivons une crise de transition, une crise du mode de vie capitaliste &#187;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 19 juin 2010).]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces pr&#233;cautions prises, les paragraphes qui suivent s'appuient sur les textes r&#233;dig&#233;s &#224; partir de la situation par Transform ! Italie, qui r&#233;unit essentiellement des membres de Rifondazione Comunista, &lt;i&gt;Transform !&lt;/i&gt; Autriche, qui s'appuie sur le Parti communiste autrichien, le Forum de gauche de Finlande, qui r&#233;unit l'Alliance de gauche et des intellectuels et l'Institut Nikos Poulantzas de Gr&#232;ce, tr&#232;s li&#233; &#224; Synapismos et, dans le contexte grec, tr&#232;s critique par rapport au Parti communiste KKE, qui reste cependant num&#233;riquement la force principale &#224; gauche de la gauche. Le cas de l'Allemagne ne sera pas &#233;voqu&#233; ici, l'article de Peter Wahl dans ce m&#234;me num&#233;ro donnant une analyse tr&#232;s compl&#232;te de la situation et des d&#233;bats au sein de Die Linke, qui contrairement &#224; ce qui se passe en France, regroupe l'ensemble des courants de la gauche de la gauche &#8211; des anciens du parti communiste allemand (DKP) aux militants citoyens de la WASG, en passant par les communistes de l'ancienne RDA, qui ont la particularit&#233; d'&#234;tre rompus &#224; l'exercice du pouvoir avant mais aussi apr&#232;s 1989. Ces quatre pays recouvrent une grande diversit&#233; de situations. En Gr&#232;ce et en Finlande, les partis associ&#233;s &#224; Transform ! ont une repr&#233;sentation parlementaire au niveau national comme au niveau europ&#233;en. Ce n'est pas le cas en Autriche[Aux l&#233;gislatives de 2008, le Parti communiste autrichien a obtenu 0,8% des voix (1,3% en Styrie, o&#249; il a par ailleurs des &#233;lus municipaux, notamment dans la capitale de la r&#233;gion, Graz). Au cours de ces m&#234;mes &#233;lections, l'extr&#234;me-droite a bondi de 15 &#224; 29% (avec deux partis), talonnant le Parti socialiste (SP&#214;, 29,7%) et d&#233;passant le Parti conservateur (25%).], o&#249; la pouss&#233;e de l'extr&#234;me-droite au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es a cr&#233;&#233; une situation tr&#232;s particuli&#232;re. Et ce n'est plus le cas en Italie apr&#232;s les derni&#232;res &#233;lections nationales et europ&#233;ennes et la d&#233;b&#226;cle de Rifondazione comunista. Ces diff&#233;rences peuvent expliquer la tonalit&#233; de certaines r&#233;ponses.
Le questionnaire de Transform ! fait r&#233;f&#233;rence d'embl&#233;e, comme on l'a dit, au lien avec les &#171; politiques pragmatiques du quotidien &#187;. Ce qui, sans le dire, laisse entendre que la vision &#171; gradualiste &#187;, pour reprendre une expression d&#233;j&#224; cit&#233;e, fait implicitement l'accord entre les r&#233;dacteurs du questionnaire. Il ne saurait donc s'agir ici que d'une des lectures possibles de la r&#233;alit&#233; de la gauche de la gauche en Europe, &#224; travers le prisme singulier du r&#233;seau Transform !.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Questions de vocabulaire, questions d'identit&#233;...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les termes qui sont utilis&#233;s pour d&#233;signer les groupes &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie ? Le questionnaire sugg&#232;re quelques r&#233;ponses : &#171; gauche radicale &#187;, &#171; socialistes de gauche &#187;, &#171; gauche de transformation &#187;, &#171; gauche de la gauche &#187;, tout en utilisant syst&#233;matiquement celui de &#171; gauche radicale &#187;[La r&#233;ponse &#171; fran&#231;aise &#187; (Espaces Marx, Parti de gauche, etc.) pr&#233;cise qu'on ne parle gu&#232;re de gauche radicale, le PCF pr&#233;f&#233;rant dire &#171; courant &#224; gauche du Parti socialiste &#187; et le parti de gauche &#171; L'autre gauche &#187;. Elle rappelle aussi la paternit&#233; historique de la tribune du Monde &#171; Pour une gauche de gauche &#187; (P. Bourdieu et alii, avril 1998).].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Autriche, on parle de &#171; Gauche radicale &#187; ou simplement de &#171; Gauche &#187; pour d&#233;signer, &#224; gauche de la social-d&#233;mocratie, &#171; les secteurs de la soci&#233;t&#233; qui travaillent &#224; un changement de syst&#232;me &#187;. Plus explicitement, cela comprend &#171; le Parti communiste, le mouvement f&#233;ministe, la gauche autonome, et aussi quelques sectes d'extr&#234;me gauche, surtout trotskistes, dans le secteur de l'immigration, et aussi mao&#239;stes et staliniennes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour l'Institut Nikos Poulantzas, &#171; d&#233;crire la gauche radicale grecque n'est pas chose ais&#233;e &#187;. Reflet de l'embarras devant les r&#233;cents &#233;v&#233;nements dans le pays ? L'Institut consid&#232;re en tout cas qu'il s'agit &#171; probablement de la situation la plus compliqu&#233;e sur la sc&#232;ne politique en Europe, ce qui inclut les pays qui ont &#233;merg&#233; il y a quelque vingt ans du soi-disant socialisme existant &#187;. L'explication serait dans l'existence d'une tendance &#224; multiplier les factions entre et au sein m&#234;me des organisations et partis qui repr&#233;sentent la gauche radicale en Gr&#232;ce. Plus concr&#232;tement, Synapismos et l'alliance Syriza constituent &#171; l'expression la plus repr&#233;sentative de la gauche radicale grecque &#187;. Mais il existe aussi une &#171; alliance &#187;, Antarsia, beaucoup plus petite et qui regroupe des groupes extra-parlementaires et des organisations, ainsi que le parti communiste &#171; anciennement pro-sovi&#233;tique &#187;, le KKE.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Ruurik Holm et Laura Tuominen, animateurs du Forum de gauche, qui ont r&#233;dig&#233; le texte sur la Finlande, il n'existe qu'une force organis&#233;e &#224; la gauche de la social-d&#233;mocratie[Traditionnellement, le pays compte deux partis &#171; gouvernementaux &#187;, le centre et les sociaux-d&#233;mocrates. Aux &#233;lections de 2007, c'est toutefois un parti conservateur qui a cr&#233;&#233; la surprise. L'Alliance de gauche et les Verts r&#233;unissent chacun autour de 8% des voix.], l'Alliance de gauche. Mais elle n'a pas &#171; n&#233;cessairement une position tr&#232;s radicale &#187;. Beaucoup de membres de l'Alliance trouvent le terme gauche radicale inadapt&#233;. Il n'est d'ailleurs gu&#232;re utilis&#233; dans le d&#233;bat public. &#171; L'Alliance de gauche n'est ni un parti socialiste, ni un parti communiste mais appartient au &#8220;courant d'id&#233;es socialiste&#8221;. Ce qui veut dire que si le mot socialisme a un sens, cela pourrait &#234;tre celui de mot-cl&#233; identitaire pour les membres de l'Alliance de gauche. Ce qui ne pr&#233;juge pas de la proportion de ces membres qui, individuellement, se reconna&#238;traient dans ce mot, quelle que soit la signification retenue. Qui plus est, le socialisme comme recherche de l'&#233;galit&#233; comme le d&#233;finit le programme du parti peut tr&#232;s bien &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une &#233;conomie capitaliste avec quelques contraintes relatives &#224; la fa&#231;on acceptable de faire du profit, c'est-&#224;-dire un &#8220;capitalisme &#224; visage humain&#8221; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Italie, pour Alfonso Gianni[Journaliste et ancien d&#233;put&#233; italien de Rifondazione Comunista. A quitt&#233; ce parti apr&#232;s son dernier congr&#232;s pour fonder Sinistra Ecologia Libert&#224;.] qui signe la contribution de Transform ! Italie, &#171; La gauche radicale, ce sont les forces qui se situent &#224; gauche du Parti d&#233;mocrate. Cela ne comprend pas l'Italie des valeurs (Italia dei Valori), le parti de Antonio Di Pietro, qui est plut&#244;t du &#8220;centre extr&#234;me&#8221; &#187;[Ce &#171; diagnostic &#187; est confirm&#233; par le fait que les 7 &#233;lus de ce parti aux derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes (8,08% des voix) se sont inscrits au groupe lib&#233;ral (Alliance des d&#233;mocrates et des lib&#233;raux pour l'Europe-ALDE) du Parlement europ&#233;en (contrairement aux deux &#233;lus de la l&#233;gislature pr&#233;c&#233;dente, dont Antonio Di Pietro, l'ancien magistrat de l'op&#233;ration &#8220;Mains propres&#8221; et fondateur du parti, lui-m&#234;me), qui avaient quitt&#233; le groupe lib&#233;ral pour adh&#233;rer aux groupe du Parti socialiste europ&#233;en. Au plan national, Italia dei Valori a cependant pass&#233; une alliance &#233;lectorale avec le Parti d&#233;mocrate dans la plupart des r&#233;gions.].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; La gauche radicale (ou, de pr&#233;f&#233;rence, la gauche alternative) est maintenant libre (sic) de toute repr&#233;sentation parlementaire, tout en &#233;tant pr&#233;sente de mani&#232;re consistante dans les gouvernements des r&#233;gions, des provinces et les municipalit&#233;s. &#187; Pour l'auteur, il existe aussi des &#171; positions radicales, ou tout au moins des positions alternatives int&#233;ressantes dans le Parti d&#233;mocrate ou dans Italia dei Valori &#187;. Ce qui veut dire que la reconstruction de la gauche (sans adjectif) passera pour lui par &#171; un processus compliqu&#233; dont les protagonistes seront l'actuelle gauche alternative, les mouvements sociaux, la gauche au sens large, les composantes critiques des partis d&#233;mocrate et Italia dei Valori, processus qui r&#233;unira l'opposition au bloc social qui domine politiquement aujourd'hui. Il suppose la mise au point d'un programme identitaire de la gauche &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Questions de voies et de moyens&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Par quels moyens r&#233;aliser un changement social profond ? Le questionnaire sugg&#232;re entre autres : r&#233;forme ou r&#233;volution, changement du r&#233;gime de la propri&#233;t&#233;, h&#233;g&#233;monie culturelle ou contr&#244;le du pouvoir d'&#201;tat. Le mot transformation est-il utilis&#233; dans les textes et les programmes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Ruurik Holm et Laura Tuominen, on ne parle gu&#232;re de &#171; transformation &#187; en Finlande. Est en cause pour eux le &#171; manque de vision d'un id&#233;al alternatif auquel la transformation devrait conduire &#187;. L'Alliance de gauche recherche plut&#244;t des changements par les voies parlementaire et municipale, ainsi que sur le march&#233; du travail. Le parti est en effet influent dans le mouvement syndical (le taux de syndicalisation est de 70%), notamment dans certaines f&#233;d&#233;rations. Mais &#171; la plupart des luttes o&#249; la gauche est impliqu&#233;e sont d&#233;fensives par nature &#187;. Par ailleurs, le parti s'appuie principalement sur &#171; des id&#233;es social-d&#233;mocrates traditionnelles ou sur le socialisme &#233;tatique &#187; en mati&#232;re d'&#233;conomie et de travail. Ce qui expliquerait qu'on ne lui fait pas confiance pour gouverner. &#171; L'&#233;chec du socialisme dirig&#233; d'en haut, les changements culturels profonds de l'&#232;re post-industrielle qui commence, la globalisation de l'&#233;conomie sont clairement des obstacles pour un compromis fordiste du type des ann&#233;es 1970, mais ni la direction ni le groupe parlementaire du parti ne semblent r&#233;aliser totalement ce fait &#187;. Pourtant, des id&#233;es nouvelles ont &#233;merg&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; commencer par celle du Forum de gauche lui-m&#234;me, qui est un outil pour &#171; reprendre l'initiative dans le d&#233;bat politique &#187;. Le parti a cr&#233;&#233; de nouvelles sections, notamment dans les villes universitaires, avec un certain succ&#232;s. Il a des soutiens chez les &#233;tudiants et les intellectuels, en partie parce qu'il a &#233;t&#233; le seul &#224; s'opposer &#224; la r&#233;forme n&#233;o-lib&#233;rale de l'Universit&#233; au cours d'un vote d&#233;cisif au Parlement. &#171; Apr&#232;s un long silence, l'intelligentsia de gauche semble &#234;tre engag&#233;e dans un processus de r&#233;g&#233;n&#233;ration &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Autriche, dans les groupes que Transform ! Autriche classe dans la gauche radicale, on parle de changement de syst&#232;me ou d'abolition du capitalisme plut&#244;t que de transformation. Mais, comme le parti communiste par exemple &#171; pose les questions de distribution, de justice sociale et de luttes f&#233;ministes, il indique une voie pour abolir le capitalisme pas &#224; pas. &#187; On parle d'anticapitalisme aussi bien que de communisme et de socialisme, &#171; ce dernier &#233;tant toujours combin&#233; avec d&#233;mocratie pour se diff&#233;rencier du concept stalinien de socialisme. &#187; Parall&#232;lement, &#171; l'anticapitalisme doit toujours &#234;tre associ&#233; au f&#233;minisme et &#224; l'internationalisme &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le parti (communiste) veut &#171; changer l'h&#233;g&#233;monie culturelle, en luttant au sein d'alliances sociales et politiques &#187;. Cela concerne le r&#233;gime de propri&#233;t&#233; et de distribution aussi bien que des droits fondamentaux comme &#171; un revenu de base et l'&#233;ducation pour tous &#187;. On ne parle pas du &#171; couple r&#233;forme/r&#233;volution en le nommant ainsi mais en fin de compte, il s'agit bien d'une d&#233;marche pas &#224; pas vers l'h&#233;g&#233;monie &#187;. Ce n'est pas, r&#233;f&#233;rence sans doute &#224; la situation politique dans le pays, un &#171; &#8220;populisme de gauche&#8221; car il faut montrer les contradictions et les conditions injustes et rendre les gens capables de penser par eux-m&#234;mes et de formuler leurs propres demandes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Transform ! Autriche, une des conditions pour un changement h&#233;g&#233;monique transformateur serait la mobilisation des syndicats &#171; qui sont relativement forts en Autriche mais malheureusement non critiques &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me &#187;, ainsi que celle des mouvements d'&#233;tudiants, de femmes, etc. Il y a &#233;videmment ici toutes les caract&#233;ristiques d'une organisation sans influence politique significative dans le pays et qui voudrait par cons&#233;quent s'appuyer sur les mouvements sociaux (sans, apparemment au moins, la pr&#233;tention pass&#233;e des partis communistes &#224; vouloir en &#234;tre l'avant-garde dirigeante).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;passer le capitalisme est le but commun &#224; la gauche alternative italienne. Comment, pourquoi et pour quoi est cependant l'objet de d&#233;saccords profonds. La question en d&#233;bat aujourd'hui est rarement celle du type de soci&#233;t&#233; &#224; construire. Tout au plus parle-t-on de socialisme, parfois de socialisme du xxie si&#232;cle, par r&#233;f&#233;rence aux r&#233;flexions en cours en Am&#233;rique latine. Pour d'autres composantes de la gauche alternative, le mot de socialisme est totalement &#233;tranger voire impronon&#231;able. &#171; Nous nous d&#233;finissons plus souvent comme anticapitalistes[Il faut noter que c'est le label choisi (Liste anticapitaliste), apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle aux &#233;lections l&#233;gislatives de 2008, pour les &#233;lections europ&#233;ennes de 2009 pour la coalition qui a r&#233;uni Rifondazione Comunista, le Parti des communistes italiens (PdCI) et d'autres groupes de moindre importance. Cette liste n'a obtenu aucun si&#232;ge, faute d'atteindre la (nouvelle) barre des 4%.], car dire en d&#233;tails ce qui viendra apr&#232;s le capitalisme est beaucoup plus difficile. Ce qui doit &#234;tre retenu pour la future soci&#233;t&#233; est sujet de d&#233;bat. La question de la propri&#233;t&#233; publique n'est pas la place qu'elle a en Am&#233;rique latine ou dans les pays anglo-saxons. Les plus dogmatiques se contentent de parler de l'abolir, sans toujours tenir compte des diff&#233;rences avec la situation il y a un si&#232;cle. D'autres ne l'&#233;voquent pas du tout. Pourtant, le th&#232;me m&#234;me de la d&#233;fense des biens communs est tr&#232;s pr&#233;sent dans l'opinion publique, comme le montre le succ&#232;s de la collecte de signatures pour un r&#233;f&#233;rendum contre la privatisation de l'eau. Il faudrait donc une r&#233;flexion th&#233;orique sur la place de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, dans quelles conditions et avec quelles limites &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a d&#233;bat aussi entre ceux qui pensent que parler de r&#233;volutionnaires et de r&#233;formistes n'a plus de sens et qu'il faudrait raisonner en termes de transformation de la soci&#233;t&#233;, et ceux qui consid&#232;rent que ces cat&#233;gories doivent &#234;tre conserv&#233;es et font partie de l'identit&#233; commune. C'est le noyau th&#233;orique du conflit qui a &#233;clat&#233; au dernier congr&#232;s de Rifondazione comunista et a conduit &#224; une scission, avec notamment la fondation de Sinistra Ecologica Libert&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Gr&#232;ce, &#171; d&#233;passer le capitalisme fait bien entendu partie de l'identit&#233; de la gauche radicale &#187;. C'est le cas pour la &#171; majorit&#233; des membres de Synapismos et de Syriza &#187;. &#171; Cependant, il ne fait aucun doute que le contenu de la &#8220;transformation&#8221;, la fr&#233;quence &#224; laquelle on s'y r&#233;f&#232;re et ce qu'elle connote, varient beaucoup &#187;. Dans Synapismos, elle sert de rep&#232;re &#171; &#224; la majorit&#233; de gauche du parti pour se d&#233;marquer de la minorit&#233; r&#233;formiste &#187;. Elle est utilis&#233;e aussi pour d&#233;crire &#171; la transition humaniste du marxisme (avec sa r&#233;f&#233;rence &#224; &#8220;l'&#233;mancipation&#8221;, etc.) alors que le KKE en reste &#224; une sorte de nostalgie des r&#233;gimes du socialisme existant en Europe centrale et orientale. &#187; En m&#234;me temps, Synapismos consid&#232;re comme politiquement non pertinents une r&#233;f&#233;rence et un engagement &#171; anti-syst&#233;miques &#187; explicites car le d&#233;bat &#224; ce sujet a divis&#233; Syriza. En somme, Synapismos, &#171; le parti de la gauche r&#233;novatrice radicale &#187;, comme il aime &#224; s'appeler, est certes la principale force de la gauche radicale grecque. Mais, &#171; ses &#233;quilibres internes de pouvoir n'ont pas permis de d&#233;velopper une strat&#233;gie claire pour la &#8220;transformation (sociale)&#8221;. Au moins tacitement et symboliquement, il semble &#234;tre rest&#233; dans les limites du r&#233;formisme et du gouvernementalisme doux. Cependant, les exceptions &#224; cette strat&#233;gie, sont de plus en plus fr&#233;quentes, gr&#226;ce surtout &#224; la participation du parti aux mouvements pour la justice sociale (droits civils, Forums sociaux, etc.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi les voies et les moyens de la &#171; transformation &#187;, la violence reste-t-elle une option possible &#224; gauche de la gauche ? Est-elle d&#233;nonc&#233;e ou accept&#233;e comme un outil possible pour le processus de transformation. La question para&#238;t &#234;tre sans objet en Finlande (&#171; La question ne vient presque jamais dans le d&#233;bat politique &#187;) et en Autriche (&#171; La violence n'est jamais une solution &#187;). En Italie, certains &#171; l'excluent absolument, d'autres non, d'autres encore la consid&#232;rent comme un aspect indispensable de la lutte de classes. Bien s&#251;r, la non-violence n'est pas la passivit&#233;. Elle ne veut pas dire qu'il n'est pas possible de gifler un policier, mais signifie essentiellement qu'on accepte l'id&#233;e que la transformation de la soci&#233;t&#233; passe par un processus de conqu&#234;te du consensus et de lieux strat&#233;giques du pouvoir &#187;. Bien entendu, devant un r&#233;gime totalitaire et r&#233;pressif, cela changerait. &#171; En d'autres mots, la non-violence n'est pas un choix religieux-id&#233;ologique mais une forte option strat&#233;gique, li&#233;e aux conditions concr&#232;tes &#187;. En Gr&#232;ce, la question est d'une grande importance pour la transformation sociale, surtout depuis les &#233;meutes de d&#233;cembre 2008 et les actes terroristes qui ont suivi. Synapismos &#171; d&#233;nonce la violence aveugle &#187;. Pour ce parti, la violence est, historiquement, celle des pouvoirs &#233;tablis et non celle du &#8220;mouvement progressiste de gauche&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Edito du num&#233;ro 13. Vous avez dit &#171; populisme &#187; ?</title>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>La d&#233;gradation du &#171; climat politico-m&#233;diatique &#187; en France ces derni&#232;res semaines est imput&#233;e par nombre de commentateurs, en premier lieu bien s&#251;r les plus favorables au gouvernement actuel, &#224; la mont&#233;e d'un populisme hostile aux &#233;lites, qui annoncerait les futurs succ&#232;s de l'extr&#234;me-droite et la perc&#233;e parall&#232;le de l'abstention populaire. Il est pourtant bien difficile de pr&#233;voir dans quelle direction les affaires actuelles, en particulier l'affaire Woerth-Bettencourt qui occupe aujourd'hui1 le devant de (...)

