Parution du numéro 54 de Savoir/Agir

vendredi 12 février 2021
par  Louis Weber
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Quel effacement de l’employeur

Avec la crise du Covid-19, une grande partie des travailleurs indépendants ou faussement indépendants, mais dépendant du marché des biens et services pour valoriser leur travail, se sont retrouvés sans ressources avec l’arrêt de leur activité. Les droits salariaux assis sur le poste de travail ont pu, pour leur part, protéger les travailleurs. Mais ils ont aussi montré leurs limites. Durant le confinement, le maintien du lien à l’emploi grâce aux mesures de « chômage partiel » a permis de maintenir les salaires à hauteur de 84 % et les droits liés à l’emploi. Les chômeurs ayant acquis des droits ont vu ceux-ci prolongés, dans des conditions qui, du fait des réformes mises en œuvre depuis les années 1980, sont cependant de plus en plus excluantes. Les salariés à statut (dans la fonction publique et ce qui reste des anciennes entreprises publiques) ont bénéficié pour leur part du fait que leur qualification est liée à leur personne : leurs ressources ne dépendent pour l’essentiel ni de leur capacité à vendre le produit de leur travail, ni de la mesure de leur travail, ni encore de la tenue d’un poste. En revanche, les diverses mesures prises par le gouvernement ont été assez peu efficaces pour les salariés en emplois précaires. Les intérimaires, par exemple, du fait de la nature même de leur contrat de travail, n’ont pu bénéficier du chômage partiel et ont vu s’effondrer le nombre de leurs missions. La gestion de la crise sanitaire rend ainsi davantage visibles les différents rapports conflictuels à l’employeur. Elle confirme que la protection des travailleurs est inégale selon les différentes formes d’institutions dans lequel le travail s’inscrit. Elle réactive, en interrogeant le caractère essentiel de certains métiers, les tensions sur la définition de ce qui est travail et donc de ce qui produit de la valeur économique et à quelle hauteur. Elle invite à réfléchir à une maîtrise collective des questions de travail.

Table des matières

Dossier

Quel effacement de l’employeur ?

Jean-Luc Deshayes

L’institution de l’entreprise

Claude Didry

« Longwy vous accueille, JVC nous jette »

Employeur territorial et firmes multinationales dans le bassin de Longwy des années 1980-2000

Jean-Luc Deshayes

La contestation sociale face à l’employeur, invisible derrière l’App. Le cas des plateformes de coursier·es.

Anne Dufresne

Qui est l’employeur dans le dispositif de Réussite éducative ?

Olivier Leproux

Quelle place pour l’employeur dans le cadre d’un droit à l’emploi ? Réflexion sur l’effacement de l’employeur dans l’expérimentation « Territoire zéro chômeur de longue durée »

Mathieu Béraud Jean-Pascal Higelé

Employer des intérimaires en CDI : entre nouvelles obligations et possibilités d’accroître la subordination

Claire Vivès

Les groupements d’employeurs d’insertion et de qualification Une intermédiation entre jugement d’employabilité et reconnaissance de qualifications territorialement définies

Maël Dif-Pradalier

L’évolution de la loi et de la jurisprudence sur les licenciements pour cause économique Vers une dilution de la responsabilité des groupes internationaux Pascal Depoorter

Paroles

Itinéraire d’un trader « Il y a aussi l’adrénaline : ce côté-là est hyper plaisant parce qu’on n’a jamais de routine »

Léa Sys

Grand entretien avec Bernard Cassen

« Un homme-orchestre engagé dans le débat d’idées »

Antony Burlaud

Idées

Moralisation de la Science et autonomie de la recherche

Yves Gingras

Citations et références. Pour une sociologie des habitus académiques

Louis Pinto