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&lt;a href="https://www.savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;gradation du &#171; climat politico-m&#233;diatique &#187; en France ces derni&#232;res semaines est imput&#233;e par nombre de commentateurs, en premier lieu bien s&#251;r les plus favorables au gouvernement actuel, &#224; la mont&#233;e d'un populisme hostile aux &#233;lites, qui annoncerait les futurs succ&#232;s de l'extr&#234;me-droite et la perc&#233;e parall&#232;le de l'abstention populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_31 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/SA13-1-Edito.pdf&quot; title='PDF - 273 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://www.savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 273 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Edito n&#176; 13&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il est pourtant bien difficile de pr&#233;voir dans quelle direction les affaires actuelles, en particulier l'affaire Woerth-Bettencourt qui occupe aujourd'hui1 le devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique, vont peser sur les repr&#233;sentations collectives des citoyens fran&#231;ais, si elles le font jamais. Tout d&#233;pend de l'issue d'une lutte symbolique tr&#232;s ouverte (comme on dit en sport) pour l'interpr&#233;tation dominante de cette nouvelle crise et, &#233;videmment, de l'intensification de celle-ci.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; un gouvernement pouss&#233; dans ses retranchements, qui recourt &#224; une rh&#233;torique d&#233;nonciatrice inhabituelle au sein d'une &#171; d&#233;mocratie apais&#233;e &#187;, quintessence de la &#171; soci&#233;t&#233; lib&#233;rale avanc&#233;e &#187;, la dynamique journalistique des r&#233;v&#233;lations a conduit &#224; une rapide judiciarisation : ouverture de plusieurs enqu&#234;tes, audition de t&#233;moins, etc. Celle-ci a, de toute &#233;vidence, autant pour fonction de purifier rapidement les dirigeants en cause (en premier lieu &#201;ric Woerth) et de r&#233;tablir ainsi leur autorit&#233; politique vacillante, que de r&#233;pondre &#224; une demande de clarification &#233;manant des citoyens. Loin de parvenir au but recherch&#233;, ce processus a d'ailleurs pour l'instant surtout contribu&#233; &#224; &#233;tendre &#224; la Justice la perte de confiance dans certaines institutions publiques qui affecte d&#233;sormais de larges secteurs de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plupart des interpr&#232;tes ne saisissent qu'un aspect particulier de cette crise, pr&#233;alablement cadr&#233;e par des cat&#233;gories assez limit&#233;es, comme la question du financement des partis politiques, qui fait son grand retour apr&#232;s quelques ann&#233;es d'&#233;clipse, celle de l'ind&#233;pendance de la justice, r&#233;currente sous le r&#233;gime Sarkozy (d&#232;s le d&#233;but caract&#233;ris&#233; par un contr&#244;le politique accru sur le pouvoir judiciaire2), celle du r&#244;le du &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187; m&#233;diatique, lui aussi menac&#233; par des d&#233;rives autoritaires de plus en plus affirm&#233;es3, ou encore celle du trafic d'influence, des liens troubles et cach&#233;s entre monde politique et monde des affaires4, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tr&#232;s peu de commentateurs insistent sur le lien structurel, pourtant &#233;troit, entre la logique de d&#233;fiance qui affecte l'ancien ministre du Budget et le gouvernement, et un contexte de politique publique issu de la crise financi&#232;re mondiale, marqu&#233; depuis plusieurs semaines par le choix d'une restriction massive des d&#233;penses publiques, avec dans le cas fran&#231;ais une r&#233;forme des retraites particuli&#232;rement brutale et injuste, d&#233;fendue par le m&#234;me ministre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car que se passe-t-il, finalement ? L'on d&#233;couvre que l'enjeu fiscal est plus que jamais au centre de tout le d&#233;bat public. Nicolas Sarkozy a avant tout &#233;t&#233; &#233;lu en tant que porteur d'un programme de r&#233;duction de la fiscalit&#233; sur les hauts revenus et les patrimoines, symbolis&#233;e par le &#171; bouclier fiscal &#187; et, plus largement, par tout un ensemble de mesures favorables aux acteurs &#233;conomiques. Ce programme n'a pas &#233;t&#233; abandonn&#233; avec la crise : au contraire, il a &#233;t&#233; en quelque sorte l&#233;gitim&#233; par le choix d'une politique de relance elle-m&#234;me tr&#232;s favorable aux entreprises, &#171; stimulation fiscale &#187; qui a creus&#233; l'endettement de l'&#201;tat tout en permettant aux banques et entreprises industrielles de supporter le choc &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;ric Woerth a-t-il favoris&#233; fiscalement, ill&#233;galement, certaines grandes fortunes familiales, en l'occurrence celle de Madame Bettencourt ? Celle-ci a-t-elle, en contrepartie de divers services fiscaux, aid&#233; le candidat de l'UMP &#224; contourner la loi sur le financement des partis politiques et &#224; emporter l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2007 ? Propri&#233;taire d'une &#238;le aux Seychelles, de comptes en Suisse, celle-ci avait-elle vraiment besoin, en plus, d'un coup de pouce venu d'en haut pour &#233;chapper aux r&#232;gles fiscales fran&#231;aises, dans un monde o&#249; le capital se joue si facilement de tout contr&#244;le5 ? Peu importe, finalement, les r&#233;ponses &#224; ces questions. Elles int&#233;ressent la Justice et, bien s&#251;r, sont potentiellement lourdes de cons&#233;quences politiques et m&#233;diatiques. Ind&#233;pendamment de ces faits, la crise a r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour l'&#233;tat d'avancement d'un processus de privatisation de l'&#201;tat fiscal engag&#233; depuis plusieurs ann&#233;es et que la mont&#233;e en puissance de Nicolas Sarkozy n'a fait que renforcer, nourrissant au passage l'endettement public, en France comme d'ailleurs dans tous les pays soumis aux politiques n&#233;olib&#233;rales6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce processus a consist&#233; en un d&#233;veloppement tentaculaire et de plus en plus complexe d'un syst&#232;me d'interd&#233;pendances &#233;troites entre des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et des int&#233;r&#234;ts politiques qui se servent mutuellement. La division du travail au sein de la famille Woerth incarne bien l'imbrication de ces transactions politiques et financi&#232;res au sommet : en position de rechercher des soutiens parmi les d&#233;tenteurs de capital, les m&#234;mes acteurs contr&#244;lent l'&#233;laboration de la l&#233;gislation fiscale et son application la moins douloureuse pour leurs soutiens. Trop sch&#233;matique lorsqu'elle est pos&#233;e de fa&#231;on a-historique et dogmatique, l'hypoth&#232;se marxiste d'un &#201;tat-instrument aux mains de la grande bourgeoisie, en particulier de l'oligarchie financi&#232;re, a ainsi tendu &#224; devenir toujours plus proche de la v&#233;rit&#233; dans la phase r&#233;cente de mondialisation. Apr&#232;s le &#171; retour de Keynes &#187;, voici donc le &#171; retour de Marx &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les acteurs qui ont particip&#233; au premier plan au renforcement des in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques en permettant aux plus riches de limiter leur contribution fiscale &#224; la solidarit&#233; nationale, et du m&#234;me coup qui ont favoris&#233; l'endettement public, sont ceux-l&#224; m&#234;mes qui annoncent, depuis 2008, la &#171; refondation morale &#187; du capitalisme ! Celle-ci, apr&#232;s s'&#234;tre donn&#233; pour t&#226;che officielle la r&#233;gulation de la finance mondiale, qui attend toujours un d&#233;but r&#233;el de mise en &#339;uvre, consiste d&#233;sormais en une attaque radicale contre la fonction publique et contre les salari&#233;s, en particulier les plus modestes, &#224; travers la r&#233;forme des retraites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce &#171; conte immoral &#187;7, les d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des plus riches, qui n'ont cess&#233; d'&#233;roder la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; pr&#233;lever l'imp&#244;t, &#224; redistribuer les richesses de fa&#231;on plus juste, et ont mobilis&#233; leurs comp&#233;tences et leurs ressources pour limiter tout contr&#244;le &#233;tatique, toute r&#233;gulation m&#234;me partielle de leur soif de profit, s'attaquent d&#233;sormais plus directement aux services dont b&#233;n&#233;ficient les cat&#233;gories populaires et moyennes, ces services que les riches ne veulent justement plus financer. Face &#224; cette situation r&#233;voltante, l' &#171; &#233;conomie morale &#187; du peuple n'a gu&#232;re besoin de doctrine ou de discours id&#233;ologiques pour se r&#233;pandre&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &#171; populisme &#187; qui se fait jour n'est donc, en un sens, que l'expression de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique moderne : face &#224; la privatisation de l'&#201;tat fiscal, une &#171; refondation &#187; est en effet n&#233;cessaire. Cette refondation n&#233;cessitera, c'est vrai aussi, une rupture. Une rupture avec les &#233;lites politico-financi&#232;res qui ont d&#233;tourn&#233; la R&#233;publique &#8211; toujours officiellement d&#233;mocratique et sociale &#8211; &#224; leur profit. Une rupture avec le capitalisme financiaris&#233; et avec les int&#233;r&#234;ts qui le promeuvent. Une rupture qui permette enfin d'engager r&#233;solument une politique tourn&#233;e vers le d&#233;veloppement humain et vers la justice sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Apr&#232;s les r&#233;gionales, quel Front de gauche ?</title>
		<link>https://www.savoir-agir.org/Apres-les-regionales-quel-Front-de.html</link>
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		<dc:date>2010-06-08T11:56:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Weber</dc:creator>



		<description>La gauche a largement remport&#233; les &#233;lections r&#233;gionales de mars 2010. Certes, il faut tenir compte du fait que la caract&#233;ristique principale, et la plus inqui&#233;tante, du scrutin a &#233;t&#233; la tr&#232;s forte abstention, plus particuli&#232;rement mais pas seulement dans les zones populaires. Il reste qu'en additionnant les r&#233;sultats des listes de gauche, que le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur qualifie de mani&#232;re diverse et parfois contestable, on trouve un total de plus de 54% (dont 46,40% pour les listes dites d'Union de la (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La gauche a largement remport&#233; les &#233;lections r&#233;gionales de mars 2010.
Certes, il faut tenir compte du fait que la caract&#233;ristique principale, et la plus inqui&#233;tante, du scrutin a &#233;t&#233; la tr&#232;s forte abstention, plus particuli&#232;rement mais pas seulement dans les zones populaires. Il reste qu'en additionnant les r&#233;sultats des listes de gauche, que le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur qualifie de mani&#232;re diverse et parfois contestable, on trouve un total de plus de 54% (dont 46,40% pour les listes dites d'Union de la gauche, c'est-&#224;-dire celles correspondant aux r&#233;gions o&#249; socialistes, &#233;cologistes et gauche de la gauche ont fait liste commune au second tour). La droite d&#233;passe &#224; peine 35% et le Front national, certes pr&#233;sent seulement dans 17 r&#233;gions, n'atteint pas 10%.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/SA12-GaucheDeGauche.pdf&quot; class='spip_in' type='application/pdf'&gt;Lire l'article&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La gauche de gauche &#224; l'&#233;preuve des r&#233;gionales. Une configuration unitaire contrast&#233;e</title>
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		<description>Les listes pour les &#233;lections r&#233;gionales sont maintenant d&#233;pos&#233;es. Dernier avatar de ce feuillet&#233; &#224; multiples couches, combinaisons et partenaires : l'&#233;chec de la tentative de derni&#232;re heure du Parti socialiste de se sortir du gu&#234;pier constitu&#233; par Georges Fr&#234;che et ses amis et oblig&#233;s (socialistes mais aussi communistes) en proposant une liste commune, sous sa direction bien s&#251;r, &#224; Europe &#201;cologie et au Front de gauche. Une fois encore, l'espoir de voir la gauche de gauche rassembler ses forces &#8211; pas du (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les listes pour les &#233;lections r&#233;gionales sont maintenant d&#233;pos&#233;es. Dernier avatar de ce feuillet&#233; &#224; multiples couches, combinaisons et partenaires : l'&#233;chec de la tentative de derni&#232;re heure du Parti socialiste de se sortir du gu&#234;pier constitu&#233; par Georges Fr&#234;che et ses amis et oblig&#233;s (socialistes mais aussi communistes) en proposant une liste commune, sous sa direction bien s&#251;r, &#224; Europe &#201;cologie et au Front de gauche. Une fois encore, l'espoir de voir la gauche de gauche rassembler ses forces &#8211; pas du tout n&#233;gligeables comme le montre Fr&#233;d&#233;ric Lebaron avec l'exemple du Limousin d&#233;crit dans l'encadr&#233; &#8211; va &#234;tre tr&#232;s largement d&#233;&#231;u. Seule exception qui confirme la r&#232;gle : le Languedoc-Roussillon encore, o&#249; une liste unique rassemble NPA, Front de gauche et leurs alli&#233;s. Mais peut-&#234;tre que la pr&#233;sence encombrante et les d&#233;rapages scandaleux de Georges Fr&#234;che ont-ils jou&#233; un r&#244;le l&#224; aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_136 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/GDGauche-2.pdf&quot; title='PDF - 285.3 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://www.savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 285.3 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les listes pour les &#233;lections r&#233;gionales sont maintenant d&#233;pos&#233;es. Dernier avatar de ce feuillet&#233; &#224; multiples couches, combinaisons et partenaires : l'&#233;chec de la tentative de derni&#232;re heure du Parti socialiste de se sortir du gu&#234;pier constitu&#233; par Georges Fr&#234;che et ses amis et oblig&#233;s (socialistes mais aussi communistes) en proposant une liste commune, sous sa direction bien s&#251;r, &#224; Europe &#201;cologie et au Front de gauche. Une fois encore, l'espoir de voir la gauche de gauche rassembler ses forces &#8211; pas du tout n&#233;gligeables comme le montre Fr&#233;d&#233;ric Lebaron avec l'exemple du Limousin d&#233;crit dans l'encadr&#233; &#8211; va &#234;tre tr&#232;s largement d&#233;&#231;u. Seule exception qui confirme la r&#232;gle : le Languedoc-Roussillon encore, o&#249; une liste unique rassemble NPA, Front de gauche et leurs alli&#233;s. Mais peut-&#234;tre que la pr&#233;sence encombrante et les d&#233;rapages scandaleux de Georges Fr&#234;che ont-ils jou&#233; un r&#244;le l&#224; aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; gauche de la gauche, le &#171; grand &#187; schisme entre le Front de gauche et le NPA est intervenu d&#232;s le mois de novembre 20091. Le NPA se retrouvait isol&#233;, toutes les organisations ayant particip&#233; aux discussions entam&#233;es au mois de septembre &#8211; &#224; son initiative, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes &#8211; signant avec le Front de gauche une d&#233;claration commune le 17 d&#233;cembre. Sans surprise, celle-ci rappelait que &#171; [...] les listes qui nous rassembleront pour ces &#233;lections r&#233;gionales, r&#233;pondront &#224; trois objectifs indissociables : changer les rapports de force &#224; gauche en faveur de la ligne de transformation sociale et &#233;cologique ; battre la droite, emp&#234;cher Nicolas Sarkozy et l'UMP de reconqu&#233;rir des r&#233;gions pour en faire des relais de leur politique de r&#233;gression sociale, autoritaire, bas&#233;e sur la peur ; construire des majorit&#233;s solidement ancr&#233;e &#224; gauche, portant des projets vraiment alternatifs &#224; la logique du syst&#232;me en crise, un projet de transformation sociale et &#233;cologique que nous voulons porter jusque dans les ex&#233;cutifs, &#224; l'exclusion de tout accord avec le Modem, si les conditions de ces avanc&#233;es sont r&#233;alis&#233;es. &#187; Mais la pr&#233;sentation m&#234;me des organisations signataires introduisait une asym&#233;trie. Le texte, intitul&#233; &#171; Ensemble, pour des r&#233;gions &#224; gauche, solidaires, &#233;cologiques et citoyennes &#187;, &#233;tait en effet sign&#233; par : Le front de Gauche : Parti Communiste fran&#231;ais, Parti de Gauche, Gauche Unitaire et Les Alternatifs, R&#233;publique et Socialisme, La Fase, le M'Pep, le PCOF2. [c'est nous qui soulignons]. Le Front de gauche d'un c&#244;t&#233; et d'abord, les autres ensuite ! Cette approche allait conduire le Front de gauche, tout au moins selon certains des signataires, &#224; consid&#233;rer que la composition des listes lui revenait, les autres organisations obtenant tout au plus quelques strapontins. Mais cette premi&#232;re ligne de tension allait se doubler d'une seconde : au sein m&#234;me du Front de gauche, le Parti de gauche allait rapidement soup&#231;onner, non sans raison, le Parti communiste de tirer la couverture &#224; lui et de consid&#233;rer les listes communes comme des listes communistes ouvertes au Front de gauche. Le Monde a d&#233;crit la situation r&#233;sultant de ces conflits de la mani&#232;re suivante au lendemain du meeting de lancement de la campagne nationale le 10 janvier 2010 &#224; Paris : &#171; Pourtant depuis un mois, les communistes avaient du fil &#224; retordre avec leur turbulent alli&#233;. M&#233;content des r&#233;gions et d&#233;partements qui &#233;taient laiss&#233;s &#224; son parti, M. M&#233;lenchon avait menac&#233; de &quot;rentrer en faisant ses valises&quot;, paraphrasant Georges Marchais lors de la rupture de l'Union de la gauche en 1977.[...] L'accord a &#233;t&#233; sign&#233; la veille. Sachant que leur salut d&#233;pend de leur politique unitaire, les communistes se sont faits plus coulants. Le Parti de gauche a obtenu deux d&#233;partements de plus et trois t&#234;tes de listes d&#233;partementales en &#206;le-de-France. La Gauche unitaire de Christian Picquet, une r&#233;gion et quatre d&#233;partements et les Alternatifs obtiennent l'Alsace. Le reste sera pour le PCF, soit environ 90 &#224; 95 candidats pour 184 sortants. La fin des n&#233;gociations s'est faite au d&#233;triment des autres petites formations comme la F&#233;d&#233;ration pour une alternative sociale et &#233;cologique (Fase) et des personnalit&#233;s comme Cl&#233;mentine Autain ou Leila Chadli, minoritaire &quot;unitaire&quot; du NPA. &#187;3 On pourrait ajouter &#224; cela le refus de voir Patrick Braouezec conduire la liste commune en &#206;le de France. Plus g&#233;n&#233;ralement, la Fase, et &#224; travers elle les communistes unitaires, ont &#233;t&#233; une des principales victimes de cette situation. Il est int&#233;ressant de comparer la fa&#231;on dont les divers protagonistes &#233;valuent le r&#233;sultat final de ces discussions sur les listes. &#201;corch&#233;e vive en l'occurrence, la Fase ne retient qu'un nombre minimal de r&#233;gions o&#249; le texte du 17 d&#233;cembre a &#233;t&#233; mis en &#339;uvre. Partout ailleurs, elle rel&#232;ve ce qu'elle consid&#232;re comme des rejets ou des emp&#234;chements (voir le tableau ci-apr&#232;s)
&#201;lections r&#233;gionales 2010 - Le point sur la situation au 24 janvier 2010, en un tableau
Ce tableau essaie de synth&#233;tiser et d'organiser les informations connues, pour 21 r&#233;gions (celles de la France continentale, Corse et r&#233;gions ultramarines non prises en compte donc). Bien entendu, toute classification de ce genre a quelque chose d'arbitraire, et la singularit&#233; des situations ne peut pas &#234;tre rendue dans une telle synth&#232;se. On perd en finesse ce qu'on gagne en vue d'ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre lecture est &#233;videmment possible. Le Parti de gauche pr&#233;sente par exemple sur son site une image beaucoup plus positive. Gr&#226;ce &#224; une carte de France m&#233;tropolitaine interactive, on voit que le PG consid&#232;re qu'il y a mise en &#339;uvre de l'accord national dans la grande majorit&#233; des r&#233;gions. Les seules exceptions, dues &#224; la d&#233;cision des f&#233;d&#233;rations communistes de faire liste commune avec le PS d&#232;s le premier tour, sont pour lui la Bretagne (avec une liste comprenant des &#171; communistes favorables au Front de gauche &#187;), la Basse-Normandie (o&#249; la PG fait alliance avec le NPA), Champagne-Ardenne (o&#249; l'intitul&#233; m&#234;me de la liste indique la couleur : &#171; Liste anticapitaliste, &#233;cologiste et solidaire &#187;), la Lorraine (avec une liste NPA, PG et des &#171; communistes du Front lorrain de gauche &#187;), la Bourgogne (avec une liste NPA, Fase, PG et &#171; communistes de Bourgogne &#187;, avec le soutien de la f&#233;d&#233;ration de l'Yonne du PCF)
Concr&#232;tement, on constate donc des situations extr&#234;mement diverses. Au regard des alliances d'abord. Cela va de la quasi-unit&#233; &#224; gauche de la gauche, comme dans le Languedoc-Roussillon4, cit&#233; plus haut, &#224; la coexistence, peu pacifique parfois, de deux et souvent trois listes demandant peu ou prou une r&#233;orientation radicale, dans le sens antilib&#233;ral, des politiques mises en &#339;uvre au niveau des r&#233;gions. Avec une diff&#233;rence de taille entre elles cependant. Celles du Front de gauche n&#233;gocieront avec les socialistes et les Verts d&#232;s le soir du premier tour pour constituer une liste commune pour le deuxi&#232;me tour, &#224; condition qu'elles soient en situation de le faire, c'est-&#224;-dire qu'elles franchissent la barre des 5% des suffrages exprim&#233;s. Les listes du NPA ou de Lutte ouvri&#232;re, toujours &#224; condition de franchir cette barre, ne voudront pas d'une majorit&#233; de gestion et demanderont &#224; rester libres de leurs votes, notamment pour le budget. Ce qui, selon toute vraisemblance, leur sera refus&#233; et signifiera leur absence totale au second tour (il faudrait en effet qu'une de ces listes obtiennent 10% des voix pour pouvoir se maintenir sans fusion avec une autre). Reste &#224; savoir ce que feront les candidats du Front de gauche si la n&#233;gociation entre les deux tours inclut aussi le Modem. On peut s'attendre &#224; ce que ceux des communistes qui ont rejoint les listes socialistes d&#232;s le premier tour avalent aussi cette couleuvre-l&#224;. Pour les autres, le dilemme sera le m&#234;me que pour le NPA : sauf si la liste obtient 10% au premier tour, elle ne pourra pas se maintenir sans fusionner avec une autre. Dans le cas contraire, le risque existera d'une disparition pure et simple du conseil r&#233;gional, avec la perte des avantages mat&#233;riels, financiers et symboliques correspondants, sauf si les socialistes et les Verts d&#233;cident de favoriser l'unit&#233; &#224; gauche et, par cons&#233;quent, de ne pas les mettre dans une situation impossible. Il y a des r&#233;gions en tout cas, Poitou-Charentes par exemple, o&#249; le Modem est d&#233;j&#224; certain de figurer dans la future majorit&#233; du conseil r&#233;gional et tr&#232;s vraisemblablement dans son ex&#233;cutif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'encadr&#233; qui suit, Fr&#233;d&#233;ric Lebaron rend compte de la situation dans le Limousin, r&#233;gion de vieille tradition de gauche o&#249; l'unit&#233; a pu se faire, sans &#234;tre totale pour autant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour tenter d'avoir une vision concr&#232;te des n&#233;gociations, nous avons demand&#233; &#224; Christophe Ventura, secr&#233;taire national du PG et d&#233;sign&#233; &#224; ce titre pour &#171; suivre &#187; la r&#233;gion Centre, de nous faire part de cette exp&#233;rience. Il raconte : &#171; Les probl&#232;mes apparus dans les n&#233;gociations nationales &#233;taient peu lisibles au plan local. Comme tout est all&#233; vite, il fallait &#234;tre r&#233;actif &#224; tous les niveaux, et plus particuli&#232;rement entre les n&#233;gociateurs nationaux, le secr&#233;tariat national du PG et les instances r&#233;gionales. Il fallait r&#233;pondre vite &#224; toutes sortes de questions pos&#233;es au niveau r&#233;gional : o&#249; est-ce qu'on en est dans les n&#233;gociations nationales ? Le PC nous propose tant de places, faut-il accepter ? Que faire avec le NPA, avec les Alternatifs ? &#187;5&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Centre s'est r&#233;v&#233;l&#233; rapidement &#234;tre une r&#233;gion &#224; probl&#232;mes. En effet, le PC r&#233;gional ne savait pas au d&#233;part s'il allait suivre ou non l'accord national. &#171; Deux approches contradictoires existaient en son sein : y aller avec les socialistes ou chercher autre chose. Mais des probl&#232;mes semblables se posaient dans toutes les r&#233;gions. Le bureau national du PG a donc d&#233;cid&#233; d'&#233;largir l'&#233;quipe initialement d&#233;sign&#233;e pour suivre la campagne (&#201;ric Coquerel et Pascale Le N&#233;ouannic, les n&#233;gociateurs nationaux, Fran&#231;ois Delapierre, H&#233;l&#232;ne Franco, qui s'occupe de la commission des conflits). Chacun des vingt-et-un secr&#233;taires nationaux a donc &#233;t&#233; &quot;affect&#233;&quot; &#224; une r&#233;gion pour faire le lien entre le local, le national et les n&#233;gociateurs. Cela s'est mis en place &#224; la mi-d&#233;cembre. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'ajoutent &#224; cela des &#171; probl&#232;mes internes dans les comit&#233;s du PG de la r&#233;gion. Certains de ces groupes sont assez petits, il y a donc tendance &#224; amplifier les probl&#232;mes personnels, etc. Personnellement, cela m'a un peu d&#233;rout&#233; : je me suis toujours occup&#233; des questions internationales, &#224; Attac puis au PG. Je n'&#233;tais donc pas habitu&#233; &#224; ces conflits internes. Cela me pla&#238;t d'ailleurs tr&#232;s moyennement ! Mais il a fallu aller au charbon ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus concr&#232;tement, comment cette &#171; mission &#187; s'est-elle d&#233;roul&#233;e ? &#171; Le rythme a &#233;t&#233; intense entre le 20 d&#233;cembre et le 22 janvier. Et cela sur un double front : les difficult&#233;s avec le parti communiste, et les probl&#232;mes internes. Le fait que j'&#233;tais le &quot;Parisien&quot; a souvent calm&#233; les choses, alors qu'on pouvait craindre le contraire. En fait, cela a parfois trop bien pris, sur le mode : &quot;C'est toi qui sais, tu vas nous dire...&quot; Constatant que les militants se connaissaient peu d'un d&#233;partement &#224; l'autre (la r&#233;gion a 6 d&#233;partements), j'ai propos&#233; une r&#233;union commune le 29 d&#233;cembre, pour cr&#233;er un minimum de coordination. Cela a permis &#224; tout le monde, responsables et adh&#233;rents, de s'exprimer. La participation a &#233;t&#233; bonne, tous les comit&#233;s &#233;taient l&#224;. Une mise &#224; niveau donc, question information. J'ai pu faire le point, notamment sur les informations nationales. Cette r&#233;union a permis aussi de nommer un &#171; coordinateur r&#233;gional &#187;, Fr&#233;d&#233;ric Orelle, un ancien militant du PS, tr&#232;s respect&#233;. Il conna&#238;t le terrain et la plupart des gens. Ce qui m'a permis de me concentrer sur les liens entre les n&#233;gociateurs nationaux (y compris pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts du PG Centre !) et la coordination r&#233;gionale. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et les relations avec le Parti communiste ? &#171; J'ai pu travailler avec le PC, qui avait nomm&#233; un coordinateur r&#233;gional (mais pas de missi dominici national), un camarade plut&#244;t ouvert. C'est &#233;videmment autour de la liste qu'il y a eu conflit. Les projections donnaient 11 &#233;lus au Front de gauche (pour 13 communistes sortants, &#233;lus en 2004 avec le PS). Le deal national donnait 2 PG sur les 8 premiers &#233;lus (soit 6 PC). Localement la Gauche unitaire de Christian Piquet n'existe pas. Il y a des Alternatifs et quelques PCOF. Cela n'a pas &#233;t&#233; facile avec les communistes. D'abord &#224; cause de diff&#233;rences d'interpr&#233;tation de l'accord : pour eux, sur les dix premiers &#233;lus, les huit communistes &#233;taient en t&#234;te, suivis de 2 PG. Or l'accord disait deux dans les huit premiers, pas forc&#233;ment en derniers. Par ailleurs, leur proposition ne laissait rien pour les autres. Nous d&#233;fendions donc &#224; la fois notre place et celle des Alternatifs. Cela ne s'est pas fait au bout du compte, mais pour des raisons li&#233;es aux Alternatifs eux-m&#234;mes. Ils devaient avoir la t&#234;te de liste dans l'Eure et Loire. Mais leur candidat ne faisait pas l'unit&#233; chez eux. Il a convoqu&#233; une r&#233;union large, avec le NPA, pour faire une liste avec eux. Le Parti communiste n'a pas accept&#233;. Les Alternatifs ont finalement renonc&#233; &#224; leur place dans le Centre pour une autre en Aquitaine ! &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment expliquer ces difficult&#233;s, signal&#233;es aussi dans d'autres r&#233;gions6 ? &#171; Sur le fond, pour les communistes, il s'agissait de listes du Parti communiste ouvertes &#224; d'autres. Le coordinateur r&#233;gional du parti &#233;tait pour un accord. Mais derri&#232;re lui, la position &#233;tait autre. Ils ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; dire : &quot;Nous r&#233;cusons l'accord national&quot;, surtout dans le Cher. Nous sommes all&#233;s au clash. Ils voulaient non seulement un partage in&#233;quitable des places, mais, en plus, nous dire o&#249; nous aurions des &#233;lus. Vers la mi-janvier, apr&#232;s consultation avec Coquerel, nous avons dit : &quot;On arr&#234;te. Nous restons fid&#232;les &#224; l'accord national et vous d&#233;nions le droit d'utiliser le logo Front de Gauche. Et nous le ferons savoir.&quot; . On nous a r&#233;pondu : &quot;Vous &#234;tes irresponsables, les &#233;lecteurs de gauche vont &#234;tre contents d'apprendre que vous pulv&#233;risez les chances de la gauche !&quot; &#201;ric a alert&#233; Francis Parny, le &quot;n&#233;gociateur national&quot; du PCF et Marie-George Buffet. Cela a march&#233;, sans que nous sachions exactement pourquoi. Il faut dire que des meetings nationaux &#233;taient pr&#233;vus dans le Centre, notamment avec Marc Dolez et Martine Billard. Dolez et Billard ont menac&#233; de se d&#233;sister. Vingt-quatre heures apr&#232;s, le coordinateur du PC rappelle le n&#244;tre pour lui proposer un protocole d'accord. Ils acceptaient nos propositions pour la liste mais avaient pr&#233;par&#233; un pr&#233;ambule du style : &quot;Le PC a consid&#233;r&#233; que, pour le bien de la gauche, il permettra au PG, etc.&quot;. Il a fallu exiger une co-r&#233;daction de ce protocole, qui mette le PC et le PG &#224; &#233;galit&#233; de statut dans la construction des listes Centre, pour finalement boucler tout cela. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Encadr&#233; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La gauche de gauche presque unie en Limousin&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette r&#233;gion historiquement ancr&#233;e &#224; gauche, avec un conseil r&#233;gional sous forte h&#233;g&#233;monie socialiste (auquel participe depuis 1992 l'Alternative pour la d&#233;mocratie et le socialisme &#8211; ADS, cr&#233;&#233;e par Marcel Rigout, ancien ministre communiste de Pierre Mauroy, surtout implant&#233;e en Haute-Vienne7), le Front de gauche (10,07%) et le NPA (6,87%) ont totalis&#233; &#224; eux deux 16,95% des suffrages exprim&#233;s aux &#233;lections europ&#233;ennes de 2009, auxquels il faut ajouter les 1,29% de Lutte ouvri&#232;re (ce qui fait un total de plus de 18% &#224; gauche de la gauche). Face aux 22,10% du PS et aux 12,35% d'Europe &#233;cologie, les europ&#233;ennes ont donc donn&#233; &#224; cette &#171; gauche critique &#187; une position de force dont on pouvait penser qu'elle aurait des cons&#233;quences &#171; entra&#238;nantes &#187; sur le scrutin r&#233;gional.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une telle dynamique de r&#233;&#233;quilibrage interne &#224; la gauche risque pourtant de ne pas se prolonger. L'ADS, membre au niveau national de la F&#233;d&#233;ration pour une alternative sociale et &#233;cologique (Fase), a d&#233;cid&#233; &#224; l'issue d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale consensuelle en novembre 20098 de maintenir son alliance privil&#233;gi&#233;e avec le Parti socialiste et ses satellites, alors que le PCF, le NPA et le PG feront de leur c&#244;t&#233; liste commune. Cette division, qui peut sembler surprenante, trouve son fondement dans la structure politique de la Haute-Vienne, d&#233;partement le plus peupl&#233; de la r&#233;gion, o&#249; l'ADS a pr&#233;serv&#233;, depuis la scission du PCF dont cette petite organisation est issue, de nombreux &#233;lus locaux, souvent localis&#233;s dans des bastions comme la ville &#171; rouge &#187; de Saint-Junien, qui est le c&#339;ur de l'influence des &#171; communistes ADS &#187;, o&#249; la gauche r&#233;alise des scores impressionnants. Le maintien sur la longue dur&#233;e de ces nombreux postes &#233;lectifs repose largement sur des accords solides et durables avec le PS, renouvel&#233;s r&#233;guli&#232;rement depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990 ; celui-ci n'a sans doute pas manqu&#233; de mettre la poursuite de ces accords dans la balance des discussions, l'ADS, engag&#233;e dans la Fase, ayant pu envisager de tenter de prendre la t&#234;te d'une liste unitaire de la gauche de la gauche pour fusionner dans un second temps sur la base d'un rapport de forces solide. La perspective de vice-pr&#233;sidences quasi assur&#233;es n'a pas manqu&#233; de renforcer la tendance &#171; r&#233;aliste &#187; qui domine une organisation structur&#233;e autour d'&#233;lus disposant d'un capital symbolique local parfois notable, souvent issus du mouvement social (CGT, associations)9.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette situation illustre bien ce que l'on pourrait appeler les &#171; antinomies de la gauche de gauche &#187; : un capital d'&#233;lus parfois important cr&#233;e une forte interd&#233;pendance de la composante la plus gestionnaire (le plus souvent issue du PCF, mais pas toujours) avec le PS, monnay&#233;e en postes de responsabilit&#233; dans les &#171; ex&#233;cutifs &#187; des conseils g&#233;n&#233;raux et r&#233;gionaux ; &#224; l'oppos&#233;, les partis ou organisations sans &#233;lus, en position de &#171; challengers &#187;, peuvent b&#233;n&#233;ficier de dynamiques &#233;lectorales fond&#233;es sur une plus grande clart&#233; id&#233;ologique face &#224; des politiques publiques, qui, quelle qu'en soit l'intention initiale, poursuivent la &#171; gestion loyale du capitalisme &#187; en tentant de lui donner une couleur plus &#171; sociale &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Edito du num&#233;ro 11. Vers l'&#233;mergence d'une alternative globale ?</title>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Le sommet de Copenhague, confirmant les pr&#233;visions les plus pessimistes des observateurs internationaux, a cristallis&#233; ce qui pourrait devenir, dans les ann&#233;es et les d&#233;cennies qui viennent, le principal clivage politique &#224; l'&#233;chelle mondiale : celui qui oppose les tenants de l'am&#233;nagement graduel d'un syst&#232;me &#233;conomique fondamentalement in&#233;galitaire et instable, d'un &#171; capitalisme r&#233;gul&#233; &#187;, &#224; toutes celles et tous ceux qui consid&#232;rent que seule une rupture &#224; la fois radicale et progressive dans l'ordre (...)

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&lt;a href="https://www.savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le sommet de Copenhague, confirmant les pr&#233;visions les plus pessimistes des observateurs internationaux, a cristallis&#233; ce qui pourrait devenir, dans les ann&#233;es et les d&#233;cennies qui viennent, le principal clivage politique &#224; l'&#233;chelle mondiale : celui qui oppose les tenants de l'am&#233;nagement graduel d'un syst&#232;me &#233;conomique fondamentalement in&#233;galitaire et instable, d'un &#171; capitalisme r&#233;gul&#233; &#187;, &#224; toutes celles et tous ceux qui consid&#232;rent que seule une rupture &#224; la fois radicale et progressive dans l'ordre &#233;conomique et social mondial pourra permettre d'&#233;viter un encha&#238;nement de catastrophes, cons&#233;cutives &#224; la crise environnementale et aux dynamiques d&#233;mographiques et socio-&#233;conomiques du vingt et uni&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_135 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/Edito-2.pdf&quot; title='PDF - 202.2 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://www.savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 202.2 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ce clivage n'oppose pas les nations entre elles, m&#234;me si les pays dominant le syst&#232;me &#233;conomique mondial, &#201;tats-Unis en t&#234;te, ont sans aucun doute un int&#233;r&#234;t tr&#232;s imm&#233;diat &#224; pr&#233;server co&#251;te que co&#251;te les r&#232;gles du jeu qu'ils ont impos&#233;es par la force (militaire et symbolique) &#224; l'ensemble des peuples des diff&#233;rents continents : le sommet de Copenhague l'a amplement illustr&#233;. Il traverse les champs politiques nationaux, les espaces sociaux plus largement, et il prend des formes tr&#232;s diverses, selon les contextes particuliers aux diff&#233;rents pays. En Europe, la situation est particuli&#232;rement difficile pour les forces &#171; alternatives &#187;, car l'agenda n&#233;o-lib&#233;ral n'a gu&#232;re &#233;t&#233; troubl&#233; par la crise &#233;conomique mondiale et continue plus que jamais de dicter d'une main de fer les priorit&#233;s politiques, comme l'illustre aujourd'hui la &#171; crise grecque &#187; : r&#233;duction des d&#233;ficits et dettes publics, restriction brutale des d&#233;penses de l'&#201;tat, des collectivit&#233;s locales et des organismes de s&#233;curit&#233; sociale d&#233;j&#224; fragilis&#233;s par la crise. L'ajustement structurel qui s'&#233;bauche s'annonce tr&#232;s douloureux. La poursuite du d&#233;mant&#232;lement du &#171; mod&#232;le social europ&#233;en &#187; s'accompagne d'une faiblesse politique end&#233;mique de l'Union europ&#233;enne en tant qu'acteur transnational, la conduisant &#224; une &#233;trange conjonction de volontarisme verbal et de suivisme sans perspective, les deux &#233;tant particuli&#232;rement bien illustr&#233;s par la posture du pr&#233;sident fran&#231;ais. Faute de projet pour elle-m&#234;me autre que les &#171; r&#233;formes structurelles &#187; (lib&#233;ralisation des march&#233;s, mise en concurrence, d&#233;mant&#232;lement des services publics), la comp&#233;tition mondiale et la r&#233;duction du p&#233;rim&#232;tre de l'&#201;tat fiscal et social, l'Europe n'est nullement en mesure de peser dans le sens de la recherche d'une alternative globale &#224; un ordre mondial injuste. Il faudrait pour qu'elle le fasse un changement de cap radical, et pour commencer la cr&#233;ation d'un gouvernement &#233;conomique et politique clairement orient&#233; vers le projet d'une Europe sociale et une coop&#233;ration accrue avec les pays en d&#233;veloppement. Nous en sommes loin, alors que l'histoire des pays europ&#233;ens les a pourtant conduits &#224; mettre en place au vingti&#232;me si&#232;cle des institutions publiques et des modes d'organisation distincts des logiques marchandes : ce sont ces acquis qui constituent aujourd'hui des points de rep&#232;re pour des pays &#233;mergents d&#233;sireux de construire un &#201;tat social face &#224; l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique mondiale. Il faut dire que la faiblesse des forces &#233;cologistes et des courants de la &#171; gauche critique &#187;, notamment &#224; l'est de l'Europe, fait d&#233;sormais de cette r&#233;gion du monde l'un des bastions dans la poursuite du programme n&#233;o-lib&#233;ral &#224; l'&#233;chelle mondiale. Comment alors esp&#233;rer que l'Union europ&#233;enne puisse contribuer &#224; l'&#233;mergence d'une alternative globale ? La question ne concerne pas que l'Europe. Le temps n'est-il pas venu, apr&#232;s plus d'une d&#233;cennie de mouvement &#171; altermondialiste &#187;, de donner un peu plus de structure et de contenu &#224; un projet radical de changement au niveau plan&#233;taire ? Cette question, r&#233;currente depuis les premiers forums sociaux (mondiaux, r&#233;gionaux, etc.), qui les a souvent divis&#233;s, se pose aujourd'hui de fa&#231;on tr&#232;s crue face &#224; l'impuissance de mouvements organis&#233;s en r&#233;seau (syndicats, ONG, partis, &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt;&#8230;), qui restent fortement dispers&#233;s et &#233;miett&#233;s, &#224; peser sur l'action et le discours publics autrement qu'&#224; la marge ? La n&#233;cessit&#233; d'un &#171; nouvel internationalisme &#187;, pour reprendre l'expression de Pierre Bourdieu, peut-elle ne rester qu'une vaine rh&#233;torique, parfois nostalgique et souvent inefficace ? Les mod&#232;les d'&#171; internationale &#187; qui hantent l'esprit de beaucoup d'acteurs de la mouvance &#171; altermondialiste &#187; et des partis de gauche, ne doivent-ils pas enfin &#234;tre mis de c&#244;t&#233; au profit de la r&#233;flexion sur une forme nouvelle de force transnationale, qui se nourrirait de l'exp&#233;rience des forums sociaux sans f&#233;tichiser un acquis bien fragile ? &#192; l'&#233;chelle nationale, que pourrait signifier une telle orientation ? Elle supposerait tout d'abord que la priorit&#233; soit r&#233;ellement donn&#233;e &#224; des objectifs d'efficacit&#233; politique globale au d&#233;triment des int&#233;r&#234;ts organisationnels et de ceux, multiples et mouvants, des &#233;lites dirigeantes des mouvements politiques, syndicaux ou associatifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un programme de changement rapide, s'appuyant en premier lieu sur la promotion de taxes globales (comme la taxe Tobin qui revient aujourd'hui en gr&#226;ce au sein des &#233;lites politiques, mais sur un mode tr&#232;s limit&#233;) permettrait de construire une coalition de forces h&#233;t&#233;rog&#232;nes regroup&#233;es autour d'une s&#233;rie d'objectifs, plut&#244;t que de multiplier les &#171; cartels &#187; empil&#233;s les uns sur les autres et fond&#233;s sur des logiques difficilement compr&#233;hensibles dans les cat&#233;gories populaires. Mais les prochaines &#233;lections r&#233;gionales en France risquent surtout d'illustrer le d&#233;calage entre les enjeux difficiles auxquels les r&#233;gions vont devoir faire face dans le contexte de crise &#233;cologique, socio-&#233;conomique et de r&#233;formes n&#233;o-lib&#233;rales qui vont r&#233;duire leurs marges de man&#339;uvre, et la persistance de micro-luttes internes au champ politique pour l'occupation des positions, qui produisent une sorte de brouillage persistant en mati&#232;re d'orientation politique. En ordre de marche pour la reconqu&#234;te du pouvoir central, le Parti socialiste, d&#233;sormais en relation de concurrence avec la mouvance &#233;cologiste pour l'h&#233;g&#233;monie sur la gauche, ne s'inscrit pas dans la perspective d'une alternative globale. L'un de ses principaux repr&#233;sentants dirige le Fonds mon&#233;taire international, qui continue de soumettre les &#201;tats &quot;d&#233;faillants&quot; &#224; des th&#233;rapies de choc en mati&#232;re budg&#233;taire, taillant dans les d&#233;penses publiques et les salaires des fonctionnaires. Du c&#244;t&#233; des &#233;cologistes, les strat&#233;gies &#233;lectorales et institutionnelles &#224; court terme risquent de limiter l'ampleur de l'engagement de leurs repr&#233;sentants pour une v&#233;ritable alternative syst&#233;mique, comme le montre en Allemagne le cas des &lt;i&gt;Gr&#252;nen&lt;/i&gt;, devenus une force tr&#232;s impr&#233;gn&#233;e de n&#233;o-lib&#233;ralisme. Enfin, la &#171; gauche de la gauche &#187; part &#224; nouveau en ordre dispers&#233; faute d'avoir pu surmonter la tension entre opposition radicale (NPA) et volont&#233; d'efficacit&#233; rapide dans les institutions (Front de gauche). La construction d'une alternative globale ne pourra pourtant prendre corps que dans une dynamique politique impliquant des changements r&#233;els, perceptibles dans les cat&#233;gories populaires et mettant en cause des logiques structurelles de reproduction de l'ordre &#233;conomique et social ; elle suppose d&#232;s lors d'aller enfin au-del&#224; de la &#171; mise en r&#233;seau &#187; des forces de contestation et de favoriser des convergences plus concr&#232;tes et significatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du num&#233;ro 10. Retour &#224; la normale ?</title>
		<link>https://www.savoir-agir.org/Edito-du-numero-10-Retour-a-la.html</link>
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		<dc:date>2009-12-01T21:55:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Plusieurs mois de rally boursier, fond&#233; sur les obsessionnels &#171; signaux de reprise &#187; ont convaincu une majorit&#233; de commentateurs que la &#171; sortie de crise &#187; &#233;tait enfin en vue. Exemple paradigmatique de proph&#233;tie autor&#233;alisatrice, la reprise annonc&#233;e finirait ainsi par devenir un fait incontestable, impliquant, selon ces m&#234;mes commentateurs, des d&#233;cisions rapides, qualifi&#233;es de la formule &#171; strat&#233;gie de sortie de crise &#187; (exit strategy). Il s'agit de fermer d&#233;finitivement la &#171; parenth&#232;se &#187; ouverte en (...)

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&lt;a href="https://www.savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_25 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/SA10edito.pdf&quot; title='PDF - 167.5 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://www.savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 167.5 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Edito n&#176; 10&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs mois de &lt;i&gt;rally&lt;/i&gt; boursier [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Mouvement (sp&#233;culatif) de hausse prononc&#233;e mais &#233;ph&#233;m&#232;re sur un march&#233; (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], fond&#233; sur les obsessionnels &#171; signaux de reprise &#187; ont convaincu une majorit&#233; de commentateurs que la &#171; sortie de crise &#187; &#233;tait enfin en vue. Exemple paradigmatique de proph&#233;tie autor&#233;alisatrice [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Selon le concept de self-fulfilling prophecy d&#251; &#224; Robert K. Merton (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;], la reprise annonc&#233;e finirait ainsi par devenir un fait incontestable, impliquant, selon ces m&#234;mes commentateurs, des d&#233;cisions rapides, qualifi&#233;es de la formule &#171; strat&#233;gie de sortie de crise &#187; (&lt;i&gt;exit strategy&lt;/i&gt;). Il s'agit de fermer d&#233;finitivement la &#171; parenth&#232;se &#187; ouverte en octobre 2008, en mettant fin aux politiques mon&#233;taires tr&#232;s accommodantes, en enclenchant un retour rapide &#224; l'orthodoxie budg&#233;taire (d&#232;s 2010 selon le souhait de la Banque centrale europ&#233;enne), bref en soumettant &#224; un ajustement structurel des &#233;conomies d&#233;crites comme faisant face &#224; de dangereux d&#233;s&#233;quilibres, non &#171; soutenables &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2008, les &#201;tats ont sans doute sauv&#233;, au moins pour un temps, un mod&#232;le de d&#233;veloppement &#233;conomique assis sur la dynamique de la mondialisation financi&#232;re, donnant naissance &#224; un syst&#232;me de &lt;i&gt;capitalisme financier d'&#201;tat mondialis&#233;&lt;/i&gt;. Ils ont permis aux banques de r&#233;tablir sans grand changement leurs pratiques de r&#233;mun&#233;ration g&#233;n&#233;ratrices d'in&#233;galit&#233;s et d'instabilit&#233; chronique. Ils ont rendu possible le d&#233;marrage, encore incertain et quelque peu chaotique, d'un nouveau cycle d'euphorie sp&#233;culative fond&#233; sur la croissance &#224; nouveau exceptionnelle de l'&#233;conomie chinoise [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='La cr&#233;ation du &#171; Nasdaq chinois &#187; &#224; Shenzen vient de se traduire par une (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;], la &#171; r&#233;silience &#187; des pays &#233;mergents, le &#171; capitalisme vert &#187;, etc. Les paradis fiscaux ont pour l'instant r&#233;ussi &#224; &#233;viter une remise en cause frontale en signant divers accords de transparence qui ne modifient gu&#232;re leur fonction protectrice pour l'&#233;pargne financi&#232;re des plus riches ; les banques continuent de s'enrichir et de r&#233;mun&#233;rer dirigeants et &lt;i&gt;traders&lt;/i&gt; &#224; des niveaux exceptionnels : 2009 s'annonce un &#171; grand cr&#251; &#187; pour les profits bancaires et les bonus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, les gains reconstitu&#233;s de la finance mondiale ne dissipent pas un malaise diffus et persistant au sein des &#233;lites politiques et administratives globales, que l'on entend de plus en plus souvent affirmer que &#171; plus rien ne sera comme avant &#187;. Le sauvetage du syst&#232;me financier est pour l'instant presque sans contrepartie : la r&#233;gulation de la finance mondiale voulue par le G20 n'a que tr&#232;s peu progress&#233; ; les discours vell&#233;itaires ponctuels de quelques responsables confirment &lt;i&gt;a contrario&lt;/i&gt; la force des obstacles qu'ils rencontrent d&#232;s lors qu'ils envisagent de limiter, m&#234;me timidement, les marges de man&#339;uvre des acteurs financiers. La taxation accrue des profits des banques, qui irait dans le sens de la justice sociale, est rejet&#233;e par les gouvernements n&#233;o-lib&#233;raux, comme nous venons de le voir en France o&#249; l'on se targue pourtant d'&#234;tre &#224; l'avant-garde du mouvement r&#233;gulateur. Il ne restera bient&#244;t, en guise d'interventionnisme, que le choix, illustr&#233; r&#233;cemment par une Allemagne de moins en moins &#171; ordo-lib&#233;rale &#187; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Proches &#224; l'origine des d&#233;mocrates-chr&#233;tiens, les ordo-lib&#233;raux sont les (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;], de financer massivement un capitalisme industriel d&#233;faillant pour tenter de se faire une place dans un monde toujours plus concurrentiel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le contraste avec la r&#233;alit&#233; des mondes du travail est d'autant plus frappant : la progression rapide du ch&#244;mage, la pr&#233;carisation structurelle des classes populaires, en particulier de la classe ouvri&#232;re, se traduisent aussi par la crainte de perte d'emploi, et surtout par une ins&#233;curit&#233; &#233;conomique et sociale massive5. Celle-ci est loin de se r&#233;duire au &#171; stress &#187; suscit&#233; par les nouvelles m&#233;thodes de management, aussi dramatique soit-il ; il n'a rien &#224; voir avec le pr&#233;tendu attachement &#224; un statut, ainsi que voudraient le faire croire les id&#233;ologues n&#233;o-lib&#233;raux, jamais en manque de th&#232;mes porteurs pour renouveler sans fin la rh&#233;torique r&#233;actionnaire. &#192; l'&#233;chelle mondiale, la crise sociale s'amplifie et les classes populaires sont projet&#233;es dans une p&#233;riode d'incertitude accrue, qui oblit&#232;re l'avenir individuel et collectif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &#171; capitalisme vert &#187;, parfois pr&#233;sent&#233; comme l'une des issues de la crise, avec l'ensemble des innovations scientifiques et technologiques cens&#233;es &#171; bouleverser &#187; nos modes de vie dans les ann&#233;es qui viennent (nanotechnologies, th&#233;rapies g&#233;niques, etc.), est en passe de devenir une nouvelle illusion collective promue par tout l'appareil m&#233;diatico-industriel, l&#233;gitimant la persistance d'un ordre n&#233;o-lib&#233;ral centr&#233; sur les logiques marchandes et concurrentielles. Il est justifi&#233; par les constats r&#233;p&#233;t&#233;s d'une crise environnementale de plus en plus aigu&#235; et potentiellement incontr&#244;lable &#224; laquelle il est pourtant bien loin de r&#233;pondre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car le sommet de Copenhague sur le climat6, comme celui de Pittsburgh7 en mati&#232;re &#233;conomique, va tr&#232;s certainement confirmer le d&#233;calage abyssal entre le retour des discours volontaristes d'un c&#244;t&#233; et de l'autre les inflexions des politiques publiques lentes, partielles, ambigu&#235;s, le plus souvent encore tr&#232;s impr&#233;gn&#233;es de la &#171; religion du march&#233; &#187;. Face &#224; ces non-r&#233;ponses, la construction d'un projet alternatif est plus que jamais &#224; l'ordre du jour ; elle devrait autant mobiliser que la qu&#234;te d'une perspective politique enfin cr&#233;dible du c&#244;t&#233; des &#171; forces de transformation sociale &#187;, en France, en Europe et au-del&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Mouvement (sp&#233;culatif) de hausse prononc&#233;e mais &#233;ph&#233;m&#232;re sur un march&#233; boursier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Selon le concept de &lt;i&gt;self-fulfilling prophecy&lt;/i&gt; d&#251; &#224; Robert K. Merton (1949).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] La cr&#233;ation du &#171; Nasdaq chinois &#187; &#224; Shenzen vient de se traduire par une progression fulgurante des cours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Proches &#224; l'origine des d&#233;mocrates-chr&#233;tiens, les ordo-lib&#233;raux sont les inspirateurs de l'&#233;conomie sociale de march&#233;, qui se propose en principe de faire une synth&#232;se entre libert&#233; &#233;conomique et justice sociale. Succ&#232;s &#233;conomiques allemands aidant, toutes les forces politiques du pays se sont ralli&#233;es &#224; cette conception &#224; partir des ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du num&#233;ro 9. Un conte moral</title>
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		<dc:date>2009-09-13T21:05:00Z</dc:date>
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		<description>En septembre 2008, le syst&#232;me bancaire et financier des &#201;tats-Unis, infest&#233; par plusieurs milliers de milliards de dollars de cr&#233;ances douteuses issues du march&#233; immobilier, est au bord de l'effondrement, en particulier apr&#232;s la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers, annonc&#233;e le 15 septembre. La confiance dispara&#238;t : le march&#233; interbancaire s'arr&#234;te de fonctionner et les bourses de valeurs chutent lourdement partout dans le monde. Les banques centrales interviennent massivement : (...)

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&lt;a href="https://www.savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En septembre 2008, le syst&#232;me bancaire et financier des &#201;tats-Unis, infest&#233; par plusieurs milliers de milliards de dollars de cr&#233;ances douteuses issues du march&#233; immobilier, est au bord de l'effondrement, en particulier apr&#232;s la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers, annonc&#233;e le 15 septembre. La confiance dispara&#238;t : le march&#233; interbancaire s'arr&#234;te de fonctionner et les bourses de valeurs chutent lourdement partout dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les banques centrales interviennent massivement : injection de liquidit&#233;s, baisse rapide des taux d'int&#233;r&#234;t, adoption de politiques &#171; non conventionnelles &#187; de rachats d'actifs, financement direct de la dette publique dans certains pays comme le Royaume-Uni&#8230; Les directions du Tr&#233;sor recapitalisent les banques proches de la faillite pour leur &#233;viter le sort de Lehman Brothers et les dirigeants politiques annoncent &#224; diverses occasions que la contrepartie de leur aide sera une nouvelle &#171; r&#233;gulation &#187;, encore mal d&#233;finie, de la finance mondiale. La banque am&#233;ricaine Citigroup, par exemple, &#224; l'agonie, b&#233;n&#233;ficie d'&#233;normes recapitalisations successives (l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral d&#233;tenant &#224; un moment 40% de son capital), assorties de garanties d'actifs. Ce mod&#232;le de sauvetage sera largement reproduit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Confront&#233;s &#224; une dynamique r&#233;cessive extr&#234;mement prononc&#233;e &#224; partir de la fin 2008, les &#201;tats renoncent &#224; court terme &#224; l'objectif d'&#233;quilibre budg&#233;taire et engagent des fonds publics dans des &#171; plans de relance &#187;, d'un volume variable selon les pays (le plan Obama s'&#233;l&#232;ve &#224; 790 milliards de dollars, le plan chinois &#224; 600 milliards) qui ont pour but de limiter les effets macro&#233;conomiques d'un choc qui trouve principalement son origine dans la sph&#232;re financi&#232;re. Taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s faibles du c&#244;t&#233; des banques centrales et d&#233;ficits budg&#233;taires abyssaux des &#201;tats : les politiques &#171; keyn&#233;siennes &#187;, discr&#233;dit&#233;es par le succ&#232;s mondial du &#171; mon&#233;tarisme &#187; depuis les ann&#233;es 1970, reviennent en force. Elles s'accompagnent d'un bond sans pr&#233;c&#233;dent de la dette publique, qui avait &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e, peu de temps auparavant, comme un mal absolu par divers repr&#233;sentants des &#233;lites &#233;conomiques et politiques [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='On relira, sans sourire, le rapport P&#233;bereau de 2005, proph&#233;tiquement (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nouvelle volont&#233; de r&#233;gulation de la finance mondiale, affich&#233;e de sommet en sommet par les dirigeants de la plan&#232;te, touche &#224; divers domaines : les r&#233;mun&#233;rations des banquiers et des &lt;i&gt;traders&lt;/i&gt; jug&#233;es trop favorables &#224; la prise de risque et aux strat&#233;gies de court-terme, les &#171; paradis fiscaux &#187;, les comportements sp&#233;culatifs et opaques des &lt;i&gt;hedge funds&lt;/i&gt;, etc. Les politiques semblent avoir repris le dessus sur les financiers et les banquiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ordre mondial est &#233;branl&#233;. La domination des &#201;tats-Unis, source de graves d&#233;s&#233;quilibres commerciaux et financiers, est partiellement remise en cause : le r&#244;le du dollar, la gouvernance dissym&#233;trique des institutions financi&#232;res internationales, le management du risque d&#233;faillant dans la finance &#233;tats-unienne sont discut&#233;s aux plus hauts niveaux. La relation particuli&#232;re de l'&#233;conomie am&#233;ricaine avec l'&#233;conomie chinoise est mise au centre de la reconstruction d'un nouvel ordre &#233;conomique international susceptible d'&#234;tre enfin plus juste et moins instable [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut se r&#233;f&#233;rer sur tous ces points au rapport de la commission Stiglitz (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les politiques publiques s'infl&#233;chissent dans un sens &#171; interventionniste &#187; et &#171; social &#187; avec l'aggravation des cons&#233;quences de la crise. Plus de 50 millions d'emplois sont menac&#233;s selon le Bureau international du travail (BIT) [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour consulter le rapport Faire face &#224; la crise mondiale de l'emploi. Une (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;] et, dans les pays en d&#233;veloppement, faute d'&#201;tat social, ce sont des masses de travailleurs pr&#233;caires qui sont brutalement condamn&#233;es &#224; l'extr&#234;me pauvret&#233;... Les mesures prises par les pouvoirs publics, plus ou moins timides selon les r&#233;gions du monde, ne parviennent cependant qu'&#224; ralentir la dynamique destructrice. Les emplois verts et les investissements publics massifs sont loin d'&#234;tre &#224; la hauteur d'un &#171; trou d'air &#187; &#233;conomique o&#249; les anticipations pessimistes se nourrissent les unes des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puis, faisant de la plus petite &#171; bonne nouvelle &#187; venue des &#201;tats-Unis ou de Chine un signe annonciateur de &#171; reprise &#187;, les bourses renouent, &#224; partir de mars 2009, avec la croissance sp&#233;culative. La bourse de Shanga&#239; conna&#238;t une progression fulgurante. Voici m&#234;me, quelques mois plus tard, que les banques am&#233;ricaines annoncent leurs r&#233;sultats &#233;conomiques du deuxi&#232;me trimestre : elles ont, parfois tr&#232;s fortement comme pour Goldmann Sachs, renou&#233; avec les profits et semblent anticiper d&#233;sormais l'avenir avec s&#233;r&#233;nit&#233;. La &lt;i&gt;City&lt;/i&gt; recommence &#224; attirer les &lt;i&gt;traders&lt;/i&gt;, courtis&#233;s par les chasseurs de t&#234;te. Les banques les plus en difficult&#233; il y a peu remboursent rapidement l'argent public qui les avait sorties du gouffre. Un courtier de Citigroup demande &#224; b&#233;n&#233;ficier du bonus de 100 millions de dollars promis pour 2009&#8230; Les banquiers et financiers qui ont &#233;chapp&#233; &#224; la catastrophe en 2008 sortent ainsi presque renforc&#233;s de cette forme de darwinisme &#233;conomique qu'est la crise, illustrant bien l'inanit&#233; pratique de la notion d'al&#233;a moral forg&#233;e par la &#171; th&#233;orie &#233;conomique &#187; : ce sont les fauteurs de crise qui ont &#233;t&#233; aid&#233;s par les &#201;tats, et ils n'ont donc aucune raison de ne pas, &#224; nouveau, prendre de risque &#224; l'avenir. Les projets de r&#233;gulation perdent de leur urgence et se heurtent de fa&#231;on de moins en moins souterraine au pouvoir revigor&#233; de la finance mondialis&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'explosion de la dette publique fournit un th&#232;me de mobilisation aux &#233;lites financi&#232;res, aux banquiers centraux et &#224; leurs porte-parole parmi les &#233;conomistes : la &#171; reprise &#187;, esp&#233;r&#233;e au point d'&#234;tre devenue une obsession quotidienne, sera le moment du retour &#224; l'ordre budg&#233;taire et mon&#233;taire. Puisque l'augmentation des imp&#244;ts ajouterait de l'interventionnisme &#224; l'interventionnisme, l'objectif sera d&#233;sormais clairement la r&#233;duction des d&#233;penses publiques, accompagn&#233;e de pressions &#224; la baisse sur les salaires pour &#233;viter tout risque inflationniste (rendu plus cr&#233;dible par le laxisme mon&#233;taire n&#233; de la gestion de la crise). Conform&#233;ment &#224; leurs dogmes, les responsables n&#233;o-lib&#233;raux voient donc aujourd'hui dans la n&#233;cessit&#233; de remettre en &#233;tat les finances publiques une nouvelle occasion d'agir avec force pour restructurer les &#201;tats-providence et r&#233;former les march&#233;s du travail, afin d'&#171; adapter les &#233;conomies &#224; la concurrence mondiale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise pourrait ainsi avoir rendu possible une nouvelle radicalisation des &#233;lites &#233;conomiques dirigeantes : renforcement du pouvoir financier fermement soutenu par les &#201;tats (au sein de ce que l'on peut caract&#233;riser comme un syst&#232;me de capitalisme financier d'&#201;tat), pr&#233;carisation de masse des salari&#233;s, en particulier dans le monde en d&#233;veloppement, d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat-providence accentu&#233; dans des pays en difficult&#233;s budg&#233;taires, et &#224; terme : nouvelles r&#233;ductions des d&#233;penses d'&#233;ducation, de sant&#233;, et effritement accru des syst&#232;mes de protection sociale partout dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En France, le dogme maintenu du non-remplacement partiel des fonctionnaires partant &#224; la retraite, la &#171; promesse &#187; d'un recul de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite pour l'ensemble des salari&#233;s ne sont peut-&#234;tre que les avant-go&#251;ts d'une politique d'ajustement structurel qui est aujourd'hui souhait&#233;e par de nombreux &#171; d&#233;cideurs &#187;, au sein de la haute administration et du gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La crise de la finance mondiale aura alors contribu&#233; &#224; la r&#233;alisation compl&#232;te du programme &#233;conomique destructeur qui l'a rendue possible. Mais le pire n'est pas toujours certain car, heureusement, ce sont aussi les peuples qui font l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] On relira, sans sourire, le rapport P&#233;bereau de 2005, proph&#233;tiquement intitul&#233; Rompre avec la facilit&#233; de la dette publique. Pour des finances publiques au service de notre croissance &#233;conomique et de notre coh&#233;sion sociale, commission pr&#233;sid&#233;e par Michel P&#233;bereau. Le rapport Attali de 2007 reprenait la m&#234;me antienne de fa&#231;on aussi agressive. L'histoire &#233;conomique offre parfois des effets comiques inattendus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] On peut se r&#233;f&#233;rer sur tous ces points au rapport de la commission Stiglitz aupr&#232;s du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU, qui marque la pointe avanc&#233;e de la volont&#233; r&#233;formatrice au sein du champ du pouvoir mondial. Pour consulter le compte-rendu de la conf&#233;rence de presse qui en est issue : &lt;a href=&quot;http://www.un.org/News/briefings/docs/2009/090625_Stiglitz.doc.htm&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.un.org/News/briefings/do...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Pour consulter le rapport &lt;i&gt;Faire face &#224; la crise mondiale de l'emploi. Une reprise centr&#233;e sur le travail d&#233;cent&lt;/i&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---ed_norm/---relconf/documents/meetingdocument/wcms_106223.pdf&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/pu...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un &#233;t&#233; de (bonnes) rencontres (S/A n&#176; 9)</title>
		<link>https://www.savoir-agir.org/Un-ete-de-bonnes-rencontres-S-A-no.html</link>
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		<dc:date>2009-09-02T23:18:00Z</dc:date>
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		<description>Pour le Parti socialiste, le r&#233;veil apr&#232;s les &#233;lections europ&#233;ennes a &#233;t&#233; douloureux. Au del&#224; de la perte d'un nombre non n&#233;gligeable d'&#233;lus &#8211; ce qui n'est jamais une sin&#233;cure pour un parti qui a cess&#233; depuis longtemps d'&#234;tre un parti de militants pour vivre, dans tous le sens du mot, de son capital &#233;lectoral &#8211; la d&#233;faite a suscit&#233; un d&#233;bat tr&#232;s dur au sein du parti, certains n'h&#233;sitant pas &#224; jeter l'enfant avec l'eau du bain en allant jusqu'&#224; pr&#233;coniser la disparition pure et simple du parti sous sa forme (...)

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&lt;a href="https://www.savoir-agir.org/-Chronique-de-la-gauche-de-la-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la gauche de la gauche&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour le Parti socialiste, le r&#233;veil apr&#232;s les &#233;lections europ&#233;ennes a &#233;t&#233; douloureux. Au del&#224; de la perte d'un nombre non n&#233;gligeable d'&#233;lus &#8211; ce qui n'est jamais une sin&#233;cure pour un parti qui a cess&#233; depuis longtemps d'&#234;tre un parti de militants pour vivre, dans tous le sens du mot, de son capital &#233;lectoral [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='On relira avec profit &#224; ce sujet : Sawicki F., Lefebvre R., La soci&#233;t&#233; des (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;] &#8211; la d&#233;faite a suscit&#233; un d&#233;bat tr&#232;s dur au sein du parti, certains n'h&#233;sitant pas &#224; jeter l'enfant avec l'eau du bain en allant jusqu'&#224; pr&#233;coniser la disparition pure et simple du parti sous sa forme actuelle, esquissant une sorte de sc&#233;nario &#224; l'italienne pour aller vers une formation qui abandonnerait jusqu'&#224; la r&#233;f&#233;rence socialiste au profit d'une fusion avec le centre (le Modem de Fran&#231;ois Bayrou en l'esp&#232;ce).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; gauche de la gauche, ce n'est pas tant le total des suffrages par les divers candidats s'en r&#233;clamant qui a fait l'objet de d&#233;bats. Au Front de gauche, c'est plut&#244;t la satisfaction qui domine, alors que le NPA essaie de faire bonne figure, ce qui n'est pas tout &#224; fait sans fondement puisque le r&#233;sultat final (4,88%) est sensiblement sup&#233;rieur &#224; celui des listes LCR-Lutte ouvri&#232;re en 2004 (2,54%). Ce qui permet d'ailleurs de s'interroger sur ce qui est consid&#233;r&#233; aujourd'hui comme un bon r&#233;sultat. Les listes du Front de gauche n'ont pas fait sensiblement mieux, en effet et en moyenne, que celles du Parti communiste, &#233;largies &#224; des militants ext&#233;rieurs, en 2004.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui a fait l'objet de beaucoup de r&#233;flexions et de d&#233;clarations, c'est la comparaison NPA-Front de gauche. Du c&#244;t&#233; du Parti communiste, c'est &#233;videmment la satisfaction. Une revue de presse interne, sous le titre significatif de &#171; Le face &#224; face NPA-Front de Gauche &#187;, note ainsi que &#171; Olivier Besancenot, qui apparaissait encore il y a quelques semaines comme le f&#233;d&#233;rateur de la gauche extr&#234;me, a d&#233;sormais sur sa route un obstacle nouveau avec un Parti communiste revenu &#224; la vie, gr&#226;ce aux qualit&#233;s tribunitiennes du s&#233;nateur M&#233;lenchon. Pour [Pascal] Perrineau, &#8220;la vieille famille communiste &#233;largie et relook&#233;e du Front de gauche a su imposer la tradition par rapport &#224; l'entreprise de renouvellement que tentait de porter le Nouveau parti anticapitaliste&#8221;. Jean-Marie Colombani remarque &#8220;La bataille &#224; la gauche de la gauche s'est sold&#233;e par la victoire de Jean-Luc M&#233;lenchon qui redonne vie et couleur &#224; un PCF jusqu'alors moribond&#8221;. Sur la forme, le sigle NPA sonne bien, comme celui de Modem. Mais le contenu est moins all&#233;chant. Il r&#233;actualise le combat anticapitaliste d'antan. Les solutions pr&#233;conis&#233;es par l'extr&#234;me gauche sont per&#231;ues comme des rem&#232;des pires que le mal, la traduction &#233;lectorale ne suit pas &#187; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Bulletin InfodocCom/Id&#233;es/Europe, n&#176;14, 12 juin 2009.' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon remarque de son c&#244;t&#233; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Entretien avec l'auteur, 8 juillet 2009.' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;] qu'il y a eu &#171; un effet &#233;lectoral, qu'il faut examiner dans une vision dynamique. L'avantage pour nous, cela a &#233;t&#233; l'existence d'&#233;lecteurs mouvants, qui &#233;chappent &#224; la stabilit&#233; du rapport gauche-droite. J'ai ressenti cela tr&#232;s fort au cours de la campagne. &#187; Pour lui, une des explications est dans le fait que &#171; les politiques lib&#233;rales ont r&#233;volutionn&#233; la soci&#233;t&#233; et boulevers&#233; les rapports en son sein. Il nous faut donc apprendre &#224; penser les cat&#233;gories de fa&#231;on dynamique &#187;. La pens&#233;e sur le PC en est un exemple : &#171; Pour les technocrates, il fait 1,8% des voix, avec en plus quelques client&#232;les locales. Or, c'est un parti tr&#232;s complexe, qui a connu des &#233;checs, avec des blessures, mais aussi avec un esprit de parti. Ses militants sont &#8220;&#233;duqu&#233;s &#224; reprendre le terrain&#8221; &#187;. S'ajoute &#224; cela, pour lui, &#171; l'&#233;norme famille des ex [du PC], une forme d'&#233;lite humaine, bless&#233;s du communisme mais toujours capables de penser le monde &#187;. Quand il a quitt&#233; le PS, il &#171; aurait voulu faire un parti avec eux &#187;, mais ils ont refus&#233;. Il continue cependant &#224; croire &#224; la pertinence d'un axe strat&#233;gique : un lien fort avec la direction du PC pour produire un &#171; effet de catalyse &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C&#244;t&#233; NPA, le d&#233;bat a &#233;t&#233; vif, &#224; en juger par ce qui est accessible au public, c'est-&#224;-dire essentiellement les blogs des militants. Il &#233;tait d'ailleurs d&#233;j&#224; largement entam&#233; avant les &#233;lections europ&#233;ennes elle-m&#234;mes, avec le d&#233;part de Christian Piquet et de ses amis, pour cr&#233;er la Gauche unitaire, devenue rapidement la troisi&#232;me composante du Front de gauche avec le PC et le PG. Un article du Monde cite ainsi un cadre d&#233;partemental de la CGT dans les Bouches du Rh&#244;ne, membre du Conseil politique national du NPA, pour qui &#171; Le score obtenu n'est pas digne du projet qui &#233;tait celui du NPA : faire un grand parti de masse et de classe. La direction n'a tir&#233; aucune le&#231;on et va recommencer les m&#234;mes conneries aux r&#233;gionales &#187; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Sylvia Zappi, &#171; Des cadres du NPA d&#233;missionnent au lendemain d'un scrutin (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]. Le m&#234;me article fait dire &#224; ce militant &#171; qu'il est las d'entendre ses camarades d&#233;noncer &#8220;la trahison des bureaucrates syndicaux&#8221; comme de la volont&#233; de la direction de &#8220;doubler les syndicats&#8221; en appelant &#224; organiser des &#8220;marches r&#233;gionales contre les licenciements&#8221; &#187;. On sait aujourd'hui que ce sentiment est largement partag&#233; au sein de la CGT, celle-ci venant d'annoncer qu'elle refusait pour ces raisons de participer cette ann&#233;e &#224; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; du NPA [&lt;a href='#nb3-5' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Barroux, &#171; Agac&#233;e, la CGT n'ira pas &#224; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; du Nouveau parti (...)' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;], au motif que &#171; le NPA comme Lutte ouvri&#232;re [...] pr&#233;tend donner des le&#231;ons aux responsables syndicaux, voire m&#234;me de se substituer aux syndicats dans leurs responsabilit&#233;s d'assumer la d&#233;fense des salari&#233;s et la conduite des luttes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne pr&#233;juge &#233;videmment pas de la r&#233;alit&#233; des d&#233;bats dans les instances. Alain Krivine [&lt;a href='#nb3-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Entretien avec l'auteur, 5 juillet 2009.' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;] ne croit pas qu'il y a eu h&#233;morragie de militants. Pour expliquer ce qui est tout de m&#234;me une d&#233;ception, il a recours apr&#232;s d'autres &#224; un argument devenu tr&#232;s ordinaire dans le champ politique : &#171; Nous nous sommes mal expliqu&#233;s [&#224; propos du Parti socialiste] &#187;. Ce qui a &#171; permis au Front de gauche d'incarner l'unit&#233;, qui est &#233;videmment une aspiration forte. Est-ce que cela a provoqu&#233; des d&#233;parts chez nous ? Sans doute mais pas nombreux. Nous avons toujours du mal &#224; d&#233;terminer le nombre de nos adh&#233;rents. Nous avons 525 comit&#233;s mais tous n'ont pas encore pris l'habitude de faire remonter informations et cotisations, surtout l&#224; o&#249; il n'y a pas de militants de l'ancienne LCR. En revanche, les meetings marchent bien (500 participants chez les Continental, avec Olivier Besancenot) &#187;. S'agissant des r&#233;sultats eux-m&#234;mes, l'hebdomadaire du NPA, Tout est &#224; nous [&lt;a href='#nb3-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Tout est &#224; nous, n&#176;16, 9 juillet 2009, disponible sur le site du NPA : (...)' id='nh3-7'&gt;7&lt;/a&gt;], faisait d&#232;s le 9 juillet et sous le titre &#171; Il y a une p&#233;n&#233;tration du NPA en milieu ouvrier &#187;, une large place &#224; une &#233;tude de l'Ifop, &#171; tr&#232;s instructive &#187;, sur les r&#233;sultats compar&#233;s du NPA et du Front de gauche aux &#233;lections europ&#233;ennes. L'hebdomadaire met en exergue deux ph&#233;nom&#232;nes qui n'en font qu'un d'ailleurs, d'une certaine fa&#231;on : &#171; le NPA dispose de l'&#233;lectorat le plus jeune &#187; (la tranche la plus fournie est celle des 30 &#224; 49 ans, avec 44% des &#233;lecteurs ayant vot&#233; NPA, alors que pour le Front de gauche, c'est celle des 50 &#224; 64 ans avec 29% du total) ; &#171; des retrait&#233;s tr&#232;s pr&#233;sents dans l'&#233;lectorat du Front de gauche &#187; (43% contre 10% pour le NPA). Et, cerise sur le g&#226;teau, 8% d'ouvriers dans l'&#233;lectorat du Front de gauche contre 22% pour le NPA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il reste que la satisfaction affich&#233;e par les uns et la d&#233;ception des autres peuvent appara&#238;tre comme une curiosit&#233; si on ne les replace pas dans la dynamique de la campagne, et notamment de la perception que les sondages ont pu pr&#233;-formater chez les uns et les autres. Si on fait une comparaison avec les r&#233;sultats des m&#234;mes &#233;lections, on constate que les listes du Parti communiste (qui &#233;taient d&#233;j&#224; des listes d'ouverture) ont obtenu 5,25% des suffrages en 2004 (&#224; quoi il faut ajouter 1,35% pour les listes comparables outre-mer). Ce r&#233;sultat est pass&#233; &#224; 6,05% avec l'apport des alli&#233;s du Front de gauche (plus 0,42% outre-mer), ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme relativement faible, sans commune mesure en tout cas avec une certaine euphorie que l'on a pu percevoir. Le NPA, de son c&#244;t&#233; a obtenu seul 4,88% en 2009 contre... 2,56% en 2004, alors qu'il avait fait listes communes avec Lutte ouvri&#232;re. Cette vision un peu d&#233;form&#233;e de la r&#233;alit&#233; des chiffres doit certainement beaucoup &#224; l'&#233;volution des sondages. En f&#233;vrier et mars 2009, la plupart des instituts de sondage voyaient le NPA rassembler 8, voire 9% des sondages (Ifop et Ipsos par exemple), alors que le Front de gauche &#233;tait cr&#233;dit&#233; au mieux de 6 &#224; 6,5%, et m&#234;me de seulement 3% (CSA en mars). L'inversion de tendance s'est produite au cours du dernier mois avant l'&#233;lection, le NPA tombant &#224; 6% alors que le Front de gauche passait de 5 &#224; 7%. Cette nouvelle pente allait se confirmer au cours de la derni&#232;re semaine (4,88% pour le NPA et 6,47% pour le Front de gauche, en comptant l'apport de l'outre-mer o&#249; le Front de gauche ne pr&#233;sentait pas de liste en son nom propre mais appelait &#224; voter pour l'Alliance de l'outre-mer). S'ajoute &#224; cela l'effet particulier du mode de scrutin [&lt;a href='#nb3-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Avec 6,47% des voix, le Front de gauche et son alli&#233; ultramarin obtiennent 5 (...)' id='nh3-8'&gt;8&lt;/a&gt;], qui a permis &#224; Marie-George Buffet de dire d&#232;s le soir des &#233;lections que le Front de gauche allait probablement &#171; doubler le nombre de ses d&#233;put&#233;s &#187;. Formule choc, mais arithm&#233;tiquement exacte (4 si&#232;ges au lieu de 2 en m&#233;tropole), qui a pu faire oublier la quasi-stagnation du pourcentage des voix !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Des rencontres nombreuses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sentiment d'&#234;tre en position de force pour les uns et, par cons&#233;quent, volont&#233; de tirer parti tr&#232;s rapidement de l'avantage (temporairement) acquis, interrogations sur la strat&#233;gie pour les autres ont fait que les r&#233;unions se sont multipli&#233;es dans les semaines qui ont suivi les &#233;lections europ&#233;ennes. Objectif commun : tenter de capitaliser enfin, &#224; l'occasion des r&#233;gionales et apr&#232;s que la tentative a &#233;chou&#233; &#224; des degr&#233;s divers &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2007 et aux europ&#233;ennes de 2009, les 10 ou 15% de voix que les sondages promettent r&#233;guli&#232;rement &#8211; en tout cas depuis le succ&#232;s du non au r&#233;f&#233;rendum sur le projet de trait&#233; constitutionnel europ&#233;en en 2005 &#8211; &#224; la gauche de la gauche et qu'elle n'atteint jamais du fait de la multiplication de ses candidats, que le scrutin soit nominal ou de liste (cette hypoth&#232;se reste cependant &#224; v&#233;rifier).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Jean-Luc M&#233;lenchon, &#171; Le NPA opte pour une logique unitaire... o&#249; ils am&#232;nent leurs positions &#187;, au lieu de rechercher un compromis. Il a appel&#233; le NPA tout de suite apr&#232;s les europ&#233;ennes mais pr&#233;cise que la demande &#233;tait r&#233;ciproque. Il d&#233;c&#232;le &#171; un pas en avant : pour le deuxi&#232;me tour [des r&#233;gionales], le NPA ne parle plus seulement d'accord technique mais de &#8220;fusion d&#233;mocratique&#8221; &#187; [&lt;a href='#nb3-9' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut rappeler ici que l'argument le plus couramment utilis&#233; par le NPA (...)' id='nh3-9'&gt;9&lt;/a&gt;]. Si avec le PC il y a accord sur le fait que le &#171; syst&#232;me &#8220;front de gauche&#8221; &#187; est valable pour toutes les &#233;lections &#187;, c'est moins net avec le NPA : avec eux &#171; on en est au &#8220;Front durable&#8221; &#187;. Mais avec le PC aussi des ambigu&#239;t&#233;s subsistent. Il a renvoy&#233; &#224; son Conseil national d'octobre 2009 les d&#233;cisions d&#233;finitives. Il existe en effet une possible contradiction entre la volont&#233; de sauver &#171; les &#233;lus en m&#234;me temps que la coh&#233;sion du parti, voire le parti lui-m&#234;me &#224; en croire Marie-George Buffet &#187; et la constitution, dans toutes les r&#233;gions de &#171; listes autonomes de l'autre gauche [&lt;a href='#nb3-10' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est le label utilis&#233; au Parti de gauche, o&#249; on ne parle gu&#232;re de &#171; gauche de (...)' id='nh3-10'&gt;10&lt;/a&gt;] &#187;, sans parler des discussions sur la fusion des listes apr&#232;s le premier tour et, par cons&#233;quent, sur un &#233;ventuel accord de gestion au niveau de la r&#233;gion (comme c'est le cas aujourd'hui dans la plupart des r&#233;gions dirig&#233;es par la gauche, avec tous les b&#233;n&#233;fices aff&#233;rents pour les &#233;lus de l'autre gauche concern&#233;s).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le NPA a rencontr&#233; de son c&#244;t&#233; tous les partis apr&#232;s les &#233;lections europ&#233;ennes : LO, le PC, le PG, la F&#233;d&#233;ration, les Verts, les Alternatifs. La discussion a port&#233; sur les enseignements &#224; tirer des &#233;lections europ&#233;ennes et sur les &#233;lections r&#233;gionales de 2010. Des communiqu&#233;s ont &#233;t&#233; adopt&#233;s, renouant avec une tradition ancienne. Il y a m&#234;me eu le plus souvent (le Parti communiste n'a pas voulu le faire avec le NPA), ce qui est plus nouveau &#224; gauche de la gauche et peut-&#234;tre le signe d'une certaine impr&#233;gnation par une forme de politique spectacle, des conf&#233;rences de presse communes. Alain Krivine r&#233;sume ainsi la position du NPA dans ces contacts : il faut reprendre l'offensive, l'unit&#233; doit &#234;tre &#171; durable &#187;, il faut combiner action et &#233;lections. Y a-t-il eu changement apr&#232;s le r&#233;sultat des europ&#233;ennes notamment au regard des alliances possibles ? &#171; Nous avions raison sur le fond mais le gens ne nous ont pas compris &#187;. Il pense en effet que &#171; la social-d&#233;mocratie est dans l'impasse. Le capitalisme ne c&#232;de plus rien dans la phase actuelle. Il n'est donc plus possible de lui arracher des mesures, comme ce fut le cas pendant longtemps. C'&#233;tait le fonds de commerce des socialistes. Qui, du coup, se sentent d&#233;munis et sont incapables de produire des id&#233;es et de d&#233;finir une politique alternative qui se distingue de celle de la droite. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour lui, les contacts pris par le NPA permettent de r&#233;sumer la situation ainsi : &#171; Lutte ouvri&#232;re s'isole. La r&#233;union avec eux a &#233;t&#233; tr&#232;s dure, il n'y a rien de nouveau chez eux. Ils n'ont pas pris de d&#233;cision encore mais nous accusent de &#8220;trahir&#8221; en &#233;tant &#8220;avec M&#233;lenchon&#8221;. Avec le PC, un communiqu&#233; commun a &#233;t&#233; adopt&#233; sur la politique de Sarkozy, les luttes, la n&#233;cessit&#233; de l'unit&#233; pour les &#233;lections. Pour eux, il n'y a pas refus a priori de listes avec le PS mais ils ne prendront position qu'en octobre. La F&#233;d&#233;ration (pour une alternative sociale et &#233;cologique) est un peu dans le trou. Ils suivent les d&#233;bats avec int&#233;r&#234;t mais n'ont pas encore adopt&#233; de position. La seule chose claire : il n'ont pas de pr&#233;alable (alors que le PC ne les veut pas dans les discussions). En fait, il y a beaucoup de flou. Par exemple, St&#233;phane Gatignon, le maire de Sevran, a sign&#233; le texte propos&#233; par Robert Hue [&lt;a href='#nb3-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir Jean-Michel Normand, &#171; Robert Hue, nouvelle coqueluche d'un PS en (...)' id='nh3-11'&gt;11&lt;/a&gt;]. C'est une d&#233;marche qui vise au rapprochement entre le PC et le PS. Il est pourtant &#224; la F&#233;d&#233;ration ! Les Alternatifs (qui ont quelques &#233;lus dans les r&#233;gions) sont divis&#233;s entre eux, penchant &#224; moiti&#233; vers les positions du NPA et &#224; moiti&#233; vers celles du PG &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour la rencontre NPA/Parti de gauche, &#171; Jean-Luc M&#233;lenchon a fait venir la presse en grande formation. Un communiqu&#233; commun a &#233;t&#233; adopt&#233;. Mais sur la question essentielle des alliances aux r&#233;gionales, nous avons choisi de r&#233;diger deux paragraphes distincts donnant la position de l'une et l'autre des organisations. Nous ne voulons pas de fusion des listes pour le deuxi&#232;me tour, au sens habituel. Nous refusons notamment tout engagement &#224; voter le budget par exemple. Mais nous sommes favorables &#224; des fusions techniques : composer des listes au second tour au prorata des scores du premier &#187; [&lt;a href='#nb3-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Rappel : pour les &#233;lections r&#233;gionales, seules les listes ayant obtenu plus (...)' id='nh3-12'&gt;12&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Accords et d&#233;saccords&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les divers communiqu&#233;s permettent de se faire une id&#233;e de ce qui fait l'accord au sein de la gauche de la gauche et de ce qui est actuellement encore source de difficult&#233;s et, par cons&#233;quent, fera l'objet des discussions des prochains mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le communiqu&#233; NPA/Parti de gauche permet de cerner une partie des d&#233;saccords. Les deux formations estiment &#171; indispensable d'unir les forces de gauche et des &#233;cologistes qui rejettent la logique du syst&#232;me capitaliste aux &#233;lections r&#233;gionales [...]. [Elles] se prononcent au premier tour des r&#233;gionales pour un accord national pour les 21 r&#233;gions hexagonales sur des listes autonomes ind&#233;pendantes associant les forces qui composent aujourd'hui le Front de Gauche comme le PCF et le Parti de Gauche et le NPA, LO, Alternatifs, Alterekolo et les autres courants qui sont dans la F&#233;d&#233;ration, militant-e-s de quartiers ou du mouvement social. Le NPA les nomme &#8220;forces anticapitalistes&#8221;, et le PG &#8220;l'autre gauche&#8221;. [Ces listes] seront autonomes et ind&#233;pendantes du PS et des listes de type Europe &#201;cologie. Au second tour, les listes soutenues par le Parti de Gauche et le NPA se battront pour faire gagner la gauche et emp&#234;cher que des r&#233;gions basculent &#224; droite. Pour cela, les deux organisations se prononcent d'ores et d&#233;j&#224; pour des fusions &#171; techniques &#187; ou &#171; d&#233;mocratiques &#187; des listes de gauche &#224; l'exception de tout accord incluant le Modem.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour le NPA, au sein de l'institution, les &#233;lus de ces listes conserveront leur libert&#233; totale de vote et refuseront d'accepter des mesures et des budgets d&#233;favorables aux travailleurs et &#224; la population. [...] [Ils] refuseront de contracter des accords de gestion avec les dirigeants du PS et d'Europe &#201;cologie. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont donc surtout le Parti de Gauche d'une part (il ne semble pas y avoir eu de r&#233;union officielle du Front de gauche depuis le &#233;lections europ&#233;ennes, aucun compte rendu public n'en a &#233;t&#233; fait en tout cas), le NPA d'autre part qui ont beaucoup communiqu&#233; depuis un mois sur ces questions. Ce qui ne veut &#233;videmment pas dire qu'elles n'ont pas &#233;t&#233; discut&#233;es par les autres, et notamment le Parti communiste. Son Conseil national s'est r&#233;uni le 19 et 20 juin 2009. Bernard Calapuig, un des leaders des communistes unitaires, rel&#232;ve, pour s'en f&#233;liciter, que l'ancienne s&#233;paration (et hi&#233;rarchie !) entre le social et le politique est sans doute en train d'&#234;tre d&#233;pass&#233;e au sein du PCF. Cette s&#233;paration ignore &#171; l'imbrication croissante de l'&#233;conomie, du politique, du social, du culturel [qui] interdit de penser s&#233;par&#233;ment chaque domaine et que la rencontre sur un pied d'&#233;galit&#233; entre militants politiques, associatifs, syndicalistes, citoyens est plus indispensable que jamais pour produire du projet et le porter ensemble jusque dans les institutions &#187; [&lt;a href='#nb3-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Interview de Bernard Calapuig dans Cerises, Rouge, Aigre-Doux, n&#176;40, juin (...)' id='nh3-13'&gt;13&lt;/a&gt;]. Le Conseil national a en effet pris &#171; l'initiative d'ouvrir un espace de d&#233;bat en pr&#233;sence de repr&#233;sentants des mouvements sociaux &#187;. Bernard Calapuig esp&#232;re, sans cependant se faire trop d'illusions, que cela pourra dor&#233;navant se faire autrement &#171; que dans une posture de ralliement (soutien &#224; des candidats, &#224; des propositions) &#187; et que &#171; les citoyens [qui] d&#233;cident en toute autonomie de se m&#234;ler de politique &#187; cesseront d'&#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#171; des mouvementistes, &#224; savoir des individus peu fr&#233;quentables &#187;. Renoncer &#224; quelques exclusives &#224; l'&#233;gard de certaines composantes du mouvement social, notamment de la F&#233;d&#233;ration, serait &#233;videmment un signe tangible de changement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; ce m&#234;me Conseil national, le d&#233;bat autour de la question clef : &#171; Alliance de premier tour avec le PS ou convergence de la gauche d'alternative pour de nouvelles politiques r&#233;gionales, puis fusion au deuxi&#232;me tour des listes de gauche ? &#187; n'a &#233;t&#233; que partiellement abord&#233;. Il sera tranch&#233; en octobre, comme il a &#233;t&#233; dit. Comme le formulent l&#224; encore les &#171; Unitaires &#187; [&lt;a href='#nb3-14' class='spip_note' rel='footnote' title='Cerises, op. cit.' id='nh3-14'&gt;14&lt;/a&gt;], le noyau dirigeant (sic) oscille entre les deux formules : consid&#233;rer le Front de gauche comme une &#171; construction originale mariant positivement rassemblement et identit&#233; communiste &#187; ; ou &#171; strat&#233;gie des fronts permettant des alliances &#224; la carte en fonction des r&#233;gions : ici avec le PS au premier tour, l&#224; non... &#187;. On voit bien que c'est l'avenir du Front de gauche qui est en jeu. La deuxi&#232;me formule reviendrait en effet &#224; revenir &#224; l'ancienne alliance avec le PS, comme elle a exist&#233; avec la &#171; gauche plurielle &#187;. La premi&#232;re permettrait au contraire d'&#233;largir le Front de gauche, en l'ouvrant &#224; d'autres forces sociales et politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On comprend donc l'insistance mise par les partenaires potentiels du PCF sur &#171; un accord national pour les 21 r&#233;gions hexagonales sur des listes autonomes ind&#233;pendantes &#187; de la gauche de la gauche. Au moment o&#249; chacun tient, sous une forme ou une autre, universit&#233;s ou r&#233;unions d'&#233;t&#233;, nul doute que cette question des alliances sera au centre des d&#233;bats, en m&#234;me temps bien s&#251;r que les propositions programmatiques &#224; &#233;laborer en commun pour &#234;tre en situation d'appliquer un programme alternatif dans le nombre le plus important possible de r&#233;gions. Pour cela, &#171; le plus s&#251;r moyen consiste &#224; placer ces listes en t&#234;te des listes de gauche au soir du premier tour &#187; [&lt;a href='#nb3-15' class='spip_note' rel='footnote' title='Communiqu&#233; commun NPA/Front de Gauche, op.cit.' id='nh3-15'&gt;15&lt;/a&gt;], &#233;videmment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-1' id='nb3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] On relira avec profit &#224; ce sujet : Sawicki F., Lefebvre R., La soci&#233;t&#233; des socialistes. Le PS aujourd'hui, Bellecombe-en-Bauge, Editions du Croquant (coll. Savoir/Agir), 2006&lt;/p&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-2' id='nb3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Bulletin InfodocCom/Id&#233;es/Europe, n&#176;14, 12 juin 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-3' id='nb3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Entretien avec l'auteur, 8 juillet 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-4' id='nb3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Sylvia Zappi, &#171; Des cadres du NPA d&#233;missionnent au lendemain d'un scrutin europ&#233;en qui n'a pas r&#233;pondu &#224; leurs espoirs &#187;, Le Monde, 28 juin 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-5' id='nb3-5' class='spip_note' title='Notes 3-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] R. Barroux, &#171; Agac&#233;e, la CGT n'ira pas &#224; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; du Nouveau parti anticapitaliste &#187;, Le Monde, 10 ao&#251;t 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-6' id='nb3-6' class='spip_note' title='Notes 3-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Entretien avec l'auteur, 5 juillet 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-7' id='nb3-7' class='spip_note' title='Notes 3-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Tout est &#224; nous&lt;/i&gt;, n&#176;16, 9 juillet 2009, disponible sur le site du NPA : &lt;a href=&quot;http://www.npa2009.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.npa2009.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-8' id='nb3-8' class='spip_note' title='Notes 3-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Avec 6,47% des voix, le Front de gauche et son alli&#233; ultramarin obtiennent 5 si&#232;ges sur 72, soit 6,94%. La r&#233;partition des restes lui a donc &#233;t&#233; nettement plus favorable qu'en 2004 (3 si&#232;ges sur 78, soit 3,84% des si&#232;ges pour 5,88% des voix). Comme quoi, le changement de scrutin intervenu en 2004 (8 circonscriptions au lieu d'une seule) peut ne pas jouer toujours dans le m&#234;me sens d&#233;favorable aux &#171; petites &#187; listes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-9' id='nb3-9' class='spip_note' title='Notes 3-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] On peut rappeler ici que l'argument le plus couramment utilis&#233; par le NPA pour refuser les listes communes pour les europ&#233;ennes &#233;tait qu'il ne voulait pas s'engager avec des forces (le Parti communiste et le Parti de gauche) qui, disait-il craindre, ne manqueraient pas de faire liste commune aux r&#233;gionales (au deuxi&#232;me tour en tout cas) avec le Parti socialiste et ses alli&#233;s (dont, &#233;ventuellement, le Modem).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-10' id='nb3-10' class='spip_note' title='Notes 3-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] C'est le label utilis&#233; au Parti de gauche, o&#249; on ne parle gu&#232;re de &#171; gauche de la gauche &#187;. L'autre gauche, c'est une &#171; masse de gens, y compris au sein du PS &#187;, quasiment synonyme de &#171; gauche de transformation &#187;, sous-entendu sociale et &#233;cologique. Cf. par exemple l'entretien de l'auteur avec Jean-Luc M&#233;lenchon, d&#233;j&#224; cit&#233;, ou les d&#233;clarations d'Eric Coquerel, secr&#233;taire national du Parti de gauche, &#224; propos des rencontres du mois de juin entre le PG d'une part, le NPA, le PCF et les Alternatifs d'autre part (sur le site du Parti de gauche : &lt;a href=&quot;http://www.partidegauche.org/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.partidegauche.org&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-11' id='nb3-11' class='spip_note' title='Notes 3-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] Voir Jean-Michel Normand, &#171; Robert Hue, nouvelle coqueluche d'un PS en d&#233;tresse &#187;, Le Monde, 12 juillet 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-12' id='nb3-12' class='spip_note' title='Notes 3-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] Rappel : pour les &#233;lections r&#233;gionales, seules les listes ayant obtenu plus de 10 % des suffrages exprim&#233;s au premier tour peuvent se maintenir au second tour de scrutin et &#233;ventuellement fusionner avec les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-13' id='nb3-13' class='spip_note' title='Notes 3-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] Interview de Bernard Calapuig dans Cerises, Rouge, Aigre-Doux, n&#176;40, juin 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-14' id='nb3-14' class='spip_note' title='Notes 3-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Cerises&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3-15' id='nb3-15' class='spip_note' title='Notes 3-15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] Communiqu&#233; commun NPA/Front de Gauche, op.cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;dito du num&#233;ro 8. Vers une soci&#233;t&#233; de d&#233;fiance</title>
		<link>https://www.savoir-agir.org/Edito-du-numero-8-Vers-une-societe.html</link>
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		<dc:date>2009-05-31T22:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Faisant du moindre signe de ralentissement de la d&#233;gradation &#233;conomique et sociale mondiale un indice de prochaine &#171; sortie de crise &#187;, les autorit&#233;s et leurs relais m&#233;diatiques tentent aujourd'hui par tous les moyens de r&#233;tablir enfin la &#171; confiance &#187; en l'avenir des acteurs (m&#233;nages, chefs d'entreprise, investisseurs), qui s'&#233;tait fortement &#233;rod&#233;e depuis d&#233;but 2008, au moment o&#249; le prix du baril de p&#233;trole avait connu une hausse brutale. Depuis quelques semaines, l'op&#233;ration semble fonctionner en ce qui (...)

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&lt;a href="https://www.savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faisant du moindre signe de ralentissement de la d&#233;gradation &#233;conomique et sociale mondiale un indice de prochaine &#171; sortie de crise &#187;, les autorit&#233;s et leurs relais m&#233;diatiques tentent aujourd'hui par tous les moyens de r&#233;tablir enfin la &#171; confiance &#187; en l'avenir des acteurs (m&#233;nages, chefs d'entreprise, investisseurs), qui s'&#233;tait fortement &#233;rod&#233;e depuis d&#233;but 2008, au moment o&#249; le prix du baril de p&#233;trole avait connu une hausse brutale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_23 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/SA7-Lebaron.pdf&quot; title='PDF - 69 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://www.savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 69 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Edito S/A n&#176;7&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques semaines, l'op&#233;ration semble fonctionner en ce qui concerne les grandes places financi&#232;res mondiales : la plupart ont retrouv&#233; leurs niveaux de d&#233;but 2009, voire connu des performances notables en 2009. Des &#171; signaux &#187; de reprise venus de Chine puis des &#201;tats-Unis permettraient d'annoncer pour tr&#232;s bient&#244;t le retournement conjoncturel tant attendu. Les responsables, notamment les gouverneurs de banque centrale et les ministres des Finances, n'ont de cesse d'adopter dans leurs discours quotidiens une tonalit&#233; optimiste, tout en reconnaissant rituellement l'importance et la longueur in&#233;dites de la crise en cours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourtant aujourd'hui que ses effets sociaux commencent &#224; appara&#238;tre dans toute leur brutalit&#233;. Des pays entiers connaissent un effondrement de leur activit&#233; et une hausse vertigineuse du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233;. Lorsque leur march&#233; du travail a &#233;t&#233; fortement flexibilis&#233; et leur &#201;tat social d&#233;mantel&#233;, comme dans les pays anglo-saxons ou les pays baltes, la crise plonge ainsi de nombreux foyers dans une situation de tr&#232;s grande pauvret&#233; et d'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique et sociale end&#233;mique. Des trajectoires d'ascension sociale sont interrompues et l'insertion de nombreux jeunes rendue encore plus pr&#233;caire et incertaine qu'elle ne l'&#233;tait auparavant. Les anticipations favorables n&#233;es du dernier cycle d'euphorie s'&#233;loignent durablement. Dans les pays en d&#233;veloppement et les &#233;conomies &#171; &#233;mergentes &#187;, les gains de quelques ann&#233;es de croissance, d&#233;j&#224; tr&#232;s in&#233;galement r&#233;partis, sont remis en cause pour la grande majorit&#233; de la population. Des populations enti&#232;res sont replong&#233;es dans les strat&#233;gies de survie de l'&#233;conomie informelle ou brutalement renvoy&#233;es dans leurs r&#233;gions d'origine, comme le montre le cas des travailleurs migrants ruraux chinois. Dans les pays aux syst&#232;mes de protection sociale plus &#233;tendus et g&#233;n&#233;reux, comme en Europe occidentale et septentrionale, les effets de la crise sont diff&#233;r&#233;s ou att&#233;nu&#233;s, mais ils s'y manifestent aussi, de fa&#231;on tr&#232;s diff&#233;renci&#233;e selon les groupes sociaux. La classe ouvri&#232;re continue, partout, de payer le prix fort des fluctuations &#233;conomiques et de l'effondrement de certains secteurs industriels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour l'instant, la strat&#233;gie am&#233;ricaine de relance massive a permis d'&#233;viter le pire sur le plan financier, mais sans &#234;tre capable de laisser entrevoir un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement, et a fortiori de soci&#233;t&#233;. Il s'agit surtout, pour les acteurs dirigeants, de r&#233;amorcer la pompe euphorisante de l'endettement des m&#233;nages qui avait &#233;t&#233; au principe de la dynamique d&#233;s&#233;quilibr&#233;e des derni&#232;res ann&#233;es. Dans une p&#233;riode de hausse des cours et des prix immobiliers, l'augmentation du patrimoine avait permis l'acc&#232;s accru au cr&#233;dit, enclenchant un cercle &#171; vertueux &#187; d'enrichissement individuel pour les m&#233;nages, malheureusement illusoire en ce qui concerne les moins fortun&#233;s. L'optimisme actuel des acteurs financiers cache ainsi la croyance en la possibilit&#233; de r&#233;tablir les conditions &#233;conomiques tr&#232;s particuli&#232;res qui ont pr&#233;valu avant la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, celles du capitalisme financier globalis&#233;, in&#233;galitaire et instable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le recours &#224; l'endettement public, qui a permis de limiter les cons&#233;quences de la crise et de ralentir les dynamiques d'effondrement syst&#233;mique, fait aujourd'hui planer une menace importante sur le bien-&#234;tre collectif futur : elle annonce, en effet, des pressions &#224; la r&#233;duction des d&#233;penses publiques et une nouvelle diminution des filets de s&#233;curit&#233; sociaux dans les ann&#233;es &#224; venir. En France, elle s'accompagne de la poursuite d'attaques contre les services publics, qui avaient pourtant permis jusque l&#224; d'assurer diverses formes de coh&#233;sion sociale et de protection face aux risques et &#224; l'avenir : &#233;ducation et recherche publiques, sant&#233;, transports collectifs, &#233;nergie, collectivit&#233;s locales. Ces attaques &#233;rodent tendanciellement la confiance sociale, dont divers travaux tendent &#224; montrer qu'elle est largement fond&#233;e sur l'existence d'institutions solides et reconnues [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir par exemple, G.T.Svensen et G.LHaase Svensen (eds), Handbook of Social (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique de &#171; rupture &#187; avec le &#171; mod&#232;le social &#187; contribue ainsi &#224; l'instauration d'un climat de d&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;, qui fragilise les institutions et les groupes, en aiguisant les concurrences et les sentiments d'injustice. L'exemple de la r&#233;forme de l'enseignement sup&#233;rieur et de recherche en France, avec la loi LRU et ses cons&#233;quences, est particuli&#232;rement net : en mettant en &#339;uvre de fa&#231;on autoritaire un objectif de polarisation in&#233;galitaire des ressources, issu de la strat&#233;gie de Lisbonne, afin d'accro&#238;tre la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; du syst&#232;me national de recherche et des universit&#233;s, les &#171; r&#233;formateurs &#187; ont d'abord contribu&#233; &#224; la diffusion rapide de la d&#233;fiance de tr&#232;s nombreux acteurs envers les principaux responsables (minist&#232;re, pr&#233;sidents d'universit&#233;, dirigeants des institutions de recherche) et envers les institutions elles-m&#234;mes. Une gestion de crise technocratique et arrogante, fond&#233;e sur les certitudes de la &#171; science &#233;conomique &#187;, accro&#238;t encore le pessimisme et la d&#233;fiance collectifs. En accentuant sa logique autoritaire et r&#233;pressive, la politique gouvernementale amplifie ainsi aujourd'hui les effets n&#233;gatifs des restrictions budg&#233;taires, qui menacent d&#233;j&#224; la poursuite des missions de service public, et cr&#233;e, au sein des universit&#233;s comme dans d'autres secteurs sociaux, une profonde crise morale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La confiance ne se d&#233;cr&#232;te pas. Lorsqu'elle a disparu, elle ne se reconquiert pas simplement &#224; l'aide d'une communication optimiste et d'une &#171; gouvernance &#187; ignorante des contradictions sociales et des sentiments collectifs. Celles-ci annoncent surtout l'av&#232;nement rapide, seulement r&#233;versible gr&#226;ce aux luttes sociales et &#224; un changement de cap politique radical, d'une soci&#233;t&#233; de d&#233;fiance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4-1' id='nb4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Voir par exemple, G.T.Svensen et G.LHaase Svensen (eds), &lt;i&gt;Handbook of Social Capital. The Troika of Sociology, Political Science and Economics&lt;/i&gt;, Cheltenham (UK)/Northampton (USA), Edward Elgar, 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;dito du num&#233;ro 7. Vers une nouvelle force politique ?</title>
		<link>https://www.savoir-agir.org/Edito-du-numero-7-Vers-une.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.savoir-agir.org/Edito-du-numero-7-Vers-une.html</guid>
		<dc:date>2009-02-28T23:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lebaron</dc:creator>



		<description>Le contexte de crise se traduit par un &#233;branlement profond de la croyance &#233;conomique dominante. Il est trop t&#244;t, bien s&#251;r, pour d&#233;terminer si la p&#233;riode historique qui s'est ouverte surtout depuis l'&#233;t&#233; 2007 &#8211; et plus encore septembre 2008 &#8211; n'est qu'une sorte de parenth&#232;se dans la marche en avant n&#233;o-lib&#233;rale ou s'il s'agit, au contraire, du d&#233;but d'une nouvelle &#232;re politique et &#233;conomique. On observe en tout cas, au moins de fa&#231;on conjoncturelle, que quelques id&#233;es, hier &#171; marginales &#187;, tendent &#224; devenir (...)

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&lt;a href="https://www.savoir-agir.org/-Les-editos-de-Savoir-Agir-.html" rel="directory"&gt;Les &#233;ditos de Savoir/Agir&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le contexte de crise [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Cet &#233;ditorial reprend l'essentiel de l'intervention lors du d&#233;bat &#171; Qui se (...)' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;] se traduit par un &#233;branlement profond de la croyance &#233;conomique dominante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_24 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;https://www.savoir-agir.org/IMG/pdf/SA7-Lebaron-2.pdf&quot; title='PDF - 69 ko' type=&quot;application/pdf&quot;&gt;&lt;img src='https://www.savoir-agir.org/local/cache-vignettes/L52xH52/pdf-eb697.png' width='52' height='52' alt='PDF - 69 ko' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Edito S/A n&#176;7&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Il est trop t&#244;t, bien s&#251;r, pour d&#233;terminer si la p&#233;riode historique qui s'est ouverte surtout depuis l'&#233;t&#233; 2007 &#8211; et plus encore septembre 2008 &#8211; n'est qu'une sorte de parenth&#232;se dans la marche en avant n&#233;o-lib&#233;rale ou s'il s'agit, au contraire, du d&#233;but d'une nouvelle &#232;re politique et &#233;conomique. On observe en tout cas, au moins de fa&#231;on conjoncturelle, que quelques id&#233;es, hier &#171; marginales &#187;, tendent &#224; devenir h&#233;g&#233;moniques : ainsi celle selon laquelle le monde ne peut plus continuer dans la voie d'un d&#233;veloppement destructeur pour la plan&#232;te, ou encore que la mondialisation financi&#232;re a conduit le monde &#224; la catastrophe &#224; travers l'augmentation sans pr&#233;c&#233;dent de l'instabilit&#233; et des in&#233;galit&#233;s syst&#233;miques. C'est un triomphe, au moins discursif, des th&#232;mes de l'&#233;cologie politique et du projet, d&#233;fendu par Attac, de &#171; d&#233;sarmer les march&#233;s financiers &#187;. Bien s&#251;r, il y a tr&#232;s loin des discours les plus volontaristes aux actes, mais la conqu&#234;te d'une forme d'h&#233;g&#233;monie intellectuelle, m&#234;me ponctuelle, par ce qui &#233;tait consid&#233;r&#233; il y a peu comme les marges de l'espace public (la &#171; n&#233;buleuse altermondialiste &#187;), n'est pas un fait anodin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La principale difficult&#233; tient peut-&#234;tre au fait que, dans ce nouveau contexte mondial, les politiques publiques, port&#233;es en Europe par les conservateurs et les sociaux-d&#233;mocrates, continuent &#224; mettre les salari&#233;s en concurrence, &#224; d&#233;manteler les services publics, en particulier dans l'&#233;ducation, la recherche, la sant&#233;, les transports, etc. La France conna&#238;t m&#234;me aujourd'hui un v&#233;ritable plan d'ajustement structurel qui vise en premier lieu les syst&#232;mes &#233;ducatif et de sant&#233;, contraints &#224; adopter des crit&#232;res de &#171; performance &#187; externes et arbitraires. L'heure est plus que jamais aux &#171; r&#233;formes structurelles &#187; visant &#224; flexibiliser le march&#233; du travail et &#224; restreindre un peu plus les protections collectives, au moment o&#249; elles s'av&#232;rent le plus n&#233;cessaires. On est donc confront&#233;, d'un c&#244;t&#233;, &#224; l'&#233;mergence d'un discours qui propose un n&#233;o-keyn&#233;sianisme vert, des actes encore assez limit&#233;s pour le mettre en &#339;uvre (m&#234;me si les plans de soutien aux banques et les plans de relance sont de grande ampleur, au moins aux &#201;tats-Unis et dans certains pays d'Europe), et la poursuite d'un programme qui d&#233;truit m&#233;thodiquement la coh&#233;sion des soci&#233;t&#233;s (la &#171; machine infernale &#187; dont parlait Pierre Bourdieu [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='footnote' title='P. Bourdieu, Contre-feux. Propos pour servir &#224; la r&#233;sistance contre (...)' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]2). Tant que ces politiques publiques continueront, les luttes seront d&#233;fensives et se structureront en premier lieu autour des r&#233;sistances &#224; la marchandisation du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De quelle force politique avons-nous besoin ? Une force, bien s&#251;r, qui soutienne les luttes, mais aussi et surtout qui annonce en positif ce qu'elle veut et qui commence &#224; le r&#233;aliser dans les diff&#233;rentes sph&#232;res d'activit&#233; sociale. Un v&#233;ritable &lt;i&gt;green new deal&lt;/i&gt;, qui viserait &#224; rendre l'appareil productif pleinement respectueux de l'environnement, serait un premier pas vers une autre soci&#233;t&#233;. Mais au-del&#224;, c'est un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; de bien-&#234;tre, &#233;galitaire, solidaire, respectueux des &#233;quilibres environnementaux, &#233;loign&#233; des valeurs consum&#233;ristes et productivistes, qu'une nouvelle force politique devrait porter et surtout chercher &#224; incarner dans des changements r&#233;els. Ce qui est attendu aujourd'hui, en particulier dans les classes populaires, c'est d'abord une force politique efficace (une force politique se juge &#224; ce qu'elle obtient pour le plus grand nombre, &#224; ses effets), une force coh&#233;rente et organis&#233;e, mais qui ne reproduise pas la coupure rigide entre une &#233;lite &#233;clair&#233;e et des troupes dociles ; une force collective et unitaire, mais qui laisse le maximum d'espace aux expressions singuli&#232;res de r&#233;sistance aux diverses formes de domination ; une force ouverte sur la soci&#233;t&#233;, mais d&#233;termin&#233;e et militante, voire activiste, si cet activisme s'av&#232;re socialement b&#233;n&#233;fique. Aucun parti ou courant ne peut pr&#233;tendre aujourd'hui incarner seul toutes ces exigences. En m&#234;me temps, il faut bien reconna&#238;tre que les logiques qui tendent &#224; la d&#233;sunion de cette vraie gauche sont nombreuses et durables : id&#233;ologiques, culturelles, sans doute, mais surtout organisationnelles et m&#234;me &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne signifie pas qu'elles soient insurmontables, mais les d&#233;passer suppose un v&#233;ritable travail politique, appuy&#233; sur un examen lucide auquel les sciences sociales peuvent, certainement, contribuer. De ce point de vue, il s'agit, aussi d'inventer de nouvelles relations entre intellectuels, mouvement social et champ politique. Par le pass&#233;, les organisations militantes (qu'elles soient d'ailleurs politiques, syndicales ou associatives) ont combin&#233; deux attitudes extr&#234;mes dans leur vision du r&#244;le des intellectuels : l'anti-intellectualisme (qui a pris la forme de l'ouvri&#233;risme pendant une longue p&#233;riode du mouvement ouvrier fran&#231;ais) et les demandes de proph&#233;ties fondatrices, souvent li&#233;es &#224; des tentatives d'instrumentalisation par des acteurs politiques (demandes qui se sont traduites par des luttes sans fin autour de la d&#233;finition l&#233;gitime du marxisme) [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='footnote' title='La figure de l'intellectuel organique, int&#233;gr&#233; au Parti ou au mouvement, a (...)' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est, &#224; l'inverse, en renfor&#231;ant l'autonomie du champ intellectuel, en respectant la multiplicit&#233; des savoirs disciplinaires et des sous-espaces de production savante, en multipliant les &#233;clairages rationnels sur des questions sp&#233;cifiques au d&#233;triment de la qu&#234;te d'une proph&#233;tie globale, qu'une force politique nouvelle peut esp&#233;rer &#171; rencontrer &#187; &#224; nouveau les &#171; intellectuels &#187; et, plus sp&#233;cifiquement, les chercheurs en sciences sociales. Elle peut attendre de cette rencontre un surcro&#238;t de r&#233;flexivit&#233; (mieux se conna&#238;tre elle-m&#234;me est aussi une condition d'efficacit&#233; de son action [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est l'une des raisons d'&#234;tre d'un collectif comme Raisons d'agir d'avoir fait (...)' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]), et la production collective, progressive et modeste, d'un discours politique alternatif, articulant constats et orientations concr&#232;tes d'action, qui serait &#233;loign&#233; aussi bien du verbalisme d'avant-garde que de la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; rationalis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5-1' id='nb5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Cet &#233;ditorial reprend l'essentiel de l'intervention lors du d&#233;bat &#171; Qui se ressemble se rassemble &#187;, &#224; l'initiative des animateurs de la F&#233;d&#233;ration pour une alternative sociale et &#233;cologique, La D&#233;fense, 13 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5-2' id='nb5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] P. Bourdieu, &lt;i&gt;Contre-feux. Propos pour servir &#224; la r&#233;sistance contre l'invasion n&#233;olib&#233;ral&lt;/i&gt;e, Paris, Raisons d'agir, 1998.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5-3' id='nb5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] La figure de l'intellectuel organique, int&#233;gr&#233; au Parti ou au mouvement, a d'ailleurs pu s'accommoder de ces deux d&#233;finitions oppos&#233;es, en renon&#231;ant &#224; l'autonomie du travail intellectuel dans l'organisation, et en recherchant une cons&#233;cration temporelle par le statut politique dominant accord&#233; &#224; une th&#233;orie ou doctrine &#171; fondatrice &#187; (philosophique ou &#233;conomique, en premier lieu).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5-4' id='nb5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] C'est l'une des raisons d'&#234;tre d'un collectif comme Raisons d'agir d'avoir fait de la r&#233;flexivit&#233; sociologique une contribution proprement &#171; militante &#187;. Cf. Fr&#233;d&#233;ric Lebaron, G&#233;rard Mauger, &#171; &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments pour une histoire &lt;/i&gt; &#187;, Cahiers de l'association Raisons d'agir, n&#176;1, juin 2003, p.3-6. On peut en effet s'&#233;tonner que des organisations &#171; critiques &#187; soient, en pratique, si r&#233;tives &#224; l'objectivation de leurs caract&#233;ristiques sociales et d&#233;mographiques, des propri&#233;t&#233;s de leurs discours et de tout ce que leurs strat&#233;gies et orientations doivent &#224; des contraintes &#233;conomiques et organisationnelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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